Les langages du corps dans la bande dessinée

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Quel mystère cadence les gestes et expressions des personnages de bande dessinée ? Comment une simple série d'images, fixes et bidimensionnelles, peut-elle prêter chair à des corps si dynamiques qu'ils semblent se mouvoir sur la page et que l'on pourrait presque sentir, entendre, toucher ? A travers deux entretiens avec deux grands auteurs de BD, Frédéric Boilet et Lorenzo Mattotti, et douze contributions universitaires, cet ouvrage, invite sous l'angle de l'interdisciplinarité, à l'exploration de ces corps dessinés aux multiples langages.
Publié le : dimanche 15 novembre 2015
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EAN13 : 9782336395951
Nombre de pages : 222
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Les langages du corps dans la bande dessinée
La main se pose sur le papier et trace quelques lignes. Comme par magie, les traits s’animent dans la succession des cases. Quel mystère cadence les gestes et expressions des personnages de bande dessinée ? Bien plus que dans un roman, le corps acquiert une présence matérielle à travers sa représentation graphique, nécessairement subjective et porteuse de sens. Ainsi, sous la plume du bédéiste, le corps dessiné fascine autant qu’il interpelle : comment une simple série d’images, fixes et bidimensionnelles, peutelle prêter chair à des corps si dynamiques qu’ils semblent se mouvoir sur la page et que l’on pourrait presque sentir, entendre, toucher ?
Porteur et producteur de sens, le corps est engagé dans un réseau de discours historiques, sociologiques, médicaux, anthropologiques, esthétiques et linguistiques. À travers deux entretiens avec deux grands auteurs de BD, Frédéric Boilet et Lorenzo Mattotti, et douze contributions universitaires proposées par différents spécialistes du domaine, cet ouvrage invite, sous l’angle de l’interdisciplinarité, à l’exploration de ces corps dessinés aux multiples langages.
Isabelle Guillaume (Agrégée d’Anglais),Aymeric Landotd’Histoire), (Agrégé Irène Le Roy Ladurie(Agrégée de Lettres modernes) etTristan Martine(Agrégé d’Histoire) sont quatre jeunes chercheurs, anciens étudiants de l’École Normale Supérieure de Lyon. Doctorants dans différentes disciplines, ils se sont réunis, avec d’autres, autour de leur intérêt pour le neuvième art afin de former Sciences Dessinées, un laboratoire junior de l’ENS de Lyon consacré à l’étude des rapports entre sciences et bande dessinée.
Couverture : Lorenzo Mattotti,Les Affiches de Mattotti, Paris, Seuil, 2002
ISBN : 9782343072289 21,50 €
Sous la direction de
Sous la direction de Isabelle Guillaume, Aymeric Landot, Irène Le Roy Ladurie et Tristan Martine
Isabelle Guillaume, AymLericeLandsot,langages du corps Irène Le Roy Ladurie et Tristan Martine dans la bande dessinée
Les langages du corps dans la bande dessinée
Les Langages du corps dans la bande dessinée
Mouvement des savoirs Collection dirigée par Bernard Andrieu  L’enjeu de la collection est de décrire la mobilité des Savoirs entre des sciences exactes et des sciences humaines. Cette sorte de mobilogie épistémologique privilégie plus particulièrement les déplacements de disciplines originelles vers de nouvelles disciplines. L’effet de ce déplacement produit de nouvelles synthèses. Au déplacement des savoirs correspond une nouvelle description. Mais le thème de cette révolution épistémologique présente aussi l’avantage de décrire à la fois la continuité et la discontinuité des savoirs : un modèle scientifique n’est ni fixé à l’intérieur de la science qui l’a constitué, ni définitivement fixé dans l’histoire des modèles, ni sans modifications