Lointaines sont les rives

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Ce roman qui s'apparente à un conte, où cohabitent réalité et merveilleux, célèbre les trésors cultuels et culturels de l'Afrique, ses mythes et ses rites, toujours entre la vie et la mort. L'auteur exalte l'Afrique des profondeurs et ses mystères, mais il évoque également la médecine traditionnelle et les guérisseurs, l'Afrique champêtre avant l'urbanisation sauvage imposée par l'Occident. Avant l'aliénation colonialiste, au temps des rituels initiatiques et du bonheur communautaire, que le héros va découvrir au cours du récit.
Publié le : mardi 1 février 2005
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EAN13 : 9782296290365
Nombre de pages : 173
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LOINTAINES SONT LES RIVES DU DESTIN

@ L'Harmattan, 2005 5-7, rue de l'École-Polytechnique 75005 Paris - France L'Harmattan, Italia s.r.l. Via Degli Artisti 15 10124 Torino L'Harmattan Hongrie Hargita u. 3 1026 Budapest ISBN: 2-7384-2576-3 EAN:9782738425768

Kama Sywor KAMANDA

LOINTAINES SONT LES RIVES DU DESTIN

Nouvelle édition

L'Harmattan

I
D'une rare beauté, Ndaya épousa Kela, qui était veuf, père d'un fils d'âge mûr nommé Nimy. Elle avait dix-huit ans à ses noces. Son père, tireur de vin de palme, venait de mourir en tombant d'un palmier géant. Un serpent, caché dans les feuillages mordorés, l'avait mordu. Homme généreux, un peu laid, Kela était riche. Ndaya l'épousa vraisemblablement en vue de fuir la misère de sa famille. Elle désirait la liberté et l'argent tout de suite. Elle devint d'une grande coquetterie. Sa sœur en partant aux champs vint un matin lui confier la garde de son fils pour une journée. Une fois sa cadette absente, Ndaya porta l'enfant sur son dos, le corps ceint d'un pagne multicolore, et s'en alla puiser de l'eau à la rivière, sa cruche fièrement posée sur la tête. Elle emprunta la route allant du village à la rivière, chantant, sous un vent paresseux, et riant au soleil. Son neveu bougeait doucement avec elle, rythmé par le balancement de ses hanches. Chacun, la croisant, la saluait. Elle répondait en souriant, heureuse en son âme profonde. Elle était fière de son neveu, un beau et fort garçon d'un an. Elle pénétra dans la savane parsemée d'herbes d'un pas solide et agile. Elle atteignit le cours d'eau et se pencha

doucement sur le rivage. Elle trempa sa cruche dans l'onde claire et se chargea de la remplir doucement. Le bébé gigotait dans son dos musclé. Sitôt sa cruche pleine, elle l'appuya contre le tronc d'un arbre. Elle défit sa ceinture, soutenant l'enfant d'une main. Elle étendit l'étoffe à ses pieds, sur l'herbe rase, et y allongea le petit. Elle entreprit de se dévêtir, doucement. Elle laissa apparaître un corps musclé et dur, couleur ébène. Elle se retrouva bientôt dénudée, le turban dénoué, de longues tresses pendant dans son cou. Sa poitrine était sensuelle et ses hanches pleines de grâce. Ndaya exhibait une beauté inouïe. Elle plongea le pied gauche dans le cours d'eau et frissonna un peu. Elle entra complètement dans la rivière, jouissant de ses vagues câlines et tendres. Elle jetait de temps à autre un coup d'œil sur la rive afin de surveiller son neveu. Sur le bord, le bébé riait de voir ainsi sa tante nue, s'amuser dans l'eau où elle se lavait. Elle tenait à la main un morceau de savon. Elle dessinait sur sa peau sombre de délicates bulles blanches, telles des perles éphémères. Un peu plus loin, tapi dans l'ombre, un jeune homme du village voisin, du nom de Diba, ne perdait rien de la scène. Il admirait le corps épanoui de la femme. Il aurait voulu la faire sienne. La présence de l'enfant rendait la chose impossible. Car ilIa respectait. Le guetteur ne détachait guère ses yeux du spectacle gracieux qui s'offrait à lui. Il sentait le sang battre à ses tempes.. . Il s'efforçait de ne pas bouger. Le moindre bruit effaroucherait la belle nageuse. Toute à sa toilette, Ndaya flaira une présence insolite. Elle s'arrêta un court instant, puis se rinça dans l'eau claire. Elle croyait être bercée d'une illusion. L'épieur alerté s'était camouflé derrière les buissons et les arbres. Une fois 8

