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LES MARTYRS DU TOURBILLON
Amadî Hamadî DïARRA
LES MARTYRS DU TOURBILLON
Amadî Hamadî DïARRA
© La Sahélienne, tous droits réservés. Siège social : Bako Djikoroni Ouest, Bamako (Mali) E-mail : sahelienneedition@yahoo.fr Tél. : + 223 66 79 24 40 ISBN : 978-99952-54-38-4 Dépôt légal : Bibliothèque nationale du Mali, 2011. Relecture et mise en page : Ségolène Roy Conception graphique de couverture :
© L'HAR M ATTAN, 2011 5-7, rue de l'École-Polytechnique ; 75005 Paris http://www.librairieharmattan.com diffusion.harmattan@wanadoo.fr harmattan1@wanadoo.fr ISBN : 978-2-296-56208-0 EAN : 9782296562080
50 VOIX
À ’eure du cînquantenaîre des îndépendances arîcaînes, certaîns esprîts sont en traîn de tenter de capturer ’énergîe des socîétés cîvîes et des moîndres groupes organîsés pour es engager dans une « année de estîvîtés ». Nous proposons de aîsser a ête à où ee est. De sortîr a tête de a ête. Pour nous înterroger, débattre, capîtaîser, regarder ’Arîque droît dans… ses réaîtés, construîre des projets de socîété portés par e îvre et ’écrît ! « 50 voîx » est une coectîon pour es textes îttéraîres, es comptes rendus de travaux de recerces, es témoîgnages, es bîograpîes, a réLexîon crîtîque et a protestatîon cîtoyenne.
Appel à manuscrits
Sî vous avez un projet de ce type à soumettre aux édîtîons a Saéîenne, envoyez-nous-en un court descrîptî par e-maî à ’adresse suîvante : coectîon50voîx@ yaoo.r. Sî vous avez des dîIcutés pour passer au stade de ’écrîture, demandez-nous conseî ou aîtes-vous aîder en rejoîgnant notre ateîer d’écrîture. Vous pourrez enregîstrer vos témoîgnages oraux et es structurer avec ’appuî de proessîonnes. Pour pus d’înormatîon sur nos actîvîtés, contactez-nous à cette même adresse e-maî ou consutez a page Facebook de a Saéîenne (onget « Artîces »).
SOMMAIRE
Préace............................................................................................... 9
Capître ï........................................................................................ 15
Capître ïï ...................................................................................... 29
Capître ïïï ..................................................................................... 33
Capître ïV ..................................................................................... 91
Épîogue ........................................................................................ 103
Préface
’înteîgentsîa du pays se souvîent encore des trîstes moments passés sous e règne du roî Massa Dîaakîbaî. À présent encore, certaîns înteectues, prîncîpa-ement es enseîgnants, se demandent pourquoî îs étaîent a cîbe partîcuîère de ’arbîtraîre, de ’înjustîce et du mauvaîs traîtement de a garde royae. ïs avaîent été înterpeés, torturés, séquestrés, déportés, mutés, îmogés sans que pour a pupart, îs sacent pourquoî. Persécutîon ? Ouî, îs en avaîent été vîctîmes pendant pusîeurs décennîes. ïs gardent encore au ond de eur mémoîre es mauvaîs souvenîrs de ces dîIcîes moments d’une carrîère quî ne eur avaît apporté, sembe-t-î, que trîstesse et soufrance. Ce temps est passé, maîs certaîns n’aîment toujours pas en parer. ïs préèrent se résîgner et aîsser eur destîn agîr comme sous a dîctature de Massa Dîaakîbaî. D’autres, par contre, quî ont es ners assez soîdes et quî croîent à ’avenîr, ’évoquent sans retenue pour se déouer dans ’espoîr de retrouver e boneur et a joîe de vîvre. Ceux-cî évoquent cette pérîode avec amertume, se rappeent es noms de eurs tortîonnaîres, a date et e îeu des exactîons dont îs ont été vîctîmes ou témoîns. Beaucoup gardent toujours, au ond d’eux-mêmes, ’orrîbe souvenîr des scènes d’umîîatîons quî es ont poussés paroîs à se rendre coupabes d’îndéîcatesses. ïs essaîent, maîs en vaîn, d’oubîer ou de pardonner es « contusîons » moraes causées en grande partîe par eurs ces îérarcîques, 1 paroîs sous es ordres des représentants de ’Ordre roya (OR), et quî ont poussé au suîcîde bon nombre de personnes onnêtes. Ce seraît peut-être dîIcîe pour vous de comprendre ma doueur, moî quî nourrîssaîs tant d’admîratîon pour a onctîon enseîgnante et es enseîgnants. Moî quî croyaîs, dès mon premîer jour à ’écoe, que es matres étaîent es ommes es pus eureux de a terre. Et moî quî rêvaîs de devenîr comme eux parce que eurs condîtîons d’exîstence, à mes yeux, n’avaîent pas d’égae, en tout cas, dans ma ocaîté ! Je pensaîs sîncèrement qu’î étaît absurde de es comparer aux vîa-geoîs quî passaîent a journée e torse nu, es ceveux peîns de entes, es maîns
1. ïnstîtutîon quî assuraît a mîse en œuvre de a poîtîque du roî. Ee aîsaît oIce de partî poîtîque et avaît ses démembrements dans toutes es ocaîtés du royaume.
