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Les Héritiers des Royaumes Oubliés

De
245 pages
Le Prince Denthrop du royaume d'Aballon vient enquêter sur d'étranges événements qui se sont déroulés sur la côte. Au dire des pêcheurs, la mer s'est retirée au loin et sur la plage d'étranges blocs sculptés se sont échoués. Lorsqu'il se rend sur place, il ne peut que constater les faits : le paysage a bien changé, la plage est jonchée de ruines. Personne ne peut répondre à ses questions ... Personne ? Sauf peut-être cette étrange jeune femme, Eàrànë, retrouvée inconsciente parmi les débris. Elle est bien décidée à partir à la recherche des siens. Mais se dresseront sur sa route de nombreux obstacles ... Serait-elle la clé d'anciennes prophéties oubliées ?
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Les Héritiers des
Royaumes Oubliés
Marie-Alix Ammann






Les Héritiers des Royaumes
Oubliés

















Le Manuscrit
www.manuscrit.com












© Éditions Le Manuscrit, 2006
www. manuscrit. com
ISBN : 2-7481-7665-0 (fichier numérique)
ISBN 13 9782748176650 (livre numérique)
ISBN : 2-7481-7664-2 (livre imprimé)
ISBN 13 : 9782748176643 (livre imprimé)






Pour Nicolas
Pour Laurent, le Grand Elfe
Pour Marina, alias Kitty Cat, ma fan numéro un …
Chant I : L’appel du Kraken
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LE TRÉSOR DE GEDDON
EXTRAIT DES CHRONIQUES DES PREMIERS DIEUX

