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MOI NTSAME, LA FILLE DES MAPANES
Sona Nkoro-NguémaMOI NTSAME, LA FILLE DES MAPANES
LHarmattan
© L'Harmattan, 2012 5-7, rue de l'École-Polytechnique ; 75005 Paris http://www.librairieharmattan.com diffusion.harmattan@wanadoo.fr harmattan1@wanadoo.fr ISBN : 978-2-296-96633-8 EAN : 9782296966338
Mesremerc
iements
Aux éditionsarmal'htnaqui me font l'honneur de me proposer de me publier, jadresse tous mes remerciements. A mon très cher frère Olivier, pour son amitié, sa confiance, ses conseils de tous les jours et à Apis pour ses encouragements, merci. Pour finir, un grand merci à Aurélie B., à ma famille, à mes amis qui mont toujours soutenu au cours de cette belle aventure ...
Sona Nkoro Nguéma-
Dédicace
A mes parents Eugène et feue Nicole Nguéma, ainsi quà toutes les Ntsame du Gabon et d'Afrique.
Chapitre 1 Arrivée à Libreville
Je sentis son sperme chaud couler le long de mes cuisses, par une de ces chaleurs écrasantes. Allongée sur une natte dans larrière-boutique. Je fixai les tôles en guise de plafond, de cette insalubre bâtisse de planches rongée par les mites, et pourrie par lérosion due aux fortes pluies. Lon pouvait voir vadrouiller des rats et des cafards entre les différentes marchandises. Je venais de me prostituer, auprès de Diallo le Mali1pour quelques denrées alimentaires en ,  Dans le mapane2la prostitution est un moyen pour toute jeune fille, mariée ou pas, de nourrir sa famille, car de ce côté de Libreville la misère sévit. Cependant, il y a aussi de bons moments. Des moments remplis de joie et damour; pas souvent quil y en avait « Je parle, je parle, mais tout dabord laissez-moi me présenter. Je mappelle Ntsame Aubame Jai seize ans, et je vis dans un quartier populaire de Libreville, la capitale du Gabon. Mes parents étant originaires du nord du Gabon, de la province du Woleu Ntem, je nai pas toujours habité Libreville. Ma mère nous emportant dans ses bagages mon petit frère et moi, était venue à Libreville, rejoindre mon père qui y vivait depuis quelques années. Ce nétait certes pas le grand luxe, (ça ne létait toujours pas à notre arrivée, vers la fin des années 90 à Kinguélé, ce grand quartier populaire de la capitale), mais mon petit frère et moi étions émerveillés à la vue de cette 1 :Le malien sorte de petite épicerie de quartier, aux conditions dhygiène très souvent des plus inexistantes, tenue généralement par un commerçant originaire de lAfrique de lOuest. 2Le mapane: équivalent des favelas (Brésil), mais plus saumâtres ici
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ville gorgée de milliers de personnes, de véhicules roulants sur autant de bitume (même sil était dans un état désastreux). Pour nous, la capitale était magique. On voyait souvent sur les routes, des voitures de grand luxe, identiques à celles que lon voyait à la télévision, dans les films américains lorsquon allait chez notre tante regarder la télévision. Klaxons suivis de coups de frein brusques, fumées, pots déchappement. ô Vacarme mélodieux, ponctué de nombreuses injures entre automobilistes...  Dans notre euphorie, nous trouvions même belle la maison de notre père, construite avec de maigres matériaux. Le loyer était au prix du marché (cest à dire au prix moyen). Les premiers mois furent à la fois très excitants et très éprouvants pour mon frère et moi. Nous allions de découvertes en découvertes, il nous fallait apprendre à vivre dans cette grande ville  En revanche, pour notre mère lacclimatation fut plus difficile. Mon père avait en effet refait sa vie. Il semblait amèrement regretter de nous avoir laissés le rejoindre à Libreville. Toutes ses préoccupations étaient tournées vers sa toute jeune et nouvelle femme Obone. Et malgré la grossesse (des jumeaux) de notre mère, il se comportait en véritable tyran envers elle laccablant dinjures et la battant souvent. Un matin, il finit par nous abandonner sans ressources. Notre mère enceinte se retrouva seule, avec à sa charge un loyer et deux enfants dans une ville quelle connaissait à peine. Je me rappelle que cette époque ne fut que tristesse et préoccupations. Ma mère songea même à rentrer au village. Mais les remontrances de sa mère Niha Meuzourah ainsi que la honte de rentrer furent plus fortes que la misère. Niha Meuzourah en effet, petite femme volubile au caractère bien trempé avait toujours détesté mon père et avait été la première à sopposer au départ pour la capitale. Aussi ma mère pressentant les moqueries et autres humiliations dont elle serait victime, jugea plus propice de rester à Libreville et se mit à la recherche dun emploi,
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