Mes derniers mots

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2086. Les derniers êtres humains contemplent les ruines de l’humanité. Les guerres ont cessé. La soif et la faim ont disparu. Les monstres que l’homme avait créés ont peu à peu déserté la surface du globe.
Fallait-il une si grande destruction pour que l’on puisse de nouveau s’émouvoir devant la simple beauté d’une rose ?
Faudra-t-il que l’homme meure pour qu’il mesure la grandeur de ce qu’il a été ?
Publié le : jeudi 12 mars 2015
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Licence : Tous droits réservés
EAN13 : 9782818035672
Nombre de pages : 208
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Mes derniers mots
DUMÊMEAUTEUR
UNEENFANCELACONIQUE, P.O.L, 1998 UNEJEUNESSEAPHONE, P.O.L, 2000 UNEADOLESCENCETACITURNE, P.O.L, 2002 LEPREMIERAMOUR, P.O.L, 2004 1978, P.O.L, 2009 LAPREMIÈREDÉFAITE, P.O.L, 2012 DESJOURSQUEJENAIPASOUBLIÉS, P.O.L, 2014
Santiago H. Amigorena
Mes derniers mots
P.O.L e 33, rue SaintAndrédesArts, Paris 6
© P.O.L éditeur, 2015 ISBN : 9782818035665 www.polediteur.com
Nous ne sommes apocalypticiens que pour avoir tort. Que pour jouir chaque jour à nouveau de la chance d’être là, ridicules mais toujours debout. Günther Anders
Cependant l’horizon recule, et le monde, qui semblait fini, recommence. Marcel Proust
I
William Shakespeare est mort aujour d’hui. L’humanité a vécu. Je suis seul à présent.
II
William Shakespeare est mort aujour d’hui. Il avait cent vingtquatre ans. Jamais personne ne saura pourquoi il a survécu jusquelà. Rien ne saurait l’expli quer : ni son corps, affaibli par les ans ; ni
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son esprit, encore lucide mais depuis long temps déjà résigné. Les autres, ceux avec qui nous avons partagé nos nuits et nos repas, n’étaient pas comme lui : les autres avaient peur. Nous les avons regardés mourir peu à peu : quelques dizaines par semaine les pre miers mois, quelques dizaines par mois les mois suivants, et enfin un à un –jour après jour.
Nous les avons regardés mourir sans surprise. Nous les avons regardés mourir sans inquiétude ni pitié. Nous les avons vus s’en aller, corps que la vie abandonnait pour entrer dans l’ombre froide, avec le plus clair de tous les senti ments : la compréhension.
Les autres avaient peur, et beaucoup étaient fous : la folie des uns était de ne plus savoir si ce qu’ils avaient vécu était vrai ;
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