Les jardins envolés

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Voici un texte pittoresque, plein d'allant au style concis et percutant. Avec un humour savoureux, l'auteur excelle dans l'art de retourner en dérision les inconséquences et les folies d'un monde qui à force de courir ne sait plus où il met les pieds. Tout est tiré du quotidien et regorge de vie. Le lecteur respirera un air frais en parcourant Les Jardins envolés.
Publié le : mardi 1 février 2011
Lecture(s) : 27
EAN13 : 9782296454521
Nombre de pages : 128
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© L’Harmattan, 2011 5-7, rue de l’Ecole polytechnique, 75005 Paris http://www.librairieharmattan.com diffusion.harmattan@wanadoo.fr harmattan1@wanadoo.fr ISBN : 978-2-296-13955-8 EAN : 9782296139558
Les jardins envolés
Du même auteur
1987 :A l’Heure du Soleil (Editions La SIFAC)
1989 :Ah ! si le Peuple voyait ça
(Editions Académie Européenne du Livre)
1991 :Quand l’ombre marquait le temps (Editions Autres temps) 1992 :: lettre ouverte à la générationL’état des lieux Marchais-Mitterrand (Editions Académie Européenne du Livre) 1995 :L’Envers de l’Hémicycle (Editions L’Harmattan) 1996 :Le Moine Rouge (Editions L’Harmattan) 1998 :Les Métayers de 46 (Editions La Veytizou) 2000 :Le Défi des Baptiste (Editions La Veytizou) 2001 :Je Verrai Après (diffusé par Geste Editions) 2002 :Bastien (Editions La Veytizou) 2004 :Le Ruisseau des Basses-Fonts (Editions La Veytizou) 2005 :Le Jardinier de Pressignac (Editions La Veytizou) 2006 :Le Pain blanc (Editions l’Ecir) 2007 :La Dernière alouette (Editions l’Ecir) 2008 :La Terre de la colère (Editions l’Ecir) 2010 :Blanche l’insoumise (Editions l’Ecir)
André Soury Les jardins envolés Roman L’Harmattan
« Ô souvenirs ! printemps ! aurore ! »
Victor Hugo
Les Contemplations « Tous les arts ont produit des merveilles. L’art de gouverner
n’a produit que des monstres. »
Saint-Just
Prologue
’ai fait un rêve. JL’événement — car c’en est un — s’est produit au cours de la nuit du 25 au 26 octobre 2008. J’ai tellement entendu les présentateurs à la télé, au cours de la journée du 25, abreuver tout un chacun de la chance que lui valait le passage à l’heure d’hiver en le gratifiant d’une heure de sommeil supplé-mentaire, que j’ai dû, faut-il croire, monter au lit dans l’euphorie. J’ai pourtant bien ri en entendant une charmante météorologiste, chargée (et payée pour cela) de lancer la balourdise sur les ondes, décréter que le soleil se lèverait le lendemain à 7 h 03. Comme si on pouvait commander le soleil ! L’astre qui donne lumière et chaleur à la terre se moque pourtant depuis belle lurette de l’heure fabriquée par les mains qui manipulent les aiguilles des montres et des pendules. Il influence le système planétaire qui gravite autour de lui, comme si de rien n’était, moyennant quoi la nature ignore superbement ce qu’on appelle l’heure d’été et l’heure d’hiver. Le 25 octobre au soir, j’étais sûr d’entendre le lendemain matin, les vaches laitières du voisin, beugler d’impatience et de douleur en attendant la traite retardée d’une heure, le laitier, lui, étant tenu d’obéir au jeu des administrations. Beaucoup moins regardants, les coqs ne changeraient pas le moment où ils sonnent le réveil des villages. Et la fine et vaillante abeille ferait fi de tous les artifices inventés par les hommes, lorsqu’il lui prendrait d’aller
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LES JARDINS ENVOLÉS
dire bonjour aux fleurs. Ah les hommes ! Ils peuvent se lever une heure plus tôt ou plus tard à la veille de l’été ou de l’hiver pour faire rouler les trains et voler les avions, mais le flux et reflux des océans roulent toujours avec le soleil.
Voilà à quoi je pensais, le 25 octobre au soir, en montant au lit. Le couche-tôt que je suis, aime se « pieuter » aussi tôt que les poules, sans se soucier de l’heure d’été et de l’heure d’hiver. Les programmes de télé — sauf pour les courageux dont il n’est pas, qui vont chercher minuit — ne trempent plus (à part de rares exceptions) que dans la vio-lence, comme s’il était besoin d’en semer les graines. Un bon livre au coucher est combien plus agréable et plus sain que les images du petit écran. Évidemment, la période estivale apporte quelques entorses à la lecture. La fenêtre grande ouverte, pendant que je prends plaisir à plonger le regard dans le rideau d’épaisse feuillée, derrière laquelle le soleil descend, je ne lis pas, je médite. J’ai tant aimé l’époque lointaine où, en vacances, nous dormions sous une toile de tente, qu’à voir frémir ce feuillage, il me semble y être revenu ! Cerise sur le gâteau, deux palombes — le couple — vivent toute l’année dans cette ramure. En me rinçant l’œil sur les charmants oiseaux, voletant d’une branche sur l’autre, et parfois descendant gratter le sol à la recherche d’une graine ou d’un vermisseau, je baigne dans le bonheur. La tendre collerette des oiseaux au plumage violacé me fascine. Je me demande alors, pourquoi je prenais plaisir autrefois à cribler ces merveilleuses bestioles de plombs. Je détourne aussitôt ma pensée du geste, par lequel je faisais bêtement parler la poudre, pour me plonger dans les souvenirs combien plus sympathiques du camping, que me rappelle le frémissement des feuilles de quatre chênes plantés au pied de ma fenêtre. Un jour, dans les gorges du Tarn, en compagnie de mon fils
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