Les héritiers de l'astre bleu - Tome 1 : Jean

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« Luc, nous faisions fausse route depuis le début. L’édifice où
nous sommes n’est pas une immense maison. Aussi incroyable
que cela puisse paraître, nous sommes dans un vaisseau ! Un
immense vaisseau spatial perdu au milieu de nulle part ! »



Eva n’est pas au bout de ses surprises. Comme douze autres
adolescents de son âge, elle s’est réveillée mystérieusement
dans un vaisseau spatial vide et n’a conservé aucun souvenir
de son passé. Bien qu’elle ne ménage pas sa peine, la plupart
de ses questions demeurent sans réponse. Et ce n’est pas la
rencontre avec Jean, le seul adulte présent à bord, qui va lui
permettre de comprendre ce qui lui arrive… et ce qui l’attend !



Car il ne fait aucun doute que le vaisseau suit une trajectoire
prédéfinie. Mais dans quel but ? Pourquoi a-t-il suffi de pénétrer
le champ de gravité de la planète Antoria pour que tout bascule
subitement ? Est-ce vraiment le fruit du hasard si le groupe
éclate ? Certains suivront Théo, fascinés par son caractère impétueux et téméraire, alors que d’autres préféreront se fier au
courage et à la générosité de Luc.



Le temps des choix a débuté. Il dessinera de manière irréversible le destin de chacun.

