LES SEPT JARDINS D'EDEN

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Ils auraient pu vivre heureux au jardin d'Eden car la vie était généreuse. C'était sans compter sur leurs faiblesses, leurs travers - l'ambition refoulée d'un Italien, l'inculture d'une belle échangiste, la naïveté d'un ancien professeur de médecine, l'attrait du confort chez un jeune bijoutier, etc… En tout, sept personnages auxquels nous nous assimilons très vite et que l'auteur, dans un style limpide et enthousiaste, sait nous rendre sympathiques, touchants, d'autant que leur libre choix les conduira inexorablement à la chute .
Publié le : lundi 1 janvier 2001
Lecture(s) : 44
EAN13 : 9782296224551
Nombre de pages : 123
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LES SEPT JARDINS D'EDEN

@L'Hannattan,2001 ISBN: 2-7475-0830-7

lean-Michel BARTHOLI

LES SEPT JARDINS D'EDEN

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DU MÊME AUTEUR

Le sang du nuraghe (roman), Editions

Eboris,

1999.

Avidenlent

et sans retentie, elle se gorgea du fruit et

ne savait pas qu'elle mangeait la Mort.

Le Paradis perdu John Milton IX 773 - 808

L 1talien

L'Italien

A Cabasse en Provence, il existe une placette entourée d'une fontaine et de quelques marronniers. Assis sur les bancs ou sur leurs propres chaises à l'ombre du feuillage, bercés par le clapotis des filets d'eau, les habitants viennent ici à certaines heures pour discuter. Car s'il est une chose qu'adore le Provençal, c'est bien celle de parler. Sans tomber dans la gestuelle italienne, le côté théâtral pied-noir, la rudesse de la langue niçoise ou corse, il se contente d'une conversation animée aux modulations douces et variées, aidé par un accent chantant. Bien sûr, comme dans les musiques d'orchestres, il martèle parfois ses affirmations de sons éclatants, de sentences graves, mais très vite, un sourire, un air léger effacent les phrases percutantes. Je le soupçonnerais d'ailleurs de prendre du plaisir à s'entendre parler. Il écoute sa phrase. Il l'enjolive, y ajoute pour cela quelques mensonges. Peu importe. Il déguste l'effet produit, le timbre de certains mots. Dans sa bouche, des noms courants comme le « pain », le « vin », n'ont pas cette lourdeur si fréquente en d'autres régions, mais ils se terminent au contraire

L 'Italien

par un petit son clair comme celui d'une cuillère sur un verre, un tintement prolongé de cristal. D'ailleurs, le charme ne s'arrête pas là. Il faut à notre causeur une dose indispensable d'humour, de dérision pour que le spectacle soit complet. Il peut alors faire partager sa bonne humeur. Il est heureux, il jubile. Le voilà capable de raconter des histoires aussi variées que peut l'être son imagination débordante. Le résultat de cet art consommé est une amabilité commune à presque tous les Cabassois. Mais gare à celui qui ne la partage pas! Les rumeurs sur son cas ne manqueront pas. . . Cela arriva un jour d'été que je discutais avec une veuve retraitée qui avait apporté son coussin et une chaise pliante pour prendre part vers dix-sept heures à la causerie sur la place de la fontaine. Comme d'autres, elle avait fait la sieste dans sa maison ancienne, laissant passer le gros de la chaleur derrière les volets clos et les murs épais. L'esprit vif, reposé, elle me faisait part des nouvelles du village. D~puis au moins une demi-heure je l'écoutais me parler des mariages et enterrements, des liens de parenté fort compliqués entre Cabassois, lorsque passa dans la rue un homme à l'allure hésitante, le regard quelque peu figé et qui ne s'arrêtait jamais parmi nous. Je demandai quel était cet homme si curieux, si étrangement solitaire, de quelle maladie pouvait-il souffrir? La dame me répondit aussitôt.

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