l'attention de Ndaya relâchée, il reprit son guet, résolu à assouvir sa curiosité. Le spectacle était charmant. L'homme se promit de revenir tous les jours, à la même heure. La beauté sortit hors de l'eau. Elle se mit à sécher au soleil, étendue sur son pagne. Elle jouait avec son neveu, le mordillant et l'embrassant, exaltée telle une flamme de la création. Elle semblait un petit animal au soleil, libre comme l'air, exempt de péché... Un autre jour, Diba la surprit, seule, dénudée et sensuelle dans la rivière. Il l'entraîna doucement là où ils seraient seuls. À peine isolés, il posa sur elle une main voluptueuse et forte, à l'image même de cet homme, qui allait maintenant la posséder. Ses doigts, pareils aux lierres, surent se frayer, jusqu'à sa languissante fourrure, un chemin bordé de délices et de vagues de plaisirs. Elle fut nue, plante de chair brune sous le crépuscule chantant et le vent qui ensemençait la terre des graines des fleurs. Comme une liane s'enchaînant à son arbre, la frêle jeune femme se tordait de volupté. Elle enserra entre ses cuisses le corps de cet homme, son maître. Seul l'instinct guidait les caresses du jeune homme. Il n'avait pas encore connu de femme si ardente et si gracieuse. Il mordillait avec ferveur les bouts d'ambre de ses seins merveilleux, lui arrachant des gémissements de bonheur. Il porta sa main gauche au visage de sa maîtresse et frôla ses paupières baissées, frémissantes du désir. Sans cesse, ses doigts traçaient des sillons de frissons sur le corps de Ndaya, sur ses lèvres, sur son ventre et sur son cou nu. C'était le rituel de cet art caché à jamais au fond de l'énigme des étreintes. Diba resta actif, longuement. Ndaya face à lui, se tordait tel un lézard sur le sable chaud du désert. Elle était envahie par la chaleur fébrile qui précède l'orage d'une 9

jouissance ininterrompue. Soudain, elle trembla. Ses mains fiévreusement étreignaient les épaules de son aimé. Elle attira son corps à elle. Ses traits doux, détendus, empreints d'une extase feutrée, engendraient son emprise totale. Le vent couvrait, dans le reflux, les gémissements des âmes déchaînées. Les cris vibraient dans le ciel, se gravaient dans leurs mémoires. Ils se sentaient possédés par l'abîme du dés ir. Ndaya, enchantée, se laissa porter par le hasard. Le plaisir en elle déploya ses ailes. Il errait d'un bout à l'autre de son ventre, remuant les sphères cachées de sa sensibilité. Son envol, tel un envoûtement, guidait l'esprit de la jeune femme vers l'infini. La jouissance, guettant sa patrie, charria le sang à gros bouillons dans ses veines. Les yeux perdus dans les nuages errants, la belle avait sa conscience qui chavirait à l'envers du monde. Jamais elle n'avait connu de sensations pareilles à celles-là. Toutes les convulsions féeriques de la passion se concentraient, grondaient et crépitaient dans son être, exprimaient sa fureur, exauçaient sa prière et exaltaient sa joie. La brise douce sur sa peau la faisait frissonner. Des baisers pleuvaient sur son corps, le faisant trembler de partout. Au plus intime d'elle, au plus secret, au plus émouvant d'elle, une extase intense. La fièvre montait de ses racines de femme, enfermait sa volonté en elle, apprivoisait sa résistance, au centre de son séisme. Ndaya éprouvait le besoin d'atteindre coûte que coûte son absolu. Un véritable orage grondait en elle. L'éternité en elle avait froissé la mort. Un feu sacré pénétra en elle au plus profond de ses entrailles. Son corps vibra tel un tambour. Les sillons de chaleur, telles des étoiles filantes, se mouvaient en elle et la parcouraient d'un horizon à l'autre de sa chair. Flux et reflux d'une vie débordante. Le 10

