Les secrets du Poney Club tome 2

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Isabelle a un grand amour : Mystic, le poney qu'elle monte au club de Pointe-Chevalier. Mais lorsque ce dernier se fait tuer par un camion, Isa est dévastée. C'est Flèche, une jument maltraitée, qui va lui redonner le goût de vivre... tandis que des événements très étranges se produisent au club. Isa n'aura pas assez de ses deux meilleures amies, Kate et Stella, pour résoudre les mystères qui planent sur Pointe-Chevalier !



Publié le : mercredi 1 juin 2011
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EAN13 : 9782266217361
Nombre de pages : non-communiqué
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: Les secrets du poney-club
Stacy Gregg



Les secrets du poney-club
Une nouvelle famille
Traduit de l’anglais par Christine Bouchareine


À Michael
1
Les lumières du chapiteau s’éteignirent. Isa continua d’avancer à tâtons tout en cherchant Stella et Kate dans la pénombre.
— Hé ! Regarde où tu vas !
Isa tressaillit. Elle venait de marcher sur le pied de quelqu’un.
— Excusez-moi !
Quel cauchemar ! Il fallait être acrobate pour avancer dans le noir avec trois cornets de glace en équilibre.
— Isa ! Par ici ! Dépêche-toi, ça va commencer !
Ouf ! Elle repéra la tignasse rousse de Stella, et Kate qui agitait le bras deux rangées plus loin. Elle s’y dirigea, en essayant de ne plus écraser d’orteil.
— Pardon ! Pardon !
Elle s’assit enfin, et ses amies s’empressèrent de la débarrasser. Stella se tourna vers la mère d’Isa.
— Merci de nous avoir invitées, madame Brown !
Elle souligna son enthousiasme en donnant un grand coup de langue sur sa glace, le regard rivé sur la piste, à l’affût d’un mouvement dans l’obscurité.
— Oh, oui, c’est vraiment très gentil, madame Brown ! déclara à son tour Kate.
— Maman, c’est le plus bel anniversaire de ma vie ! renchérit Isa.
— J’étais sûre que ma surprise vous plairait.
Isa aurait treize ans le lendemain. Elle ne s’était doutée de rien quand sa mère avait proposé de fêter cet événement avec un jour d’avance, et de l’emmener avec ses deux meilleures amies au cinéma. Mme Brown avait attendu que les trois filles soient dans la voiture pour leur tendre les billets du spectacle d’El Caballo Danza Magnifico, les Magnifiques Chevaux dansants. Elles avaient poussé de tels hurlements que la mère d’Isa avait failli s’arrêter sur le bord de la route pour se boucher les oreilles.


— Regardez ! s’écria Kate. Il y a quelque chose qui bouge. Les voilà !
Soudain, des projecteurs dessinèrent douze ronds parfaits sur la sciure de l’arène. Des accords de flamenco et un claquement de castagnettes brisèrent le silence. Les cercles de lumière se mirent à tourbillonner ; les guitares jouèrent de plus en plus fort.
Les spots se figèrent sur l’entrée de la piste et, deux par deux, des chevaux d’un blanc parfait y apparurent. Leur longue crinière ondulait sur leur encolure comme de la soie ; leur queue glissait sur le sol telle la traîne d’une robe de mariée. Douze chevaux s’avancèrent ainsi au rythme des castagnettes avant de se déployer en éventail autour de la piste, suivis chacun par un projecteur.
Sous cet éclairage aveuglant, ils brillaient comme des statues de marbre. Isa admira la majestueuse courbure de leur cou et la forme classique de leur tête. Elle reconnut des lipizzans, les célèbres chevaux de l’École espagnole d’équitation de Vienne, descendants des grands étalons andalous. Leur allure altière lui rappelait les chevaux peints dans l’Antiquité sur les vases romains.
Les cavaliers, en uniforme militaire et coiffés d’un bicorne noir et or surmonté d’une plume rouge, étaient d’une élégance incroyable.
Le premier se découvrit et salua. Simultanément, son cheval mit un genou à terre et inclina la tête. Sous le regard émerveillé du public, les autres les imitèrent à tour de rôle. Puis, avec un grand geste de leur chapeau, les cavaliers redressèrent leurs montures. Les lipizzans se mirent à l’arrêt parfait avant de pivoter sur place et de s’élancer au galop autour de l’arène.
