Les survivants de Sallimoc

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Une volonté irrésistible pousse Fanny Poinsettia à débarquer à Sallimoc. Est-ce pour qu'elle comprenne le sens de l'horrible cauchemar qui la poursuit depuis l'enfance ? La jeune femme se lance alors dans une véritable quête à la recherche des mystères de ce village d'Ubracenitaq. Les paysages, les sculptures prennent des allures inquiétantes. Les habitants sont étranges. Une chose est sûre : un grand danger la menace.
Publié le : samedi 1 mai 2010
Lecture(s) : 45
EAN13 : 9782336279480
Nombre de pages : 307
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I
leu marine. C’était la couleur que montrait le ciel du B royaume d’Ubracenitaq le matin où le ferry qui transportait Fanny Poinsettia accosta le quai du port de Dertannas. Jeune femme de bonne éducation, Fanny Poinsettia n’avait jusqu’alors jamais voyagé autrement que dans les nom-breux livres que renfermait l’imposante bibliothèque de son père, héritage qui se transmettait depuis de nombreuses générations et qui s’étoffait d’année en année. Fanny Poinsettia regrettait bien souvent que son frère soit son aîné de deux ans. Il s’emparerait un jour par la fatalité de la naissance de ce précieux trésor qui avait bercé ses rêves de petite fille et allait bouleverser sa vie de femme.
II
uelque temps avant d’entreprendre ce voyage dont la des-Qtination allait étonner toute sa famille, Fanny Poinsettia s’était plongée pendant des heures et des heures dans la lecture deLa grotte perdue dans les collines de Talarami, un ouvrage agrémenté de quelques mauvais clichés en noir et blanc sur lesquels on devinait des dessins d’une toute grande beauté. Comme le confirmait le texte attenant, il s’agissait de peintures polychromes qui recouvraient l’intérieur de la grotte depuis quelque vingt mille voire peut-être même quarante mille ans ! Fanny Poinsettia resta de longues minutes immobile, subjuguée, émue, paralysée, à fixer de toute l’attention de ses petits yeux bleus cerclés de fines lunettes dorées à l’or fin ce qui n’était rien d’autre qu’un gros bœuf écroulé sur le sol et dont elle ne parvenait pas même à distinguer la tête de la queue. Le livre, dont le nom de l’auteur ne figurait nulle part, signalait qu’il y en avait des dizaines et des dizaines d’autres, tous peints dans des positions différentes sur les parois de cette grotte qui s’enfonçait dans les entrailles de la terre. À la fin du volume, en forme de post-scriptum, une description un peu vague certes mais pas autant qu’il y paraissait à première vue permettait au lecteur qui le désirait vraiment de venir découvrir de ses propres yeux ce que les photographies suggéraient si mal. L’endroit semblait être encore inconnu des paléontologues et c’était bien ainsi car en quelques semaines ils auraient, avec leurs drôles d’instruments grâce auxquels ils se livraient à toutes sortes d’études, fait disparaître toute la poésie d’un temple encore secret. Sans aucun doute l’auteur avait-il préféré rester anonyme parce qu’il en savait en réalité bien plus que ce qu’il avait donné à connaître.
10
PASCALELORASCHYNS
Il devait souhaiter qu’on le laissât vivre en paix auprès de la grotte dont il parlait comme si elle lui appartenait. Il n’avait malgré tout pas pu s’empêcher de la décrire dans un livre ! Soulever un coin du voile pour aussitôt le laisser retomber ! On avait affaire à un coquin qui voulait que tout le monde sache qu’il possédait un trésor mais qui craignait qu’on le lui dérobe. Certains secrets sont bien lourds à porter ! Fanny Poinsettia n’avait plus après cette lecture qu’une seule chose en tête : admirer ces fresques fabuleuses de ses propres yeux. Sa motivation était telle que quelques mois lui suffirent pour apprendre l’étrange langue que l’on parlait alors en Ubracenitaq et dont la connaissance lui serait nécessaire lors de ce périple qu’elle voulait effectuer sans tarder. Elle convain-quit sans trop de mal ses parents de la laisser se mettre en route. À près de vingt-cinq ans et toujours célibataire au grand dam de sa mère qui ne comprenait pas qu’une jeune fille à ses yeux de génitrice aussi charmante et douée de toutes les grâces préférât la compagnie de vieux bouquins poussiéreux à celle des jeunes gens de son âge, il était temps que le papillon sorte du cocon familial et déploie ses ailes avant qu’elles s’atrophient. Un voyage dans l’inconnu était le meilleur moyen de s’ouvrir aux difficultés de la vie. Elle n’aurait à s’inquiéter d’aucun problème d’ordre financier. Les ressources des Poinsettia étaient telles que les frais occasionnés par ce voyage ne risquaient pas de grever le budget familial. Depuis des générations dans le florissant commerce des pierres précieuses, ils possédaient largement de quoi s’offrir un petit caprice de temps à autre ! C’est ainsi qu’à la grande surprise de Fanny qui ne s’attendait pas à être littéralement expédiée à l’étranger, son père lui réserva un billet en première classe pour le bateau qui devait lui permettre de poser le pied là où le ciel n’avait pas la même couleur qu’à Dorseln, sa ville natale.
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