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Les jeux du pouvoir

De
138 pages
Trente-six personnes, 12 pays, un combat: l’obtention d’une PAM (pile antimatière). Tel est le destin de Noémie Cyr : une bataille pour rapporter une PAM à Altina. Elle n’est pas seule dans cette course. Trente-cinq autres personnes désireront avec ardeur la même chose: ravir cette pile tant convoitée. Elles navigueront sur un luxueux paquebot à destination de Paradisa, mais le voyage sera loin d’être une croisière de rêve; et que dire de leur arrivée à Paradisa! Dès le départ, les compatriotes Noah Prost et Jade Vidal se tiennent ensemble et préparent en catimini un guet-apens pour qu’elle n’arrive jamais à Paradisa. Saurat-elle éviter leur stratagème? Parviendra-t-elle à Paradisa, là où la chasse vaut plus que la prise?
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Les personna6es et les situations de ce roman sont purement fictifs. Toute ressemblance avec des faits connus ou des personnes existantes serait entièrement fortuite et indépendante de la volonté de l’auteure. Les lieux 6éo6raphiques ne respectent pas l’exactitude historique, actuelle ou future. Ceci est une œuvre de fiction, et non un documentaire ou un essai. Copyri6ht © 2017 Danielle Dumais Copyri6ht © 2017 Éditions AdA Inc. Tous droits réservés. Aucune partie de ce livre ne peut être reproduite sous quelque forme que ce soit sans la permission écrite de l’éditeur, sauf dans le cas d’une critique littéraire. Éditeur : François Doucet Révision lin6uistique : Isabelle Veillette Correction d’épreuves : Nancy Coulombe, Émilie Leroux Conception de la couverture : Mathieu C. Dandurand Photo de la couverture : © Thinkstock Mise en pa6es : Sébastien Michaud ISBN papier 978-2-8977-79-5 ISBN PDF numérique 978-2-8977-770-1 ISBN ePub 978-2-8977-771-8 Première impression : 2017 Dépôt lé6al : 2017 Bibliothèque et Archives nationales du Québec Bibliothèque et Archives Canada Éditions AdA Inc. 1385, boul. Lionel-Boulet Varennes (Québec) J3X 1P7, Canada Téléphone : 450 929-029 Télécopieur : 450 929-0220 www.ada-inc.com info@ada-inc.com Diffusion Canada : Éditions AdA Inc. France : D.G. Diffusion Z.I. des Bo6ues 31750 Escalquens — France Téléphone : 05.1.00.09.99 Suisse : Transat — 23.42.77.40 Bel6ique : D.G. Diffusion — 05.1.00.09.99 Imprimé au Canada
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PROLOGUE
Durant des années, la carte du monde s’est transformée en raison des guerres, des atailles juridiques et des revendications de langues et d’idéologies. Ainsi, de nouvelles régions, de nouveaux États et de nouvelles villes sont nés. Certains territoires et villes ont otenu leur souveraineté et leur indépendance à l’intérieur même d’un pays. Certains de ces nouveaux États souverains survécurent tant ien que mal, tandis que d’autres durent admettre leur totale déconfiture, une erreur irréparale et irréversile. Longtemps, l’homme s’est émerveillé du génie humain construisant des gratte-ciel de plus en plus hauts, qui ont fait l’envie et la fierté de tous. Ils attirèrent une population nomreuse et enchantèrent de nomreux touristes dans ces mégapoles. Mais tout changea vers la fin du e XXI siècle. La consommation de plus en plus effrénée de iens non durales, l’appauvrissement des terres et la rareté de l’eau potale changèrent la donne. S’ensuivirent de plus en plus nomreuses et longues pannes d’eau et de courant. Les locataires de ces édifices tout en hauteur se lassèrent d’emprunter les interminales escaliers lors des pannes parce que les ascenseurs étaient