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Les guerriers de Karok

De
200 pages
Alors que l’année du Démon est sur le point de commencer, le doute s’empare de Nicolas et de ses alliés. Cassandre est-elle vraiment celle qui les sauvera tous, ou doivent-ils s’en méfi er?
Puis, avec le départ d’Élizabeth, Nicolas perd sa messagère, ce qui le rend plus faible et qui les obligera, ses amis et lui, à se battre sans leur lien avec les anges durant la guerre prochaine. Est-il encore possible d’arranger les choses entre Élie et lui ? Nicolas pourra-t-il renier encore longtemps ce qu’il ressent véritablement pour elle?
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NancyPaquin Copyright©2016Éditions AdA Inc. Tous droits réservés. Aucune partie de ce livre ne peut être reproduite sous quelque forme que ce soit sans la permission écrite de l’éditeur, sauf dans le cas d’une critique littéraire. Éditeur : François Doucet Révisionlinguistique : Isabelle Veillette rrection d’épreuves : Nancy Coulombe, Féminin pluriel Conception de la couverture : Mathieu C. Dandurand Photo de la couverture : © Thinkstock Mise en pages : Sébastien Michaud papier 978-2-89767-452-6 PDF numérique 978-2-89767-453-3 ISBNePub 978-2-89767-454-0 Première impression : 2016 Dépô légal : 2016 nationales du Québec Bibliothèque et ArchivesCanada Éditions AdA Inc. 1385, boul. Lionel-Boulet Varennes (Québec) J3X 1P7, Canada phone : 450 929-0296 Télécopieur : 450 929-0220 www.ada-inc.com info@ada-inc.com Diffusion Canada : Éditions AdA Inc. France : D.G. Diffusion Z.I. des Bogues 31750 Escalquens — France Téléphone : 05.61.00.09.99 Suisse : Transat — 23.42.77.40 Belgique : D.G. Diffusion — 05.61.00.09.99 Imprimé au Canada
Participation de la SODEC. Nous reconnaissons l’aide fi ancière du gouvernement du Canada par l’entremise du Fonds du livre du Canada (FLC) pournos activités d’édition. Gouvernement du Québec — Programme de crédit d’impôt pour l’édition de livres — Gestion SODEC.
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Je dédie ce roman à tous mes lecteurs.Merci de me lire et de me donner une raison d’écrire.
Prologue
L a nuit avait disparu incognito. Le soleil avait enveloppé la Terre de sa douce chaleur. L’automne s’accompagnait d’un vent frais, et les arbres s’étaient déshabillés pour l’hiver. Les feuilles rougeoyantes embellissaient le paysage. Le ciel se parsemait de mauve et de rouge. Une nouvelle journée commençait merveilleusement bien. Ses pas légers se frayaient un chemin dans la forêt. Depuis plusieurs jours, des volontaires de son peuple s’étaient joints à la mission : mettre en sécurité l’enfant prodige. Leur but serait atteint dans quelques minutes. L’urgence de la situation n’avait pas permis à leur peuple d’y réfléchir longuement. Ils ne pouvaient élever cette humaine ; il leur avait donc fallu chercher quelqu’un pour accomplir cette tâche, et ils y étaient parvenus. Cassandre dormait paisiblement dans un sac en peau de loup, collée contre la poitrine poilue d’une créature des bois qui était la dernière de ses semblables à être responsable de son bien-être. Sans se faire remarquer, le protecteur de l’élue atteignit la civilisation. Sa fourrure blanche contrastait avec la sombre forêt. Gran devait être constamment sur ses gardes. Heureusement, à cette heure matinale, la majorité des hommes dormait. Une route de terre zigzaguait entre les arbres devant lui, et il la suivit avec une certaine appréhension. Son peuple avait choisi un couple de la région dont la femme ne pouvait enfanter pour s’occuper du bébé. Les animaux habitant à proximité avaient recommandé ces gens. Ils avaient été touchés par l’angoisse des deux humains devant leur incapacité à procréer. Cassandre vivrait à des centaines de kilomètres de l’endroit où étaient morts ses parents. Loin du danger et cachée, elle vivrait normalement jusqu’à l’année du démon. La maison apparut à travers les branches. Il s’agissait d’une petite demeure en pierres rosées. De belles fleurs poussaient un peu partout sur le terrain, et un grand jardin avait été aménagé dans un coin. Apparemment, la propriétaire aimait la nature et en prenait soin. Ces gens plurent encore davantage à la créature des bois. Jetant