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Magenta (opus 3) Le marionnettiste et la poupée

114 pages
Nourou découvre la vérité sur la vie secrète que mène Garmy. La vie dissolue de la jeune femme est la parfaite illustration d'un monde dont il ignore l'existence, et c'est bien trop tard que le jeune homme apprend, qu'il n'a été qu'un simple spectateur dans une machination perverse. Entre alcool, sexe et drogue, Magenta décrit la vacuité et la déliquescence de la jeunesse dorée sénégalaise, prise en conflit entre modernisme et tradition. Cet ouvrage fait partie de la trilogie Magenta opus 1, 2 et 3.
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MAGENTA OPUS 3
Le marionnettiste et la poupée
Sokhna Diarra Bousso Ndao MAGENTA OPUS 3
Le marionnettiste et la poupée LHarmattan
A Madjiguène, Amadou, Sadya, Dado et Abdou Salam N'acceptez aucun compromis. Vous êtes tout ce que vous avez. Janis Joplin
© LHarmattan, 2012 5-7, rue de lÉcole-Polytechnique ; 75005 Paris http://www.librairieharmattan.comdiffusion.harmattan@wanadoo.frharmattan1@wanadoo.frISBN : 978-2-296-55767-3 EAN : 9782296557673
  Mes vacances en Suisse empestèrent un parfum dyslexique d’inachevé. Cette pause dans le printemps de cette année scolaire secondaire, ne m’a encore montré que des parents diminués par le travail et les mondanités. La vérité sur mes rapports avec eux, explique en grande partie ma fascination pour cette nouvelle vie vicieuse et mensongère dans les bras de Garmy. Peut être que j’aime plus la fragilité de ma mère que ma mère, l’autorité seigneuriale de mon père, que mon père. Et pourtant, j’ai pu apprécier Zurich, pour une chaleur autre : Kader et son monde derrière l’acidité de la tarte au citron, la gare venteuse, la canne d’un vieillard et le sourire d’une petite fille aux yeux verts. Opus#2 : Garmy de toi, je sais peu de chose :tu es vénale, que tu ne dois être guère plus âgée que moi, pour changer ton humeur il faut de l’or, pour avoir ton amour aussi il faut de l’or.  Tu me quittes mal dès mon retour sur Dakar, me disputant, n’appréciant plus mon attachement, trouvant inconvenant mon addiction et lassant mon vouloir de changer nos rapports. Tu te considères plus comme une esclave sexuelle, et par tes mots, tes gestes, tu me blesses. Et lorsque je te déteste, c’est aussi fort que lorsque je t’adore, je souhaite que tu meures pour ne plus souffrir. Tu vois, tu es une vilaine fille, et moi un enfant cruel. Opus# Non. ? réellement besoin de moi : Garmy, as-tu 2 Lorsque tu me quittes, c’est moi qui sombre, dans cette lente haine de ce monde que je trouve infect. Ma passivité m’écrase et le poids du passé aussi. Dans l’or de l’alcool, dans le vert de la drogue, le sang de « L’ami », éclabousse cette nuit chaude, le début de l’été. Car nos histoires de familles sont comme les lignes de nos mains, mal esquissées dans les outrages du pardon et le simulacre des bonnes manières. C’est moi qui sombre lorsque tu t’en vas. Moi et mon égo affectons le cœur de Khadija, l’instrumentalisons comme tu nous heurtes. Mon propre corps me trahit dans les habitudes de gestes épicuriens que j’ai avec toi. Je me rends compte que
 
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je dégrafe son soutien gorge comme tu me l’as appris… Tu vois, tu me rends malade. Alors reviens moi, pour que mes fautes aient l’air moins sombre, reviens-moi pour que je te raconte mes affections perdues, ma rancœur qui perdure, reviens car je t’aime, supporte-moi car je t’aime et mens-moi car je t’aime. Je préfère encore que tu me tordes le cœur, car l’enfant vicieux que je suis, prie pour n’avoir pas à supporter encore les années à venir sa passivité et cette monotonie. Tu dors et je découvre ma saine nouvelle décadence, cet amour de toi. Promets-moi de ne plus porter ce parfum Balenciaga, cette senteur ne me plaît pas. Opus#triomphe, et oui ce soir là,2 : Tu m’as invité à ton la lumière t’enveloppe… Ta beauté illumine les podiums et ton rire accompagne les percussions des chanteurs célèbres, sur leurs mélodies, comédienne ou figurante, nul n’a besoin de savoir que tu te prostitues. Dieu brûlera les gens comme nous, alors faisons des choses folles. Dis-moi, as-tu aimé mes fleurs ? Les partitions sur le piano bar, jazz, rock. Laisse-moi t’enlever à tout le monde, t’emmener à la Madrague, là où nous nous sommes connus car j’aime ta méchanceté, ton égoïsme, tes caprices… Opus# Nous ne sommes guère discrets, nous ne2 :   sommes que des enfants. 20 ans et 16 ans. Et ma honte devant les faits, quand ma mère transforme notre passion maladive en une sale histoire de cul, t’insultant alors que tout est ma faute. Devant cette flagellation, ce flageolement des convictions, je me tais : pour choisir ma mère qui te menace de ruiner ta vie car tu m’as sali et souillé. Je cours, je te rattrape dans cette rue et je découvre que même lorsque tu m’aimes, c’est comme quand tu me hais, tu te confesses si mal et tu pleures tout le temps : «je te l’ai dit combien de fois, joli cœur, moi je suis folle de toi ». Alors ne soyons pas aussi tristes, ce que nous ressentons est si effrayant et jamais nous n’obtiendrons ce que nous désirons. Alors laissons les autres et toute cette connerie sur la bienséance
 
