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LES LARMES DE CRISTAL NIKA L'AFRICAINE III

De
424 pages
Des mercenaires ont mis le village de Mule à feu et à sang. Ils tuent au passage Kinia, la fille de Nika, mettant un terme au projet de celle-ci d'aller vivre avec son amant blanc, Manuel, à Kalangé, où la couleur métisse n'est pas appréciée et à peine tolérée ! Elle va devoir élever seule ses petites-filles, que seuls les Pygmées accepteront, mais dans cet enfer vert se réunissent également des cannibales...
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Les
larmes
de
cristal
Encres Noires Collection dirigée par Maguy Albet et Emmanuelle Moysan
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Les
Aurore
larmes
Nika
Costa
de
cristal
lAfricaine
III
5-7,
rue
de
©L’Harmattan, 2011 l’Ecole-Polytechnique,
75005
http://www.librairieharmattan.com diffusion.harmattan@wanadoo.fr harmattan1@wanadoo.fr
ISBN : 978-2-296-56112-0 EAN : 9782296561120
Paris
O femme : Belle ou laide, Grasse ou svelte, Triste ou pétillante, Noire ou Blanche, Tes larmes sont de cristal. Car en enfantant, en aimant, En riant, en dansant, En criant, et même en jouissant Le fond de ton cœur De ta tête, de tonâme Dans ta chair, dans tes entrailles Il ny a que déchirure. Par trop de blessure, Par trop damertume, De coups, de trahison De combat pour survivre Ta sueur et tes larmes Sont devenues : aussi brillantes Aussi limpides mais très douloureuses Lorsquelles sortent des pores et des yeux.
PROLOGUE
Lorsque tonnent les fusils LAfrique tremble. Lorsque claquent les fouets L’Ébène se pare de vermeil. De son tronc recouvert de mille entailles Roulent des perles de cristal et des gouttes de rubis. Flots de larmes ou flots de sang Peu importe quils tapissent le sol. Ce sol dAfrique au sable chaud Aux arbres géants et aux hommes de couleur noire Nintéresse que moi, puisque je suis noire. Noire comme lébène, couleur de mes ancêtres. Noire comme cette peur qui envahit les terres. Noire comme ce ciel qui recouvre ma tête Tant mon chagrin est lourd, mon deuil intense. Plus denfants, plus de terre. Seul me reste : Ce cœur gros qui saigne. Sil y avait un moyen de changer le cours dune existence, Nika aurait très certainement changé le sien. Malheureusement, bien quelle soit sorcière, bien quelle ait appris beaucoup de Malama, bien quelle connaisse la nature, elle navait pas trouvé de philtre ni de potion et encore moins dincantation capable de changer sa destinée. Depuis larrivée de ces gens sans couleuràlintérieur des terres, sa vie avait basculé dans le chaos et elle navait plus jamais cessé de courir, de pleurer, davoir faim. Elle passait des journéesàréfléchir sur sa condition car elle était persuadée que ces gens, venus dailleurs, avaient une dent contre elle. Mais pourquoi me pourchassent-ils  ? Jene les connais pourtant pas. Que me veulent-ils ?  Ces questions, elle navait de cesse de se les poser sans pour autant savoir doùlui viendraient les réponses. Très certainement pas du ciel. Il y avait bien longtemps quelle navait pu admirer le lever ni le coucher des astres. Lempyrée, elle ne la voyait quàtravers lépais feuillage qui lui servait de toiture. La forêt vierge, un endroit idéal pour échapperàdéventuels poursuivants. Peu de gens entraient dans cet endroit de tous les dangers. Ils savaient quils risquaient de ne plus en sortir. Seules les différentes tribus de Pygmées grouillaient sous cette végétation surabondante. Ces Pygmées, comme partout, avaient un territoire quils arpentaient depuis la nuit des temps. Aucun des différents groupes ne saventurait dans lespace de son
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voisin, déviter de se perdre dans un territoire inconnu, ensuite etabord pour surtout pour éviter la guerre. Pacifistes, les Pygmées faisaient et font encore tout pour continuer de vivre en harmonie avec leurs voisins et aussi avec la nature. Ils savent que la vie est plus précieuse que toute autre chose. Que la paix est la condition sine qua non pour continuer de voir grandir ses enfants, dorloter ses petits-enfants et couler des jours paisibles sous ces arbres géants, imposants, étouffants, impressionnants, dangereux mais aussi protecteurs, nourriciers, thérapeutes, magiques. Dans ce lieu hostile, Nika et les petites avaient fini par élire domicile. Que sétait-il passé pour que cette grand-mère et ses petites-filles boudent les villages, la tribu, la communauté humaine ?
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PREMIÈRE
PARTIE
RTROSPECTIVE