LES SANGLOTS DE MON EDEN DE L'ENNEDI UNE ENFANCE DES SABLES

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Le doux temps de l'enfance insouciante est court, trop court dans l'Ennedi, au nord du Tchad. Très tôt, le jeune Toumaï doit, comme tous les jeunes de son âge, garder les troupeaux de dromadaires dans ce milieu aride et hostile. Pris dans une tourmente dont il ne comprend ni les tenants ni les aboutissants, Toumaï devient enfant-soldat, rebelle, pour défendre l'honneur de sa famille et de son clan.
Publié le : mercredi 1 juin 2011
Lecture(s) : 223
EAN13 : 9782296813731
Nombre de pages : 90
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Les sanglots de mon Eden
de l’Ennedi

Djiddi Ali Sougoudi







Les sanglots de mon Eden
de l’Ennedi


Une enfance des sables

























































© L’Harmattan, 2011 Centre Culturel Al Mouna
BP 456 N’Djaména – Tchad 5-7, rue de l’Ecole-Polytechnique,
Tel. 00 235 66 52 34 02 75005 Paris

http://www.librairieharmattan.com centrealmouna@yahoo.fr
diffusion.harmattan@wanadoo.fr
harmattan1@wanadoo.fr

ISBN : 2-915815-0 8- 5 ISBN : 978-2-296-55383-5
EAN: 97829158150 85 EAN : 9782296553835

DÉDICACE



Je dédie ce livre :

À tous les enfants du Sahara tchadien
qui n’ont pas eu la chance d’aller à l’école.
Ils sont nombreux.
J’en suis un,
mais un rescapé !

À mon arrière-grand-père,
Capitaine Chateauvieux,
un méhariste intrépide qui pacifia l’Ennedi
avec tact au moment où d’autres colons
ont tenté d’y régner par la terreur !

À mon oncle maternel
Mahamat-Ali Younous alias « Jackson »,
une des élites de l’Ennedi et
combattant du Frolinat,
chef logistique du Gunt,
prématurément tué en mars 1980 à N’Djamena.
Sa mort emporta dans une salve de sanglots
tout l’espoir d’une famille et d’une région.
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I

« Le berger parti aux pâturages n’apprendra
la mort de sa mère qu’à son retour. »
Proverbe toubou

Papa n’est pas là, il est parti au milieu de la nuit. Il est parti à
l’anglaise. Ma mère, la tête entre les mains, est plongée dans une
tristesse dont je n’arrive pas à saisir la raison. Pourtant, la veille,
tout était calme et mes parents, souriants, préparaient leur thé
sous la tente. Leur causerie était riche, ponctuée d’éclats de rire
et de tapes dans les mains. Lorsque, revenant des pâturages, je
fis irruption sous la tente, ils m’ont gratifié de larges sourires.
Ma mère me donna une poignée de dattes mielleuses et mon
père ne manqua pas de gentillesse envers moi : il caressa mes
cheveux en bataille et me glissa entre les paumes des morceaux
de fromage à base de lait de chamelle. Mon cadet, un garçon
d’habitude geignard, jouait sagement avec deux pierres
informes, trouvailles de sa quête permanente de jouets. La
théière crachotait sur les braises, épandant une odeur de sucre
brûlé. Un pan de la tente était soulevé, pour permettre à l’air de
circuler et d’activer la braisière.
Ce matin, le climat de la veille semble ne plus exister. Je sens
aussi l’inquiétude effleurer ma peau, surtout lorsque j’observe
l’attitude peu commune de ma mère. Il arrive que mon père
s’absente. Il le fait souvent. Lors de ses précédents voyages,
j'étais toujours au courant, quelques jours auparavant.
- Maman, où est parti papa ? demandé-je à ma mère ?
- Il va revenir. Prends ton petit déjeuner et ramène les
dromadaires aux pâturages, me répond-elle, toujours avec un air
mélancolique, le menton soutenu par le talon de sa main droite,
l’autre étant occupée à tracer des sillons sur le sol meuble.

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