inopérants. Ils fuirent au profit de logements de 3 à 10 étages construits en anlieue ou dans une nouvelle cité adaptée à ces changements qui laissaient entrevoir la précarité de la nourriture et de l’énergie. Tristement, les maires de ces grandes cités durent intervenir. Ils condamnèrent sans les détruire ces édifices insalures, qui devinrent de grands immeules squelettiques augmentant le potentiel du gangstérisme et d’autres formes de violence. Les rues se remplirent d’ordures ménagères et d’autres détritus quartier par quartier, puis secteur par secteur. Elles devinrent impraticales. Tous ces déchets entravèrent la distriution des aliments et des iens et compromirent à tout jamais par le fait même la viailité déjà fragile de ces elles et grandes villes dépendantes du maintien en approvisionnement. Puis, l’inévitale arriva. Les dettes s’accumulèrent et les services en énergie furent interrompus sur de plus grandes périodes. Ce fut la goutte d’eau qui fit déorder le vase. Les citoyens haitant les secteurs résidentiels désertèrent vers des destinations mieux desservies et prisées. L’un après l’autre, les édifices furent laissés à leur propre sort. S’installa alors un commerce malsain et les villes s’emplirent davantage de détritus en décomposition. Comme une gangrène, cette maladie putride gagna tout le tissu urain encore sain. Le cœur même de ces cités cessa de attre. Ce mal mit fin à ce grand corps malade. Les villes moururent. Les administrateurs de ces mégapoles assistèrent à la dépopulation complète. Devenues des villes fantômes, elles se peuplèrent de fainéants et de sans-le-sou vivant en marge de la société. La loi du plus fort terrorisait tous ceux qui pénétraient par inadvertance dans ces ghettos. D’un autre côté, de nouvelles villes se sont construites loin de ces centres, des villes dites à l’échelle de l’homme, dont certaines étaient autarciques. Ce fut le cas de villes comme Altina, Salem, Savannah et Salnia. Chacune d’elles possédait une philosophie ou un régime de gouvernement très différent. Ainsi, Altina était gouvernée par un dieu vivant ayant un peu plus de 400 ans du nom d’Arthur Tae, le fondateur d’Altina, qui se faisait appeler Gotha. Elle avait le statut mondial de la ville-État la mieux dirigée et organisée en Amérique. Salem, une ville côtière de l’Atlantique, était gouvernée par le peuple qui, ien que totalement démocratique, prit de ien mauvaises décisions dès le départ. Au ord du gouffre, la ville tentait tant ien que mal de redresser la situation. Savannah, une autre ville côtière de l’Atlantique située plus au sud, pratiquait une démocratie dirigée par quatre personnes, quatre crapules qui s’en mettaient plein les poches.
Quant à la ville méditerranéenne de Salnia, elle était représentée de père en fils par la famille Appelaum, des gens étiquetés comme étant des scélérats. Les autres pays et villes avaient des systèmes gouvernementaux généralement démocratiques, mais certains étaient dictatoriaux et autoritaires. Toutefois… Bien que tout un chacun essayait de vivre en harmonie et dans la paix, inconsciemment, un seul dieu était adoré par-dessus tout : la PAM, une pile dont un seul homme, monsieur Edgar Powell, détenait la technologie. Lui seul pouvait apporter la lierté et l’indépendance tant désirées par tous. Cette pile l’élevait au rang des dieux tout-puissants. Mais qui était réellement cet Edgar Powell ? Une seule chose intéressait ce dernier : se divertir. Pour y parvenir, il avait planifié et préparé un jeu de longue haleine. D’ici quelques jours, son rêve deviendrait réalité.
