Les martyrs du tourbillon

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Le régime politico-militaire dictatorial de Massa Dialakibali laisse libre cours à l'arbitraire, à l'injustice, à la corruption, à la tyrannie... à tous les niveaux. Sétègné en fait les frais, comme beaucoup d'enseignants qui endurent des souffrances dans leurs relations sociales et professionnelles. Un exemple parmi tant d'autres, tous dramatiques et regrettables, qui poussent plus d'un enseignant à monter sur la scène politique pour échapper à la persécution.
Publié le : samedi 1 octobre 2011
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EAN13 : 9782296468689
Nombre de pages : 110
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LES MARTYRS DU TOURBILLON
Amadî Hamadî DïARRA
LES MARTYRS DU TOURBILLON
Amadî Hamadî DïARRA
© La Sahélienne, tous droits réservés. Siège social : Bako Djikoroni Ouest, Bamako (Mali) E-mail : sahelienneedition@yahoo.fr Tél. : + 223 66 79 24 40 ISBN : 978-99952-54-38-4 Dépôt légal : Bibliothèque nationale du Mali, 2011. Relecture et mise en page : Ségolène Roy Conception graphique de couverture :
© L'HAR M ATTAN, 2011 5-7, rue de l'École-Polytechnique ; 75005 Paris http://www.librairieharmattan.com diffusion.harmattan@wanadoo.fr harmattan1@wanadoo.fr ISBN : 978-2-296-56208-0 EAN : 9782296562080
50 VOIX
À ’eure du cînquantenaîre des îndépendances arîcaînes, certaîns esprîts sont en traîn de tenter de capturer ’énergîe des socîétés cîvîes et des moîndres groupes organîsés pour es engager dans une « année de estîvîtés ». Nous proposons de aîsser a ête à où ee est. De sortîr a tête de a ête. Pour nous înterroger, débattre, capîtaîser, regarder ’Arîque droît dans… ses réaîtés, construîre des projets de socîété portés par e îvre et ’écrît ! « 50 voîx » est une coectîon pour es textes îttéraîres, es comptes rendus de travaux de recerces, es témoîgnages, es bîograpîes, a réLexîon crîtîque et a protestatîon cîtoyenne.
Appel à manuscrits
Sî vous avez un projet de ce type à soumettre aux édîtîons a Saéîenne, envoyez-nous-en un court descrîptî par e-maî à ’adresse suîvante : coectîon50voîx@ yaoo.r. Sî vous avez des dîIcutés pour passer au stade de ’écrîture, demandez-nous conseî ou aîtes-vous aîder en rejoîgnant notre ateîer d’écrîture. Vous pourrez enregîstrer vos témoîgnages oraux et es structurer avec ’appuî de proessîonnes. Pour pus d’înormatîon sur nos actîvîtés, contactez-nous à cette même adresse e-maî ou consutez a page Facebook de a Saéîenne (onget « Artîces »).
SOMMAIRE
Préace............................................................................................... 9
Capître ï........................................................................................ 15
Capître ïï ...................................................................................... 29
Capître ïïï ..................................................................................... 33
Capître ïV ..................................................................................... 91
Épîogue ........................................................................................ 103
Préface
’înteîgentsîa du pays se souvîent encore des trîstes moments passés sous e règne du roî Massa Dîaakîbaî. À présent encore, certaîns înteectues, prîncîpa-ement es enseîgnants, se demandent pourquoî îs étaîent a cîbe partîcuîère de ’arbîtraîre, de ’înjustîce et du mauvaîs traîtement de a garde royae. ïs avaîent été înterpeés, torturés, séquestrés, déportés, mutés, îmogés sans que pour a pupart, îs sacent pourquoî. Persécutîon ? Ouî, îs en avaîent été vîctîmes pendant pusîeurs décennîes. ïs gardent encore au ond de eur mémoîre es mauvaîs souvenîrs de ces dîIcîes moments d’une carrîère quî ne eur avaît apporté, sembe-t-î, que trîstesse et soufrance. Ce temps est passé, maîs certaîns n’aîment toujours pas en parer. ïs préèrent se résîgner et aîsser eur destîn agîr comme sous a dîctature de Massa Dîaakîbaî. D’autres, par contre, quî ont es ners assez soîdes et quî croîent à ’avenîr, ’évoquent sans retenue pour se déouer dans ’espoîr de retrouver e boneur et a joîe de vîvre. Ceux-cî évoquent cette pérîode avec amertume, se rappeent es noms de eurs tortîonnaîres, a date et e îeu des exactîons dont îs ont été vîctîmes ou témoîns. Beaucoup gardent toujours, au ond d’eux-mêmes, ’orrîbe souvenîr des scènes d’umîîatîons quî es ont poussés paroîs à se rendre coupabes d’îndéîcatesses. ïs essaîent, maîs en vaîn, d’oubîer ou de pardonner es « contusîons » moraes causées en grande partîe par eurs ces îérarcîques, 1 paroîs sous es ordres des représentants de ’Ordre roya (OR), et quî ont poussé au suîcîde bon nombre de personnes onnêtes. Ce seraît peut-être dîIcîe pour vous de comprendre ma doueur, moî quî nourrîssaîs tant d’admîratîon pour a onctîon enseîgnante et es enseîgnants. Moî quî croyaîs, dès mon premîer jour à ’écoe, que es matres étaîent es ommes es pus eureux de a terre. Et moî quî rêvaîs de devenîr comme eux parce que eurs condîtîons d’exîstence, à mes yeux, n’avaîent pas d’égae, en tout cas, dans ma ocaîté ! Je pensaîs sîncèrement qu’î étaît absurde de es comparer aux vîa-geoîs quî passaîent a journée e torse nu, es ceveux peîns de entes, es maîns
1. ïnstîtutîon quî assuraît a mîse en œuvre de a poîtîque du roî. Ee aîsaît oIce de partî poîtîque et avaît ses démembrements dans toutes es ocaîtés du royaume.
