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Les Larmes d'une martyre

De
202 pages
Une jeune femme, Thiaré, a prouvé par son courage et sa lutte pour les droits civils et les droits de la femme qu'une action directe et non-violente avec un but précis, peut changer le cours de l'histoire.Par sa simplicité, sa ténacité, elle essaie d'indentifier la femme comme un espoir. Chaque larme versée par une femme témoigne d'une bataille durement menée.
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larmes
d’une
martyre
Écrire l’Afrique Collection dirigée parDenis Pryen
Romans récits témoignages littéraires et sociologiques cette collection reflète les multiples aspects du quotidien des Africains
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http:wwwlibrairieharmattancom diffusionharmattan@wanadoofr harmattan@wanadoofr
ISBN : 97896963399 EAN : 97896963399
aris
Ma mère, la femme africaine
Mes tantes Oumy et Ndiallou que je ne cesserai de remercier
Aissatou etAminaArdoDiallo, les princesses peules
Feu MameAntaFaye, qui nous a quittés prématurément
Pithia, Méry,Fat’mata qui éclaircissent Regard deFemme
Aissata Sissoko, la princesse du Mali
Fatou et MameCoumba Mbengue
OulimataBa,DijaDiop et RouguiDia, vive lesrim
FatimataDia, lajogaliste
Mariama N’diaye, la femme savante
AudeBernard qui m’a apporté un regard arc-en-ciel sur le monde
FantaDoukouré, MameDiarra Touré etAdjiBal
Sans oublier
Toutes celles qui, à l’image de Thiaré, s’évertuent à rendre le monde meilleur
Àforce de nager dans l’utopie, la vie finit par se moquer de nous.Durant mon long séjour, recroquevillé dans un silence de froid près des frontières allemandes, je rêvais de retrouver, après une longue absence justifiée, un pays paradisiaque, une terre paisible, merveilleuse; le pays dAfrique noire le plus proche de lEurope, de par son histoire, de par ses hommes. Transition entre les sables chauds du Sahara et la luxuriance des grandes forêts tropicales, carrefour ethnique et religieux, pays de contrastes, le Sénégal est aussi la patrie du bon accueil, de la tolérance et de la bonne humeur, du moins, tel est l’image que j’en avais. Àl’agence de voyages deBroglie, où je suis allé acheter mon billet pour répondre à l’invitation de mes amis de Mouvement des Jeunes Patriotes, mais aussi à l’appel du cœur, le commis, endimanché en costume-cravate, comme pour donner du solennel à l’événement se fit un plaisir, le sourire à pleines dents, de me chanter les louanges du pays, comme si je ne le savais pas avant lui. Bien assis sur son fauteuil en cuir, ses mains bien posées sur son bureau, laissant sortir les boutons de manchette dorés de sa chemise, comme pour mieux m’amadouer, je me laissais convaincre que mes rêves n’étaient nullement cauchemardesques. Il psalmodia ce discours qu’il avait certainement l’habitude de sortir auxtoubabs, oubliant un moment que la noirceur de mon cuir tirait de celle de la Kaaba. Je hochais la tête à chaque phrase qu’il prononçait, comme pour lui signifier qu’il n’avait pas vraiment besoin de trop en dire, j’étais déjà convaincu.Après lui avoir remis mon chèque, il m’offrait une petite brochure chaude et colorée où je pouvais encore lire des panégyriques sur ma destination prochaine.
« Le Sénégal fait partie intégrante de la culture européenne pour ne pas dire française et certains noms en témoignent : Mermoz St Exupéry lAéropostale et St Louis;Gorée : lîle des esclavesDakar : le port mythique Léopold Sédar Senghor : le poèteprésident…
Dcapitale dun passé colonial prospère àe SaintLouis ancienne Ziguinchor laccueillante ville casamançaise en passant parGorée lîle mémoire et les marchés deDakar la Somone Saly MBour les amateurs de balades urbaines trouveront sans doute de quoi sémouvoir
Sénégal terre des contrastes : au nord des paysages sahéliens secs proches du désert ; au sud une végétation luxuriante de forêts tropicales; au centre la savane ou règne le baobab lemblème du pays ; à lEst les premiers massifs duFoutaDjalon et la côteAtlantique sauvage au nord de la presquîle duCapVert plus découpée et plus calme au sud
Fous de nature vous serez tentés par des sorties en brousse ou des curiosités comme celle de Popenguine celle du lac Rose qui décline sa couleur sur tous les tons celle de lîle auxCoquillages de JoalFadiouth ou encore par les différents parcs nationaux du pays
On ne découvre pas le Sénégal : on le vit on le sent et on se met à vibrerCle choc de la modernité avec les traditions ancestrales le’est choc de la civilisation et de la négritudeEt lorsqu’au retour vous aurez reposé le pied sur votre sol pluvieux vous aurez l’impression d’avoir vécu un mirage ; le sourire sénégalais vous aura marqué à tout jamais et le son des tamtams résonnera dans votre têteCe rêve n’est pas un rêve : c’est la réalité sénégalaise c’est un autre monde une autre façon de penser une autre manière d’aimer »
Ces jolies phrases, je les ai lues dans une page dévouée au Sénégal, et le vendeur de billets me contait la même beauté du pays de mes rêves. Même si ce sont ces souvenirs que j’en avais, rien que le plaisir supplémentaire de les entendre à
nouveau, peu importait le degré de véracité de ces propos, me faisait vibrer.
