Miroir de Cordoue

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Publié le : samedi 1 janvier 1994
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EAN13 : 9782296285002
Nombre de pages : 142
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Du même auteur
Aux Éd. L'Harmattan: Le chant d'Akli (1970) La Mort de Salah Baye (1974) Chants d'histoire et de vie pour des roses des sables (1976) L'exil au Féminin (1987) Aux Éd. du Seuil: Yahia, Pas de chance (1970) Un Passager de l'Occident (1971) Le Champ des Oliviers (1972) Mémoire de l'Absent (1974) Aux Éd. La Découverte: L'Exil et le Désarroi (1976) Aux Ed. Actes/Sud: L'État Perdu (1982) Aux Éd. Le Dé Bleu
Effraction, la Poésie du Tiroir, (1993) en collaboration avec F. Aït Ferroukh

En couverture: L'Homme à la main. 1991 (encre sur papier) de Solange Guetta.
1994 ISBN: 2-7384-2290-X @ L'Harmattan,

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LE MIROIR DE CORDOUE

ECRITURES ARABES Dernières parutions : N°68 Tabar Bekri, Le laboureur du soleil. N°68 bis Ammar Koroghli, Sous l'exil, l'espoir. W69 Ammar Koroghli, Mémoires d'immigré. W70 Saaf Abdallah, Chroniques des jours de reflux. W71 Noureddine Aba, Et l'Algérie des rois, Sire? N°72 Hassina, Ame des fleurs, ma soeur. N°73 Dounia Charaf. L'esclave d'Amrus. N°74 Fawzia Assaad, La grande maison de Louxor. N°7S Albert Bensoussan, La Ville sur les eaux. W76 Fatiha Berezak, Regard AquarellIl. N°77 Leûa Rezzoug, Douces errances. N°78 Noureddine Aba, L'Arbre qui cachait la mer. W79 André Nahum, Le roi des Briks. N°80 Selim Matar, Lafemme à la fiole. W81 Erasmi Mohamed Bousquim, Complaintes de perdants orgueilleux. N°82 Naïdé Ferchiou, Ombres Carthaginoises. W83 Atallah Mokhtar, Rue du Liban N°84 Raphaël Braque, Le nouveau livre d'Isaac. N°8S Albert Bensoussan, Djebel-Amour ou l'Arche naufragère. N°86 Azzedine Bounemeur, Cette guerre qui ne dit pas son nom. N°87 M.K. Bouguerra, Fenêtres barbares. W88 Slaheddine Bhiri, De nulle part. N°89 Fatima Bakhai, La Scalera. W90 Fatiha Berezak, Homsiq. N°91 Myriam Ben, Ainsi naquit un homme. N°n Rabia Abdessemed, La voyante du Hodna. N°93 Leûa Barakat, Sous les vignes du pays druze. N°94 Messaoud Djemaï, Le lapsus de Djedda Aicha et autres histoires à lire à haute voix. N°9S Maya Arriz-Tamza, Quelque part en Barbarie. W96 Leûa Houari, Les Cases basses (théâtre). W97 Albert Bensoussan, L'échelle séfarade. N°98 Salah Benamara, Sous les pierres mon cœur.

Nabile FARES

LE MIROIR DE CORDOUE

Éditions L' Harmattan 5-7, rue de l'Ecole-Polytechnique 75005 Paris

A Alice Cherki et Radmila Zygouris

«De toute façon, je ne pouvais lui infliger pareil traitement après lui en avoir déjà tant dit. Non,je tiens à ce qu'on le sache, il m'a laissé voyager à mon gré dans mon intériorité) regrettant peut-être simplement un peu que je veuille parcourir de si nombreux chemins tout

seul. »
Tilmann Moser

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I LA FIN DES ABASSIDES

Cordoue, 1993. Le voyageur a fait retour dans la ville espagnole de Cordoue. Il est seul, cette fois, accompagné d'images, qui lui rappelle un séjour dans La ville. Il pense à la Jérusalem ancienne. A Dor. Massada. Caesarae. Villes du partage, de l'extension, de l'exode, puis, de l'éclipse. Il pense à ce feu vif de l'amour céleste. A la ville ouverte, à tous vents, à tous désirs. A l'entrée du patio, il hésite, continue sa marche, au-delà, vers le bar du Refuge, où il s'installe, note, sur un cahier, quelques souvenirs, quelques rêves, partitions filmiques ou musicales. Contrairement à ce que l'on croit, dit une chanson andalouse, Cordoue ressemble à un lac, qui, tel un miroir éclaté, aveugle le voyageur. Et c'est ainsi qu'il voit, à son tour, Cordoue, ou, plutôt, qu'il se perd, en elle, en de multiples phrases, qui le nomment, à chaque fois, différemment: en une fragmentation, se dit-il. Un simple signe du Vide me (me ?) (moi ?) voilà pris dans une immense toile de couleurs, et, de sons, matrice tendue, et, (?) creuse de mes instables, et, futures errances, duplications. Comme l'Indien, je (?) pourrais dire