C’était il y a bien longtemps, les humains vivaient en
petites tribus, préoccupés seulement par leur survie. Les
Dieux étaient honorés par des hommes si peureux
devant ce nouveau monde, qu’ils ne demandaient aux
divinités que de les aider et de les protéger des dangers
de cette vie nouvelle. Certaines des déités se cachaient
des mortels, peu soucieux de leur sort, parmi eux le
Dieu Geddon. Bossu, boiteux, petit, son aspect peu
engageant l’avait contraint à l’exil. Les autres Dieux, ses
frères et ses sœurs, l’avaient rejeté. Mais peu lui
importait, Geddon le Nain préférait l’obscurité des
grottes, le froid humide des mines et la beauté des
pierres précieuses. Il passait son temps sous terre à la
recherche des plus beaux joyaux, et quand il avait
découvert une merveille, il le taillait avec art pour rendre
gloire à cette pierre étincelante. La beauté que la Nature
lui avait refusée, Geddon la faisait naître dans ses
pierres. Son talent était reconnu par tous et si on fuyait
Geddon le Nain, on s’arrachait ses créations. Les Dieux
étaient prêts à tout pour avoir un diamant ou un saphir
taillé par Geddon. Jusqu’à ce jour, sa plus belle création
restait la parure de mariée de la déesse Anae. Pour son
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union avec le dieu Thorkl qui règne sur les nuages, la
déesse de la Lune avait été trouver Geddon. Sa robe de
mariée confectionnée avec une aurore boréale ne lui
paraissait pas assez flamboyante, aussi elle avait supplié
Geddon de s’en occuper. Le Dieu Nain avait sacrifié
deux magnifiques diamants et trois énormes saphirs. Il
les avait réduits en poudre puis les minuscules particules
avaient été semées sur la robe. Désormais son éclat
éteignait celui des étoiles. Pourtant cette création allait
être éclipsée par le Trésor de Geddon.
Le Dieu Nain ne sortait que très rarement de ses
galeries, les seules fois où il se risquait dehors étaient
pour changer de gisement. Il attendait les nuits sans
lune, car même cette pâle lueur l’incommodait. Cette
nuit-là, Geddon venait de traverser la Forêt Noire, pour
se rendre en Wavorie, dans un champ de mines
d’opales. Les premières montagnes se dessinaient sur
l’horizon, quand soudain une clarté envahit le ciel. Une
grosse boule de feu traversa alors le ciel, se dirigeant à
toute vitesse vers les montagnes. L’impact, violent, eut
lieu peu après. Geddon, fasciné par cette lumière
étrange qui n’avait pas blessé ses yeux voulut la trouver.
Il alla donc vers la montagne qui avait été frappée par
l’étoile. Longtemps, il escalada de hauts sommets
enneigés, il s’enfonça dans de sombres vallées glacées.
Finalement, au bout d’un long périple, il parvint au pied
de cette montagne. Il leva les yeux vers le sommet, et
découvrit une petite ouverture, sans doute provoquée
par l’étoile de feu. Alors il commença à grimper. Même
avec ses mains griffues, il eut du mal à trouver des
prises dans la pierre lisse. Bien des fois il risqua sa vie,
mais sa ténacité ne faiblit pas et il atteignit l’étroite
ouverture. Une dernière fois, il regarda les étoiles puis
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s’enfonça dans l’obscurité de la pierre. La boule de feu
avait tracé une galerie qui s’enfonçait en pente douce au
cœur de la montagne, les parois avaient été noircies. Il
chemina pendant un long moment dans le noir, il
suffoquait à cause de l’odeur tenace de brûlé. Mais
Geddon n’abandonna pas. Enfin, le tunnel, peu à peu
s’élargissait. Geddon tomba brusquement dans une
immense cavité. Là, au centre, flamboyait une étoile
étincelante. Religieusement, avec adoration, Geddon
s’en approcha. Ce qu’il avait pris, au départ pour des
flammes, n’était que l’éclat doré de la pierre. Une pierre
pas plus grosse qu’un poing, transparente comme le
plus pur des cristaux bleus mais au cœur aussi vif que le
feu. Geddon tomba en admiration devant la gemme et
tendit timidement une main vers elle. La pierre se mit à
luire avec plus d’éclat quand la main velue de Geddon la
caressa. Il mit longtemps avant de savoir comment lui
donner encore plus de valeur, mais il se décida pour une
taille en forme d’étoile. Il utilisa les plus petits de ses
outils pour sculpter son trésor. Tout en travaillant la
pierre, Geddon murmurait des incantations pour
protéger son étoile. Quand il reposa ses outils au bout
de longues années d’effort, son chef d’œuvre flamboyait
comme jamais, rempli d’un pouvoir incommensurable.
Les autres Dieux, quelque peu inquiets de la
disparition de Geddon avaient mené leur enquête. De
loin, ils surveillaient ses travaux et découvrirent
l’immense pouvoir que possédait la pierre d’étoile :
admiratifs et envieux, curieux et désireux de tenir entre
leurs mains un tel trésor…L’un d’eux, qui vivaient dans
un lointain pays froid et humide, se mit à envier le
Trésor de Geddon, Dieu monstrueux aux Huit
Tentacules, il rêvait au fond de sa grotte de cristal, il
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voulait cette étoile. Avec elle, il pourrait agrandir son
emprise sur le monde et surtout renaître à la vie, se
libérer du maléfice qui l’avait privé de ses pouvoirs et le
tenait enfermé dans sa grotte sous-marine cristalline. Il
pourrait chasser ses frères et ses sœurs, et rien
n’arrêterait sa vengeance contre ceux qui l’avaient
retenu prisonnier. Alors, il envoya ses fidèles pour
conquérir le joyau. C’étaient des hommes cruels et
sanguinaires qui honoraient leur Dieu de mille et mille
sacrifices sanglants. Parmi eux se trouvait un jeune
prince de sang royal et divin. Fils du roi de Tolec et
d’une divinité marine, il vouait sa vie à son dieu
monstrueux qui l’avait sauvé une fois de la mort. Depuis
ce terrible épisode, il ne vivait plus que pour l’honorer
et lui rendre sa liberté. Les autres envoyés du Dieu
avaient des intentions moins louables, ils étaient pour la
plupart des mercenaires avides de pouvoir et de sang.
La lutte fut rude, le chemin semé d’embûches pour
parvenir à la montagne où Geddon cachait son trésor.
Mais le jeune prince triompha de tous les obstacles. Il
parvint sans encombre jusqu’à la grotte de Geddon.
Pour vaincre la méfiance du Dieu Nain, le Dieu
Monstrueux aux Huit Tentacules envoya un minuscule
messager ailé qui eut vite fait de plonger Geddon dans
un profond sommeil. Alors le jeune prince, trompant la
vigilance du dieu endormi, s’empara de l’étoile de
Geddon. Il la ramena dans son royaume, et l’offrit à son
dieu. Quand le Dieu Monstrueux eut le Trésor de
Geddon entre ses mains, le joyau perdit soudain sa
couleur de feu pour devenir d’un vert aussi profond que
les prairies du royaume de Tolec. Alors, le Dieu
Monstrueux se réveilla de son sommeil millénaire.
Cependant dans le même temps, Geddon sortit de sa
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somnolence ; son cri de désespoir se répandit jusqu’aux
cieux quand il vit que son Trésor avait été volé. Il appela
à l’aide ses frères et ses sœurs, mais ceux-ci l’ignorèrent.
Le Dieu Monstrueux aux huit Tentacules décida de
conférer un nouveau pouvoir à son nouveau trésor ; il
lui avait été facile de le dérober à Geddon, aussi,
craignant que pareille mésaventure lui arrive, il détacha
délicatement une branche de l’étoile et la fit sertir sur
une bague. Seule la main qui possédait ce bijou pourrait
réveiller l’étoile. Puis pour récompenser son fidèle
serviteur, il lui confia la garde de cette bague à son
effigie et l’installa sur le trône de son royaume, en
échange de mille et mille sacrifices, l’héritier à la bague
pourrait contrôler l’étoile, et lui ordonner ce qu’il
voudrait.
Mais les autres Dieux, terrifiés par ce nouveau
pouvoir se liguèrent contre leur frère monstrueux et
l’enfermèrent à nouveau dans sa grotte de cristal ; ils
confisquèrent l’étoile de Geddon. Les hommes avec le
temps oublièrent jusqu’à l’existence du Trésor de
Geddon, seule la mémoire des Dieux se souvenait de
l’étoile devenue verte. Les quelques prophètes inspirés
par le Dieu Monstrueux aux Huit Tentacules
consignèrent dans leurs écrits quelques brides de
l’histoire sans en comprendre le sens. Quant à la bague,
elle devint un simple héritage que les rois de Tolec
transmettaient sur leur lit de mort à leur fils.
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PROPHÉTIE DU DIEU MONSTRUEUX AVANT
D’AVOIR ÉTÉ ENFERMÉ DANS SA PRISON DE
CRISTAL
« Quand ma bague aura disparu dans le royaume qui
n’est plus
Quand ma bague retrouvera la surface de la terre,
Priez, mes frères et mes sœurs,
Car l’étoile réapparaîtra d’elle-même
Et plus jamais vous ne trouverez la paix
Quand je renaîtrai grâce à elle »
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Livre I : La fille de la mer
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CHAPITRE I