Loin du pays, ici où règne un froid blanc, je me suis forcé, dans l’attente de retrouvailles de rêve, à une consommation exagérée et mortelle d’images dictées par l’envie de voir le pays sortir des entrailles de la pauvreté. La beauté des images que j’avais de ce dernier m’ont toujours rendu fier, et qui plus que moi, se plastronnait à chaque fois, qu’un débat sur le Sénégal était ouvert, tant les souvenirs me hantaient au quotidien.Des images de mon enfance me revenaient à tout instant, surtout celles qui sont restées indélébiles.
Je me souviens encore, quand j’étais petit, âgé à peine de six saisons des pluies, un jour, dans un pays que jadis jadorais, que je tiens toujours dans mon cœur malgré les dernières nouvelles pas rassurantes que j’ai eues, comme le plus beau des présents, sest passé une magnifique histoire parmi dautres de mon enfance.
Cétait au Sénégal, un pays de l’ouest de lAfrique, un jour dété après un bon petit repas comme dans tous les pays chauds, un bonceebu jëncomme le savait bien faire ma mère, après les concerts gustatifs, suivi d’un bonàttayatoute la famille, excepté mon grand-père qui était parti travailler au marché, faisait sa sieste pour précipiter la digestion. Le quartier était tout calme, tout vide. Seul le concert des mouches répondant à l’appel de la poubelle nauséabonde et pestilentielle bourdonnait et gâchait ce silence de mort. Les commerces du quartier étaient tous fermés. Jétais le seul éveillé avec mon petit frèreAziz âgé à peine de quatre saisons, qui comme moi, n’était pas très habitué à ce rite qui voulait qu’un enfant fasse une petite sieste après le déjeuner. Me sentant seul, je réussis en quelques secondes, à le
Le riz au poisson une des spécialités de la culture culinaire sénégalaise
convaincre, lui qui au fond, n’attendait que cela, faire un tour au marché pour retrouver notre grand-père. La solitude nous rendait fous et renforçait cette subite nostalgie de notre grand-père. Nous voulions aller le voir même si nous ne connaissions pas le chemin. Nous voulions nous promener et surtout voir mon grand-père. Je me rappelle.
Ha  Les souvenirs me reviennent.
Déjà, avec quelle ruse nous avons réussi à nous faufiler à travers une porte entrouverte et grinçante, de peur de réveiller notre mère qui tenait beaucoup à ce que nous ne sortions pas. Il faisait très chaud, cette chaleur ardente que dégage cette circulaire lumineuse d’un été d’Afrique, nous nous sommes quand même décidés à sortir. Sans un bruit, nous sommes partis. Nous avions pris la rue où nous voyions mon grand-père se diriger tous les matins, nous lavions longée, nous avions tourné dans une petite rue toute calme.Après quelques minutes d’errements, nous nous sommes rendu compte que nous étions perdus.Aziz me regardait avec des yeux à moitié inondés de larmes, comme s’il voulait me dire, tu es le grand frère, sors nous de ce pétrin.Finalement, nous avons erré dans toutes les rues de cette petite ville, mais sans jamais trouver de marché. La chaleur était si intense que jai perdu connaissance.Cétait horrible  Je voyais tout noir, je me sentais vraiment pas bien. Aun petit temps, je me suis réveillé en pleurant, javaisprès peur.Aziz en fit de même, ce qui entamait un concert de pleurs qui interrogea les passants. Un vieil homme barbu, le dos courbé s’approcha de nous, d’un air inquiet et nous demanda ce qui nous arrivait. Nous avions tellement peur, toujours en larmes, qu’aucun mot audible ne sortait de nos bouches. Le vieil homme se rapprocha, sortit de ses poches des bonbons et nous les donna.Ce qui, miraculeusement, tarit nos larmes. Il acheta de l’eau fraiche auprès d’une marchande et nous donna à boire. On retrouvait le sourire