Publié le : dimanche 1 janvier 2012
Lecture(s) : 52
Licence : Tous droits réservés
EAN13 : 9782953703603
Nombre de pages : 300
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Chapitre I C’était une grande pièce éclairée d’une douce lumière légèrement bleutée. Son plafond ressemblait à un dôme dont la forme octogonale surplombait un étrange édifice composé d’éléments rectangulaires de couleurs différentes. Encastrées dans la masse complexe de la structure et entourées de mul-tiples câbles, quatorze capsules de grande taille étaient disposées comme les pétales d’une marguerite géante. On pouvait dis-tinguer, à travers les parois transparentes de treize d’entre elles, un corps humain baignant dans un liquide translucide. Chacun était plongé dans un étrange et profond sommeil. Soudain, un flash lumineux s’enclencha au niveau du sol. Comme si toute la pièce se réveillait doucement, de légères vibrations animèrent les parois en de lentes contractions. Peu à peu, le liquide contenu dans les sarcophages s’évacua, aspiré par un long tube qui courait jusqu’au sommet du dôme. Des chiffres s’imprimèrent sur la surface transparente de chaque capsule, entamant un lent décompte à partir du chiffre cent.
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Et alors que les numéros s’égrenaient, la vie reprit possession des corps endormis. Luc fut le premier à s’éveiller. Il essaya d’ouvrir les yeux mais y renonça aussitôt, ébloui par la soudaine clarté. Enfouie au creux de sa poitrine, une masse chaude et vibrante se diluait peu à peu dans toutes les parties de son corps, pro-gressant à travers les vaisseaux sanguins et réchauffant ses chairs endormies. Sa peau se hérissa et un doux frisson le parcourut lorsqu’à l’issue de son périple intérieur, la chaleur eut enfin atteint l’extrémité de ses doigts. Il porta lentement les mains à son visage. Peu à peu, les choses prirent forme autour de lui. Son réveil s’accélérait. Ni douleur ni fatigue, chaque organe reprenait ses fonctions comme s’il n’avait jamais été inerte. Le curieux sarcophage dans lequel Luc était allongé s’ouvrit lentement par le haut et l’air extérieur s’engouffra dans l’habi-tacle comme une vague soudaine, pénétrant sa poitrine avec force et brûlant ses poumons. Luc se redressa en toussant et s’accouda pour observer son environnement immédiat. Il essuya d’une main son visage encore humide et vit deux sarcophages situés à droite et à gauche. Dans l’un d’eux, un adolescent semblait encore dormir. Il avait les cheveux noirs, la peau très claire. L’autre sarcophage était vide. Luc fut étonné de pouvoir se lever aussi vite. En fait, il se sentait en pleine forme et il avait très envie de se mouvoir. Il se rendit compte qu’il était nu et se hâta de revêtir les vête-ments posés à proximité immédiate de son sarcophage, un tee-shirt bleu ainsi qu’un pantalon court en coton blanc. Puis il regarda avec étonnement la grande pièce où il se trouvait. Les parois étaient faites d’un métal aux étranges reflets, comme
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si aucune couleur n’avait pu s’y fixer définitivement. Les vibrations avaient cessé. En face de lui, une main invisible dessina une grande porte arrondie, offrant un accès vers l’extérieur de la pièce. Luc n’y prêta cependant aucune attention. Il entreprit d’examiner les capsules une à une. Marchant pieds nus, il avançait lentement et ressentait l’agréable chaleur qui émanait du sol bleuté. Les sarcophages étaient tous ouverts à présent et des regards étonnés mais encore endormis le dévisageaient. Il observa qu’il y avait là sept filles et cinq garçons. Le décompte numérique s’était achevé avec l’ouverture des capsules. Sur chaque socle étaient désormais affichés un pré-nom et un message de bienvenue. Ainsi, Luc put apprendre que la jolie jeune fille qui avait les cheveux aussi blonds que lui s’appelait Éva. Il y avait à ses côtés deux garçons soli-dement charpentés qui portaient les prénoms de Bob – celui dont la peau était noire – et de Diego – un visage très fin encadré de cheveux noirs mi-longs. Le garçon qui était allongé à la gauche de Luc lors de son éveil portait le prénom de Théo. Suivaient Tess, Jenny et Patty, toutes trois de jolies jeunes filles aux cheveux longs, châtains pour la première et noirs pour les deux autres. À côté d’elles, Luc aperçut un garçon qui se prénommait Karl. Son allure frêle et sa petite taille contrastaient avec celles de Tina, sa voisine, qui avait de jolis yeux en forme d’amande. Venaient enfin Ophélie, une blonde à l’allure sportive, et Helena, dont les longs cheveux roux couvraient une partie du visage. Restait cet étrange sarcophage vide qui séparait Luc d’Éva. Celui-ci pourtant s’était ouvert comme les autres, mais aucun message ne s’était affiché sur son socle.
