Lisbeth Salander

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Lisbeth Salander, l'héroïne de la saga Millenium, est une icône christique, mais non chrétienne. C'est ce que Jean-Louis Bischoff entend montrer dans la présente étude, qui fait surgir les spécificités de la "spiritualité sauvage" de Salander. D'où deux questions : Comment établir le statut philosophique de la notion d'icône ? Qu'est-ce qui distingue la sphère christique de la sphère chrétienne ? Pour répondre à ces interrogations, l'auteur mobilise les lumières de philosophes comme Marion, Levinas, Ricœur, Greisch ou Bellet.
Publié le : vendredi 1 avril 2011
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EAN13 : 9782296805590
Nombre de pages : 160
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LISBETHSALANDER
Une icône de l’en-bas
Ouverture philosophique Collection dirigée par Aline Caillet, Dominique Chateau, Jean-Marc Lachaud et Bruno Péquignot Une collection d'ouvrages qui se propose d'accueillir des travaux originaux sans exclusive d'écoles ou de thématiques. Il s'agit de favoriser la confrontation de recherches et des réflexions qu'elles soient le fait de philosophes "professionnels" ou non. On n'y confondra donc pas la philosophie avec une discipline académique ; elle est réputée être le fait de tous ceux qu'habite la passion de penser, qu'ils soient professeurs de philosophie, spécialistes des sciences humaines, sociales ou naturelles, ou… polisseurs de verres de lunettes astronomiques.Dernières parutions Serge BOTET,De Nietzsche à Heidegger : l’écriture spéculaire en philosophie, 2011. Philibert SECRETAN,Réalité, pensée, universalité dans la philosophie de Xavier ZUBIRI, 2011. Bruno EBLE,Le miroir et l’empreinte. Spéculations sur la spécularité, I, 2011. Bruno EBLE,La temporalité reflétée. Spéculations sur la spécularité, II, 2011. Thierry GIRAUD,Une spiritualité athée est-elle possible ?,2011. Christophe SAMARSKY, Le Pas au-delàde Maurice Blanchot. Écriture et éternel retour, 2011. Sylvie MULLIE-CHATARD,La gémellité dans l’imaginaire occidental. Regards sur les jumeaux, 2011. Fatma Abdallah AL-OUHIBI,L’OMBRE, ses mythes et ses portées épistémologiques et créatrices, 2011. Dominique BERTHET,Une esthétique de la rencontre, 2011. Gérald ANTONI,Rendre raison de la foi ?,2011. Stelio ZEPPI,Les origines de l’athéisme antique, 2011. Lucien R. KARHAUSEN,Les flux de la philosophie de la science e au 20 siècle, 2011. Gérald ANTONI,Rendre raison de la foi ?,2011. Pascal GAUDET,L’anthropologie transcendantale de Kant, 2011.
Jean-Louis Bischoff LISBETHSALANDERUne icône de l’en-bas
Du même auteur Aux éditions L’Harmattan Dialectique de la misère et de la grandeur chez Blaise Pascal, 2001. Tribus musicales, spiritualité et fait religieux,2007. Tissu, voile et vêtement, (sous la dir. de Daniel Faivre), 2007. Les spécificités de l’humanisme pascalien, 2010.© L’Harmattan, 2011 5-7, rue de l’Ecole-Polytechnique, 75005 Paris http://www.librairieharmattan.com diffusion.harmattan@wanadoo.fr harmattan1@wanadoo.fr ISBN : 978-2-296-54596-0 EAN : 9782296545960
ÀJackie, à mes parents.Remerciements Mes remerciements vont, d’abord, au Professeur René Nouailhat ; il sait mieux que moi ce que je lui dois. Ils s’adressent, également, à Boris Noyet, du collectif « Art * d’Ifer » qui s’est chargé de la tâche ingrate de sa relecture. Ils vont enfin et surtout à Stieg Larsson (Karl Stieg England Larsson, 1954-2004), créateur du personnage de Lisbeth Salander.
*  Le collectif « Art’d’Ifer » entend promouvoir les initiatives de l’Institut de Formation pour l’Enseignement et l’Étude des religions (IFER) qui dépend du Centre universitaire catholique de Bourgogne et partant, de l’Institut Catholique de Lyon. Ce collectif est composé de professeurs en arts appliqués et de professionnels de la communication.
