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Méditation extra-terrestre

De
104 pages
Bien que plongé dans le silence, une civilisation devrait exister dans cet endroit lointain, une civilisation tirée du néant comme toutes les civilisations qui fleurissent l’Univers.
— Je ne comprends pas très bien, dis-je, vous vous privez de votre soleil afin que quelqu’un d’autre en profite ?
— Exactement, dit-elle, nous les Atlantiens pouvons vivre sans soleil, mais sans paix … qui peut vivre sans paix ?
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Extrait de la publicationExtrait de la publicationMéditation extra-terrestre
Extrait de la publicationExtrait de la publicationOlga Anastasiadis
Méditation extra-terrestre
Roman
Extrait de la publicationCatalogage avant publication
Bibliothèque et Archives nationales du
Québec et Bibliothèque et Archives Canada
Anastasiadis, Olga
Méditation extra-terrestre
Comprend des réf. bibliogr.
I. Titre.
PS8601.N37M42 2008 C843’.6 C2008-942231-7
PS9601.N37M42 2008
Infographie pages couvertures et intérieures : Jean Bergeron
Mise en page : Jean Bergeron et Marcel Debel
Illustration de la page couverture :
Distribution : Coopérative de diffusion et de distribution du livre
(CDDL)
La maison d’édition désire remercier tous les collaborateurs à cette
publication.
Les Éditions Belle Feuille
68, chemin St-André
Saint-Jean-sur-Richelieu (Québec)
J2W 2H6
Téléphone : 450 348-1681
Courriel : marceldebel@videotron.ca
www.livresdebel.com
Dépôt légal
Bibliothèque et Archives nationales du Québec--2008
Archives Canada--2008
ISBN : 978-2-9807865-9-4
Tous droits de traduction, de reproduction et d’adaptation réservés
© Les Éditions Belle Feuille 2008
Extrait de la publicationÀ mes deux enfants,
Mary et Jimmy
Extrait de la publicationExtrait de la publicationAvant-propos
« Méditation-extra-terrestre » est le produit d’une
odyssée moderne. De l’extra-terrestre à l’une des îles
pittoresques de la mer Ionienne et d’Athènes, au gouffre
de l’archipel d’Icare, l’anticipation angoissante du
narrateur ainsi que le dénouement des faits d’un meurtre
vieux de trente ans, contribuent à son originalité.
Dans ce récit de fction, toute ressemblance avec les
événements et les personnages est une pure coïncidence.
Olga Anastasiadis
7Table des matières
L’affrontement............................................................. 9
Sitnalta...................................................................... 17
Une vie...................................................................... 25
Le Doyen Électrolithique.......................................... 33
L’incident.................................................................. 41
Sophia Vranna........................................................... 47
L’interrogatoire......................................................... 55
Le parrain.................................................................. 65
La confession............................................................ 71
Le naufrage............................................................... 79
La planète des chlorophytes
et la constellation de Cassiopeia............................... 87
Le retour sur terre...................................................... 93
Notes......................................................................... 97
8
Extrait de la publicationChapitre I

L’affrontement
n dit que la vie s’arrête à la mort, les yeux
vidés de l’âme on se donne au sommeil éternel.
Aujourd’hui me trouvant abandonné dans cet O
espace météorique, je sens la force de la vie comme
je ne l’ai jamais sentie de mon vivant. Aujourd’hui, je
constate avec perplexité que la mort dans cette
dimension c’est la vie.
— Souris-moi donc petite flle, toi aussi tu as les yeux
vidés. Un jour ton âme viendra réclamer les douces
caresses dont la mort t’a privée.
C’est tellement triste le dernier crépuscule d’une
fllette de quelques printemps…
Notez bien que je ne suis pas seul dans cette
dimension de l’Univers. Il y a tout un monde qui circule. Nous
existons tous dans une solitude absolue. Il y a toujours
la petite flle aux yeux vidés qui nous fxe sans nous
regarder.
