Les mots volés

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Le jour de ses huit ans, Marie a décidé de partir avec pour tout bagage ses rêves immenses. La réalité l'étouffe. Ils sont tous tellement petits. Elle sait que le monde est vaste. Elle l'a lu. Bien sûr, elle n'a rien dit à ses parents. Ils ne pourraient pas comprendre. La route sera longue. Les pièges nombreux. Il lui faudra museler les voix nocives qui en traître tentent de la remener dans son ancienne prison. Et puis, il y a cette peur qui n'oublie jamais de se manifester à la moindre nouveauté. A force de courage et de rage, elle vaincra ses démons pour dessiner les contours d'une vie exempte de toute banalité.
Publié le : dimanche 7 septembre 2003
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EAN13 : 9782748127881
Nombre de pages : 78
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Les mots volØsMarguerite Struvay
Les mots volØs
LITT RATURE FANTASTIQUE' manuscrit.com, 2003
ISBN: 2-7481-2789-7 (pour lefichier numØrique)
ISBN: 2-2788- (pour le livre imprimØ)Avertissement de l Øditeur
DØcouvertparnotrerØseaudeGrands Lecteurs(libraires, revues, critiques
littØraires et de chercheurs), ce manuscrit est imprimØ tel unlivre.
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www.manuscrit.com
contact@manuscrit.comLe ciel pleurait à gros bouillons. Qu’importe !
Elle ne s arrŒterait pas. Il n’Øtait plus temps. Obs-
tinØment, elle parcourait du regard cette Øtendue
boueuse, espØrant dØcouvrir un rØceptacle oø elle
pourrait dØposer son chagrin, cette fleur nourrie de
haine et de souffrance et qui constituait son seul hØ-
ritage, sa seule possession. Sa chevelure dØtrempØe
la tirait vers la terre. Surtout ne pas oublier de se
redresser. Etre fidŁle, cela demande une vigilance
constante. Ne pas se retourner, fuir le vide. La
lumiŁreestdevant. Lescoupsre us,lacolŁresubie,
la bŒtise comme pain quotidien, lui avaient permis
de construire une enveloppe hermØtique, sa maison
refuge aux portes closes. Jamais plus elle ne se
laisserait ouvrir.
« Je les hais » dit-elle avec force d une voie ra-
geuse relevant avec impatience une mŁche gorgØe
d’eau. Prise d un remord, elle la reprit entre ses
doigts, la caressant avec Ømotion. Surtout ne pas se
soumettre. Peut-Œtre pourrait-elle encore donner la
vie, se retrouver pure, lavØe de toute cette boue, re-
devenir quelqu un, cesser d Œtre quelque chose, un
objet mallØable à merci. Changer de matiŁre. Vivre
tout simplement. Elle avait le temps, la base de sa
richesse future. RØapprendre. Non, APPRENDRE.
Il fallait tout effacer.
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