Les Maîtres du hasard

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« Tout être vivant ayant atteint un certain degré de sagesse dans l’échelle de l’évolution a développé une sorte de sixième sens, qui lui permet de percevoir un aspect complexe et déroutant de l’univers appelé Réseau. Comme nos yeux qui voient les étoiles et les galaxies jusqu’à l’infini, notre cerveau perçoit une forme beaucoup plus structurée de l’univers, qui n’a qu’un rapport lointain avec son aspect matériel. »


L'ultime étape de l'évolution des espèces a créé l'être sapiens rhunique, doué d'un sixième sens qui lui permet de percevoir une autre facette de l'univers : le réseau.

Faisant suite à Comme par hasard, qui narre l'épopée de terriens découvrant leur don, le réseau et l'étrange lien qui les réunit à six autres peuples galactiques, Les Maîtres du hasard lève une partie du mystère, révélant un univers bien étrange et énigmatique.


Guy Saigne poursuit avec ce roman de science-fiction son interrogation sur le hasard et sur la vie, où les théories les plus poussées de la physique et de la cosmologie modernes rejoignent les mystères de l’esprit humain.


Publié le : dimanche 1 janvier 2006
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Licence : Tous droits réservés
EAN13 : 9999998671
Nombre de pages : non-communiqué
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CHAPITRE 1 Sept peuples éparpillés dans cette fourmilière d’étoiles qu’est notre galaxie, sept peuples dispersés à travers le temps, sept peuples aux formes de vie si différentes, mais sept peuples unis dans leur destin. Seul le Réseau aux propriétés si déconcer-tantes pouvait les réunir. – Oui, jeune Sériagul. Voici bien résumé le mystère le plus important à résoudre. Pourquoi un tel scénario existe ? Ignorant la remarque de son aîné, le jeune félin étira ses quatre membres, sortit ses griffes et d’un bond se retrouva debout. Profitons de la vie, pensa-t-il, tant qu’elle est belle. Il abandonna son coussin douillet, oublia la Bibliothèque et se dirigea vers l'université. Il sentait monter en lui une colère qu'il avait du mal à contenir ce qui le rendait encore plus irritable car contraire aux principes qu'il honorait. Sériagul n'était pas son nom, il n'avait pas de nom. Comme tous les félins de la planète Gul, il portait le titre d'une confrérie, en l'occurrence celle des diplomates. Hargul appartenait à la plus petite des confréries, la plus prestigieuse, celle des dirigeants. Il n'y avait donc pas de lien hiérarchique entre eux pourtant l'autorité d'Hargul était incontestable, et il en souffrait. Le vieil Hargul était à la tête de la planète depuis si longtemps, alors que lui essayait de se faire un nom parmi les sériaguls. Il voulait être Le sériagul, l'autorité de sa confrérie et rivaliser un jour avec Hargul. Son professeur d'université, un grand maître, lui avait maintes fois répété que l'ambition était l'ennemi de la sagesse. À quoi bon être le meil-leur dans les arts de la connaissance et du contrôle de soi si
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l'ambition te ronge et détruit tout ? Ces paroles le mettaient à chaque fois mal à l'aise. Il courait vite, l'effort physique l'aidait à retrouver sa sérénité intérieure. Essoufflé il franchit l'entrée de l'université, se préci-pita vers les bâtiments de direction, gravit par bonds les esca-liers. Le grand maître était assis sur un canapé, les pattes de devant repliées en position d'attente. – Entre, Sériagul, tu fais un chahut d'enfer. Pas besoin d'être un grand sorcier pour deviner ce qui t'amène, mais explique tout de même. Le jeune Sériagul lui expliqua tant bien que mal le conflit interne qui le tourmentait. – Comment renoncer en toute sincérité à toute ambition et en même temps aspirer comme vous à la sagesse ? – Tu dois trouver la réponse toi-même pour qu'elle ait plus de force, pénètre en toi et te transforme. C'est indispensable pour ta fonction de diplomate, pour être notre ambassadeur auprès de ce peuple d'humanoïdes. Cette mission est de première im-portance. Tu sais tout cela, tu sais aussi que tu es le meilleur parmi tous les sériaguls en préparation. C'est parce que tu es un félin exceptionnel que je ne pourrai pas te la confier ni te per-mettre de prendre contact avec ce peuple galactique. L'ambition chez un être exceptionnel est dangereuse, crois-en un vieux sage. Tu connais le sanctuaire millénaire qui surplombe notre ville. Il semble veiller sur elle. C’est un lieu remarquable et sacré, je t’envoie là-bas. Va, médite et reviens quand tu seras prêt. On ne discute pas avec un grand sage, on obéit. Le sanc-tuaire dominait la ville du haut de la colline la plus élevée des environs. Un long chemin tortueux uniquement praticable à pied vous y amenait, un chemin de sélection éliminant intrus et égarés, un chemin de mise en condition vers le recueillement. À chaque virage, un élément de votre mode de vie s'effaçait, et des virages il y en avait beaucoup, suffisamment pour être un autre félin lorsque enfin les portes massives surgirent imposantes.
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