MILLECRABE opus 1

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L’europe en l’an 1945, dans cette uchronie, est conquise et unifiée par Napoléon, et va de la Bretagne à Vladivostock. Or la Chine, dirigée par des racistes nationalistes, a décidé de l’envahir. Cette fresque est l’histoire d’une guerre titanesque - à la façon seconde guerre mondiale - où combattent les idées humanistes et celles qui prônent la loi du plus fort.

Batailles aériennes, terrestres, histoires de combattants, du président jusqu’à l’homme de troupe, histoire d’une famille, tout ceci est Millecrabe.

Dans cette fresque épique, P.J Hérault dévoile ses capacités de « grand écrivain » ainsi que ses connaissances militaires et aéronautiques stupéfiantes. Les fans de récits historiques, de combats militaires, d’aviation, apprécieront ; ceux de P.J Hérault, l’auteur de Science Fiction, également.


Publié le : lundi 6 juin 2016
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Licence : Tous droits réservés
EAN13 : 9782362770241
Nombre de pages : non-communiqué
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P.J Hérault
Millecrabe
Opus I/II
SF / Uchronie
EDITIONS ATLANTES
Collection dirigée par Christel SEVAL Visitez et commandez sur notre site internet : www.interkeltia.com Ecrivez-nous :interkeltia@hotmail.fr © 2009 interkeltia-Atlantes. © Illustration Amar Djouad. Edité par les éditions Atlantes, 7 rue Pasteur, Jouy en Josas, France. Tous droits réservés pour tous pays. ISBN 978-2-36277-024-1 En application de la loi du 11 mars 1957, il est interdit de reproduire intégralement ou partiellement le présent ouvrage sans l’autorisation expresse des auteurs. Imprimé en France.
Quand ma résolution est prise, tout est oublié, hors ce qui peut la faire réussir. Napoléon
L'Histoire est un mensonge, nul ne connaît la vérité. Attribué à Napoléon
"Il y a autant de façon de faire une guerre, et d'en souffrir, quelle que soit celle-ci, qu'il y a d'hommes sur cette terre." Anonyme. Entendu à une table du carré d'un navire ramenant des soldats en France.
Je dédie ce roman à Cécile Huyard, qui est Tout. A François Clermont, aux côtés duquel j'ai usé mes premiers fonds de culottes, au lycée Fontanes de ème Niort, en 11 , avant d'user nos fonds de pantalons, plus tard, à la fac de la rue Saint Jacques, à Paris ! Entre-temps pour les parties de pêche à la bouteille, dans la Sèvre Niortaise, sous les murs de sa propriété familiale, Millesouris, à Echiré. D'où le titre de cet ouvrage. Et pour toute notre vie. Pour tant d'années de droiture, de générosité, d'équilibre, de bon sens, de ces qualités de cœur qui font un homme dont on est fier d'être l'ami. A Jacques Tordeux, mon Jacques, l'ami inoubliable. Un homme, lui aussi. Et à Pascale, à qui je garde mon amitié, en dépit du cinéma de la vie. S'il l'avait choisie, ce n'était pas par hasard. A Francis Langlois qui réussit la prouesse d'être parfois d'aussi mauvaise foi et péremptoire ; surtout en informatique ; qu'à l'époque du lycée Michelet, en Première M, autrefois. Et, néanmoins, un ami véritable, les années en témoignent. Quoi que, parfois, je me dis qu'il devrait recommencer à fumer… A Robert Séjourné, le confrère modèle par le sérieux de ses écrits, dans un métier où ce n'est pas si fréquent, l'ami des heures de vol, aussi ; notamment celles qui nous ont amenés à Aubenas, où il a montré la précision, son sang froid et la maîtrise de son pilotage ; et envers qui j'ai toujours honte, aujourd'hui, d'avoir, un jour, trahi ma parole. A Pierre, Marie-Christine, Frank, Quentin, Eloïse, Augustin et Benjamin Rigaud. Tous ceux que j'aime, finalement. A Pierre Pesron qui m'a appris à me servir de mon cerveau et à écrire, à Jean-Pierre Pesron, Colette et Guillaume qui me sont aussi chers. PJH
