Les sirènes du diable

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Nous sommes en 1611 à La-Roquette-Saint-Martin. Le prieur, Jean Maïssa, mène sa vie de religieux comme il l'entend, n'hésitant pas à prendre quelques libertés, à s'opposer au seigneur Marc Laugiero et à raconter des histoires de diables pour s'amuser. Son destin bascule lorsqu'un notable niçois se confesse au vicaire général. Le seigneur réunit des témoins pour accréditer les accusations de sorcellerie qui pèsent sur le prêtre. Les faux témoignages s'accumulent...
Publié le : samedi 2 juillet 2011
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EAN13 : 9782296465688
Nombre de pages : 210
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LES SIRENES DU DIABLE
© L’Harmattan, 2011 5-7, rue de l’Ecole polytechnique, 75005 Paris
http://www.librairieharmattan.com diffusion.harmattan@wanadoo.fr harmattan1@wanadoo.fr
ISBN : 978-2-296-55235-7 EAN : 9782296552357
Paule BECQUAERT
LES SIRENES DU DIABLE
roman
Préface de Michel BOTTIN
L’Harmattan
2003
Du même auteur, chez le même éditeur
TroublesLes naufragés de thermidor An II- An III :
Troubleschemin des abîmes An II- An III : 2007Le
 Le Jugement secret: drame historique en trois actes : 2004
2009
TroublesLe labyrinthe des âmes An II- An III :
Préface  L’histoire qui suit racont e une affaire judiciaire vieille de quatre siècles, presque jour pour jour. Elle concerne Jean Maïssa, prieur , c’est-à-dire curé, de La Roquette dans le Comté de Nice. La juridiction ecclésiastique l’accuse de pratiques de sorcellerie, de blasphème, de comportements incompatibles avec son état et de fautes dans l’exercice de son ministère. L’histoire est vraie. L’inté rêt du dossier de procédure a déjà attiré l’attention des hi storiens, particulièrement parce que le curé a été soumis à une estrapade dans le cadre de son interrogatoire et que l’application de ce type de torture pour obtenir l’aveu est assez rare pour qu’on y prête intérêt. Maïssa sera condamné à la perte de ses fonctions et dignités. Paule Becquaert rouvre le procès pour tenter de comprendre. Elle remet l’affa ire en situation, dans son environnement humain, en employant les procédés les plus raisonnables que lui perm et la fiction historique. Les protagonistes reprennent vie à travers l’enquête judiciaire ; les témoignages se succèdent, pas toujours concordants ; la rumeur déforme les faits ; les accusations se nourrissent d’ autres accusations… et le juge éprouve les plus grandes difficultés à démêler le vrai du faux. On comprend à la lecture de l’ouvrage que le procès est dans toutes les conversations, à La Roquette et à Saint-Martin, mais aussi à Levens et à Nice. Cette affaire, il faut le souligner, est exceptionnelle. Elle fait l’événement. Maïssa est emporté par la tourmente. Il ne comprend pas ce qui lui arrive . Il découvre peu à peu la portée de certains de ses act es, attitudes provocantes ou jeux anodins. Il puise dans sa foi la force de résister. Mais la partie n'est pas égale. Son affaire éclate dans un
          
