Mark Storm - 4 : Rêves Fatals

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Multiplications des évasions jusque dans les prisons de hautes sécurités, disparitions en masse de citoyens de tous ordres, vols de matériels militaires sans aucune effraction, attaques biocybernétiques impossibles à tracer. Les dossiers s’accumulent, les questions aussi. Comme la Patrouille de l’Espace, Alen Warmer sent la pression de l’Union s’alourdir à l’apparition de ce nouveau mystère : une « maladie » aux effets dévastateurs.

L’atmosphère délétère fait les beaux jours des agences indépendantes. Reconvertis dans la sécurité privée, Graig Selbas et ses coéquipiers signent leur premier gros contrat tandis que Tamra Dark s’entête dans une enquête qui dérange : tous verront leurs missions leur échapper.

Mark Storm aurait pu rester loin de cette agitation. Il accepte pourtant la proposition du Président des Deux Conseils. Attiré par le défi, il va entamer un jeu qu’il pensait pouvoir maîtriser. Il n’en connaissait malheureusement pas toutes les règles : perdre est interdit.

Multiplications des évasions jusque dans les prisons de hautes sécurités, disparitions en masse de citoyens de tous ordres, vols de matériels militaires sans aucune effraction, attaques biocybernétiques impossibles à tracer. Les dossiers s’accumulent, les questions aussi. Comme la Patrouille de l’Espace, Alen Warmer sent la pression de l’Union s’alourdir à l’apparition de ce nouveau mystère : une « maladie » aux effets dévastateurs.
L’atmosphère délétère fait les beaux jours des agences indépendantes. Reconvertis dans la sécurité privée, Graig Selbas et ses coéquipiers signent leur premier gros contrat tandis que Tamra Dark s’entête dans une enquête qui dérange : tous verront leurs missions leur échapper.

Mark Storm aurait pu rester loin de cette agitation. Il accepte pourtant la proposition du Président des Deux Conseils. Attiré par le défi, il va entamer un jeu qu’il pensait pouvoir maîtriser. Il n’en connaissait malheureusement pas toutes les règles : perdre est interdit.


Publié le : mardi 1 octobre 2013
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Licence : Tous droits réservés
EAN13 : 9782364752122
Nombre de pages : 285
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Extrait

Du haut d’une falaise de roches noires et or entremêlées, Mark dominait toute la vallée du Tzna. La vue y était envoûtante : un ciel émeraude, une prairie rosée parsemée de fleurs jaunes et orange, un fleuve aux reflets violines qui se perdait au loin dans un lac immense.
Mark prit une profonde inspiration puis ferma les yeux. Ses promenades le conduisaient souvent jusqu’à ce surplomb. Il en appréciait le calme d’une nature protectrice et harmonieuse, respectée depuis toujours par ses habitants. Il aimait s’y ressourcer lorsque le besoin devenait pressant, lorsqu’il lui fallait vider le tumulte de son esprit par la paix de ce lieu hors du temps.
L’instant aurait dû être parfait, pourtant un pli barra son front. Son attention venait de le ramener vers plus de réalité, dérangée, happée par une présence parasite.
D’un œil songeur, Mark observa le vaisseau apparu dans le vert tendre de l’horizon. Sa trajectoire ne laissait aucun doute quant à sa destination finale. L’appareil piqua d’ailleurs très vite sur le village érigé au pied de la falaise, lové dans un méandre du fleuve. L’engin se posa à bonne distance, faisant tournoyer un mélange de pétales et de feuilles multicolores autour de lui.
Un froncement de sourcil trahit sa contrariété.
Silna, la planète où le bout d’une longue errance avait fini par l’abandonner, occupait un rang technologique très au-dessous des mondes connus de la Voie lactée. La grande sagesse, la philosophie de vie et la connaissance profonde de la nature de son peuple l’avaient malgré tout conduit à un contact direct avec les Territoires Unis. Le fait était rare, car en contradiction avec les préceptes en vigueur sur la question au sein de l’Union. Bien qu’il n’ait pas opposé de véto officiel à ce rapprochement, le Grand Conseil avait pris ses responsabilités, soucieux de ne pas entraver l’évolution naturelle de Silna et de ses habitants. Le nombre de règles et de restrictions devint légion, en majorité destiné aux « non-Silnaniens ».
Entre autres choses, la tolérance vis-à-vis de toute intrusion par voie spatiale offrait une marge de manœuvre extrêmement réduite. Conscient du statut particulier de sa planète d’accueil, Mark pressentait être la raison de la venue de cet appareil. La conclusion ne l’influença pourtant en rien. Il se trouvait très bien là où il était et n’avait aucune envie de bouger.