par rapport aux effets des modèles par rapport aux autres disciplines (comme la réception critique, ou encore la concurrence des modèles). La révolution épistémologique a instauré une dynamique des savoirs. La collection accueille des travaux d’histoire des idées et des sciences présentant les modes de communication et de constitution des savoirs innovants. Déjà parus SALOME et le Dr Christophe CHAPEROT,Salomé et son psychiatre, 2015. Anaïs BERNARD,Immersivité de l’art, Interactions, Imsertions, Hybridations, 2015. Cécile CROCE,Performance et psychanalyse. Expérimenter et (de)signer nos viessuivi deLe Moi en jeu, 2015. Marie-Florence ARTAUX,La maison sur la tête, Écriture et position clinique en art-thérapie,2015. Dana DUMOULIN,Le supplice de tantale, Apprivoiser la recto-colite hémorragique,2014. Edmond DESBONNET,Ma gymnastique des organes, 2014. Matthieu QUIDU (dir.),Les Sciences du sport en mouvement, Innovations théoriques en STAPS et implications pratiques en EPS, 2014. Françoise LABRIDY,Hors-corps, Actes sportifs et logique de l’inconscient, 2014. Gérard FATH,Essai sur la laïcité postchrétienne, 2012. Benoit GRISON,Bien-être / Être bien ?, 2012. Matthieu QUIDU (dir.),Les Sciences du sport en mouvement, Innovations et traditions théoriques en STAPS, 2012. Isabelle JOLY,Le corps sans représentation. De Jean-Paul Sartre à Shaun Gallagher, 2011. Yannick VANPOULLE, Epistémologie du corps en STAPS, 2011. M. G. IGUALADA,Anarchisme, traduit et préfacé par Guillaume DEMANGE, 2010, Denis LELARGE,L’Encyclopédie sociale d’Otto Neurath, 2009.
Isabelle Guillaume, Aymeric Landot, Irène Le Roy Ladurie et Tristan Martine Les Langages du corps dans la bande dessinée
© L’HARMATTAN, 2015 5-7, rue de l’École-Polytechnique ; 75005 Paris http://www.harmattan.fr diffusion.harmattan@wanadoo.fr harmattan1@wanadoo.fr ISBN : 978-2-343-07228-9 EAN : 9782343072289
AVANT-PROPOS Le colloque « Langages du corps en bande dessinée », qui s'est tenu à l'École Normale Supérieure de Lyon les 8 et 9 octobre 2014, a marqué l'aboutissement d'un an et demi de travaux pour le laboratoire junior Sciences Dessinées, structure de recherche temporaire hébergée par l'ENS et constituée exclusivement de jeunes chercheurs et chercheuses issus de différentes disciplines, mais rassemblés autour d'un même objet d'étude. Depuis sa fondation en 2013 par Aymeric Landot et Tristan Martine, Sciences Dessinées s'est consacré à l'étude universitaire du neuvième art et à sa diffusion auprès du grand public. Pour nous, ses membres, cette « défense et illustration de la bande dessinée » s'est traduite par de nombreux projets. Nous avons ainsi organisé ou co-organisé pas moins de dix journées d'études, deux expositions, différentes interventions auprès du public scolaire de la région lyonnaise et finalement le colloque dont nous présentons aujourd'hui les actes. Ce colloque, nous l'avions voulu point d'orgue plutôt que point final. Nous espérons, par nos activités, avoir permis d'entr’ouvrir un peu plus la porte sur l'étude de la bande dessinée et apporté notre contribution dans le processus de légitimation de l'objet, « mouvement qui semble ne jamais 1 devoir s’achever » , en tentant d'en donner une lecture esthétique, historique et sociale qui sache lui faire justice. À cette fin, la plupart des activités menées par le laboratoire ont fait l'objet d'une captation audio et restent accessibles sur le site institutionnel de Sciences Dessinées (http://sciencesdessinees.ens-lyon.fr/). Par ailleurs, plus d'une centaine de billets d'actualité et d'analyse, rédigés au fil des mois, peuvent être consultés indéfiniment sur notre carnet de recherches (http://labojrsd.hypotheses.org/).