Avant-propos Mon présent chantier fait suite à un ouvrage intituléTribus musicales, spiritualité et fait religieux(Enquête sur les mouvances rock, punk, skinhead, gothique, hardcore, techno, hip-hop).En ce lieu, j’entends donc prolonger mes recherches portant sur la recomposition du croire et du sacré dans la culture contemporaine. Il s’inscrit également dans le sillon de mes ouvrages consacrés à l’étude de la dialectique de la misère et de la grandeur chez Blaise Pascal, dans le sens où il visera à dialectiser les dimensions diurnes et nocturnes de Lisbeth Salander, l’héroïne de la saga Millenium. Dans son actuelle mouture, il résulte enfin d’échanges fructueux ayant eu pour cadre un séminaire de recherche auquel j’ai participé pendant deux années, au sein du Centre universitaire catholique de Bourgogne. N’étant ni historien, ni sociologue des religions et n’entendant pas le devenir, mon étude est l’œuvre d’un modeste ouvrier de la philosophie. Toutefois, si philosopher veut simplement dire opposer des interprétations à des exégèses, puiser uniquement ses références dans des espaces d’autorité, ceci n’est pas un ouvrage de philosophie. Mais si philosopher veut dire rapprocher des phénomènes populaires, quotidiens des trésors de nos bibliothèques, pour chercher, à ses risques et périls, quelle cohérence se dégage du rapprochement, alors peut-être…
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« La cohérence de la vie bien en ordre, le tout petit clavier de la petite morale, c’est pour les peu doués, les sans-grâce. » Maurice Bellet Introduction Lisbeth Salander, l’héroïne de la saga Millenium est une icône christique, mais non chrétienne ; voilà ce que nous entendons montrer dans notre présent chantier. Comment ? En faisant apparaître que Salander est une icône de « l’en bas ». D’où une première série de questions. Qui est Lisbeth Salander ? Quelle est l’intrigue de la saga Millenium ? Comment définir les notions d’icône et d’en bas ? Pourquoi et comment distinguer la sphère « christique » de la sphère « chrétienne ». Notre introduction va prendre en charge ces interrogations. Petite présentation de l’intrigue de Millenium Hiver 2004, Stockholm, maison d’édition Norstedts, double suédois de Gallimard. Eva Gedin, directrice de collection au sein de la prestigieuse entité reçoit un journaliste inconnu du grand public : Stieg Larsson (Karl Stieg England Larsson, 1954-2004). Celui-ci, huit jours plus tôt, lui a fait parvenir un manuscrit (3000 pages) intitulé « Millénium ». Millénium c’est donc d’abord une saga littéraire de trois tomes, intitulés respectivement « Les hommes qui n’aimaient pas les femmes » (T1), « La fille qui rêvait d’un bidon d’essence et d’une allumette » (T2) et « La reine dans le palais des courants d’air » (T3), traduite aujourd’hui dans vingt-1 cinq pays et lue par 26 millions de lecteurs. Mais Millénium c’est 2 aussi une série télévisée de six épisodes de 90 minutes (deux
1  Olivier Quelier, « Les mille énigmes deMillénium», 2009, Mondedulivre.com (consulté le 7 juillet 2010) ; 50 millions en janvier 2011 selon le site http://www.stieglarsson.se. 2  Notre étude est basée sur la seule série télévisée, (voir enc adré en fin d’introduction) un peu différente de la saga littéraire, plus riche en détails ; mais dans la mesure où c’est devant la télévision que nous avons ressenti une secousse d’être (le terme sera explicité), nous élaborerons l’intelligence de nos intuitions à
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épisodes par tome) créée par Niels Arden Opev et Daniel Alfredson et diffusée sur Canal+ en mars 2010, un film réalisé en février 2008 par le Danois Niels Arden Oplev (sorti en France le 13 mai 2009), deux autres longs métrages de Daniel Alfredson (2009) et un remake hollywoodien qui devrait sortir fin 2011. Succès populaire, Millenium l’est donc assurément ; quelle en est donc l’intrigue ? A priori, celle-ci est simple. Un journaliste d’investigation (Mikael Blomkvist) et une pirate informatique de génie (Lisbeth Salander) s’unissent dans la recherche d’une série de vérités interdites. Parmi ces dernières, la dénonciation de la magouille financière internationale, de la corruption au sommet de l’État, du trafic d’êtres humains, mais aussi la mise en évidence du rôle de la Suède pendant la Guerre froide. La trilogie « Millénium » évoque donc, entre autres dysfonctionnements, la finance amorale, des complots extrémistes, une justice dévoyée. Précision importante : la Suède n’est pas qu’une toile de fond anonyme, mais bien le terreau de l’intrigue. L’histoire du pays bleu ciel et jaune, de ses collusions avec le nazisme, à l’assassinat de son premier ministre Olof Palme (1986) en passant par son rôle dans la Guerre froide, sont des événements utilisés par Larsson pour bâtir son œuvre. N'en déplaise aux professionnels du tourisme, le modèle suédois, ses maisons colorées lovées dans les fjords tranquilles, en prend ici un coup. Pour préciser cette présentation globale et provisoire de l’histoire sortie de l’imagination de Larsson et justifier nos derniers propos, nous allons serrer de près le personnage de Lisbeth Salander. Comment ? Objet de notre étude En entrant dans l’intelligence de l’affirmation selon laquelle Lisbeth Salander l’héroïne féminine de la saga serait une icône. Ce statut, si l’on en croit la presse populaire, semble en effet relever
partir de la seule série télévisée : l’objectif de notre geste est en réalité de montrer comment et pourquoi une soirée banale située aux antipodes de l’érudition de salon, peut nous jeter dans la sphère de la transcendance, entendue au sens « de sortie de soi », et nous permettre de réfléchir sur le sens de l’intériorité et l’intériorité du sens.
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