L'uchronie consiste donc à refaire l'Histoire, telle qu'elleaurait puse dérouler,logiquement. Lorsque l'on regarde l'Histoire on se trouve parfois devant des faits invraisemblables qui n'auraient jamais dû avoir lieu, et parfois même des faits véritablementimpossibles.Et on s’interroge : jusqu'où va l'uchronie ? Prenons Jeanne d'Arc. Pourquoi penser qu'à Bourges, Charles VII, ait été plus sot que n'importe quel roi de cette époque, quand Jeanne d'Arc est venue le voir pour lui demander de lui confier son armée ? Parce qu'en 1429 tous les grands de ce monde étaient primaires ? Simplement à cause de la date ? Il s'agissait du futur roi de France, quand même ! Et ceux qui l'entouraient, le conseillaient, étaient encore moins ignorants, parce que la place qu'ils occupaient, ils avaient dû, comme de nos jours, la conquérir. Nous ne serions pas ce que nous sommes, aujourd'hui, sans les mathématiciens, physiciens ou philosophes, les grands cerveaux de cette époque ! On a beau la retourner dans tous les sens cette histoire de Jeanne d'Arc ; une gamine, une gardienne d'oies sans instruction, sans la moindre expérience ; qui prend la tête des armées du Roi de France quasiment du jour au lendemain et réussit bel et bien à vaincre les Anglais, est complètement farfelue ! C'est tout simplementimpossible, tout à fait irréaliste. Personne de sensé ne peut croire ça ! Pourtant il le faut bien. C'est l'Histoire, telle que nous la connaissons en tout cas. Ou on nous a menti ou c'est une uchronie… Imaginons que Jane, une adolescente de 16-18 ans, fille de fermiers pauvres des fins fonds de l'Utah, soit venue voir Bush, à Washington. Imaginons qu'elle ait pu obtenir, auparavant, une introduction de l'évêque de New York ! C'est déjà dur à admettre, mais… bon. Elle arrive à Washington avec sa recommandation en poche. Là dessus elle demande une audience au Président, à la Maison Blanche. Vous imaginez le nombre de filtres qu'elle va devoir franchir ? Impossible, irréaliste. Bon, passons encore. Bush la reçoit dans le salon ovale et elle lui dit : - Donnez-moi seulement 100 000 Marines et je chasse pour vous tous les infidèles du Moyen Orient, du Moyen Orient entier, pas seulement l'Irak ! La tête de Bush ! Et elle ajoute : - C'est mon destin, j'ai entendu des voix qui me l'annonçaient. Même quand on prétend entendre soi-même des voix, c'est dur à admettre. Non ? Beaucoup moins invraisemblable que l'histoire de Jeanne d'Arc, pourquoi ne pas imaginer que Napoléon ; poursuivant l'Armée Tsariste, entre Smolensk et Moscou, en 1812 ; ait pu en avoir brutalement assez de cette interminable poursuite, où son armée s'épuisait, dans le froid qui arrivait ? Pourquoi n'aurait-il pas décidé de faire demi tour vers le sud, vers l'Ukraine ; cette région si riche, au climat plus doux, près des rives de la Mer Noire et, surtout, dont les habitants ne portaient pas le Tsar dans leur cœur ; sauvant ainsi, sans en être conscient, sa Grande Armée ? D'autant ; mais qui s'en souvient encore ; qu'une princesse d'Ukraine, avait été Reine de France, à la fin du Moyen Age ! Il n'y a rien là d'illogique, d'impossible, cette fois. Mais l'Histoire de l'immense continent européen ; qui rend les USA minuscules ; et du monde lui même, en eut été changée. Car celaaurait puêtre ainsi… C'est le propos de ce roman, la suite de cette hypothèse, l'uchronie de cette épopée. P.J.H
Chapitre 1
La première semaine des vacances de Pâques "1945" M ykola se rendit compte que sa main droite serrait s'agrippait presque, au manche à balais, dans le petit poste de pilotage à l'air libre de son planeur, et il en fut furieux contre lui-même. Immédiatement il replia deux doigts pour ne plus tenir la poignée caoutchoutée que par le pouce, l'index et le majeur Aucune raison d'être crispé comme ça, quoi ! Il avait tout de même onze heures de vol solo, et un paquet en double commandes… Enfin un petit paquet : vols initiaux et de perfectionnement confondus. D'accord ce n'était pas énorme à côté d'un type comme Piotr. Il tourna la tête par dessus son épaule droite, en arrière, et vit la piste en service aujourd'hui, la nord-sud, cent cinquante mètres