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Libertarium

De
137 pages
Le Libertarium c'est la fusion réussie de différents genres narratifs, où le conte phosophique côtoie le roman fantastique, la rencontre de "1984" et "Candide". Au fil des pages, le lecteur se fond dans un univers étrange où règne la "non contestation", l'absence de rêve, l'inutilité de l'espoir. Dans cette société où a disparu le concept de liberté, l'on a édifié un monument dédié à ses méfaits : le Libertarium, où se rencontreront deux êtres bien différents : Abigaël et Perce-Neige dont l'interaction n'entraînera pas les effets escomptés par l'un et l'autre.
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José Lagorce
Libertarium
SCIENCES-FICTION
Le Manuscrit www.manuscrit.com
© Éditions Le Manuscrit, 2006 www.manuscrit.com communication@manuscrit.com ISBN : 2-7481-7657-X (livre numérique) ISBN 13 : 9782748176575 (livre numérique) ISBN : 2-7481-7656-1 (livre imprimé) ISBN 13 : 9782748176568 (livre imprimé)
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PREMICESLes gaz lacrymogènes envahissaient les rues jusqu’aux fenêtres du troisième des immeubles des beaux quartiers où les bourgeois enhardis par les charges répétées des CRS, insultaient la foule. « Derniers sursauts d’une classe en perdition », songeait Perce-neige en évitant tant bien que mal les motos des voltigeurs, compagnie rompue au coma des rues, fracassant les os des retardataires et des inconscients. Le vrombissement des moteurs résonnait dans les artères secondaires, annihilant tout espoir de fuite. Perce-neige se plaqua contre un mur et attendit sans bouger que passât l’orage. En face, dans les nuages des gaz et les fumées dérisoires des poubelles enflammées, un homme posé seul au milieu de la rue épuisait son vieux saxo dans un dernierblue trainque passaient les flics. tandis L’un d’entre eux asséna un tel coup que la tête de l’homme se plia sur le côté sans que le saxophone ne bougeât. Ronronnements satisfaits. Depuis combien de temps manifestaient-ils ainsi, confondus en une mêlée difforme, s’époumonant jusqu’aux premières charges, refluant sous les rires des badauds, opposant aux tirs tendus quelques pierres et canettes ridicules ? La contestation était en marche. A
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l’image de la société. Dérisoire. Papa fronçait les sourcils, les enfants rentraient, la queue entre les jambes, émoustillés par l’audace d’une promenade autorisée entre Bastille et République. Perce-neige les voyait déjà, fermant leurs portes, baisant dans l’excitation du moment, serrant les poings sur les draps propres de leur chambre bien rangée, hurlant pour préparer l’orgasmique lendemain et retombant lentement dans la quiétude de l’hier. Lui, le gamin des cités, venait casser du flic, briser du bourgeois, dépaver la rue non pour d’inutiles barricades. Simplement dépaver. Arracher. Brûler ce qu’il ne pouvait posséder que par le vol, la violence. Détruire. Mais tous ces gens là, ouvriers, enseignants, chômeurs unis dans un « non » sans possibles, ils ne jouaient pas le jeu. « Tous ensemble » gueulaient-ils. Tous sauf… Par ci, par là, quelques drapeaux arrachés, vitrines descendues, symboles piétinés. Mais pas davantage. Ils rentraient dans le rang une fois sonnée la fin de la récrée. Mais pour lui, plus de rang, pas de rang. La rage. La haine. De cette haine froide qu’il ne rencontrait que chez ceux d’en face, les casqués, les armés aux yeux froids, chargeant sourire aux lèvres, conscients de l’impuissance d’un ennemi à mater, dresser, rappeler à l’ordre… éduquer. Les longs doigts noirs de l’Etat s’étendant sur sa fange. Jamais ils n’auraient osé chez lui, dans sa banlieue. Jamais ils n’auraient voulu. Pas la peur, non. Simplement l’intérêt. Mais pour ceux-là, cohorte de mécontents, d’insatisfaits chroniques, d’assistés pathologiques, de gauchistes réservistes… la brigade légère chevauchait matraque au vent, frisson de la traque. Fallait bien les lâcher parfois, les chiens du pouvoir...
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