— Oh, qu’est-ce qu’il est beau, celui-là ! s’écria Stella en montrant l’un d’eux à Isa.
Mme Brown éclata de rire.
— Comment peux-tu les distinguer ? Ils sont identiques !
— Pas du tout. Le dernier a une tête magnifique, et c’est lui qui a la plus belle crinière.
— Ce sont des mâles ou des femelles ?
— Voyons, maman, ce sont des étalons ! C’est écrit sur le programme !
Isa se mit à lire à voix haute : « Les étalons ont été dressés selon les méthodes de la Haute École, une variante très ancienne d’équitation destinée autrefois à préparer les destriers au combat. Les chevaux d’El Caballo Danza Magnifico ont travaillé de longues années pour exécuter les airs relevés tels que la courbette, la levade et la cabriole… »
Les chevaux se déployèrent de nouveau et s’arrêtèrent en deux files impeccables de chaque côté de la piste. La lumière des projecteurs baissa. Un seul resta braqué sur le centre de l’arène, où un étalon sans cavalier apparut, suivi d’un dresseur à pied, un long fouet à la main.
Il s’agissait cette fois d’un gris pommelé à la crinière argentée, avec des marques noires sur les jambes et autour des yeux et du nez.
« Il ressemble un peu à mon Mystic », songea Isa, et son sourire se figea.
Mystic, son premier poney qu’elle avait aimé plus que tout au monde, était mort dans des circonstances tragiques. Un accident stupide ! Il avait été heurté par un camion alors qu’ils tentaient de porter secours aux chevaux qui s’étaient échappés du club hippique. Sans son courage, elle aurait été tuée, elle aussi.
Elle n’arrivait pas à se remettre de sa disparition. Mystic lui manquait affreusement. Depuis, il s’était passé des événements bizarres, incompréhensibles. Le fantôme du poney l’avait aidée à sauver Flèche, une ponette dont son moniteur lui avait confié la garde. Isa sentait toujours Mystic à ses côtés ; il continuait à veiller sur elle et sur sa jument alezane.
Surprenant son expression mélancolique, sa mère lui prit la main et la pressa avec gentillesse, comme pour dire : « Ça va ? »
Isa lui sourit et secoua la tête. Elle n’allait pas gâcher son anniversaire par des pensées moroses ! Elle était bien décidée à s’amuser.
Le dresseur menait le cheval par de longues rênes noires qui se détachaient sur ses gants blancs.
Le cliquetis des castagnettes céda la place à de la musique classique. Les chevaux, restés jusque-là immobiles au bord de la piste, pivotèrent à l’unisson et gagnèrent la sortie au galop.
« Vous avez devant vous Marius, un étalon lipizzan pur sang, accompagné de son dresseur, Wolfgang Herzog », annonça une voix dans les haut-parleurs.
L’homme s’inclina, et Marius s’ébroua comme s’il savait qu’on parlait de lui.
« Marius et Wolfgang vont à présent tenter la courbette, le plus difficile de tous les airs relevés, poursuivit le présentateur. Cette figure permettait autrefois au cheval de protéger son cavalier au milieu des troupes ennemies. Pour cela, la monture doit se dresser sur ses postérieurs et avancer en sautillant. »
Tenant fermement les rênes, Wolfgang prononça une seule parole ; et l’étalon se mit à trotter sur place. Le dresseur lança ensuite quelques mots brefs dans une langue inconnue d’Isa. Le cheval s’ébroua, se rassembla, exécuta une série de sauts de mouton très élégants et se cabra. En équilibre sur ses postérieurs, il avançait en petits bonds successifs, sa longue queue balayant le sol.
Isa, Stella et Kate applaudirent à tout rompre. Le dresseur effectua une révérence et ramena son cheval face au public.
« À présent, voici la cabriole ! poursuivit le présentateur d’un ton théâtral. La réalisation de cette figure requiert des années de travail. Il s’agit encore d’une figure de combat. Le cheval saute en l’air tout en ruant pour repousser d’éventuels ennemis qui attaqueraient son cavalier par-derrière. »
Wolfgang immobilisa l’étalon et lui parla de nouveau. Il le fit avancer, les rênes longues, avant de l’arrêter brusquement. Puis il lui toucha les deux postérieurs en même temps avec son fouet. Marius s’élança en l’air, telle une ballerine, et projeta ses jambes en arrière. Isa poussa un cri. On aurait dit qu’il volait ! Elle retint son souffle : il semblait rester en suspension. Enfin, il atterrit en s’ébrouant et se retourna vers les spectateurs pendant que Wolfgang saluait.