Les cavaliers chevauchaient depuis plusieurs jours :
ils avaient franchi le Col de Borgos et traversé toute la
Plaine de l’Intérieur, où rien n’arrête le galop endiablé
des chevaux. À présent, au milieu des Bois de Tir-Fâl, la
fatigue commençaient à se faire ressentir, mais dans
quelques heures, ils atteindraient enfin leur destination.
Le prince Denthrop avait pris la tête, derrière lui se
déployait Farge, Mogma, Boroh et Bochir. Ils
voyageaient depuis une bonne semaine et avaient
maintenant hâte d’arriver à Derleth.
C’est sur les ordres de leur souverain, le Roi
Elémond, que quatre des cinq chevaliers avaient
entrepris un tel trajet : en effet, des rumeurs étranges
étaient parvenues au Palais et le suzerain d’Aballon
voulait savoir ce qui s’était exactement passé sur le
littoral de son royaume. Ne pouvant tout de même pas
se déplacer en personne, il avait donc envoyé quatre des
ses plus fidèles chevaliers : des membres de sa Garde
Spéciale. Son fils les avait rejoints au Carrefour des
Trois Routes : il revenait de la ville de Tarath, une
étrange intuition l’ayant alors saisi, il décida
d’accompagner les envoyés de son père et avait suivi
son instinct.
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Déjà les arbres commençaient à s’éclaircir, les
cavaliers finirent par arriver dans le bourg de Derleth.
C’était une petite cité, perdue au milieu de l’immense
forêt. La plupart des hommes travaillait dans les bois :
presque tous étaient bûcherons, les autres étaient des
marchands qui s’empressaient de parcourir les routes
pour vendre le bois précieux récoltés par les autres.
Les maisons étaient petites, en bois noir, les plus
riches et les plus grandes possédaient un étage. Les rues
étaient sales, envahies par la sciure, encombrées par des
planches, des troncs, des charrettes. Un peu partout, des
ateliers débitaient les troncs, des scieries proposaient
des planches alors que quelques ébénisteries
fabriquaient des meubles de qualité, très recherchés
dans le reste du royaume. Malgré l’heure tardive, les
échoppes encore ouvertes proposaient aux passants
leurs produits. Là, le poissonnier vantait les mérites de
son poisson, attrapé le jour même. Ailleurs, une vieille
femme toute rabougrie et ridée vendait des légumes tout
aussi rabougris qu’elle. Une matronne aux formes plus
que généreuses agitait de gros jambons sous les yeux des
passants. Une toute jeune fille tenait un étal coloré,
envahi de tissus multicolores. Le boulanger arrangeait sa
dernière fournée de petits pains.
Le soir tombait doucement sur Derleth, Denthrop et
ses compagnons débouchèrent sur la place, en son
centre un énorme chêne plus que centenaire, au tronc
noueux. L’unique auberge se trouvait là. Quelques
badauds, attroupés sur la place, regardait avec
étonnement le prince : bien entendu la nouvelle d’une
arrivée princière avait fait le tour du village et les curieux
étaient sortis, qui sur le perron de leur habitation, qui
dans les rues, qui sur la place.
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