plus bas, perpendiculaire à l'à-pic sur le Mures, et bordée par le gros treuil. Les décollages y avaient un petit goût de porte-avion. L'autre, sensiblement est-ouest, longeant le bord de la falaise, était assez peu souvent employée en cette saison de vents de sud. Sa distance d'évolution était un peu juste. Il avait fait son demi-tour trop tard, débordant sur la trajectoire de montée des planeurs lancés par le treuil. Si quelqu'un l'avait vu il allait se faire engueuler. A juste raison, il le reconnaissait. Il était vraiment dangereux de traverser cette zone, en vol, dans l'axe de montée des gars qui décollaient. Le type aux commandes d'un piège en montée, lancé au treuil, o suivait une trajectoire très aiguë ; pas loin de 45 en fin de lancer ; et ne voyait rien devant, si ce n'est le ciel. Agé de dix sept ans, Mykola mesurait un mètre soixante treize, la silhouette pas encore faite, les gestes plutôt précis mais le corps maladroit, gauche ; un peu frêle peut être ? Un visage aux traits qui se cherchaient encore, l'expression sévère, alors que son regard bleu foncé pétillait d'humour parfois. Pas souvent, il ne se le permettait pas. Il était trop perfectionniste, exigeant à son égard, jamais vraiment satisfait de ce qu'il avait réussi, plaçant la barre toujours très haut, mais conscient de ce fait et, somme toute, plutôt équilibré. Sérieux en tout, confiant, surtout. Pensant qu'avec du travail, et de l'intelligence, il arriverait bien à réaliser quelque chose qui le satisfasse. Enfin un jour. Plus tard, quoi… Il se concentra et surveilla son variomètre, le plus important instrument en planeur. Il indiquait un "zéro positif" ; l'aiguille du bon côté du zéro, un poil au-dessus ; il était au sommet du ressaut, plus moyen de grimper davantage. Le fleuve Mures ; coulant au pied de la pente aboutissant au plateau où se trouvait le terrain ; dessinait une large courbe de cinq kilomètres, d'est en ouest. Aujourd'hui, avec le vent de sud, la pente donnait bien. Le vent venait la heurter perpendiculairement, de plein fouet. La masse d'air heurtait le sol, rebondissait contre lui et montait en altitude avant de redescendre, plus loin, sur le plateau, derrière l'extrémité de la piste ; les molécules qui le composaient trop lourdes pour la masse d'air ambiante, en altitude. Il suffisait de se maintenir sur la crête de cette sorte de vague invisible et on restait en l'air. Comme ça, tout seul. A la portée de n'importe quel crétin, songea-t-il. Lui qui avait obtenu ses brevets B et C en plaine, chez lui à Lvov, en Biélorussie, se disait qu'il avait sacrément plus d'expérience que ceux du stage qui venaient juste de passer le C ici ! Même si M. Binard, le chef-pilote, imposait, pour obtenir le brevet C de faire un vol de plus de trente minutes au sommet du ressaut, au lieu des "cinq minutes au-dessus du point le plus bas", qu'exigeait le règlement international, pour l'obtention du C : les
trois mouettes blanches sur fond bleu marine. La feuille du barographe emporté à bord devait en témoigner. Néanmoins Mykola était surtout fier de son insigne du brevet B. Deux mouettes, seulement. C'était le premier brevet, celui qui voulait dire qu'il était pilote. Qu'il avait été lâché, seul à bord. Un type étonnant, Monsieur Binard. Des années plus tôt il était commis boucher. Jeune gars sérieux dont la vie semblait tracée. Un après midi qu'il avait accompagné son patron dans une ferme il avait vu un planeur passer tout près du toit de la ferme, en sifflant légèrement, et venir se poser dans le champ juste à côté. Ils s'étaient tous précipités pensant à un accident et avaient été stupéfaits de voir descendre un pilote souriant. Dès ce jour Binard n'avait plus eu qu'un but, voler. Il avait commencé à faire du planeur avec ses économies, puis avait continué tout en travaillant, le jour à la boucherie, pour gagner un peu d'argent, et le soir chez sa mère, pour combler ses lacunes en maths, en physique etc. Il lui avait