  Son vaisseau stabilisé sur le tapis rosé de la plaine déroulée au pied de la falaise, Graig descendit la rampe d’accès d’un pas décidé.
— Bon sang, j’espère qu’il est ici, maugréa-t-il en jetant un regard circulaire sur le village qui s’élevait de l’autre côté du fleuve.
Cobra… Graig commençait à en avoir assez de le chercher partout. Il aurait certainement abandonné depuis pas mal de temps s’il n’avait été mandaté par Tamra. Être la sœur de ce pirate donnait déjà un certain poids à sa demande, mais ce n’était rien à côté du fait que, désormais, elle était également sa femme. Il n’avait pas le droit de revenir bredouille, elle le lui avait fait comprendre à demi-mot.
— Aussi, pourquoi s’est-il débranché ! pesta-t-il tout en traversant le pont de bois qui reliait les deux rives. Mark avait décidé de leur laisser les bracelets après leur retour de Tritarnia, petits bijoux technologiques « faits main » harmonisés sur une gamme d’ondes que seuls les ArmComps et l’ordinateur de bord du Phœnix pouvaient capter. Il lui aurait été facile de le contacter.
Malheureusement, Cobra avait choisi de rompre toute communication depuis longtemps. Même Arak, l’âme de son vaisseau, n’avait plus aucun lien direct avec lui. Ayant de surcroît reçu « l’ordre » de ne rien dévoiler sur leur position, unique commandement du pirate auquel l’ordinateur ne pouvait déroger, Graig s’était retrouvé face à une I.A. fort peu loquace lorsqu’il était enfin parvenu à entrer en contact avec elle. Et simplement pour en arriver là, il lui avait fallu ruser. Las de constater que ses recherches ne le menaient nulle part, il s’était rendu jusqu’à la propriété impériale de Zolan et avait pris le risque d’activer le bracelet de Lana, relique précieusement gardée par Benji et Sania.
Arak avait répondu à l’appel, perturbé par une prise de contact impossible et illogique, l’identifiant étant décédé. Grâce aux réponses fournies par l’I.A. sur des sujets non couverts par une interdiction quelconque et, surtout, à la possibilité de tenter une détermination de l’origine de la communication le temps de leur courte conversation, Graig avait réussi à déterminer des coordonnées plus ou moins cohérentes. Il y avait trois systèmes solaires habités dans la zone qu’il avait délimitée, une région limitrophe des Territoires Interdits.
La planète Silna était sa cinquième et dernière tentative : soit il y trouverait son bonheur, soit il lui faudrait se résoudre à subir les foudres de son épouse.
Stressé, Graig arpenta les rues d’un pas rapide, cherchant des yeux, si ce n’était Cobra, au moins une personne susceptible de le renseigner. En pleine journée, la plupart des habitants vaquaient à leurs occupations, le plus souvent en dehors du village. S’il aperçut bien quelques badauds, ils ne lui furent d’aucun secours. Les enfants poursuivaient leurs jeux tout en feignant de ne pas le voir et les adultes évitaient poliment, mais sciemment, de croiser son chemin. — C’est bien ma veine ! grogna-t-il à mi-voix, tout en revenant au pont de bois.
— J’imagine que vous êtes ici pour Mark.
Graig sursauta, pris de court par cette présence dont il n’avait pas entendu l’approche. Se retournant, il découvrit un vieil homme qui lui arrivait tout juste au niveau de la poitrine. Les deux mains appuyées sur sa canne, celui-ci le considérait d’un air amusé.
— Euh... oui, répondit Graig, décontenancé.
— Il est là-haut, renseigna le vieil homme sans attendre la question. Allez par-là, vous ne pourrez pas le manquer, ajouta-t-il avec un mouvement du menton vers un chemin de terre.
Graig le remercia d’un signe de tête, puis le regarda s’éloigner d’un pas lent, un bras dans le dos, l’autre maniant sa canne. Comment avait-il pu rater l’arrivée de ce vieillard ? Cette pensée l’irritait. Abandonnant finalement une autocritique inutile, il détailla la route indiquée. La ligne terreuse serpentait sur les flancs d’une falaise avant de se perdre derrière un gigantesque rocher. Graig laissa échapper un soupir de découragement. Décidément, ce pirate avait un don particulier pour se trouver dans des endroits impossibles. Il se sentait fatigué, pressé et il lui fallait encore grimper cette pente abrupte sur un chemin qui ne devait jamais avoir vu autre chose que des sabots. Agacé, il marmonna pour lui-même tout le bonheur que cela lui inspirait puis, prenant son courage à deux mains, il commença à gravir le sentier sans trop essayer de penser à ce qui se passerait si jamais il avait le malheur de faire un faux pas.
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