Qu’un crime ait été commis, nous prétendons tous
ignorer ses conséquences refusant même d’admettre
son motif.
Mon corps est placé dans un cocon rectangulaire
alors qu’autour de moi s’étend un immense terrain nu,
sans frontières. Son plancher est doux, invitant. Ici la
9
Extrait de la publicationTerre s’éloigne de nous pour l’éternité. Remarquez bien
qu’à chaque coin du rectangle fgure un chiffre : il y
a le cinq, le trente, le trente-trois et le sept. Un
numérologue de qualité se passionnerait à les décoder. Pour
un marchand de bétail comme moi, je ne sais comment
procéder afn d’arriver à analyser le phénomène qui
se dévoile devant mes yeux. Il me faut une méthode
scientifque, pensai-je. Une fois, au temps de ma
jeunesse, j’avais réussi à établir un code secret grâce au
code Pythagorien que j’avais déniché dans un bouquin
d’une bibliothèque de gare. Aujourd’hui pourtant c’est
différent : confus par la vision opaque de mon internat
involontaire, je me soumets à son mystère.
Un léger mouvement se fait sentir autour de moi.
Un échange de paroles suit. Des images commencent
à se produire. Des images d’une vitesse différente à la
mienne mais claires, vivantes. Des arcs-en-ciel font
fusionner la lumière avec l’ombre. Des bateaux à voiles
se laissent aller sur une mer sans vague. Des cabines
désertes s’allongent le long des rivages solitaires. Des
choses quelconques peuvent devenir importantes une
fois isolées dans l’espace. Je continue donc à les suivre
jusqu’au moment où le tout se replace et que je reprends
possession de mes fonctions vitales. Rien n’est changé.
La position de mon corps reste la même. Je me tiens
toujours debout dans mon cocon rectangulaire. Ma
solitude est pourtant envahie. Il y a une présence qui,
à force de m’être inconnue devient gênante. Comment
puis-je l’expliquer ?
Vous allez me prendre pour une tête de linotte,
pourtant je jouis d’un esprit analytique très apprécié par mon
entourage. Cette présence se rapproche à l’apparition
10
Extrait de la publicationd’un revenant. Mais cet intrus dont je sens le regard me
pénétrer en m’observant, a un travail à effectuer. Il n’est
pas le visiteur mystérieux qui vient troubler le monde
des vivants. Cette créature extra-terrestre circule sur
moi en ce moment et retire une partie de mon sang,
probablement pour analyser sa composition, alors que je
me résigne à son arrogance, incapable de me défendre.
D’ailleurs me défendre de qui, de quoi ? Bien que
plongé dans le silence, une civilisation devrait exister
dans cet endroit lointain, une civilisation tirée du néant
comme toutes les civilisations qui feurissent l’Univers.
Une femme s’approche de moi en me regardant. Je
reste immobile réféchissant que depuis une heure, une
semaine, un mois, un an ou très possiblement depuis
une éternité, je me trouve dans cette dimension
météorique sans bouger, sans parler, sans me nourrir ni me
désaltérer, sans rire, sans pleurer possiblement même
sans respirer. Pourtant mon esprit reste lucide, car en
la voyant s’approcher de moi je me demande en quel
langage je devrais m’adresser à elle. Mais mes lèvres
refusent de coopérer et je reste bouche bée.
Permettez- moi de vous la décrire. Je vous dois au moins cela.
Vous êtes mon seul réconfort, mes terriens bien aimés.
J’étais un inconnu parmi vous jusqu’au moment de
l’incident qui m’a rendu célèbre, vulnérable et surtout
haïssable. Il s’agit donc d’une silhouette de femme faite
d’une structure lumineuse et translucide. Son corps est
provoquant, mais le désir qu’elle inspire est mauvais,
agressif. Tu aurais tort de croire que tu peux la dominer.