mouvement les contenait dans ses élans comme des vagues de mer heurtant la rive rocheuse. Du fond de leur amour, les amants échappaient à la solitude du rêve. Puissant tel un tonnerre, Diba de son ombre brûlante s'écrasa de nouveau sur le corps incrédule de Ndaya. Bien loin, dans l'intensité profonde des moments écoulés, elle avait été une demoiselle possédant, sous le masque d'innocence, l'intuition et le pouvoir d'apprivoiser un homme sans concessIon. Soudain l'orage que voilait la flamme de l'ombre pesante jeta une flamme nouvelle en ses entrailles. Résolu à approfondir la découverte de ce corps sacré, Diba glissa en elle, de toute la force de sa sagaie de chair, de muscles et de sang. Ndaya s'imprégna de ses vibrations jusqu'au tréfonds de son être. Ses cris envahissaient le vent, et la nature environnante. Elle était absorbée par le rythme enivrant, captivant et envoûtant des corps affolés de jouissance. Diba œuvrait, tel un artiste, tirant de sa lyre les plus belles mélodies. La transe était totale, absolue. Il se retira et entreprit d'approfondir l'investigation du corps aimé, comme les herbes indiscrètes, avec ses doigts agiles... Son esprit se libérait des pensées et des souvenirs, tandis que la belle haletait sous ses doigts. La brousse retentissait des cris des animaux, du barrissement des éléphants, et des sons de la grande harmonie qui rythme la vie des hommes. Envoûté, Diba désira ardemment se confondre aux feuilles craquantes des acacias, chanter avec elles sous la brise en lame transparente qui fouettait la sève et le sang. Il éveilla en lui la virilité, imitant ainsi les champignons qui émergeaient des feuilles mortes comme des conques de nacre. Il

Une entente secrète se créa entre les amants. La brise se chargeait de légères vapeurs: parcelles de cette terre rouge de la savane, qui sentait le bois mort, sang pourpre tournant à la folie dans l'esprit égaré parmi les senteurs des champignons et des fruits sauvages. Le bonheur secoua leurs cœurs d'étranges émotions. Diba écrasait sa partenaire au creux de sa poitrine, parce qu'elle s'était enlacée à lui. Inconscient, il s'en était épris comme d'une force irrésistible. Il se cabrait, heureux de sa grâce et de la souplesse de son corps mouvant. Animateur d'orages au plus profond d'elle, il avait sur elle une emprise totale, irréversible et mystérieuse. Dans son âme, il n'y avait plus que la passion. De son regard d'oracle, il plongea sans pudeur dans son désir ultime. Certes, un souffle d'amour a le pouvoir de transfigurer un être qui s'absout de l'énigme de la chair. Il faisait désormais partie de cette faune charnelle longtemps interdite. Leur plaisir, né d'une faille obscure, en un point ignoré de l'étreinte, les saisissait à la manière des vagues aspirant infailliblement au rivage de l'orgasme. Ils ne savaient plus s'ils effleuraient le néant ou s'ils glissaient à travers la chair souple du vent. Ndaya resta longtemps soumise. Son amant l'étreignait et l'envoûtait. Elle éprouvait les sensations d'un séisme en pleine ébullition. Des vibrations en elle causaient d'intenses émotions sensuelles. On aurait cru à la chute d'un météore au fond d'un cratère volcanique. Ndaya était ensorcelée des plaisirs qui roulaient comme des pierres du haut d'une falaise; ses laves intimes, telles des perles mugissantes, mouillaient l'herbe insolente et indiscrète. De ses mains brûlantes, elle serra l'herbe déracinée par ses ongles acérés. 12

