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Marilyn et ses rêves

De
112 pages
Le propos d'une nouvelle est de capturer d'un trait un fragment de vie autour duquel se greffe un fragment de récit. C'est en ce lieu d'incertitude que rôdent les nouvelles et les héroïnes de cet ouvrage. Une impression d'étrangeté, de discordance parfois menaçante, préside à ces instants volés à des existences de femmes... Ainsi, Marilyn elle-même, qui donne son titre au recueil, est saisie, non pas dans le sillage de sa célébrité, mais dans sa "préhistoire" de bébé mutique..
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Du même auteur Fiction Exercice d’amour– Editions Calmann-Levy, 1984 (épuisé) La Dame noire– Editions Flammarion, 1992 Sortilèges– Editions Flammarion, 1993 Myriam et Diane– Editions Geneviève Pastre, 2002 Le Défilé– Editions In Octavo, 2006 Essai Voyage en enfance– Editions Flammarion, 1995 Poésie Les Seigneurs– Editions de la Goutte d’eau ( HC ), 1991 (épuisé) Grande Sérénade– Editions Geneviève Pastre, 2001 Adios, l’amie…– Editions Clapàs, 2001 Notre Légendesuivi deRose du jour– Editions en Marge (Québec), 2005 Que votre vie galope comme ce cheval rouge à travers les arbres, Editions Amalthée, 2007 Stella Roga– L'Harmattan, 2012 © L’Harmattan, 2014 5-7, rue de l’Ecole-Polytechnique, 75005 Paris http://www.harmattan.fr diffusion.harmattan@wanadoo.fr harmattan1@wanadoo.fr ISBN : 978-2-343-02161-4 EAN : 9782343021614
L’Exposition
Nous prîmes d’abord une rue mal entretenue où j’eus quelque répugnance à pénétrer. De chaque côté s’alignaient des maisons délabrées où demeuraient quelques traces d’un crépi jaune safran semblable à celui des façades de Ferrare. Arrivée dans le pays il y avait une petite semaine, je ne connaissais pas encore grand-chose de cette ville. Une brume persistante en noyait les contours, le planm’en paraissait d’autant plus compliqué. L’ami auquel m’avaient adressée des cousines trop occupées pour me piloter dans ce labyrintheavait absolument tenu à m’emmener voir l’Exposition. « Vous ne pouvez nous quitter sans l’avoir visitée! » s’était-il écrié avec tant de conviction que je m’étais laissée tenter.
Nous marchions donc à présent dans cette rue pleine de méandres et de rétrécissements. Je lui fis part de l’impression de tristesse qu’elle me procurait. C’est la plus longue de notre ville, m’expliqua-t-il, avouant qu’il n’avait jamais pu la parcourir en entier car elle finissait par lui donner le tournis. Mais, ajouta-t-il d'un ton enjoué, il y a par ailleurs des coins superbes dans d'autres quartiers, des demeures datant de plusieurs siècles. Je lui demandai pourquoi on avait organisé cette manifestation dans un endroit aussi peu engageant. Un léger haussement d’épaules me signifia soit son ignorance sur la question soit une explication trop longue à fournir. Cette Exposition valait largement les nombreux monuments qui enorgueillissaientsa ville natale, reprit-il, je ne devais pas préjuger de ce que j’allais voir du fait du délabrement d’un lieu laissé à l’abandon ni de celui de l’aspect du bâtiment où elle se tenait. Il semblait convaincu que je retirerai le plus grand bénéfice de ma visite.Prenant soin de ne pas blesser son amour-propre de citadin, je lui fis valoir ma promiscuité avec l’art et ma fréquentation des plus grands musées d’Europe. « Maisl’Exposition n’est pas du tout ce à quoi vous vous attendez ! » se récria cet homme 9