Elle s’approche de toi comme une séductrice désireuse
de tes caresses, pour s’éloigner comme une vision. Sa
constitution transparente fait apparaître ses veines, ses
artères et ses glandes d’allaitement. Bien qu’attiré par
11
Extrait de la publicationsa présence, je constate soudain, que mon entrain sexuel
se trouve à un niveau lamentablement bas.
— Soudain l’image s’efface et un personnage étrange
apparaît et m’observe discrètement. Pris par surprise,
je sens un frisson me traverser le corps, ce qui me
rassure que je suis encore vivant, car l’émotion ne vit pas
dans les cadavres. Sans doute, un contact mental avec
cet inconnu me permettrait de visualiser ma situation. Il
me faut donc des réponses, au moins une : où suis-je ?
— Je suis l’Intermédiaire, m’informe-t-il.
Je le regarde stupéfait. Il me parle dans un langage
intelligible. Je me sens très à l’aise en sa présence. Tout
comme la femme, il est transparent et translucide, à la
seule différence que ses organes ne sont pas visibles. À
leur place il y a un liquide rouge vermillon qui zigzague
le long de son corps, un corps d’ailleurs
merveilleusement sculpté par les artisans de sa planète. Son visage
pourtant ressemble à la tête d’un oiseau, d’un hibou
serait plus exact. Les yeux grands, envoûtés, profonds. Le
nez petit, aigu. La bouche droite et la tête couronnée par
deux petites oreilles pointues. Le tout enjolivé par une
peau brune, satinée. Un visage qui refète intelligence
et sagesse.
— L’Intermédiaire de quoi ?, je lui demande, surpris.
— L’Intermédiaire d’une proposition. Tu entres dans la
seconde phase de ta continuité.
— Où suis-je ? Que m’est-il arrivé ? Le questionnai-je.
— Il s’est produit un affrontement planétaire. Les
ftéropodes sont venus à ton secours.
12
Extrait de la publication— Les ftéropodes ! M’exclamai-je.
— Oui, c’est notre fotte volante.
— Après un moment de réfexion il continua.
— Les quatre chiffres de ton rectangle caractérisent ces
affrontements.
— Suis-je vivant ?, lui demandai-je, anxieux.
Mais ma question se perd dans son silence.
— Suis-je mort, le questionnai-je de nouveau, cette
fois-ci avec insistance.
En vain cherchais-je une réponse.
— Es-tu une création de Dieu ou un miracle
technologique ?
— Je suis ici pour récupérer les naufragés,
m’informa-til.
— Quels naufragés ?
— Ceux qui n’ont pas survécu à l’attaque.
— As-tu un nom, lui demandai-je.
— Je suis Un-tel-Rouge.
Je l’observe. Malgré son étrange apparence je
dirais de lui qu’il représente un des plus beaux spécimens
extra-terrestres. De son côté il me regarde sans vouloir
exprimer ni curiosité, ni indifférence. Mon impression
c’est qu’il est là pour une seule raison : me secourir.
13
Extrait de la publicationJe regarde ma montre, une fne buée m’empêche à
la consulter.
— Combien de temps suis-je dans cette dimension ?
— Le temps ici est hypothétique, me répondit-il.
Un court silence suivit.
— Enfn de quoi me parles-tu ? Tout ce que je désire
c’est de retrouver ma planète : la Terre, dis-je, d’une
voix passionnée.
— Tu dois renoncer à cette idée. Ta décision est fondée
sur la négation. Il est faux d’exprimer tes désirs,
continua-t-il, car tu ne connais rien de nous. Ici on te donne
ce qui est bon pour toi contrairement à la Terre où tu
as le privilège de choisir ce que tu veux devenir : un
magnat ou un clochard. Ici tu te conformes aux lois de
notre planète.
— Si je refuse d’accepter ton offre, qu’adviendrait- il de
moi ?, demandai-je en essayant de contrôler ma colère.
— Rien de préjudiciable. Tu continueras à séjourner
dans ton cocon.
— Mais qui, nom de Dieu, m’a condamné à ce
naufrage ?
— Oui, c’est Lui, répondit-il.
— Mais lui, mais qui ?
