Mal du peuple (Roman)

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Publié le : samedi 1 janvier 1994
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EAN13 : 9782296288317
Nombre de pages : 208
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Mal du Peuple

DU MÊME AUTEUR:

MISERE,nouvelles FLEURS ET EPINES, roman

Couverture: Tableau de Hamid Darwish
Titre original:

J an- î Gal
@ Ibrahim Ahmad, 1973. @ L'Harmattan, 1994, pour la traduction française. ISBN: 2-7384-2471-6

Ibrahim Ahmad

Mal du Peuple
roman traduit du kurde par Ismael Darwish

Edition L'Harmattan 5-7, rue de l'Ecole-Polytechnique 75005 Paris

Histoire d'un livre

C'est en 1956, dans des conditions politiques extrêmement difficiles que Jan-Î Gai "Mal du peuple" fut écrit. La difficulté majeure de l'auteur était la censure et la persécution que le régime de Nouri Saïd pratiquait à l'encontre du peuple kurde. Comment échapper à cela? Ibrahim Ahmad dissimula non seulement le temps et l'espace de son roman "révélés par l'auteur pour la traduction française", mais il dut aussi terrer le manuscrit... Les écrits, comme Ibrahim Ahmad lui-même ont subi les conséquences de cette politique; il fut arrêté en 1949 pour activités subversives et condamné à deux ans de prison. Perdu de vue, le manuscrit a été retrouvé onze ans plus tard et édité pour la première fois en 1973.

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Mfaibli et pâle, il était assis entre le chauffeur et un énorme gendarme. Les menottes enchaînaient sa main gauche. L'autocar roulait en direction de la ville de Soulémani, sur une route à peine praticable. Ses pensées perturbées voyageaient comme un nomade, sans s'arrêter sur une idée fixe, sans que les images qui défilaient devant ses yeux n'attirent son attention. Les souvenirs douloureux du passé, l'inconnu de son avenir occupaient son esprit tels un bourdonnement de ruche. Il ne savait ni trouver solution pour l'un, ni s'échapper de l'autre, jusqu'au moment où, dans un mouvement brusque de l'autocar, il croisa son regard dans le rétroviseur. Soudain il vit ces yeux qu'il avait ignorés, pendant toutes ces années de prison. Ces yeux qu'il a vus tant de fois dans le petit

miroir de rasage et pour lesquels il n'éprouvait rien. Mais à présent, ce dont il avait le plus besoin, était de se retrouver lui-même. Son esprit exilé le trahit, ne le laissant pas réfléchir, comme si ses yeux étaient l'indicateur d'un faux chemin, comme une oie blessée qui pense subitement à son nid. Il se souvint de l'époque d'avant l'emprisonnement. Une époque où la vie ne lui souriait pas non plus, et qu'il s'était efforcé, pendant toute cette période en prison, d'oublier. Cela s'était passé il y a dix ans, et il en revoyait très clairement les images, non seulement comme un événement survenu hier, mais aussi comme un drame s'étant déroulé sous ses yeux. C'était un soir d'automne. Le vent poussait vers le bas les nuées de nuages dispersés, faisait danser les feuilles jaunes des arbres et, d'un geste furieux, les ramenant vers le sol. De temps à autre un silence triste s'installait, comme si le vent s'ennuyait de son propre bruit et se taisait. Dans une petite maison du quartier de Kouéja à Soulémani, d'une chambre modeste et propre, Jwamer regardait à travers les deux grandes fenêtres qui donnaient sur un petit jardin couvert de feuilles jaunes. Il n'y avait dans cette chambre qu'un grand lit, un grand miroir posé dans un coin et une natte étalée sur le sol. Allongée, sa femme, jeune et belle, le visage clair, crispé sous l'effet de la douleur. Son mari, maigre, assis à son chevet, dont le visage exprimait une profonde pitié. Circonspect, il caressait les cheveux fins de sa femme et les écartait de son front plissé, sans qu'elle ne bouge ses yeux ciliés et noirs, sous les attaques de la douleur. Comme un chuchotement, il dit à sa femme: - Du courage, ce n'est rien ma chérie. Nazée est partie il y a un bon moment. C'est peut-être la sage10