un coup d’œil au bébé, Gran regretta que son avenir soit aussi parsemé de dangers. L’enfant semblait si fragile et innocente en ce moment. Comment pourrait-elle devenir une arme assez puissante pour accomplir le dessein des anges ? Certain que personne ne le voyait, il s’approcha de la porte d’entrée. Délicatement, il déposa le sac et s’assura que Cassandre était bien recouverte. Un sourire paternel fendit son visage, car le bébé ouvrait les yeux. Il les referma aussitôt, se sentant en sécurité. Dors, petite, tout va bien aller. Personne ne viendra te faire du mal ici. Une de ses griffes appuya sur la sonnette de la porte d’entrée, et Gran partit rapidement vers les bois. Se cachant derrière un buisson, il observa la scène. Une lettre qui expliquait la situation accompagnait le bébé. Peut-être que la vérité choquerait les nouveaux parents, mais il fallait que ce couple sache les risques qu’ils couraient en adoptant l’enfant. Advenant le cas où ces gens ne voudraient pas de Cassandre, ils devraient la déposer au bord de la forêt le lendemain, à l’aube. Une créature des bois passerait la chercher. La femme ouvrit la porte et posa en premier les yeux sur le nourrisson endormi. Incertaine, elle scruta les environs avant de le prendre dans ses bras. À cette seconde, Gran sut que son
peuple avait rempli sa mission, car un amour maternel avait illuminé le visage de l’inconnue. Délaissant l’enfant à ses nouveaux parents, il rejoignit les siens. À un de ces jours, Cassandre.
* * *
Un sourire satisfait franchit les lèvres du Seigneur des ténèbres. Devant lui était agenouillée de force la sorcière la plus puissante que connaissait la Terre. C’était une belle proie. Il tenait Myriam à sa merci après toutes ces années de convoitise. Sa prisonnière semblait toujours aussi magnifique malgré son tout récent accouchement. Dans ses yeux violets se reflétaient toute sa haine, sa tristesse et sa lassitude relativement aux derniers événements. Sa robe tachée de sang et déchirée paraissait indigne de sa puissance. L’attention du Seigneur se porta avec envie sur les centimètres de peau dévoilée. Il avait toujours eu un faible pour les humaines. J’arrive à votre demande, mon Seigneur, indiqua la voix d’une vieille femme. Sa tête se tourna vers la nouvelle venue. Très malade, celle-ci ne représentait plus qu’un outil, grâce à ses visions. Cette messagère avait été sa plus grande alliée depuis plus d’un siècle. De la propre descendance du Seigneur des ténèbres, Anika pouvait vivre en enfer, étant à moitié démon. Toutefois, puisque sa mère n’était qu’une humaine, elle vieillissait presque comme une mortelle. Malgré son arthrite et tous ses maux de vieille, elle continuait à le servir avec dévotion. Oui, viens nous rejoindre, mon enfant. Anika portait une robe noire lui arrivant aux chevilles. Son dos courbé par l’âge transparaissait derrière sa tête. Elle avait des cheveux blancs qui s’allongeaient à n’en plus finir. D’un pas traînant, elle se rendit au côté de son père. Un air hautain s’affichait sur son visage, et son regard noir, qui la rendait terrifiante, balaya la pièce. Un air mécontent apparut sur ses traits lorsqu’elle remarqua Myriam. Leur prisonnière était la seule à posséder un pouvoir visionnaire plus grand que celui d’Anika. Celle-ci lui en vouait une haine viscérale. Je voudrais que tu la touches et que tu me racontes ce que tu vois, expliqua le Seigneur. Concentre-toi sur l’enfant qu’elle vient de mettre au monde. — Tout ce que vous voudrez, père. Une moue dégoûtée apparut sur son visage ridé. Elle aurait préféré ne pas toucher cette femme. Myriam ne se débattit pas et attendit avec une expression impassible. Les deux démons qui la retenaient la lâchèrent tout en restant à proximité. Tranquillement, Anika frôla le bras de la sorcière, puis y posa entièrement la main. Quelques secondes plus tard, du mécontentement se dévoila sur son visage avant qu’elle pousse un grognement de rage. Je ne vois rien, finit-elle par avouer. Myriam sourit mesquinement malgré sa position précaire. Même blessée, épuisée et entre les mains de son ennemi, elle ne se laissait pas abattre. Un sourire franchit les lèvres de Satan. — Très bien, c’est ce que je voulais savoir.