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AMADI HAMADI DIARRA
et es pîeds crasseux. Ouî, j’en étaîs convaîncu, car îs étaîent toujours propres, es pus propres d’aîeurs, es mîeux abîés, du moîns es seus dans eur stye. Du aît qu’îs se régaaîent quotîdîennement de pats somptueux, onéreux par rapport à notre « tô », qu’îs se parumaîent suavement, je es îdentîiaîs aux prînces des contes que ma grand-mère me racontaît tous es soîrs à mon retour de ’écoe. Et je n’étaîs pas e seu à es « prîser » ; tout e vîage es estîmaît, eur aîsaît coniance, juraît par eurs noms, es consîdéraît comme e dernîer recours ors des caudes dîscussîons reatîves à des sujets de connaîssance générae. Cecî, parce qu’îs étaîent es seus à savoîr îre et écrîre : toutes coses quî aîsaîent d’eux une nappe préatîque quî aîmentaît en eau potabe tous es puîts de a ocaîté. Un de eurs atouts étaît non seuement eur dîsponîbîîté à écouter eur pro-caîn pour comprendre ses probèmes et ’aîder à es résoudre, eur voonté de ’aîmer et de vîvre en symbîose avec uî, maîs aussî et surtout eur soucî de ormer eIcacement es jeunes âmes qu’îs avaîent a carge d’înstruîre et d’éduquer. ïs urent sans reproce vérîtabe jusqu’au jour où des événements, aîts et cîrconstances concourant à a détérîoratîon des condîtîons économîque, socîae et poîtîque du pays perturbèrent eurs vîeîes abîtudes, rendîrent précaîres eurs condîtîons de vîe et de travaî et transormèrent eur exîstence en ener. Depuîs ce jour, rîen ne ut pus comme auparavant. Tout s’efondra autour d’eux, es transormant aînsî en parents pauvres de a onctîon pubîque. Aujourd’uî, îs mènent une vîe d’ener, une vîe dîaboîque sans répît. Tous s’acarnent contre eux comme s’îs étaîent des rebuts de ’umanîté. Je ne saîs vraîment pas pourquoî, maîs j’aî ’împressîon de pus en pus persîstante que e reste de a socîété ne veut pus d’eux et sembe même es exécrer. Pour sûr, eurs rères des autres corps, eurs parents, es désavouent et es umîîent quotîdîenne-ment à travers tout ce qu’îs ont, coectîvement ou îndîvîdueement. Pas d’argent, pus de emme, pus d’amî ! Et moî quî avaîs pensé au premîer contact qu’îs étaîent es ommes es pus onorabes, es pus puîssants, beaucoup pus que mon père en quî je voyaîs ’être umaîn îdéa ! Et moî donc quî avaîs succombé sous eur înLuence, eur carme, eurs ma-nîes ; moî quî avaîs été possédé par a magîe de eurs îvres et de eur pédagogîe ! Je ne es reconnaîs pus à travers ce qu’îs ont et ce qu’îs sont aujourd’uî, ces enseîgnants. Quoîque e présent ouvrage aît pour but d’attîrer ’attentîon sur a soufrance endurée par es enseîgnants dans eurs reatîons socîaes et proessîonnees, î n’occute pas ce qu’ont enduré es autres agents du royaume sous e règne de Dîaakîbaî. oîn s’en aut. Évoquer a soufrance de ces agents m’amène à parer de certaîns de eurs probèmes que d’autres pumes ont peut-être déjà abordés. Ce quî suppose que
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