Plus tard, elle se releva d'un bond maladroit, les jambes raides, le corps presque pétrifié par ce long duel douloureux. Le crépuscule ocre, transparent, embellissait l'horizon de ses rayons d'or flûté. Les amants venaient de découvrir cet art hasardeux qui aide à dépasser l'infini, à conjurer le temps et l'absolu. Il naquit entre eux une passion que plus rien n'était capable d'éteindre. La jeune femme prit l'habitude de se rendre à la rivière, une fois les lieux déserts, pour y retrouver son amoureux. Son mariage l'avait conduite, moins d'un an après sa célébration, dans les bras d'un amant. De là, elle pénétra au cœur des coutumes. Ainsi s'engouffra-t-elle dans les méandres inextricables des interdits. Elle commit là un cibindi1. Les coutumes assurent que la femme adultère est possédée par celles mortes à cause du viol de l'interdit du cibindi. Si l'affaire venait au grand jour, elle rachèterait sa faute par un aveu public. Son mari averti, bien que trahi et bafoué dans son honneur, convoquerait les sages de la tribu. À travers la palabre, sa conjointe serait pardonnée. On éviterait aux sorciers de s'emparer du drame pour un sort plus maléfique. Pour un couple ordinaire, il suffisait, après des palabres plus ou moins longues, de dédommager le mari victime du préjudice causé en usant de sa femme. Des poules, des chèvres, des œufs, des pagnes compenseraient la douleur ressentie. On sauvait ainsi le foyer du mal. En revanche, lorsque la femme d'un initié le trompait, la malédiction tombait sur la famille. Soit le mari en mourait, soit les
1 Cibindi: coutume bantoue qui consiste à punir l'adultère d'une épouse par les moyens occultes.

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enfants. L'initiation, réservée aux privilégiés, exigeait d'eux la pureté sociale et spirituelle. Hélas, les us et les coutumes, Ndaya s'en moquait. Sa richesse était dans le plaisir. Elle aimait tant la vie et la nature qu'elle les consommait sans réserve. Les traditions, elle n'y croyait pas beaucoup. Le sort fit qu'elle épousa un être voué aux croyances ancestrales. Kela, doué, possédait les secrets millénaires de sa tribu. Il était désigné pour servir d'intermédiaire entre les hommes et les dieux, les morts et les vivants, les esprits et les anCIens. Kela était préoccupé par son travail; son souci majeur consistait à procurer le nécessaire à sa famille. Il avait confiance en sa compagne. Il l'aimait de toutes ses forces. Il ne s'inquiéta guère à son sujet. Il ne formula aucun doute de sa moralité. Il ne s'occupait pas de savoir ce qu'elle faisait de son temps. Jamais il ne suspecta sa conduite.

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II
Couchée dans son lit, Ndaya ferma les yeux. Son esprit se mit à tourner au fond de son inconscience, de plus en plus vite. L'univers de ses désirs apparut et disparut subitement. Elle se retrouva perdue dans un monde de fantasmes. Une fièvre soudaine saisit son corps. Des images sensuelles nées de sa mémoire secouèrent son émotion. Elles s'éloignèrent un instant, laissant place au visage tant aimé de Diba. Femme éprise de ses fantasmes, elle était encore en proie à un de ses rêves qui la laissait, à l'aube, épuisée, haletante, bien plus que ne l'aurait fait un amant véritable... Elle revoyait son visage, gravé dans ses souvenirs les plus intimes. Elle sentait de nouveau ses lèvres mâles embrasser avec force les siennes, soudant leurs bouches, unies dans un même souffle et dans un même appétit. Leurs bras se mêlaient, leurs poitrines s'effleuraient. Les pointes de ses seins dardées, orgueilleuses, vers son dessein, vibraient d'extase. De son ventre, se hissait une envie irrépressible, un besoin ineffable de combler le vide en elle... Elle sentit le velours de sa peau l'entourer d'ombre et de mystère. L'odeur de l'amour montait, divin parfum, quintessence de leur désir, tel un don de l'absolu.