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— Tu comptes rester à me regarder sans rien faire pendant longtemps ? Luc sursauta. En face de lui, deux grands yeux inquiets le fixaient avec insistance. Un jeune garçon s’était en partie re-dressé, mais ses jambes étaient emprisonnées dans les nom-breux câbles qui entouraient chaque capsule. Heureux de voir quelqu’un en mesure de l’aider, il adressa à Luc un petit signe de la main et se présenta sous le nom de Tom. Luc prit dans ses mains un des câbles qui enserraient la jambe de Tom et tendit les muscles de ses bras en prévision d’un effort important. La sensation fut étrange : bien qu’il sache que ce n’était qu’un objet inerte, il sentit le tube vibrer entre ses doigts comme s’il avait été vivant. Une simple pres-sion suffit à faire réagir le câble qui glissa avec souplesse entre les jambes de Tom et disparut sous la capsule. Peu à peu, toutes les personnes s’étaient extraites de leur étrange couche. Treize adolescents du même âge, quatorze ans. Du moins, c’est ce que chacun pensait. Ils se regardaient les uns les autres, incrédules. Aucun n’était en mesure d’expli-quer qui il était ni d’où il venait. Aucun ne savait ce qu’était l’étrange endroit où ils s’étaient tous éveillés. Ils souffraient d’une curieuse amnésie qui leur avait effacé tout souvenir de leur passé. Déstabilisés par leur étrange situation, ils faisaient montre de prudence et aucun ne semblait vouloir se livrer. Luc avait bien essayé d’engager la conversation, mais beaucoup s’étaient contentés de ne répondre que par un hochement de tête. En dehors de Tom, seule la jeune fille blonde du nom d’Éva échangea quelques mots avec lui. La porte qui était apparue devant Luc s’était ouverte sur un grand couloir blanc. Luc prit la décision de s’y engager, rapidement suivi de Tom, d’Éva, puis des autres. Alors que la
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petite troupe avançait lentement, Éva se retourna et constata que la porte d’accès s’était refermée pour finalement dispa-raître totalement. Elle posa hâtivement une main sur l’épaule de Luc mais ce dernier ne réagit pas : toute son attention était concentrée sur la porte qui venait d’apparaître devant lui. Les adolescents s’en approchèrent prudemment alors qu’elle s’ouvrait avec lenteur, révélant un espace gigantesque. Tom ne put s’empêcher de lâcher un cri d’étonnement. Reprenant lentement leur marche, les adolescents foulaient désormais le sable chaud d’une plage qui se perdait ensuite dans une vaste étendue d’eau claire. Leurs pieds nus s’en-fonçaient légèrement, soulevant des volutes de sable fin. Ils prirent plaisir à avancer ainsi, laissant leurs empreintes sur ce sol vierge et ils échangèrent des regards amusés en appro-chant une étrange petite maison faite de bois sombre et dont une partie reposait sur des pilotis. — Sommes-nous à l’extérieur ? interrogea l’un des garçons. — Bien sûr que non, répondit celui qui se prénommait Théo. Regarde au-dessus de toi. Il y a ici aussi un plafond fait de cette étrange matière qui prend différentes teintes. Je ne sais pas où nous sommes. Pas à l’extérieur en tout cas. — Il serait peut-être temps de faire un peu connaissance, proposa alors Tom qui se réjouissait d’entendre enfin parler ses compagnons. Et puis, nous pourrions également chercher quelque chose à grignoter. Je ne sais pas pour vous, mais ça gargouille sévère à l’intérieur, ajouta-t-il en pointant du doigt son ventre légèrement rebondi. Ils s’étaient disposés en arc de cercle et se dévisageaient en silence. Karl avait porté un index sur son nez qu’il pressait avec insistance, sous le regard amusé de Tina. Patty passait
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nerveusement ses doigts dans ses cheveux alors que Jenny et Tess piétinaient le sol d’un air embarrassé. — Commençons par visiter cette maison, proposa Luc en pointant du doigt la bâtisse. Sans un mot, la petite troupe suivit Luc. Elle gravit un petit escalier en bois qui menait à une plateforme tellement étroite que tous ne pouvaient y tenir en même temps. Luc poussa ensuite une grande porte en bois qui émit un long grincement. Une puissante odeur de poussière s’échappa. L’intérieur de la pièce était si sombre que Luc hésita à s’engager plus avant. — Laisse-moi faire, proposa Théo. Il s’avança lentement et disparut bientôt dans l’obscurité de la pièce. Pendant quelques instants, tous entendirent le craquement du plancher sous ses pas, jusqu’à ce que, subite-ment, un profond et angoissant silence s’abatte. L’attente devenait oppressante. Aux aguets, les adolescents attendaient un signe, un mot. Éva interrogea Luc du regard avant d’appeler Théo d’une voix inquiète. Le cou tendu vers la pièce obscure, elle écouta avec atten-tion, espérant une réponse. Mais le silence persistait et la jeune fille se tourna alors vers ses compagnons. — Il faut nous éloigner de cette bâtisse, nous ne sommes pas en sécurité ici ! Le groupe eut un moment d’hésitation pendant lequel certains, dont Bob et Diego, manifestèrent d’abord l’intention de pénétrer à leur tour dans la maison. Mais, alors que tous faisaient mine de revenir sur leurs pas, une lueur jaillit du fond de la pièce. Des battants de volets venaient d’être poussés, permettant à la lumière de s’engouffrer dans la pièce. Théo réapparut enfin, souriant et accoudé à la fenêtre révélée.
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