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nous séparaient. Accepte l’offre de ma mère, vends moi, comme tu t’es vendue à moi, taisons tout ceci, et oublions, car ce genre de sentiments inspirent plus de la pitié à tout le monde qui nous jugerait.  
 
Seydou Ainina Nourou Wone
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WHO IS THE MASTER OF PUPETTS1?
Dreams (Fleetwood Mac)
 Now here you go again, you say you want your freedom. Weltht r gioy uah tn? I dowonlyt's  ot I mauoy peeko wh, should, play the way you feel it, But listen carefule tho  ty sound, of your loneliness. Like a heartbeat drives you mad. In the stilnef ress oreniembmah t.gW d hau yod an what you lost.what you had dnA.Adnw ah toy uolts2    ES pluies du mois de juin avaient commencé, premières de fines gouttelettes s’abattaient sur la capitale. Il pleut encore et le temps se fait long dans cette fierté immaculée qui parcourt mes veines. Il pleut et le ciel bas et lourd roule sur un tambour de baïonnettes dans le grondement du tonnerre et dans le grondement de la vie. L’eau s’abat sourdement copulant avec la terre mesquine allumeuse, laissant le froid effleurer la membrane de mon cœur, il pleut dans cette ville, il pleut sur la cour centrale du Novotel. Il y avait à côté de moi un seau rempli de balles qui étaient trempées désormais et pesaient sans doute le double de leur poids. Le vent frais se leva et je n’arrivais plus à distinguer au-delà du filet, il n’y avait même plus de filet. Rien n’était aussi bête que de préparer ce tournoi puisque je m’efforçais à aller contre les événements améliorant mon service à me faire mal à l’épaule. Cela faisait combien de smashs dont je ne savais pas le résultat, où était la balle, dans quelle direction était elle partie ?                                                           1Qui est le maitre des marionnettes. 2l’album RUMOURS des Fleetwood Mac (1977).Dreams de
 
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Me rompre l’épaule, canaliser mon énergie, m’empêchaient de penser, et de réfléchir, si je me concentrais uniquement sur le tournoi de dimanche, je n’aurai pas du tout à penser à la colère d’Attia et aux décisions qui ont été prises. Je n’irai nulle part cet été hormis à 200 kilomètres de Dakar dans une ville perdue entre Thiès et Diourbel, pour suivre l’enseignement d’un maitre du nom de Thierno Bocar dans un daara3, où mon statut me fera endurer les pires atrocités. Il fallait me remettre sur le droit chemin, le jour où je mourrai de soif et de faim, alors que j’aurai à quémander pour vivre, là je saurai l’importance de mon nom et de mon prénom. Comment en me comportant ainsi, pouvais-je salir la mémoire de cet illustre ancêtre qui s’est battu contre la colonisation, de cette reine, autre ancêtre qui a mis fin à ses jours lorsque son solennel époux perdit la guerre contre le voisin non musulman donc barbare. Thierno Bocar m’apprendrait aussi le Coran, si je me comportais ainsi mon éducation religieuse laissait à désirer, sûrement pensait Attia. J’avais goûté au sexe donc à l’alcool et à la drogue, je jurais que non à l’alcool, et à la drogue, mais le sexe était pire. Thierno Bocar m’apprendrait à ne pas me conduire comme un animal. Et si je refusais, grand père et grand-mère le sauront, et puis c’est de leur faute, ils m’ont trop gâté. Non Attia ! Je n’étais juste pas préparer à vivre dans une ville comme Dakar avec ces codes que je ne connais pas. Grand père m’a très bien élevé, et grand-mère aussi, sauf que Saint Louis me manque dans sa simplicité, lorsque dans la grande maison, j’attends mon cerf volant qui revient, ou je me promène avec le voisin dans le marché de Sor, regardant les vendeurs s’activer. C’est moi, ici, je suis ton fils et je vis comme ton fils. Thierno Bocar ne saurait rien m’apprendre, ce qu’il connait du Coran tiendrait dans la paume de ma main, car tu ne le sais pas, mais je l’ai étudié sous le regard
                                                          3École coranique.
 
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