Maïtena ou la vie retrouvée

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Anéantie par un drame personnel, Mado, redevenue Maïtena, reprend vie au soleil du Pays basque. Fastes et ombres des années 1930, années noires de la guerre avec l'effrayant bombardement allié de mars 1944, vitalité de l'après-guerre. Maïtena, déchirée, entre un amour impossible et une amitié surprenante, cherche son équilibre. Et si son véritable amour était celui porté à sa fille Babette, pionnière du surf ?
Publié le : jeudi 5 mai 2016
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EAN13 : 9782140010088
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MadeleineLASSÈRE
Maïtenaou la vie retrouvée Roman
/ Littérature
Rue des Écoles
Maïtena ou la vie retrouvée
Rue des Écoles Le secteur « Rue des Écoles » est dédié à l’édition de travaux personnels, venus de tous horizons : historique, philosophique, politique, etc. Il accueille également des œuvres de fiction (romans) et des textes autobiographiques. Déjà parus Lecomte (Nelly),Entre deux, roman, 2016. Lescel (Georges),Mission en Haïti, récit, 2016. Laszlo (Anne),Mon noviciat en politique, chronique, 2016. Serrie (Gérard), Celui qui sauva le pape François, roman, 2016. Gaussot (Jean-Michel),au grand absent qui ne m’a jamais quitté Ode , récit, 2016. Oudart (Paul),Une République digne, essai, 2016. Azema (Chantal),d’Alain Trioen, peintre de Montparnasse Histoire , récit, 2016. Meyer (Albert),Un siècle de souvenirs, récit, 2016. Assayag-Ghanem (Karen), Chamak (Marion),Un jour, les autres c’est nous, récit, 2016. Coet (Philippe),Une odeur de kérosène, roman, 2016. Jund (Bernard),Aie pas peur, Mémère, j’suis là, récit, 2016. Dupré (Bruno),Si tu veux une vie, vole-la !, roman, 2016. Ces douze derniers titres de la collection sont classés par ordre chronologique en commençant par le plus récent. La liste complète des parutions, avec une courte présentation du contenu des ouvrages, peut être consultée sur le site www.harmattan.fr
Madeleine LassèreMaïtena ou la vie retrouvée Roman
Du même auteur
Petite Histoire de Bordeauxde Patrick Amblevert, (dessins Loubatières, 1988) Chants des Morts (en collaboration avec Philippe Prévot, Office de Tourisme de Bordeaux) Villes et cimetières en France, de l’Ancien Régime à nos jours(L’Harmattan, 1997) Victorine Monniot ou l’éducation des jeunes filles au XIXème siècle(L’Harmattan, 1999) Moi, Eugénie de Coucy, Maréchale Oudinot(Perrin, 2000), réédité en 2010 par L’Harmattan sous le titreLes Cahiers bleus de la maréchale Oudinot Moreau ou la gloire perdue(L’Harmattan, 2002) Delphine de Girardin, journaliste et femme de lettres au temps du romantisme(Perrin, 2003) Le Portrait double - Julie Candeille et Girodet(L’Harmattan, 2005) Louise, reine des Belges (1812-1850)(Perrin, 2006) Montalembert - Dieu, l’amour et la liberté(L’Harmattan, 2009) La Princesse de Ligne, un destin européen(L’Harmattan, 2012) Lucie de La Tour du Pin (1770-1853), marquise-courage(Sud Ouest, 2014) Histoire de Bordeaux(Sud Ouest, 2014) Sous le pseudonyme Charly Rudigoz Lili et l’oreille blessée - le récit d’une acouphénique (L’Harmattan, 2004) Lili à Alger, une jeune prof dans une ville en guerre (1961-1962) (L’Harmattan, 2015) © L’Harmattan, 2016 5-7, rue de l’École-Polytechnique, 75005 Pariswww.harmattan.com diffusion.harmattan@wanadoo.fr ISBN : 978-2-343-09036-8 EAN : 9782343090368
Mado R. (1915-1934)
Prologue
Porter le prénom d’un défunt par tradition familiale ou attachement est d’une grande banalité, banalité qui m’a toujours retenue d’en faire état. Certains s’en accommodent sans état d’âme excessif, d’autres subissent cet héritage encombrant avec la sensation de ne pas être pleinement eux-mêmes, de contours tremblés, voire d’erreur sur leur personne. A ma naissance, ma mère a cru bon de me donner le prénom de sa sœur, morte à 19 ans en juillet 1934. Tendre et nostalgique offrande d’un bébé pour conjurer le chagrin, le vide, la blessure d’une mort prématurée. Et, rapt identitaire supplémentaire, j’ai hérité aussi du surnom qui enlevait à «Madeleine» sa douceur et son élégance pour le fracas d’un «Mado» terriblement sonore et familier. Pas facile d’avouer ces quatre lettres si communes, si simples, rimant plus volontiers avec tripot, bistro et fortune du pot qu’avec Eldorado! Impossible, l’aurais-je voulu, de prendre des grands airs, de poser, de faire l’intéressante! J’ai parfois regretté de ne pas pouvoir avancer un prénom plus distingué: Edith, Régine ou Christine. Mais, par faiblesse ou fidélité, je n’ai pas abandonné ce «Mado» collant, imposé au mépris de toute ressemblance. La première Mado (1915-1934) était brune et nerveuse, je suis blonde (enfin, j’étais!) et pensive… Comme quoi, un prénom ne conditionne rien.
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L’habitude a coulé «Mado» dans mes veines. On ressortira «Madeleine» sur ma pierre tombale comme dans toutes les occasions sérieuses: bulletins scolaires, actes administratifs, etc… Cela ne me perturbe plus. Mado ou Madeleine, je suis celle qui répond selon les circonstances et le public et, si l’humeur vous prend de m’appeler Madoune (n’est-ce pas Odile?), je réponds aussi…Cette histoire de prénom-surnom sur laquelle psychologues et sociologues peuvent gloser à l’infini me paraît désormais vaine. C’est trop tard pour y changer quoi que ce soit! C’était maladroit, injuste de ne pas me donner un prénom bien à moi. Peut-être, peu importe. L’injustice que je ressens est tout autre, déplacée sur la première Mado, privée par la mort d’un destin, d’un accomplissement humain. Colonne brisée, vase répandu et poids d’une dette à acquitter: Mado-la-brune m’a légué un prénom, Mado-la-blonde va lui restituer une histoire.
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Juin 1934
I
Qu’est-ce qu’on va faire de Mado, maintenant que Denise se marie? Frondeuse comme elle est! Et trop maquillée! Tu as vu son dernier portrait du studio Bellecour? Tu lui passes tout. Tu l’as trop gâtée, comme René. Ma pauvre Louise, tu es complètement dépassée par tes deux derniers! Heureusement que je rectifie un peu la balance et que je veille au grain! Pour ça, c’est sûr! marmonna Louise, penchée sur son ouvrage. Tu as une remarque à faire? Non, non, je parlais toute seule. Ce drap est bien usé et il a déjà été retourné. Il faudrait peut-être en acheter une nouvelle paire… Encore des dépenses! Comme si ta famille, on n’a pas idée d’avoir fait si vite quatre enfants, ne coûtait pas assez cher à Emile. Il se fatigue à la pharmacie: Jean est loin d’avoir fini ses études et je doute que la pharmacie lui convienne. Heureusement qu’Albert est un préparateur dévoué et que je peux donner la main en déballant les cartons… Tu es forte, toi, Eugénie, active, tu es notre pilier. Je ne m’écoute pas. Voilà tout.
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