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AMADI HAMADI DIARRA
et es pîeds crasseux. Ouî, j’en étaîs convaîncu, car îs étaîent toujours propres, es pus propres d’aîeurs, es mîeux abîés, du moîns es seus dans eur stye. Du aît qu’îs se régaaîent quotîdîennement de pats somptueux, onéreux par rapport à notre « tô », qu’îs se parumaîent suavement, je es îdentîiaîs aux prînces des contes que ma grand-mère me racontaît tous es soîrs à mon retour de ’écoe. Et je n’étaîs pas e seu à es « prîser » ; tout e vîage es estîmaît, eur aîsaît coniance, juraît par eurs noms, es consîdéraît comme e dernîer recours ors des caudes dîscussîons reatîves à des sujets de connaîssance générae. Cecî, parce qu’îs étaîent es seus à savoîr îre et écrîre : toutes coses quî aîsaîent d’eux une nappe préatîque quî aîmentaît en eau potabe tous es puîts de a ocaîté. Un de eurs atouts étaît non seuement eur dîsponîbîîté à écouter eur pro-caîn pour comprendre ses probèmes et ’aîder à es résoudre, eur voonté de ’aîmer et de vîvre en symbîose avec uî, maîs aussî et surtout eur soucî de ormer eIcacement es jeunes âmes qu’îs avaîent a carge d’înstruîre et d’éduquer. ïs urent sans reproce vérîtabe jusqu’au jour où des événements, aîts et cîrconstances concourant à a détérîoratîon des condîtîons économîque, socîae et poîtîque du pays perturbèrent eurs vîeîes abîtudes, rendîrent précaîres eurs condîtîons de vîe et de travaî et transormèrent eur exîstence en ener. Depuîs ce jour, rîen ne ut pus comme auparavant. Tout s’efondra autour d’eux, es transormant aînsî en parents pauvres de a onctîon pubîque. Aujourd’uî, îs mènent une vîe d’ener, une vîe dîaboîque sans répît. Tous s’acarnent contre eux comme s’îs étaîent des rebuts de ’umanîté. Je ne saîs vraîment pas pourquoî, maîs j’aî ’împressîon de pus en pus persîstante que e reste de a socîété ne veut pus d’eux et sembe même es exécrer. Pour sûr, eurs rères des autres corps, eurs parents, es désavouent et es umîîent quotîdîenne-ment à travers tout ce qu’îs ont, coectîvement ou îndîvîdueement. Pas d’argent, pus de emme, pus d’amî ! Et moî quî avaîs pensé au premîer contact qu’îs étaîent es ommes es pus onorabes, es pus puîssants, beaucoup pus que mon père en quî je voyaîs ’être umaîn îdéa ! Et moî donc quî avaîs succombé sous eur înLuence, eur carme, eurs ma-nîes ; moî quî avaîs été possédé par a magîe de eurs îvres et de eur pédagogîe ! Je ne es reconnaîs pus à travers ce qu’îs ont et ce qu’îs sont aujourd’uî, ces enseîgnants. Quoîque e présent ouvrage aît pour but d’attîrer ’attentîon sur a soufrance endurée par es enseîgnants dans eurs reatîons socîaes et proessîonnees, î n’occute pas ce qu’ont enduré es autres agents du royaume sous e règne de Dîaakîbaî. oîn s’en aut. Évoquer a soufrance de ces agents m’amène à parer de certaîns de eurs probèmes que d’autres pumes ont peut-être déjà abordés. Ce quî suppose que
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