femme qui la retient, elle n'est peut-être pas chez elle. Elle l'attend. Ou alors elles sont déjà en route. On ne voyait rien sur le visage de sa femme, aucun signe d'approbation ou de refus, ni même un signe montrant qu'elle l'entendait. Il semblait que ses propres mots.n'atténuaient en rien son attente. Mais il poursuivit immédiatement: - Il vaut mieux que j'aille à leur recherche, sinon elles s'attarderont encore plus! Lorsque la femme entendit ces derniers mots, elle cria d'une voix ferme et inattendue: - Non, ne fais pas ça, ne me laisse pas seule. Si tu pars, je deviendrai folle! Le silence régna quelques instants. Kalée respira profondément et sourit avec tant de peine qu'on vit davantage dans ses yeux que sur ses lèvres bleues et gercées, elle continua: - l'aimerais beaucoup avoir un garçon! La douleur lui coupa la parole, mais elle respira et reprit: - Ah, mon Dieu, tu ne me décevras pas, ce serait bien dommage d'avoir une fille après tant de douleur et de souffrance! Comme s'il venait à peine de comprendre ce que sa femme avait dit, il explosa brusquement et dit sèchement: - Quelle différence! une fille, un garçon? Je crois que ce que tu dis là est loin de ce que tu penses réellement, c'est sûrement la douleur qui te le fait dire; depuis quand es-tu si réactionnaire? Elle ouvrit à peine la bouche pour parler quand son mari mit la main sur ses lèvres et dit: - Par Dieu arrête, ma chère Kalée, cesse de faire souffrir ton cœur avec ces illusions. Le plus important pour moi c'est que tu t'en sortes vite, saine et sauve. 11

Pour moi, il n'y a aucune différence entre fille et garçon. La femme secoua la tête comme si elle ne le croyait pas. Jwamer reprit rapidement: - Elles mettent vraiment du temps! Assez plaisanté. Je vais partir moi-même à leur recherche, il leur est peut-être arrivé un malheur. La douleur envahit la femme, effaçant la dernière lueur de son visage, Elle enfonça ses dents dans ses lèvres et ne parvint plus ni à gémir ni à crier. La sueur perlait goutte par goutte sur ses yeux et son cou. Inquiet et soucieux, l'homme sentit son cœur se serrer. Il allait et venait dans la pièce, vite comme pour une marche militaire, regardant sa montre de temps en temps. Il était si inquiet qu'il ne la voyait plus, ne sachant si les aiguilles avançaient ou si elles restaient immobiles, Il voulait faire quelque chose, n'importe quoi et à n'importe quel prix, à condition que Kalée s'en sorte. Mais il n'avait pas la moindre idée de ce qu'il pouvait faire, et plus le temps passait, plus il se sentait coupable: pourquoi avait-t-il envoyé Nazée chercher la sage-femme et n'y était-il pas allé luimême en un vol d'oiseau...? Comment pourrait-il y aller maintenant? Et Kalée, je la laisserais toute seule? Qui resterait auprès d'elle pour lui donner au moins une gorgée , .? " Q UOl. Q ue D leu l a protege d e d '?eau. ... peut-etre ' ces malheurs! Peut-être, oui peut-être mourra-t-elle! Oh mon Dieu, pas cela... Sa tête explosait... Il cria,

soudain, d'impuissance:
" - Cette douleur est vraiment injuste! 0 mon Dieu, pourquoi cette douleur insensée? Kalée, dans un dernier effort, essayant d'effacer la pâleur de son visage, murmura: - Par Dieu, ne dis pas de telles paroles! Comment ton cœur accepterait cela... crois-tu que la naissance

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d'un être humain ne mérite pas cette douleur?... Non, non... la pitié ne doit pas t'enduire en erreur. La naissance d'un être mérite même plus de souffrance! Furieux, Jwamer répondit en balbutiant: - Que le malheur emporte toute ta famille, même dans cet état tu ne cesses de philosopher! Alors, gémis et souffre comme tu voudras. Impatient, il décida d'aller chercher la sage-femme: qu'il arrive ce qu'il arrivera. En partant il cria: - Il leur est certainement arrivé quelque chose! Sinon elles seraient déjà de retour. La sage-femme habite à un quart d'heure ou vingt minutes d'ici! Je pars la chercher en voiture... je ne mettrai pas plus d'une demi-heure...C'est de ma faute, si j'étais parti plus tôt, j'aurais déjà fait l'aller et retour. Il baissa la voix comme s'il se parlait à lui-même: - Ah, comme on est faible dans le malheur! Et pourquoi suis-je si aveugle? Je croyais être seul avec Kalée dans ce monde... dans cet océan sans fin avec tous mes problèmes. Mais pourquoi n'ai-je pas pensé à mes bons voisins. Si seulement j'avais demandé à l'un d'entre eux, il serait venu avec toute sa famille s'occuper de Kalée, ou bien il serait parti chercher une sage-femme au bout du monde. Il leva la voix et continua: - Je vais tout de suite voir notre voisin Rasha pour que sa fille vienne ici, ou plutôt sa femme, peut-être s'y connaît-elle un peu. De toute manière elle sera plus utile que sa fille dans un pareil cas. Et moi, j'irai pendant ce temps là chercher la sage-femme Baji Piroza... Si je ne la trouve pas, je reviendrai avec une autre, je ne mettrai qu'une demi-heure. Kalée voulut parler, mais il ne l'écouta point et continua: - A tout de suite.

