Cette publication ne fait pas partie de la bibliothèque YouScribe
Elle est disponible uniquement à l'achat (la librairie de YouScribe)
Achetez pour : 5,95 € Lire un extrait

Lecture en ligne + Téléchargement

Format(s) : PDF

sans DRM

Les naufragés du Crétacé

De
111 pages
Une plaque d'irridium, sur laquelle sont inscrits des nombres gravés à la main, a été découverte sur un site de fouilles archéologiques. D'après la datation selon la méthode dite du Carbone-14, cette plaque est vieille d'environ 70 millions d'années !Comment cette plaque a-t-elle pu exister, à l'ère des dinosaures ? Qui a pu y graver ces nombres, à cette époque où l'homme n'existait pas encore ? Et que signifient ces nombres ?... Des scientifiques vont très vite obtenir les réponses à ces questions, et être confrontés aux conséquences de leur découverte. Le rétablissement du bon ordre des choses sera cette fois source d'autres désordres insoupçonnés...
Voir plus Voir moins

Vous aimerez aussi

Silo - épisode 3

de editions-actes-sud

L'île au trésor

de culture-commune

L'ÎLE AU TRÉSOR

de raanan-editeur

Les naufragés du Crétacé
Jean-Pierre Gibon
Les naufragés du Crétacé





ROMAN












Le Manuscrit
www.manuscrit.com












Le Manuscrit.com
5bis, rue de l’Asile Popincourt
75011 Paris
Téléphone : 01 48 07 50 00
Télécopie : 01 48 07 50 10
www.manuscrit.com
contact@manuscrit.com
Jean-Pierre Gibon

I - LA DECOUVERTE


C’était au mois de mars, une légère brise printanière
balayait la surface aride de la plaine de la White River, au
Nevada. La vaste étendue désertique et poussiéreuse était
parsemée d’une multitude de touffes d’herbe jaunie par un
ensoleillement quasi-constant, par la sécheresse
permanente du sol crayeux et sa carence en oligo-
éléments. Non loin d’un monticule de rochers se
trouvaient quelques petites tentes grises et autres camping-
cars. Les seuls signes de vie en cet endroit se résumaient à
quatre ou cinq personnes agenouillées ou allongées sur le
sol poussiéreux, à la recherche d’un passé enfoui quelque
part sous leurs pieds. De petites brosses entre les doigts, ils
caressaient lentement le sol afin de détourer quelques
fossiles encore partiellement enfouis dans le sol desséché.

Vers la fin de l’ère secondaire, la poussée des
montagnes rocheuses avait provoqué la surélévation de
cette région, y créant de nombreux plateaux où la mer, en
se retirant, avait laissé derrière elle un sédiment très riche
en calcaire. Cette période de formation de la craie
s’appelait le Crétacé.

Depuis près de cinq mois, l’équipe du professeur
Richard Delandre, paléontologue de renom, effectuait des
fouilles en ce lieu actuellement désertique mais où
circulaient jadis de nombreux dinosaures.

Le professeur Richard Delandre était un homme
d’une grande sympathie. S’il était actuellement seul et
sans attache, malgré ses quarante ans, c’était bien à cause
de son travail qui lui prenait la totalité de son temps. Ses
recherches avaient été de nombreuses fois couronnées de
7Les naufragés du Crétacé
succès. Il était admiré des passionnés de paléontologie, et
très respecté par ses homologues du monde entier.

Sous le soleil qui se faisait progressivement brûlant,
il s’abritait sous un large chapeau de paille. Debout,
derrière ses lunettes de soleil, les mains sur les hanches, il
observait avec attention les agissements des membres de
son équipe. Il ôta son chapeau afin de s’essuyer le front du
revers de l’avant-bras, puis le remit immédiatement après.
Le professeur tourna légèrement la tête sur la droite et
regarda quelques instants. Après quelques secondes, il
s’avança pour aller s’accroupir auprès d’une jeune femme
allongée sur le ventre, et grattant le sol d’un doigt rageur,
tout au long du fossile d’un os long, exhumé en partie.
« Non, non, lui dit-il d’une voix plutôt calme mais
ferme à la fois, teintée d’une certaine volonté de se faire
comprendre au mieux. Ne t’énerve pas, Nelly, tu
n’obtiendras jamais rien de bon en agissant comme ça, et
tu le sais bien ! »

La jeune femme tourna son regard énervé en
direction de Richard, mais un petit sourire apparu au coin
de ses lèvres légèrement desséchées.

« Je sais bien mais c’est cette foutue brosse qui a les
poils tellement usés que j’ai l’impression de caresser le sol
au lieu de le creuser peu à peu !
- D’accord je vais t’en apporter une autre, mais de
grâce ne gratte pas le sol avec ton ongle ! Ces fossiles sont
tellement fragiles qu’ils se cassent encore plus facilement
que la roche qui les entoure. Va donc te rafraîchir avec un
peu d’eau sous la tente, ça te reposera. Et moi pendant ce
temps là je vais te chercher une autre brosse dans le coffre
de la voiture, ok ? »

8Jean-Pierre Gibon

La jeune femme accepta d’un signe de la tête et se
remit debout lentement, accompagnée d’un petit
gémissement de douleur, dû à sa trop longue période de
travail en position allongée sur le ventre. De ses fines
mains, elle se dépoussiéra depuis le ventre jusqu’aux
genoux par de légers gestes très précis et tout à fait
charmant de féminité. Puis, tout en se dirigeant vers la
tente, Nelly engagea une main dans sa chevelure dorée,
afin de recoiffer quelques mèches rebelles qui pendaient
sur son front légèrement humide et rose. Richard la
regarda s’éloigner lentement vers cette tente que l’équipe
avait installée pour y entreposer son matériel, et où elle
allait pouvoir s’y désaltérer et se reposer quelques
minutes.