: « Deux dans Un »
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Soleil Hopi Compagnon d'âge, et, de lecture: mais, trois, ou quatre, ou même, cinq, sans nécessité aucune; faits, comme ça, pour tromper la vie, le jour, la nuit, ou, la mort. Allées- Venues bizarres; des femmes, des hommes entrent, sortent, bavardent, s'animent, mangent, crient, boivent, fument Nous (je (?) les autres (?» regardons les corps (étranges) de ceux que nous ne sommes pas: encore jeunes-encore petits-trois fois-quatre fois petits puisqu'un (ou, deux?) est (sont ?) mortes) : je (?) distingue les autres au-delà d'un corps (deux?) qui frissonne. Juste! Touchée, la terre !. Touché, le lieu! « Un-sans-Deux « déjà à la naissance: leur rupture, sans un cri, sans un mot- une larme, première, et, permanente, retenue au fond de la gorge (ma?) qui cogne, de temps en temps, contre une porte dure, et fermée. Pourquoi -jusqu'aujourd'hui -cette insistance? L'esprit, ou, l'intérieur du Vide dans lequel je (7) suis (mon 7) ne répond pas, mais, écoute, dispose, à son tour, mon (7) écoute, solitaire, et, sans bruit. Me (7) voici donc, perçu, percevant comme je (7) ou lui (7) l'appris et plus tard destin tiré, sorti de l'espace mobile, et, vivant: cri de la naissance 7 non pas. Mais! L'expulsion au-delà de l'Ëtre, et, du Corps Vivant Deux: seul (Un) sans rien d'autre que tout le reste perdu, ou, supprimé. Allées- Venues Bizarres de femmes, d'hommes: les Grandes Personnes appellent les « Petits» par leurs propres noms ou, selon les degrés de croyance, et, d'histoire, de noms issus des lignées parentales. 12

Je (?) fus gratifié du néant, puisque-témoignage du vide premier, et, constitutionnel (avec un peu plus de savoir faire, j'(?) étais Deux) mon nom ne figure pas dans les registres usagés, mais, toujours valables, des villages construits de misères, et, de temps. Mère, et, Ventre, Salut, générations vieillies, nourries d'angoisses, et, de fiertés: vies à ras de terre, et, tout à fait utiles, le temps de vous étreindre encore, avant de disparaître, làbas, au très-fond-fond du temps. Une case est (?) manquante: celle par laquelle je (?) devais venir à existence: les barrières furent ouvertes, et, les sorties, vertigineuses, dans le nonsens. C'est pourquoi, si une naissance résiste au désastre, lors que la naissance n'existe même pas, le désastre est à son comble. «Un-sans-deux » sans l'autre partie de moi-même: morte, supprimée: de ma naissance ne demeure qu'une inutile controverse sur le. désir d'avoir été créé un jour (?) une nuit (?) un temps (?) par des parents, qui, peine ouverte, s'aimeraient. « Deux» ? Nous aurions dirigé l'accouplement pour faire: «deux.» : «Nous». (?) lui et moi (?) perceptibles en même temps, dans le même mouvement de vie, de sensation. Là, plus de vérité de combine, mais la parole, ou, l'écrit retourné, emporté par la sous-jacente nature du plus-vrai, et, me (?) (moi ?) voilà, flottant, signes de signes déployés, ouvert à l'inquiétude, désarmé. Froid perçu, qui fait gémir les barrières, et, les jours, comme du vieux bois. Les barrières sont maintenant transparentes; de l'autre côté, nouées entre elles, mes tentatives de saisir le semblable. «Un-sans-Deux»? 13

Similitude de la naissance, et, du renversement: la dissemblance est au coeur du dilemme, car : absence ou présence assumées par le corps venu, allaité ? Mort vue; ennuyée par les paroles, ou, les expressions. Une sorte de mort conçue par moi (?) vécue par moi (?) Le plus exact serait de dire: violence insupportable, car, selon ce que j'ai pu comprendre, ou, deviné, faute d'une vérité première, ou, mémorable, j'(?)y ai (misérablement) passé mon (?) temps à interrompre mes (?) Je (?) s.

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