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Jwamer sortit à toute hâte et pénétra chez Rasha. Sa maison n'était séparée de la sienne que par un simple mur. Ni Rasha ni sa fille ne se trouvaient dans la maison, seulement sa femme. Il lui demanda d'aller voir Kalée le temps d'aller chercher la sage-femme. La voisine lui sourit gentiment et le rassura qu'elle n'y manquerait pas. Il prit alors la petite ruelle à grands pas. Il ne comprenait pas ce qu'il lui arrivait, un sentiment mêlé d'angoisse et de joie le prenait. De l'angoisse pour l'état dans lequel se trouvait Kalée, de la joie pour l'enfant qu'il attendait.
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Bien sûr j'aurai beaucoup de dépense! Surtout si

c'est un garçon, il faudra faire une fête... Et comment faire autrement, comment se débarrasser de ces vieilles coutumes?! Quelques instants à peine il se moquait de Kalée parce qu'elle préférait un garçon à une fille. Et maintenant il commençait à organiser une fête si sa femme accouchait d'un garçon!

- Peut-être une femme ressent-elle différemment ce fait. Si elle préfère un garçon c'est parce qu'elle le porte. Vous savez, la femme chez nous est une victime, maltraitée et opprimée. C'est tout naturel, peut-être, qu'elle ne veuille pas que son enfant fasse partie de ces êtres opprimés. Et pour nous les hommes, soit disant lettrés, pourquoi une telle préférence? Il hocha la tête et se dit: - Pour me punir de cette mauvaise idée, je jure que je ferai une fête beaucoup plus belle que celles que l'on fait pour les garçons! Il respira profondément et regarda, pour la première fois, autour de lui. Il fut surpris de voir la rue déserte. Cette rue qui, le soir, regorge de monde. Mais le plus surprenant encore était que les quelques personnes qu'il rencontrait, au lieu de descendre, montaient tous, vers le centre ville. Il marchaient à vive allure, de sorte que, malgré sa rapidité, il ne parvenait pas à les rejoindre. Au loin, une silhouette apparut qui descendait. IlIa reconnu tout de suite avec sa calvitie, sa courte taille et son gros ventre. C'était Tawfiq, le gros mouchard. Mais où fait-il route ainsi à cette heure? Est-il, comme un chien de chasse, à la recherche de gibiers? Il va certainement tourner autour d'une maison jusqu'à ce que les gendarmes s'y plantent. Ah, laissons-le, que le diable emporte sa tête et celle de ses ancêtres! - Dépêchez-vous! dit Tawfiq le mouchard, il n'y aura peut-être plus rien! - Plus rien de quoi? répondit Jwamer, surpris. Tawfiq le gros dévoila, en souriant, ses affreuses dents jaunies par les cigarettes. Il cria: - De la fête, mon cher ami... de la fête! Il lui était insupportable d'avoir rencontré cette sale créature, comme un oiseau de mauvais augure. Il s'inquiéta. Il entendit des cris venant du centre ville, 16

des milliers de voix qui répétaient: Vive... A bas... Ce fut comme un tremblement de terre. Il accéléra le pas. A vrai dire, les douleurs de Kalée l'avait complètement étourdi! Comment avait-il pu oublié que ce soir-là, se tiendrait au centre ville l'un des rassemblements les plus importants du Parti pour la liberté?! Le chemin le plus court pour aller chez la sage-femme passait justement par là! Plus il s'approchait, plus il voyait des gens, des groupes de personnes, nombreux aux coins des rues, lui annonçaient que personne ne serait capable de traverser le centre. Il s'arrêta et observa la vague humaine devant lui, plantée comme des arbustes, et dont les mouvements ressemblaient aux effets du vent sur les feuilles. En voyant cette masse applaudir et crier, il comprit que quelqu'un leur parlait. Quoi que ne saisissant un traître mot du discours, il n'y prêta même pas l'oreille et continua son chemin. Les bousculades commencèrent à entraver sa route. Il ne tarda à devenir un arbuste à leur image. Mais non, pourvu que cela n'arrive pas! Kalée souffre et attend son retour. Si seulement elle avait accouché d'un garçon quand il serait de retour! Quoi? Et alors, ce n'est pas bizarre! beaucoup de nomades accouchent en voyage! De toutes les façons, il doit chercher la sage-femme et rentrer au plus vite possible. Il recula avec peine d'une centaine de pas et se mit en dehors de la foule. La joie, l'espoir, et l'angoisse étaient suspendus dans le ciel de son cœur comme des perles dorées, mais elles n'y restaient que pendant un clin d' œil. Avant qu'il ne fasse quelque pas en toute liberté, le bruit d'une mitrailleuse lui donna la chair de poule, il ne trembla pas de peur, mais d'inquiétude et d'affolement. Il se souvint de Kalée, de ses mouvements de douleur, donc de l'importance de sa 17