Lorsqu’elle fut enfin à l’abri du soleil, le professeur
laissa échapper un léger soupir de satisfaction, puis il
engagea alors le pas dans la direction de la Jeep qui
attendait bien tranquillement à l’ombre d’un énorme
monticule de rochers.

C’est à ce moment qu’un autre membre de l’équipe
se mit à crier :
« Chef ! Chef ! Venez voir ça !... C’est dingue,
j’comprends pas... »

Surpris et intrigué par cette exclamation soudaine, le
professeur Delandre tourna tout d’abord son visage étonné
dans la direction de cet appel. Il vit un jeune homme tout
énervé qui lui faisait de grands signes des bras, l’invitant à
le rejoindre le plus vite possible. Connaissant le jeune
étudiant en paléontologie, qui n’était pas du style à
s’affoler sans raison, Richard accéléra le pas et arriva près
du jeune homme qui s’était de nouveau accroupi devant sa
découverte.
9Les naufragés du Crétacé
« Regardez ça, chef ! s’exclama à nouveau le jeune
explorateur. A votre avis, qu’est-ce que c’est ? Qu’est-ce
que ça fait là ? »

Le professeur vint s’accroupir à côté de l’étudiant et
regarda avec empressement l’endroit du sol que l’étudiant
pointait du doigt. Le coin d’une petite plaque métallique
sortait du sol, à quelques centimètres d’ossements
fossilisés en cours d’exhumation. Le bout de métal grisâtre
qui sortait du sol laissait imaginer que le reste était encore
enfoui dans le sol calcaire.
« On dirait de l’aluminium légèrement noirci, dit le
professeur en se penchant au-dessus de la petite pointe de
métal. »

Il descendit le bout de son index le long d’une arête
et commença à l’enfoncer dans le sol poussiéreux. Il retira
ensuite le doigt pour finalement ramener ses deux mains
sur les cuisses, d’un air songeur.
« Ca a l’air d’être bien encré dans la roche. Je me
demande comment cette plaque a pu arriver là... »

Il resta quelques secondes à contempler l’objet
mystérieux figé dans le sol crayeux, puis il prit la brosse
de l’étudiant et se mit à longer la tranche métallique, de
plus en plus loin. Finalement, il fit apparaître un côté
d’une vingtaine de centimètres et dit calmement :
« Ok, on va essayer de la sortir complètement, mais
sans endommager les ossements. Il ne faudrait pas gâcher
la reconstitution de ce squelette fossilisé à cause de ce
fragment de satellite tombé du ciel ou des restes d’un
avion qui s’est crashé ici ! »

Le jeune homme se mit à rire et dit :
« Ne vous inquiétez pas, chef, je vais faire attention
10Jean-Pierre Gibon

aux ossements. C’est certainement un bout de Spoutnik, ha
ha ha ! Ce sera une bonne histoire à raconter autour du
feu ! »

Le professeur Delandre, lui, ne semblait pas partager
le même enthousiasme que l’étudiant. Il y avait quelque
chose qui ne collait pas dans ses hypothèses. Il se disait
qu’un fragment de satellite n’aurait pas pu se planter
comme ça dans un sol aussi dur sans y avoir creusé un
petit cratère causé par l’impact de sa chute. Et comment
cette plaque a-t-elle fait pour venir se loger en plein milieu
d’une couche de sédiments vieux de plusieurs millions
d’années ? Il y avait bien là une grande interrogation à
laquelle seule l’exhumation de cette plaque pouvait peut-
être apporter les réponses attendues. Il resta accroupi, l’air
dubitatif et incrédule, tout en fixant des yeux le bout
exhumé de cette petite plaque métallique. Il ne parvenait
pas à trouver d’explication rationnelle à cette découverte
inattendue.

Quelques minutes plus tard, la plaque était enfin
totalement extraite du calcaire. Elle faisait une trentaine de
centimètres de long sur une vingtaine de large, et environ
un millimètre d’épaisseur. Légèrement ondulée et tordue à
certains endroits. Sa surface était plutôt matte et rugueuse.


Le professeur prit la plaque entre ses mains et se mit
à la retourner dans tous les sens. D’une main habile, il
essuya avec précaution la fine couche de poussière qui y
était resté collée, puis il retourna la plaque et fit de même
sur l’autre face. Là, il s’arrêta net et resta immobile, la
plaque entre les mains. Le jeune étudiant, qui n’avait rien
perdu des manipulations du professeur, fut surpris par
cette réaction. Il l’interrogea du regard et attendit quelques
11