Denos jours…
Chapitre 1
L a maison lui paraissait vide et inhospitalière. Son chez-soi lui était devenu étranger. Nicolas lança ses clés de voiture sur la table et resta inerte dans l’entrée. Les paroles d’Élizabeth se répétaient sans cesse dans sa tête. La colère et la peine qu’il avait créées dans le cœur de la jeune femme le meurtrissaient à son tour. Sa main serra le médaillon d’Élie sans avoir la force de le lâcher. Il représentait tout ce qui lui restait d’elle. Ses pieds se traînèrent jusqu’à la chambre de sa messagère. Nicolas resta figé sur le pas de la porte. Il ne restait plus rien ; les meubles reposaient seuls dans la pièce. Élie était vraiment partie en apportant tous ses effets. Elle ne reviendrait peut-être plus jamais. De plus, tous ses amis ne croyaient plus en son jugement. Il ne les en blâmait pas, car lui-même se rendait bien compte que son cœur était aveuglé par Cassandre. Depuis qu’elle était arrivée dans leur vie, le combattant ne se préoccupait que de son âme sœur. « Nous étions tellement contents de l’avoir parmi nous que nous n’avons pas pris la peine de nous renseigner sur elle, avait lancé Jessica plus tôt. » Son amie avait raison. Ils ne la connaissaient pas vraiment. Tous avaient été si rassurés de son existence et de la savoir avec eux qu’ils ne s’étaient pas demandé un instant si elle était vraiment celle qu’elle prétendait être. Personne n’avait vérifié son identité. Aucun d’eux ne s’était questionné sur son passé. Nicolas fréquentait la jeune femme depuis quelques mois et il ne savait rien sur ses goûts, sa musique favorite, ses films préférés, sa famille ou son enfance. Rien. Le néant. Pouvait-il vraiment aimer une personne sans la connaître ? Nicolas se surprit plusieurs fois à se demander s’il en était réellement amoureux, s’il pourrait même l’aimer un jour. Son cœur et ses pensées le ramenaient constamment vers Élie. Un grand vide s’était créé en lui depuis qu’il s’était éloigné d’elle pour la protéger. Son plan avait fonctionné, toutefois. Karok l’avait laissée tranquille, mais Nicolas n’avait pas prévu l’interruption de ses visions. Quand il l’avait rejetée, elle avait perdu son pouvoir. Le jeune homme se rappela alors sa promesse faite à Élie : que l’arrivée de Cassandre ne lui enlèverait pas sa place et ne changerait rien entre eux. La culpabilité le rongeait quand il se rappelait sa faute. Nicolas se laissa tomber sur le matelas dénudé et aperçut une tache brunâtre. Sophie, sa précédente messagère, s’était vidée de son sang sur ce lit. Jonathan avait frotté la tache pendant de longues minutes avec tous les détergents de la maison sans parvenir à la faire disparaître totalement. Il s’était acharné dessus comme si cela enlèverait les remords qu’il avait ressentis. Nicolas, lui, vivait tous les jours avec ses regrets et ses erreurs. Rien ne pourrait jamais les effacer. Délicatement, le jeune homme ouvrit le médaillon et observa la photographie qui représentait sa « famille ». En l’offrant à Élie, le jeune homme avait voulu la rassurer, lui faire comprendre que sa place se trouvait parmi eux et qu’elle n’était pas seule. Après l’attaque du démon envoyé pour la tuer, il avait voulu que son monde à lui cesse de la menacer. Nicolas pensait qu’en la sortant de son entourage, ses ennemis la laisseraient tranquille. Ce qu’il avait pu être idiot de le croire ! Julian, le meurtrier des parents de la jeune femme, en avait profité pour tenter de