contexte très difficile, quelques années après qu’un synode diocésain ait affirmé la nécessité de mettre un terme aux « fascinations, enchantements, nécromancies, géomancies, pyromancies, chiromancies, philtres d’amour » et autres pratiques de sorcellerie, particulièrement celles faites dans les églises et sur les autels. Le mode de vie et la tenue des prêtres étaient également dans le programme réformateur. Quelques affaires, concernant des laïcs avaient beaucoup fait parler au cours des années précédentes. Maïssa aurait dû se méfier. Les langue s allaient bon train. La première instruction devant Marc Laugiero, le seigneur de La Roquette, lui fut ainsi très défavorable. De nombreux Roquettans témoignèrent contre lui. Le seigneur, de son côté, parai ssait régler un vieux compte.  Cette histoire nous paraît faire partie d’un passé révolu. C’est particulièrement vrai des incriminations et des procédures qui relèvent de l’ancien droit pénal. Mais pour l’essentiel cette histoire est de tous les temps. C’est l’histoire d’un accusé qui se débat contre les témoignages douteux, cont re les pièges de la procédure, contre un ministère public sûr de son accusation. C’est l’histoire d’un drame. Maïssa nous fait ainsi partager ses dout es et ses angoisses. Ses espoirs et aussi son espérance. Surtout pendant ses promenades autour de La Roquette, au bord du Var à Saint-Martin, sur la route de Levens. Car le terroir fait partie de l’histoire que nous raconte Paule Becquaert. Mais il est bien davantage qu’ un décor. Il est le moyen qui nous permet de passer de l’autre côté pour nous retrouver en 1611. C’est aussi un bon chemin pour entrer dans l’histoire de La Roquette-Saint-Martin.      Michel Bottin
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Avertissement
 C’est en 1994 que j’ai, pour la première fois, entendu le nom de Jean Maï ssa, prieur de son état. Pierre-Robert Garino travaill ait alors sur La Roquette-Saint-Martin. UneCrounica dei Rouquetan e San Martinenc, mêlant adroitement les anecdotes, les statistiques, les généalogies, et livrant les multiples facettes d’une communauté en constante évolution. Je le rencontrais régulièrement et toujours avec plaisir. Il me tenait au courant de ses recherches et, de mon côté, en tant que maire, je lui savais gré de s’attacher à restituer aux anciens et aux nouveaux habitants la mémoire d’un passé riche d’enseignements. Connaître les hommes qui ont été associés à la vie et à la construction de La Roquette, devenue commune à part entière après la séparation d’avec Saint-Martin en 1867, m’intére ssait au plus haut point. Parmi les personnages – et pas des moindres(1) – qui ont imprimé leur marque, Jean Maïssa m’a interpellée. Son cas a en effet suscité ma curiosité pour plusieurs raisons. D’abord le fait qu ’il ait été accusé de sorcellerie, ensuite les dépositions de plusieurs témoins à charge, témoins qui gravitai ent autour du seigneur, et enfin sa disparition. On perd sa trace en avril 1612 et aucun document ne nous précise ce qu’il est advenu de lui. Ajoutons à cela qu’il était relativement jeune (vingt-huit ans en 1611), instruit et facétieux.  Georges Doublet(2) relaté cette affaire pas a comme les autres dans un numéro desMémoires de l’Institut Historique de Provence (3) dont je me suis largement inspirée pour la partie relatant le procès. Pour le reste, j’ai pris quelques libertés que les spécialistes me pardonneront, mon ambition n'étant pas
          
de présenter une thèse mais de mettre en lumière un « fait divers » à la fois lointain et proche de notre temps. L’histoire m’a séduite par son aspect intemporel. Elle aurait pu se produire à n'importe quel autre moment.  Le contexte politique de l’époque montre que le seigneur de La Roquette n' avait plus l’importance qu’il avait connue autrefois. En effet, la communauté et quelques notables du lieu avaient peu à peu – à partir du début du XVI° siècle – racheté la banalité des moulins et des fours, une part ie de la bandite (pâturage d’hiver et de printemps) , quelques cens et quelques belles pièces de terre. Dans l’ouvrageMille ans d’Histoireécrit par Michel Bottin, professeur d’histoire du Droit à la faculté de Nice- Sophia Antipolis il est dit : « Il y a longtemps que le seigneur n'est plus maître de son patrimoine féodal. »  Les lieux dont il est questi on dans ce récit sont : Le site de Castel Vieil(Château Vieux). Il s’agit d’un promontoire rocheux de 210 mè tres de long sur 15 à 25 mètres de large. Voisin de la Fubia qui est un exemple type de castellaras à deux enceintes, il domine le quartier du Clot. Le site a été étudié par Georges Bretaudeau de l’Institut de Préhistoire et d’Archéologie des Alpes-Maritimes.  La chapelle Notre-Dame del Bosc, située dans le quartier dit « la Lauzière ». Cette chapelle – qui a remplacé l’ancienne chapel le, construite par les Hospitaliers de Saint-Jean de Jérusalem au XI° siècle et emportée par une crue – existe toujours. Elle appartient à l’ancien bureau d’aide so ciale (BAS), aujourd’hui le CCAS de La Roquette. Elle se trouve sur la commune
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