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Du même publieur

Les sanglots de mon Eden
de l’Ennedi
Djiddi Ali Sougoudi
Les sanglots de mon Eden
de l’EnnediUne enfance des sables
Centre Culturel Al Mouna BP 456 N’Djaména – Tchad Tel. 00 235 66 52 34 02 centrealmouna@yahoo.fr ISBN : 2-915815-08-5EAN: 9782915815085
© L’Harmattan, 2011 5-7, rue de l’Ecole-Polytechnique, 75005 Paris http://www.librairieharmattan.com diffusion.harmattan@wanadoo.fr harmattan1@wanadoo.fr ISBN : 978-2-296-55383-5 EAN : 9782296553835
DÉDICACE
Je dédie ce livre : À tous lesenfants du Sahara tchadienqui n’ont pas eu la chance d’aller à l’école. Ils sont nombreux. J’en suis un, mais un rescapé ! À mon arrière-grand-père, Capitaine Chateauvieux, un méhariste intrépide qui pacifia l’Ennedi avec tact au moment où d’autres colons ont tenté d’y régner par la terreur ! À mon oncle maternel Mahamat-Ali Younous alias « Jackson »,une des élites de l’Ennedi et combattant du Frolinat, chef logistique du Gunt, prématurément tué en mars 1980 à N’Djamena. Sa mort emporta dans une salve de sanglots tout l’espoir d’une famille et d’une région.
I «Le berger parti aux pâturages n’apprendra la mort de sa mère qu’à son retour. » Proverbe toubou Papa n’est pas là, il est parti au milieu de la nuit. Il est parti à l’anglaise. Ma mère, la tête entre les mains, est plongée dans une tristesse dont je n’arrive pas à saisir la raison. Pourtant, la veille, tout était calme et mes parents, souriants, préparaient leur thé sous la tente. Leur causerie était riche, ponctuée d’éclats de rire et de tapes dans les mains. Lorsque, revenant des pâturages, je fis irruption sous la tente, ils m’ont gratifié de larges sourires. Ma mère me donna une poignée de dattes mielleuses et mon père ne manqua pas de gentillesse envers moi : il caressa mes cheveux en bataille et me glissa entre les paumes des morceaux de fromage à base de lait de chamelle. Mon cadet, un garçon d’habitude geignard, jouait sagement avec deux pierres informes, trouvailles de sa quête permanente de jouets. La théière crachotait sur les braises, épandant une odeur de sucre brûlé. Un pan de la tente était soulevé, pour permettre à l’air de circuler et d’activer la braisière. Ce matin, le climat de la veille semble ne plus exister. Je sens aussi l’inquiétude effleurer ma peau, surtout lorsque j’observe l’attitude peu commune de ma mère. Il arrive que mon père s’absente. Il le fait souvent. Lors de ses précédents voyages, j'étais toujours au courant, quelques jours auparavant. - Maman, où est parti papa ? demandé-je à ma mère ? - Il va revenir. Prends ton petit déjeuner et ramène les dromadaires aux pâturages, me répond-elle, toujours avec un air mélancolique, le menton soutenu par le talon de sa main droite, l’autre étant occupée à tracer des sillons sur le sol meuble.
9
Un pour Un
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