Isa et ses amies les acclamèrent, époustouflées.
— C’était trop beau ! s’exclama Stella, tandis que le duo quittait la piste.
Isa rouvrit le programme.
— Maintenant, c’est la Danse des Sept Voiles. Elle est exécutée par des juments anglo-arabes…
Une musique de charmeur de serpent s’éleva sous le chapiteau, et six projecteurs balayèrent la piste. Six juments s’avancèrent en file, le nez de chacune touchant la queue de celle qui la précédait, et pivotèrent pour faire face aux spectateurs. Les cavalières, vêtues de costumes des en mousseline de différentes couleurs, avaient le visage dissimulé par des voiles. À leur cou et à leurs poignets brillaient des bijoux aux tons assortis à leurs sarouels : émeraude, rubis, saphir, aigue-marine, or et argent. Mille et Une Nuits
En revanche, leurs montures se ressemblaient tellement qu’on aurait dit des clones : même taille – environ 1,45 mètre –, même robe alezan brûlé, mêmes balzanes, même crinière et même queue blondes. Leurs nobles origines arabes se devinaient à leur encolure arquée et à leur tête concave ainsi qu’à leurs jambes finement galbées de danseuses.
Isa les regardait, le souffle coupé.
— Oh ! Je rêve, ou vous voyez ce que je vois ?
— Tu as raison ! murmura Stella. C’est incroyable !
Kate se pencha vers elles.
— Isa, ces juments… on dirait Flèche !


Il était presque minuit quand la représentation se termina.
Alors que les derniers spectateurs quittaient le chapiteau, Stella, Kate et Mme Brown attendaient toujours Isa, partie aux toilettes. Stella commençait à s’impatienter.
— Mais où est-elle passée ?
À cet instant, elle aperçut son amie, qui revenait non pas des toilettes, mais de la direction opposée, accompagnée d’une grande femme brune en jodhpurs fauves et pull en cachemire rose.
— Maman, Kate, Stella, je vous présente Françoise d’Arthe.
— Bonjour, les salua la jeune femme en français. J’espère que le spectacle vous a plu.
— Françoise était une des cavalières de la Danse des Sept Voiles, expliqua Isa. Elle a été formée au Cadre Noir de Saumur.
— Oui, mais je travaille avec El Caballo Danza Magnifico depuis de nombreuses années déjà. Je m’occupe du dressage de leurs chevaux en Espagne. Quand l’école part en tournée, je l’accompagne et je participe aux numéros.
La Française se tourna vers Mme Brown en souriant.
— Votre fille a un bien joli prénom. Elle monte une jument qui ressemble beaucoup aux miennes, paraît-il ?
— Oui, sans doute, mais je vous avoue que j’ai du mal à faire la différence entre un cheval et un autre. C’est aux filles qu’il faut poser la question.
— Flèche est exactement comme les vôtres ! s’écria Stella. Elle a la même taille, la même couleur, et elle est aussi magnifique. Vous devriez la voir !
— Je viendrai peut-être, murmura la jeune femme d’un air songeur. Oui, pourquoi pas ? Nous restons dans cette ville quelques jours. Votre poney-club n’est pas trop loin, je crois ? Je pourrais y faire un saut, non ?
— Non… enfin je veux dire oui ! se reprit Isa en riant. Ça me ferait tellement plaisir que vous la voyiez !
— Alors, c’est d’accord. Je vous laisse, je dois aller aider mes élèves à panser les juments. Avec deux représentations par jour, nous ne chômons pas. Ravie de vous avoir rencontrées. À bientôt !
Pendant que Françoise retournait aux écuries, Mme Brown jeta un coup d’œil sur sa montre.
— Oh, vous avez vu l’heure ! s’exclama-t-elle avant d’entraîner les filles vers la sortie. Il est minuit passé !
— Hé, Isa ! Ça y est, tu as treize ans ! lança Stella. Bon anniversaire !