1 Groensteen T., « Pour revenir sur la légitimité »,neuvième art 2.0, visible sur :http://neuviemeart.citebd.org/spip.php?article518
Outre le présent ouvrage collectif, nos membres ont participé à la publication de deux livres : -Le Siècle des Lumières en bande dessinée : de poudre et de dentelles,paru chez Karthala en 2014 sous la direction de Paul Chopelin et Tristan Martine ; -Le Moyen Âge en bande dessinée : des bulles médiévales en cases, sous la direction de Tristan Martine, qui paraîtra à la rentrée 2015, toujours chez Karthala. Nous avons également contribué à l'élaboration des textes critiques de l'expositionHéro(ïne)s, projet mené par le scénariste lyonnais JC Deveney et l'association Lyon BD, dont le catalogue vient de paraître sous le titre Héro(ïne)s : la représentation féminine en bande dessinéeBD / Arte (Lyon éditions). Ce recueil doit son existence au soutien des personnes et institutions qui ont permis à Sciences Dessinées de mener à bien ses différents projets. Qu'elles en soient ici chaleureusement remerciées. Merci, d'abord, aux professionnels du monde de la BD qui nous ont consacré leur temps et ont accepté de s'associer à notre activité, qu'ils soient dessinateurs, scénaristes, traducteurs, libraires ou organisateurs de manifestations culturelles, notamment au Lyon BD Festival. Merci également à tous les chercheurs qui ont partagé avec nous leur savoir et leur expertise à travers leurs interventions, ainsi qu'aux membres du Comité scientifique du colloque et aux membres d'autres laboratoires juniors (GenERe, NHumérisme) qui ont bien voulu collaborer avec nous sur divers événements. Nos remerciements vont également au public, venu nombreux assister à nos différentes activités, contribuant à notre réflexion et rendant si vivants ces événements. Enfin, merci à l'École Normale Supérieure de Lyon et à son personnel, au Grand Lyon et à l'Association des élèves et anciens élèves de l'ENS Lyon, qui nous ont assuré un indispensable soutien logistique et financier sans lequel rien de tout ceci n'aurait pu avoir lieu.
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INTRODUCTION Irène Le RoyLadurie, avec Isabelle Guillaume, Aymeric Landot et Tristan Martine e 1. LA POLARISATION DU 9 ART: DU CORPS RÊVÉ AU CORPS RÉEL Des deux entretiens qui ont ponctué les journées du colloque Langages du Corps en bande dessinée, dont ce livre constitue les actes, il ressort deux lignes de force structurant la représentation du corps dans le neuvième art. Du corps rêvé, idéal, poétique et esthétique de Lorenzo Mattotti au corps réaliste, autobiographique et photographique de Frédéric Boilet, l’écart semble grand et les possibilités multiples. Cette ligne de fracture entre le réalisme d’un côté et le rêve ou l'imagination de l’autre est un fil conducteur de l’histoire du corps dans la BD. Les corps mutants y côtoient les anatomies parfaitement académiques des héros et héroïnes dans les œuvres de Bilal et de Mœbius, comme dans les cycles de super-héros descomics américains. Parallèlement, un autre chemin se dessine : la simplification de l’anatomie qui confère auxPeanutsautres Astérix une expressivité qui se voudrait et plus spontanée. 1.1. Du réalisme dans la bande dessinée La bande dessinée a donné une large place au dessin réaliste dans l’après-guerre ; il constitue même une école en soi en Europe, d’abord dans une 1 tradition d’aventures inspirée descomicsaméricains , puis autour de Jijé qui 2 formera une génération de dessinateurs à partir des années 60 . Cependant, quand le corps humain est représenté, il tombe souvent sous le coup de la loi et la représentation réaliste du corps n’arrange pas nos censeurs, sensibles aux pagnes trop courts, aux poitrines trop présentes. C’est avec l’entrée dans 1 Il est question ici de « l’école du dessin français » comme l’appelle Thierry Groensteen autour de Raymond Poïvet ou Paul Gillon, qui produisent sur le modèle des aventures américaines, des flibustes et des récits de chevalerie une bande dessinée au dessin réaliste, quasiment historique. Groensteen T., 2009.La bande dessinée, son histoire et ses maîtres, Angoulême, Skira-Flammarion / Cité internationale de la bande dessinée et de l’image, p. 69. 2 Jijé, le maître de Giraud et l’initiateur de différentes identités propres à la bande dessinée européenne de cette période, est considéré, quoique moins fameux que ses élèves, comme l’un des piliers du dessin réaliste dans la bande dessinée franco-belge. « Le dessin réaliste », [1969]Franquin/Jijé, comment on devient créateur de bandes dessinées, P. Vandooren (dir.), 2014. Paris, Dupuis, coll. Niffle, p. 47.
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