l’assassiner. Il avait tenté de l’achever pour assouvir la vengeance de Karok. Son ennemi savait que sans sa messagère, Nicolas perdrait en force bien avant que la guerre éclate. Il croisa son regard sombre et pénétrant dans la glace. Il ne put le soutenir. Le jeune homme détourna la tête, et quelques mèches de cheveux bruns lui tombèrent devant les yeux. Un sourire contrit étira ses lèvres alors qu’il riait de sa stupidité. Élizabeth Roy était une messagère et faisait partie de ce monde. Elle était destinée à l’aider et à lui transmettre les messages des anges. Le combattant ne pouvait pas aller à l’encontre de cela. Que deviendrait-il sans elle ? Pendant tous ces mois, Nicolas s’était accroché à l’idée que, loin de lui, la jeune femme était en sécurité. Elle était toutefois plus faible ainsi, et le Mal en avait profité pour l’attaquer encore plus sauvagement. Il ne savait pas par quel miracle Élie avait survécu contre Julian, un sorcier maniant le feu à sa guise. Était-il mort ou avait-il fui avant leur arrivée dans la ruelle ? Il n’en avait aucune idée, et cela l’indifférait pour le moment. Nicolas se leva et fouilla la chambre. Il ressentait le besoin de dénicher quelque chose appartenant à la jeune femme. Un objet qui lui donnerait une excuse pour revenir à Longueuil. Le jeune homme ne voulait et ne pouvait pas accepter son départ. Le tiroir entrouvert de la table de chevet lui dévoila des feuilles d’un cahier de notes. L’écriture soignée d’Élie se retrouvait sur chacune. En voyant son nom, son cœur se mit à battre follement dans sa poitrine. Élizabeth lui avait écrit avant de partir. Ses yeux parcoururent les mots avec plaisir.
Nicolas, J’aurais tant de choses à te dire et pas assez d’une vie pour te les raconter. Si tu lis cette lettre, c’est que je dois être morte. J’espère que je me trouve présentement avec mes parents. J’aime cette idée de ce quesera ma fin.
La surprise le gagna. Nicolas comprit qu’elle avait écrit ces lettres avant son combat avec Julian. La jeune femme savait qu’elle allait certainement mourir. Avec un cri de rage, il envoya un coup de pied sur la table de chevet. Le meuble se renversa avec grand fracas. Élie avait essayé de lui dire qu’elle avait besoin de son aide. Quand elle était venue vers lui, au bar, il avait refusé de lui parler sous le regard mécontent de Cassandre. Il se sentait mal à l’aise depuis que cette dernière l’avait accusé de ne plus être le même depuis qu’il avait commencé à ignorer sa messagère. S’il s’était douté du danger, le jeune homme n’aurait pas demandé à Élie d’attendre au lendemain. Nicolas se calma et poursuivit sa lecture.
Tu as tant fait pour moi. Tu ne sais pas tout ce que tu m’as apporté. Grâce à toi, j’ai connu l’amour ; je ne pensais jamais pouvoir aimer autant. Je sais que tu ne ressentais pas la même chose pour moi. Malgré tout, crois-moi quand je te souhaite tout le bonheur du monde avec Cassandre. Je ne la connais pas beaucoup, mais elle semble sympathique. Cela me rassure de la savoir à tes côtés dans la guerre qui se prépare.
Élie parlait de la jeune femme avec tant de gentillesse, comparativement à ses accusations dans la ruelle. Ses paroles lui revinrent à l’esprit. « Cassandre m’a tendu un piège et m’a menée ici pour que Julian puisse tranquillement me tuer. Elle m’a dit que tu étais en danger et que tu allais mourir. Moi, comme une idiote, même