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Elle perçut la douceur de ses doigts effleurer sa peau de fruit. Telle une vague, elle sentait le plaisir l'éblouir, fluer et refluer en elle, capricieux, et soumis à son maître... - Tu me possèdes, lui dit-elle. Il discerna sa voix sensuelle qui fouettait son appel... Il pénétra l'univers de la femme, trésor secret, voué aux ruses de la vie. Il avait chaque fois envie de mourir en elle. "Mourir en toi, pour renaître sanctifié", avait-il l'habitude de lui répéter durant leurs fiévreuses étreintes. Il était toujours étonné de revivre, après le terrible orage de leur passion, avec des ardeurs encore plus tenaces... Elle communiquait avec lui dans une intense complicité. Elle avait appréhendé les secrets de son équilibre. Elle usait de ses émois avec magie et l'apprivoisait sur le bout des doigts. Elle aurait pu lui faire l'amour les yeux fermés, connaissant le moindre de ses frémissements par cœur, sachant où toucher le guerrier qui sommeillait en lui. Elle riait de ses escapades. Elle avait la certitude que nulle part ailleurs, il ne goûterait de tels délices. Elle savait que le jour où il la trahirait, elle le punirait, le privant à jamais des jouissances frénétiques dont elle seule détenait la maîtrise. D'habitude, elle s'imaginait à sa place. Elle tentait de goûter les plaisirs qui le traversaient. Souvent, elle était étonnée de la faiblesse du bonheur de Diba, comparé au SIen... Elle fermait alors les yeux. Elle s'abandonnait aux mains habiles, qui faisaient naître et renaître en elle le désir, tel la vague mourante sur la grève... Chaque fois, elle rencontrait l'extase. Elle croyait approcher l'éternité, tant sa félicité était grande. L'amant d'ébène, passé maître dans l'art de cette guerre qu'est l'amour, domptait les faiblesses de l'ennemi et 16

ses caprices. Il possédait un avantage certain, sur le champ de bataille de l'herbe douce, complice, sur laquelle ils consumaient leur passion. Où qu'il soit, il lui suffisait de penser à sa compagne pour que rejaillisse son appétit d'elle. Son attachement était féroce et solide. Rien que d'imaginer l'être aimé dans les bras d'un autre homme le rendait instable et jaloux. Il devenait fou à cette idée. Il tentait de lui échapper en devançant sa faute, voguant de femme en femme, afin d'endurcir son cœur déjà prisonnier. Il ne songeait nullement au chagrin qu'il lui ferait, si elle découvrait ses voyages extatiques avec d'autres maîtresses. Il était occupé à fuir sa souffrance. Et Ndaya imprima en sa conscience qu'il lui avait été promis de toute éternité. Ils ne faisaient qu'un, chaque fois qu'ils le souhaitaient. Ses nuits, traversées de rêves érotiques, étaient sources de tourmente et d'angoisse. La chaleur demeurait encore vive entre eux, même si leurs deux corps s'étaient quittés depuis de longues nuits déjà. Pourtant, ils vivaient dans deux villages éloignés, chacun menant une vie très différente. Mais cela ne changeait rien à la force de leur passion. Leurs âmes semblant liées jusqu'à la fin des temps, rien ni personne ne pourrait les séparer. Il lui rendait visite chaque nuit, en pensée. Il la prenait comme d'habitude, l'étreignait, la faisant crier de plaisir, jusqu'à l'aube rédemptrice.

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