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Les sept larmes d'Obéron - Tome 5

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424 pages
Les choses ont bien changé dans Nayr quand Geoffroy y revient avec maître Cornufle, Thomas et le frère Mellitus. La Magicature telle qu’elle était n’existe plus, la Ligue des guildes qui s’opposait jadis à William de Norfolk est désormais à la solde de ce dernier, et monseigneur Da Hora multiplie les efforts pour éradiquer la magie à sa source même. Shu-Weï Sang-Noir s’est retranchée dans sa forteresse pour attendre l’enfant que lui a fait William à son corps défendant, tandis qu’à Syatogor, Judith se morfond en l’absence d’Ylian. Geoffroy devient alors le proverbial grain de sable qui enraie la mécanique.


Loin de Nayr et de ces conspirations, Brent et Hatsue se meurent dans un désert chauffé à blanc par le soleil. Mais ils ignorent encore que leur unique chance de survie se trouve directement sous leurs pieds.


Shu-Weï échappera-t-elle à l’ire de celui qu’elle a trompé? Judith récupérera-t-elle Ylian avant qu’Alsinor lui remette le grappin dessus? Monseigneur Da Hora rendra-t-il la mémoire à Lucifer? Thomas s’adaptera-t-il à sa nouvelle vie? Dans quel univers étrange Brent et Hatsue s’échoueront-ils? Et surtout, comment les mystérieuses larmes d’Obéron opéreront-elles pour restituer encore davantage de puissance à la magie et à celui qui en fut autrefois le maître?
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Extrait
I. QUI A VU VERRA

On y était. C’était le bout de la route. Ils étaient cuits. Littéralement.
Brent jeta un œil morne autour de lui. Rien. Que du blanc à vous écorcher les yeux et ce soleil qui rugissait sa férocité en vous rôtissant la couenne du matin au soir. La seule ombre sur cette poêle à frire où ils avaient échoué était la leur et, pour l’instant, Hatsue se réconfortait de la sienne, laissant Brent suer sang et eau sous la cuisante brûlure de l’astre du jour.
Depuis combien de temps marchaient-ils ainsi dans ce désert aussi plat qu’une planche à repasser? Brent avait perdu le compte. Quelle idiotie d’avoir voulu jouer les héros! Il était jeune, il avait la vie devant lui. Pourquoi s’était-il sacrifié au profit d’un vieillard tel que maître Cornufle et d’un débauché notoire comme le frère Mellitus? Crétin, crétin, crétin… S’en fût-il dressé un tout près, il se serait tapé la tête contre un mur.
Hatsue reposait à ses pieds, terrassée par l’épuisement, la soif et la faim. Car leurs réserves déjà maigres n’existaient tout simplement plus.
Brent passa une langue aussi sèche que du papier de verre sur ses lèvres crevassées. Était-ce la fin à laquelle il était promis? Mourir de soif sur cette plaque à pâtisserie sans apparente porte de sortie? Si une de ses visions lui avait révélé ce sort peu enviable, jamais il n’aurait renoncé à repartir vers Nayr avec Geoffroy, Thomas et les autres. Mais l’os du zordomm lui avait révélé que, si Hatsue et lui grimpaient sur le dos du dragon, plusieurs n’en réchapperaient pas, et Brent n’apparaissait nulle part dans les visions où ses compagnons arrivaient sains et saufs dans le monde magique où vivait désormais Judith. Avait-il mal interprété les reflets de l’avenir que lui envoyait l’objet divinatoire? Signifiaient-ils qu’Hatsue et lui devaient périr pour que les autres fussent sauvés? Pourtant, Brent avait bien cru les voir tous deux se prélassant dans un confortable quoique curieux palais. S’était-il leurré? L’avenir, apparemment malléable, semblait évoluer au fil des décisions prises dans le présent. Avait-il effectué le mauvais choix? La vision de leur séjour dans l’étrange palais n’était jamais revenue une fois le dragon et ses passagers partis. Depuis, il ne voyait qu’un cercle blanc suivi d’un plan noir.

N’en pouvant plus, Brent se laissa tomber à genoux, s’assurant que le peu d’ombre qu’il procurait à sa compagne continuât de protéger la tête de cette dernière.
Par acquit de conscience, il frotta une énième fois la protubérance hexagonale qui lui bombait le front, laissant sa vue se troubler. Un fond blanc apparut. Il distingua les formes floues habituelles, mais il aurait aussi bien pu s’agir de corps flottant dans l’humeur vitreuse de son œil. Impossible d’en tirer quoi que ce fût d’instructif. Vint ensuite le fond noir, qui marquait invariablement la conclusion de ses incursions dans l’avenir et dont il présumait qu’il correspondait à sa propre mort, la raison en étant qu’il n’avait jamais réussi à franchir le voile pour découvrir ce qui se dissimulait de l’autre côté. S’il n’y avait rien, passablement de gens, sur Terre, seraient amèrement déçus en apprenant qu’aucun paradis ne les attendait à leur mort. Mais le véritable paradis ne se trouve-t-il pas justement là: dans le néant, dans le fait de ne plus avoir à s’occuper de rien, dans le repos éternel au sens propre du terme ?

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