fallu des années pour devenir instructeur, deuxième degré, planeur et avion, puis chef-pilote ici. Mykola sentit soudain un violent courant d'air sur la joue gauche. D'instinct il pressa doucement sur le palonnier du même côté, ses yeux dérivant vers l'étroit tableau de bord en contreplaqué du Nord 1300 et se fixant sur le tube transparent en arc de cercle, empli de liquide, où une bille indiquait si le planeur volait symétriquement ou pas. Elle était presque dans un coin ! Il s'était déconcentré, avait laissé le piège baisser l'aile gauche et partir en glissade. La bille était, maintenant, en train de revenir au centre. Mais le vario indiquait une vitesse ascensionnelle, descensionnelle plutôt, de -2 mètres/seconde. Bien sûr, sa glissade lui avait fait quitter le ressaut. "Jamais le pied sans le manche, et inversement". Il crut entendre la voix de Binard dans son crâne. Il corrigea, au manche puis le bascula franchement sur la droite ; en mettant du pied, cette fois ; pour revenir dans la masse d'air en montée. Le Nord 1300 s'inclina à trente degré. La plaie ! Il en avait crié, dans son cockpit. Cette fois il avait oublié de vérifier s'il n'y avait pas un autre planeur à la même altitude, à sa droite, avant de virer…La sécurité, assurer toujours la sécurité. Une fois de plus il se dit qu'il y avait des quantités de choses à garder en tête, même pour un petit vol tranquille comme ça. Le vol à voile était tout ce qu'on voulait sauf un sport pépère où on avait le temps de regarder passer les oiseaux. En avion ce serait plus tranquille. Un jour il volerait en avion. C'était son but, au départ. Ses parents n'étaient pas très chauds et ce n'était que grâce aux cousins Piotr et Vadia Kalemnov-Clermont, de Minsk, et les trois Litri-Clermont, Francisco, Juan et Miguel ; venant chaque année d'Espagne pour ce stage ; qu'il avait réussi à obtenir la permission paternelle. Tous étaient plus âgés, à part Miguel qui avait 16 ans, un an de moins que lui. Les autres étaient pilotes de planeurs depuis déjà plusieurs années. Le coût du vol en planeur était bien moindre que l'avion, et ça avait compté. Surtout ici, dans ce stage sur le Mures, en Moldavie, où les pièges étaient lancés au treuil, au lieu des vols remorqués par des Morane 310 comme c'était le cas au club de Lvov. Ses parents n'étaient pas radins ; son père, vétérinaire, gagnait honnêtement sa vie ; mais ils étaient trois enfants dans la famille, deux filles, Ingrid et Cécile, plus jeunes que Mykola, aîné de deux ans. Comme dans beaucoup de familles de la "tribu" Clermont, il y avait beaucoup d'enfants. Moins qu'au début, tout de même, dans les années 1820, à l'époque de la grande unification Napoléonienne, à l'époque où le rêve de la Grande Europe commençait à se réaliser. Les deux premières générations de Clermont avaient eu six à sept enfants viables par couple ! Ce qui signifiait quasiment un accouchement par an pendant quinze ou seize ans, pour les épouses… On comptait environ trente à trente cinq ans par génération. Au souvenir de la tribu il eut un vague sourire. Dans dix jours, juste après le stage, ils se retrouveraient tous dans l'île, comme chaque année, pour l'anniversaire du Grand'Oncle Stepan. Il allait avoir quatre vingt onze ans, Stepan Kurski-Clermont ! C'était le dernier survivant de l'ultime génération des Clermont ayant connu, enfant, le grand ancêtre, Pierre Clermont. Celui qui avait fondé la "tribu", pendant l'épopée de la Grande Armée de Napoléon, avant la dernière grande bataille, Soumy, contre les troupes du Tsar et l'absorption de la Russie. La conquête et l'annexion à l'Empire de l'Europe Centrale,