Je reste sans réponse.
14
Extrait de la publication— Une vision de lueurs émerge de la faible clarté. C’est
des âmes en passage, m’informe Un-tel-Rouge. Soudain
je me demande si la petite flle fait partie de cette vision.
— Non, me dit-il devinant ma pensée, elle deviendra
ta conscience et se promènera avec toi jusqu’au jour du
jugement.
— Me voilà de nouveau seul. Je récapitule les issues
qu’Un-tel-Rouge venait de me présenter. Prudence, je
me dis, mais faire preuve de prudence contre quoi ?
Contre le réel ou contre l’inconnu ? Le réel me déçoit.
Quant à l’inconnu … eh bien, il est à voir.
Seul, bien que moins abandonné, je me mets donc à
rêver. D’ailleurs c’est cette rêverie qui m’a plongé dans
ce pétrin. En outre, l’idée de demeurer indéfniment
dans mon cocon me met dans un état de panique. Ma
meilleure option serait donc de choisir l’aventure par la
voie du nouveau. De sorte que lorsqu’Un-tel-Rouge est
retourné me voir, je lui fs part de ma décision.
15Chapitre II

Sitnalta
uidé par la force du néant j’avance vers
l’incertitude. Tout est blanc autour de moi. Il n’y a ni
ciel ni terre. Plus loin vers l’infni, j’aimerais G
croire qu’une aube existe, une aube qui me prendrait
dans ses bras pour me bercer et me ramener sur ma terre
bien aimée.
À mesure que j’avance j’éprouve une sensation de
bien-être qui m’inspire confance et courage. Je suis
désireux de savoir, mais savoir quoi, puisque ici il n’y
a ni vie ni image qui pourraient dévoiler un secret
quelconque. Je m’arrête en attendant le prochain
commandement. Et voilà que je ne suis plus seul. Une femme
d’une beauté impressionnante se tient devant moi.
— Je suis l’assesseur, me dit-elle, d’un air sévère.
Je la regarde. Sa peau est blanche et fne pareille
aux pétales d’une feur. Ses yeux châtains me fxent en
dénonçant importance et grandeur. Ses cheveux noirs,
coiffés en chignon, laissent paraître une nuque délicate
et un nez droit et fn.
Elle répond à mes questions d’une voix calme, un
peu traînante.
— Où suis-je ?, lui demandai-je.
— Tu te trouves à la planète Sitnalta.
17— La planète S i t n a l t a, m’exclamai-je.
— Oui, continua-t-elle. C’est la planète des fées et des
héros et un des joyaux du système planétaire les plus
avancés de l’Univers. Aussi, ajouta-t-elle, quand on
parle du paradis des trésors perdus, on se réfère à
Sitnalta, sans omettre de mentionner le refuge que nous
offrons aux naufragés.
— Tout cela est nouveau pour moi, dis-je. Je n’ai jamais
cru qu’une telle planète aurait pu exister.
— Sitnalta est une petite planète, continua-t-elle. Elle
est composée d’un seul continent : le continent
d’Atlantia. Le pays qui l’occupe porte aussi le même nom. La
ville où nous sommes présentement, qui est d’ailleurs la
plus célèbre, s’appelle Hereimopolis.
Elle s’arrête. J’aimerais avoir plus d’information
concernant votre planète, dis-je.
Nous nous trouvons à une distance moyenne de
3 800 millions de milles de votre Soleil,
m’informetelle. Nous sommes le produit d’Uranus et de Neptune.
Nous avons notre propre système solaire et deux lunes
dont une noire, inactive.
Après un moment de silence elle ajoute :
— L’eau abonde autour de nous. Malgré tout, Sitnalta
demeurera une planète inconnue car son mouvement se
fait à peine sentir dans l’Univers.
Je la regarde stupéfait, serait-ce pour sa beauté ou
pour sa culture. Je n’en sais rien. Je reste ébloui par
ce don caché en elle. Je n’ai jamais été un homme de
18Extrait de la publication