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Les vendanges nouvelles

De
132 pages
Avec quatre compagnons également inculpés Bertrand, jeune paysan, le fils de Borde-neuve, attend son procès. Désinvolte mais grave, amoureux de la vie avec mélancolie, tranquille de la sérénité que donne peut-être le contact quotidien avec la terre mais sans illusion face à la fin d'un monde, finalement assez impénétrable, Bertrand se souvient : lors du banquet de prestige, organisé dans la salle aux fresques médiévales du château de Castelnau trois cents agriculteurs ont dévasté les tables pour des invités triés sur le volet.
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© L'HARMATTAN, 2013 5-7, rue de l'École-Polytechnique, 75005 Parishttp://www.harmattan.fr diffusion.harmattan@wanadoo.fr harmattan1@wanadoo.fr ISBN : 978-2-343-01534-7 EAN : 9782343015347
A mon frère et à mon père
Avertissement  Ceroman est très librement inspiré d’évènements qui se sont produits le 18 octobre 1991 à Moissac et que le journal « L’Humanité »relatait ainsi, le 17 avril 1993, au lendemain du procès des huit agriculteurs inculpés: « Troissemaines à peine après l’imposante manifestation de la France rurale à Paris, le 29 septembre 1991, les agriculteurs de Tarn-et-Garonne, en apprenant la venue d’un membre du gouvernement, avaient décidé de le rencontrer pour lui faire part de leurs revendications. Rencontre qui s’avéra impossible… Mais c’est le luxe affiché par ce dîner « de l’excellence des arts de la table » qui a provoqué la colère des agriculteurs. Colère compréhensible au regard de la situation d’un département frappé de plein fouet par la politique menée tant à Paris qu’à Bruxelles. Présent ce soir-là, un des agriculteurs n’avait-il pas déclaré (…): «Quand on vit la corde au cou, quand on vit dans la crainte des huissiers, comment ne pas réagir face à un étalage de fric dont on n’avait même pas idée ? ». Et ce d’autant plus que ce repas fut présenté comme une grande opération de promotion des produits du terroir alors que, dans le même temps, on oblige les agriculteurs à détruire par centaines de tonnes leurs fruits ou à mettre leurs terres en friche, les poussant ainsi à la faillite. » Lors du procès du 16 avril 1993 le procureur estimant que les agriculteurs s’étaient comportés comme des «voyous », avait requis six mois de prison et 5000 francs d’amende pour chacun des accusés. Un des avocats de la défense avait alors déclaré :« Nousavons aujourd’hui une affaire qui est un prototype depénalisation d’un conflit social». 9
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