de la Sibérie, du Kazakhstan et de l'Ukraine, avaient suivi, dans les années 1820-1830. Pierre Clermont avait participé à l'unification, la "pacification" comme on disait à l'époque, dans l'une des petites colonnes de la Grande Armée, aux fins fonds du Kazakhstan. On disait que c'était un sacré bonhomme. Il y avait eu une époque, quand Mykola avait une dizaine d'années, où cette vieille histoire de la famille l'avait bassiné. Et pourquoi tout le monde avait rajouté "Clermont" au bout de son nom, ce qui faisait bien rigoler les copains, en classe ? Et pourquoi on faisait une telle histoire des mariages, des naissances etc ? Pourquoi on écrivait autant de lettres aux autres familles de la tribu ? Et pourquoi il fallait passer une semaine dans l'île, chaque année, pour l'anniversaire du "Grand'Oncle", même quand il mourait et qu'un autre reprenait la dénomination. Et d'ailleurs pourquoi un autre devenait le "Grand'Oncle machin" ou le "Grand'Oncle truc" ? La seule chose qui intéressait Mykola, à cette époque, c'est que la famille était installée dans toute la Fédération. Aussi bien en Ukraine qu'en Russie, en Pologne, en Roumanie, en Allemagne, en Belgique, en Espagne, en Turkménistan, en Sibérie aussi, bref presque partout. Si bien que les enfants, les "cousins", avaient toujours des histoires étonnantes à se raconter. Et puis il s'était passé quelque chose, une année. Il avait eu le droit de participer aux activités des grands. Ils étaient plus de deux cents cousins de la même génération, la cinquième. Un tiers de moins de douze ans et le reste de douze à vingt sept ans ! Et il avait eu l'âge de participer à la construction des bateaux et de faire de la voile avec eux, dans l'île. Le droit de faire des croisières, comme ils appelaient ces longues traversées de plusieurs jours, le long de la côte, à huit ou dix bateaux, avec un "patron", des bordées, un chef de croisière. La nuit ils poursuivaient la navigation, avec les quarts de nuit, les relevés d'amers, les points. Parfois, le soir, ils allaient à terre, pour camper sur une plage déserte et ils bavardaient tard, tous ensembles, devant des feux. C'est là que Mykola avait compris que quelque chose les unissait, tous. Que ce nom de Clermont, rajouté, correspondait vraiment à quelque chose, qu'il désignait une vraie parenté, ils n'étaient pas anonymes, les uns pour les autres. Il avait compris ce qu'était la tribu, la famille. Et puis l'île était vraiment excit… Quelque chose bougea, beaucoup plus haut, sur la gauche, très loin sur le bleu du ciel, et le tira de ses réflexions. Il aperçut un Nord 2 000 jaillir vers le ciel, grimpant à la verticale, au bout d'une ressource où son Badin avait dû se bloquer, tellement le planeur volait vite ! Il ralentit progressivement puis parut o immobile en plein ciel, le nez en l'air, pendant qu'il virait de 180 sur lui-même, comme punaisé dans le bleu. Il s'inclina lentement sur l'aile gauche en effectuant un renversement avant de plonger vers le sol, sur la même trajectoire qu'en montant, à une vitesse folle. Mykola en hurla de joie. C'était Piotr ! Il était sûr que c'était Piotr. Son cousin en avait parlé dans le dortoir, un soir, plusieurs jours auparavant, disant que même s'il devait être interdit de vol pendant plusieurs jours il s'offrirait ça, cette année ! Et il l'avait fait. Bon Dieu il l'avait fait ! En fin de matinée il avait été mis en l'air par un remorqueur pour tenter de faire une épreuve de distance en accrochant une ascendance : un nuage, pour s'éloigner vers le sud-ouest ensuite, contre le vent. Avec plus de 200 heures de vol Piotr en était maintenant à tenter les épreuves du Brevet "E". Un gain d'altitude de 3 000 mètres et, surtout, 300 kilomètres en ligne droite. Dans son enthousiasme Mykola jeta un coup d'œil rapide sur sa gauche, vers le Mures et bascula son Nord 1300 comme s'il s'était agi d'un avion de voltige. Il n'avait pas donné assez de pied et tiré un peu le manche à lui si bien qu'au lieu de se borner à virer sec le planeur s'inclina fortement et commença à grimper en virage. La vitesse chuta très vite dangereusement et Mykola sentit, dans son siège, les vibrations qui précèdent le départ en autorotation, la "vrille" pour les profanes.
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