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Entouré de trois de ses maîtresses pulpeuses et d’une quarantaine de scientifiques, deout, le verre de champagne à la main, monsieur Powell contemplait l’ordinateur du nom de Ludum, un immense ordinateur ayant un gros outon rouge ien en évidence. Dès qu’il appuierait dessus, l’ordinateur se mettrait en ranle et le jeu démarrerait. Ludum était aussi le nom de l’île où de nomreux concurrents devraient se mesurer les uns contre les autres. — Comien de jours reste-t-il avant que le navire arrive ? demanda monsieur Powell. — Onze jours, grand maître, répondit l’un des scientifiques. Leur arrivée à Paradisa est prévue pour le 12 août. — Onze jours ! Aaaah ! C’est terrilement long ! — C’est ce que nous avions prévu, grand maître, dit le chef de l’équipe, le plus jeune du groupe. — Je sais, s’attrista le grand maître. Ce dernier prit une gorgée de champagne millésimé. — Voulez-vous que nous changions les plans ? Que nous devancions leur arrivée ? suggéra le chef. — Non, n’en faites rien. Nous avons si minutieusement tout calculé, ne dévions pas d’une seconde de notre plan si merveilleux, ricana-t-il nerveusement. J’ai investi tout mon argent pour que ce projet soit des plus magnifiques et pour qu’il impressionne le monde entier. Faisons ce que nous avons décidé ! Faites-moi languir ! Mettez ma patience à l’épreuve ! annonça-t-il en s’éclatant de rire. Il jeta un coup d’œil à cette tale représentant Ludum où la topographie et les conditions météorologiques étaient sous sa direction. — Je suis le maître, s’amusa-t-il à dire, et tout peut changer selon ma onne ou ma mauvaise humeur, n’est-ce pas ? — Oui, grand maître, indiqua le jeune homme en esquissant un sourire affecté. — Je meurs de voir nos concurrents s’activer à leur dernière tâche à vie. Ha, ha, ha ! Son rire semlait forcé. — Parmi tous ces pions, un seul survivra. Ha, ha, ha ! Un seul pourra rapporter la PAM dans ses agages. — Mais… grand maître, n’aviez-vous pas dit que les concurrents joueraient en couple et qu’il y aurait un couple gagnant ? précisa son interlocuteur. Edgar grogna. — C’est ce que j’ai fait croire, lui répondit-il sèchement. Je suis le maître du jeu et je peux changer les règles à ma guise, ne l’oulie pas, Will. Lorsque le couple aura la PAM dans ses mains, ang ! L’un d’eux mourra. Ça créera toute une surprise.
Il partit à rire, et ses trois maîtresses s’empressèrent de roucouler et de se coller encore plus contre lui. — Je suis un génie, s’écria-t-il en levant son verre. Ce sera le plus eau jeu depuis que le monde est monde. Je suis le grand maître du jeu, le plus grand. Ha, ha, ha ! Les trois maîtresses éclatèrent de rire tandis que l’équipe applaudissait doucement en tapant le poignet opposé, dont la main supportait une coupe de champagne. — Je veux eaucoup d’excitation ! Émerveillez-moi, mes chers amis, et émerveillez le monde. Les yeux de monsieur Powell pétillaient et cherchaient leur admiration. Edgar fixa le jeune chef d’équipe, qui lui parut troulé. — N’est-ce pas, William ? insista-t-il. — Tout sera à la hauteur de vos attentes, répondit-il d’une voix manquant d’assurance. Edgar lui jeta un regard dur. Le jeune homme le fixa sans sourciller et lui fit comprendre qu’il était celui qui pouvait le mieux répondre à ses attentes. Monsieur Powell relaxa. — Trinquons à ce projet merveilleux ! commanda-t-il en élevant son verre. Ce projet va me rendre encore plus riche. Ha, ha, ha ! Plus riche que ce vieux Philippe Brown, dont la fortune dépasse la mienne d’un milliard de dollars et peut-être plus, lâcha-t-il en grimaçant. Je vais y arriver ! Buvons à notre succès ! Tous élevèrent leur coupe. — À notre succès, lancèrent-ils tous en chœur. Le maître du jeu savait que sa fortune ne pourrait jamais surpasser celle de Philippe Brown pour une raison évidente et toute simple : ce dernier était le diffuseur, le contrôleur du jeu. Edgar jouait gros. Si jamais cette téléréalité était un fiasco, il pourrait dire adieu à la dolce vita et onjour à la misère et au déshonneur. Les PAM rapportaient de gros sous, mais pas autant qu’il aurait voulu, car il n’était pas le seul investisseur dans ce produit hautement recherché. Powell avala une gorgée et grinça des dents. Aaaah ! Plus je fais de l’argent, plus il en fait. Il doit ien y avoir une façon d’arrêter ce cercle vicieux ! S’il existe une façon de le faire, de détourner une partie de ses sommes d’argent, je finirai ien par la trouver ! songea-t-il.
PARTIE 1
La croisière ne s’amuse pas
La hantise qui nous ronge nous rend vulnérables, surtout si nous sommes incapables de distinguer la réalité de l’illusion. Il faut savoir vaincre ses anxiétés et ses peurs. Danielle Dumais