— Bon anniversaire ! lui firent écho Mme Brown et Kate.
Isa les entendit à peine, les yeux rivés sur Françoise qui disparaissait derrière les grandes portes, de l’autre côté du chapiteau. Treize ans ! Elle avait l’impression que cette année serait très importante pour elle.
2
La nouvelle saison de compétition commençait, et l’heure de la sélection était venue pour les cavaliers du poney-club de Pointe-Chevalier. Stella trépignait d’impatience. Elle attacha Coco, sa ponette, à côté de Flèche sous les platanes et adressa un sourire radieux à Isa.
— Je suis trop contente d’être là ! Et toi aussi, Coco, hein, ma grande ? gloussa-t-elle en tapotant l’encolure de la petite jument.
Coco regarda sa maîtresse d’un air endormi et replongea dans le sommeil, agitant juste la queue de temps à autre pour chasser les mouches.
Isa s’esclaffa.
— Tu as raison, Stella, elle saute de joie !
Coco manquait peut-être d’enthousiasme, mais pas les deux jeunes cavalières. Le club affichait un programme chargé, dont le point culminant était le Trophée d’Or Interclub.
Les six clubs hippiques de Pointe-Chevalier et des environs s’entraîneraient tout le printemps pour cette rencontre. Stella récita les noms de leurs rivaux, qu’elle connaissait par cœur :
— Saint-Johns, Mornington, Marsh Fields, Westhaven et Garnet Ridge ! Tu as déjà vu le trophée, Isa ? Figure-toi qu’il n’est pas du tout en or ! Non, il est en bois recouvert de petits écussons dorés, sur lesquels sont gravés les noms des gagnants de chaque année. Il doit avoir… je ne sais pas, moi… des siècles ! Il y a même le nom de Tom Avery dessus ! Il faisait partie de l’équipe il y a très, très longtemps… dans les années soixante-dix…
— En fait, c’était en 1985, Stella. Je suis moins vieux que tu ne crois ! protesta leur moniteur, qui venait d’arriver derrière elle.
— Oh, non ! gémit Stella.
Isa éclata de rire et salua Tom avec chaleur.
La plupart des cavaliers du club craignaient cet homme, sévère et autoritaire. Mais Isa savait que derrière cette façade se cachait un amoureux des chevaux. Avery travaillait à la Ligue internationale pour la protection du cheval. C’est dans le cadre de sa mission qu’il lui avait confié Flèche. Elle se souvenait du jour où il lui avait amené la pauvre jument, malade et squelettique… Isa, qui ne se consolait pas de la disparition de Mystic, s’était juré de ramener cette ponette à la vie. Et elle avait réussi au-delà de toute espérance.
Comme toujours, Tom Avery portait son inséparable cravache en cuir, avec laquelle il avait l’habitude de frapper sa botte pour attirer l’attention de ses élèves.
— Bon. J’espère que vous êtes en forme ! Je vais choisir aujourd’hui les six cavaliers qui représenteront Pointe-Chevalier au Trophée d’Or Interclub…
Il s’arrêta en regardant Coco, qui somnolait à l’ombre du platane. Il secoua la tête et resserra sa sous-gorge de trois trous.
— Deux doigts, rappela-t-il à Stella et, pour illustrer sa remarque, il glissa l’index et le majeur entre le cou de la ponette et la bride. Pas plus… Pour en revenir au trophée, ça fait deux années de suite qu’on se fait souffler la victoire par notre ennemi juré, le club de Marsh Fields. Ça a assez duré ! Cette année, j’ai bien l’intention de le récupérer. Alors, aujourd’hui, ajouta-t-il en fixant Stella dans les yeux, on n’est pas là pour s’amuser. Dis-moi, Stella, tu es venue pour t’amuser ?
Pour une fois, la pétillante rouquine ne sut que répondre.
— Euh… non ? balbutia-t-elle.
Il lui sourit.
— Parfait ! Alors, en selle, et allez chercher les autres. Vous trouverez la composition des groupes affichée sur le mur du club. Compris ?
Avery souligna cet ordre d’un dernier coup de cravache et tourna les talons.
Stella attendit qu’il s’éloigne pour se pencher vers son amie.