mission et le temps excessif qu'il y mettait. Il commença à courir de toutes ses forces au bout de la ruelle pour rejoindre la rue qui devait le mener en quelques minutes chez la sage-femme. Mais cette ruelle aussi était remplie complètement par la foule! Mais pourquoi ne cherchait-il pas une autre sagefemme? Et en connaissait-il d'autres? Ce n'est certainement pas le moment, maintenant! Et si la sagefemme Piroza n'était pas prête à l'accompagner, même si ses beaux-parents la connaissaient depuis une éternité, avant qu'ils ne soient déportés? Sans doute, une inconnue ne lui ouvrirait même pas la porte à cette heure-ci. Le bruit des rafales de mitrailleuses coupèrent le fil de ses pensées, il sentit quelques secondes plus tard le bruit de centaines de pas derrière lui. Lorsqu'il se retourna, il vit une partie de la foule, à quelques mètres, courir en sa direction. Elle allait le dépasser et bloquer sa dernière issue. Il regarda le sol et donna toutes ses forces à ses jambes, mais sans succès, la foule s'approchait. Il avait tellement peur qu'il courait comme si la foule avait voulu l'attraper ou l'assassiner. Il ne s'arrêta pas, regarda du coin de l'œil les gens arriver et le dépasser. Près de lui une mitrailleuse se fit entendre brusquement et un homme, tomba en criant devant lui. On ne comptait plus les blessés. Il leva la tête, cherchant où la mitrailleuse était installée; elle était à la fenêtre de la maison au-dessus de la bibliothèque centrale qui donnait sur la grande rue. On y voyait la tête d'un gendarme. Il tenait, sans crainte aucune, la mitrailleuse en direction de la foule, et de temps à autre il mitraillait les gens. Etre touché par ses balles ou pas n'était qu'une question de chance. Une femme à ses côtés tirait un enfant par le bras. L'enfant en pleurs, tomba sur le pavé. La mitrailleuse se tut. Le gendarme se pencha en direction de la femme, mais il
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n'appuya pas sur la gâchette. Doit-on croire que les cris et les pleurs de l' enf,!nt empêchèrent le gendarme de tuer cette femme? Etait-ce le conflit entre sa conscience et son pouce qui le rendait si hésitant!...Ah... qu'il était près du gendarme; si seulement il avait un pistolet dans la main; il lui aurait fait sauter la cervelle. Il ne comprenait pas d'où venait cette haine subite. Est-ce de la répression ouvertement démesurée contre ces innocents ou bien de la situation qui menaçait sa vie et empêchait l'accomplissement de sa tache? De toute façon, il n'avait pas le temps de réfléchir. Il profita de cette accalmie pour rejoindre d'un bond le mur que la mitrailleuse ne pouvait atteindre. A peine avait-il eu le temps de se soulager d'avoir trouvé ce refuge qu'il vit, devant lui, à une vingtaine de pas, la tête d'un autre gendarme. Ce dernier se trouvait audessus des sacs de sable placés sur le toit d'une maison, en face de la bibliothèque. Il s'affola et ne sut que faire. Subitement il changea de trottoir, se crut à l'abri mais levant la tête, il vit sur le toit de la bibliothèque la même scène. Il revint sur ses pas, mais les cadavres entassés dans la rue ralentirent sa progression. Craintif, il leva la tête vers le toit de la maison devant lui. Le gendarme le visait avec sa mitrailleuse! Tout son corps devint un œil qui regardait le bout de la mitrailleuse d'où il voyait la mort lui tirer la langue. Il ne savait que faire. S'asseoir? S'enfuir? Non, il n'avait plus le temps de faire quoi que ce soit... Juste le temps d'avancer son corps et lever les bras vers la mitrailleuse, comme s'il voulait la pousser, l'éloigner de lui. La peur l'avait tellement rapproché de la mitrailleuse qu'il croyait pouvoir l'atteindre avec sa main; avait-il agit inconsciemment, d'exaspération? Le soufflement d'une balle parvint à ses oreilles étourdies. Il sentit une chaleur à sa hanche, sa jambe 19

commençait à s'alourdir... tellement lourde qu'il n'arrivait pas à la bouger, bien qu'il essayait de toutes ses forces. Le monde autour de lui devenait flou, de plus en plus petit, telle bout d'une grande mitrailleuse rempli de fumée. Lorsque tout disparut, lui aussi, il perdit connaissance. La seule chose qui ait pu traverser son esprit, fut l'image de Kalée, et sa seule envie fut d'être à ses côtés.

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