— Et toi, Isabelle, tu es venue pour t’amuser ? demanda-t-elle d’une grosse voix en imitant le geste du moniteur.
Isa pouffa.
— Qu’est-ce qui vous fait rire ? demanda Kate, qui arrivait sur Toby.
— C’est Avery ! répondit Isa. Il paraît qu’on n’est pas là pour s’amuser. Il veut qu’on reprenne le trophée.
— Je le comprends ! Ça fait trop longtemps que ces frimeurs de Marsh Fields nous rebattent les oreilles avec leurs deux victoires consécutives !
— Il va choisir six d’entre nous pour représenter notre club, enchaîna Isa, tout excitée.
— Huit, en fait, avec les deux réserves, rectifia Kate.
— Vu que Dan et Ben seront pris à coup sûr, il n’y aura que six places ! marmonna Stella.
Dan et Ben, leurs meilleurs amis au club, étaient d’excellents cavaliers. Dan, un blond frisé aux yeux bleus, montait Kismit, un hongre gris truité. Ben, un brun qui aimait taquiner les filles, avait choisi Max, un poney welsh bai très têtu.
Stella se tourna vers sa petite jument chocolat.
— Coco, il va falloir te réveiller si tu veux qu’on soit sélectionnées !
La ponette lui jeta un regard ensommeillé… et referma aussitôt les yeux.
Kate et Isa gloussèrent ; mais Stella ne riait pas. Elle attrapa son casque et tira la bride de sa ponette en pestant.
— Franchement, Coco, tu exagères !
— Combien d’épreuves comporte la sélection ? demanda Isa en se penchant par-dessus l’épaule de Kate pour lire ce qu’elle avait noté sur un bout de papier.
— Cinq. La reprise de dressage, la course de haies et le parcours d’obstacles chronométré en individuel, plus un jeu de drapeaux et un slalom par équipes.
— Je ne peux compter que sur le parcours d’obstacles, soupira Kate. Toby est nul aux jeux d’équipes, surtout au slalom.
Kate avait treize ans et se trouvait dans la même classe qu’Isa et Stella au collège de Pointe-Chevalier. Comme elle était très grande pour son âge, ses parents lui avaient acheté un cheval, un pur-sang bai du nom de Toby. Il mesurait 1,68 mètre, ce qui avantageait Kate dans les parcours d’obstacles. Hélas, il était beaucoup moins performant dans les jeux de poneys, qui n’étaient pas conçus pour les longues foulées d’un grand cheval, ex-champion de course.
L’épreuve du slalom consistait à réaliser le plus vite possible un aller-retour entre des piquets de deux mètres plantés sur la carrière.
Pour le jeu de drapeaux, on utilisait les mêmes piquets, sur lesquels on fixait un fanion. Le cavalier devait l’attraper au galop, puis le déposer dans une boîte installée sur un baril. S’il la manquait, il devait descendre de cheval, ramasser le drapeau, le jeter dans la boîte, se remettre en selle et poursuivre la course.
Isa essaya de rassurer son amie :
— Oh, Toby se rattrapera à l’épreuve contre la montre ! Et tu vas bien te placer au saut de haies. Viens, il est temps d’y aller.
Elle ajusta ses étriers, vérifia la sangle de Flèche et sauta en selle.
— En avant pour de nouvelles aventures ! dit-elle en caressant l’encolure de la ponette.
Flèche dansa d’impatience, tandis que Kate et Stella finissaient de se préparer. Puis les trois filles partirent au trot vers la première épreuve de la journée.


Cinq autres cavalières attendaient devant le club. Elles portaient toutes le pull bleu marine et la cravate rouge de Pointe-Chevalier. Une blonde à la tenue impeccable, montée sur un magnifique palomino, renifla d’un air méprisant en voyant les trois amies.
— La poisse ! marmonna Stella. Natasha la Cata est dans notre groupe ! J’aurais préféré commencer par le saut avec Dan et Ben.
— Sois sympa ! lui chuchota Isa.
Sauf que ce n’était pas facile d’être sympa avec cette fille, sûre d’elle et hautaine. Isa était bien placée pour le savoir ! Lors de leur dernière rencontre, à l’occasion du concours complet, Natasha avait été éliminée pour avoir frappé sa ponette, et Isa avait décroché la première place. Natasha n’était pas près de le lui pardonner…
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