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Mystère Mind - Tome 1

De
165 pages
Qui est Mister Mind ? Qui sont les Douze ? Pourquoi eux-seuls parviennent à échapper à la catastrophe qui a fait exploser la Terre ? Pourquoi doivent-ils voyager à travers l'Univers ? Et d'ailleurs, comment font-ils ? Quelle importance a Lise ? Et Stanislas ? Et les onze autres ? Comment se fait-il que certains des Douze aient reçu des dons, et certains autres, pas ? Vont-ils arriver à vivre sur d'autres planètes ? Vont-ils arriver à vaincre ce Mister Mind qu'ils appelent l'Ennemi Perpétuel ? Vont-ils enfin arriver à vivre avec cette douleur immense de la perte de la Terre et tous leurs êtres chers ?
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2 Titre

Mystère Mind -
Tome I

3

Titre
Cyril LAMBERT
Mystère Mind - Tome I
Le monde des dinosaures
Science-fiction
5Éditions Le Manuscrit























© Éditions Le Manuscrit, 2006
www.manuscrit.com

ISBN : 2-7481-7010-5 livre numérique
ISBN 13 : 9782748170108 livre numérique
ISBN : 2-7481-7011-3 livre imprimé
ISBN 13 : 9782748170115 livre imprimé

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. .

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1 – LISE
APRÈS L’AN 2112

Tout avait commencé ainsi. Stanislas s’en
souvenait fort bien. C’était le soir de la Saint-
Jean. Lise, sa Lise adorée, cette fille si belle avec
laquelle il sortait depuis presque un an, l’avait
largué pour un autre type.
Ah… Lise… Les adultes pensent
généralement que les jeunes ne peuvent pas
réellement déprimer. Eh bien, c’est faux, il avait
erré de nombreuses heures dans les rues de
Paris à traîner sa mélancolie derrière lui telle un
chien en laisse.
Ce soir-là, il décida qu’il allait faire un truc
cool, surprenant, qui sorte de l’ordinaire. Un
truc qui fasse comprendre à Lise qu’elle n’aurait
jamais dû le quitter…
Quelle importance, maintenant ! Un rire de
dérision monta en lui. Quelle importance étant
donné que Lise et Paris étaient mortes toutes
les deux… Et le monde…
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2 - « ETOILE DORÉE »

Dora Stella contemplait les étoiles.
Ces étoiles au dessin si différent de celles de
la Terre. Des myriades de constellations
agencées tout autrement. Une preuve irréfutable
qu’ils n’étaient plus sur la planète Terre.
Peut-être même pas dans la Voie Lactée.
Dora Stella avait beau étudier la nuit, parcourir
des yeux l’espace, elle ne reconnaissait aucun
astre.
Comment était-ce possible ? Quelle était
cette entité étrange et inconnue qui leur avait
sauvé la vie, les avait transportés ici, à travers le
temps et l’espace, alors même que le monde se
disloquait autour d’eux ? Pourquoi ?
Comment ?
Toutes ces questions tourbillonnaient dans
l’esprit de la jeune fille depuis leur arrivée dans
ces curieuses montagnes. Celles-ci et bien
d’autres encore. Pourquoi eux ? Pourquoi eux
douze ? Une poignée d’adolescents de quinze à
vingt ans qui, bientôt, s’entre-déchirerait sans
doute. Qui donc avait décidé qu’ils méritaient
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plus de survivre que les quelques milliards
d’autres humains et le million d’extraterrestres
que comptait la population de la Terre ? Que
M’man et Mamina ?
Dora Stella eut une pensée émue pour sa
mère et sa grand-mère, les deux femmes de sa
vie, les deux seules personnes qui comptaient
pour elle depuis la mort de son père survenue
lorsqu’elle avait huit ans.
Elle secoua la tête et prit une profonde
inspiration, préféra s’intéresser à cet idiot de
Mathieu qui pour changer un peu, draguait,
assis un peu plus loin. Pour l’heure, il
s’intéressait à la chinoise, mais, manque de pot
pour lui, Tsin-Li paraissait dans les vaps,
pratiquement depuis leur matérialisation en fait.
Sans doute était-elle obnubilée elle aussi par
l’inévitable noyade de sa famille ? Et cet idiot de
caïd, comme elle avait décidé de l’appeler, qui
persistait ! « La Chine est un si beau pays, et les
fleurs de lotus qui y poussent sont les plus
belles du monde » annônait-il. « Pauv’type ! »
pensa-t-elle.
Elle détestait ce genre de gars, arrogants au
possible, qui basaient tout sur leur trogne virile
et ne s’intéressaient qu’à ce qu’ils avaient dans le
pantalon. Elle soupira. Il n’avait pas tout à fait
tort en plus, cet ahuri. C’était vrai qu’il était
beau. Grand, blond, les yeux bleus, l’air gaillard,
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une barbichette sous le menton… Sexy en
diable.
Tout le contraire d’elle-même… Elle se
sentait moche, affreuse. Elle savait que c’était
ridicule, que la beauté était une notion toute
relative et illusoire. Mais rien n’y faisait. Quand
les gens parlaient de Dora Stella, ils disaient
qu’elle était très intelligente. Et la jeune fille
avait fini par le croire, pour se valoriser elle-
même. Elle avait fini par se convaincre que
seule l’intelligence comptait. A certains
moments, elle en était persuadée, mais à
d’autres…
Elle haussa les épaules et reprit son
observation céleste.

– A quoi rêves-tu ? Encore dans les étoiles ?
C’était Anastasia. La grande et belle Stasia. La
jeune fille s’agenouilla près de Dora Stella.
C’est mon prénom qui veut ça, fit cette
dernière… C’est du moins ce que disait mon
père lorsque j’étais petite. Je viens de Corse, tu
sais, et là-bas « Dora Stella » signifie « Etoile
Dorée ». Ou plutôt : signifiait…
Sa voix mourut.
Toi aussi, tu penses à eux ? soupira Stasia.
Ces êtres humains, par milliers, par millions, par
milliards… Ce qui s’est passé est horrible. Je ne
comprends pas…
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C’est un astéroïde, expliqua Dora Stella qui
avait besoin de la logique pour s’empêcher de
craquer. Il est entré à fond la caisse dans notre
atmosphère et a heurté l’Atlantique Nord. Tu as
vu cette trombe d’eau qui s’est abattue sur la
planète ? La France a été l’un des premiers pays
touchés.
Évoquer cette catastrophe scientifiquement
lui permettait de la faire refluer, de la réduire à
une quelconque séquence évènementielle. Stasia
éclata en sanglots.
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3 - LES DOUZE

Tsin-Li ne s’était jamais considérée comme
une chinoise. N’avait-elle pas toujours vécu en
France ? N’était-elle pas une femme libre ? A
part son nom et ses yeux bridés, rien ne la
différenciait des autres. Ses parents n’avaient
jamais compris son point de vue
Sa mère en particulier. Élevée dans un
minuscule village perdu dans les méandres des
rizières de Chine comme à l’époque impériale,
elle ne tolérait pas que Tsin-Li s’intéresse à la
mécanique, se coupe les cheveux au carré, se
fasse trouer les oreilles, tatouer des serpents
dans le cou. Ce que faisaient toutes les
adolescentes dans le vent, en fait.
« Tu es si peu féminine, ma fille, lui serinait-
elle à longueur de journée durant. » À force de
s’entendre dire ça, elle s’était en effet sentie
devenir dure, presque mauvaise. En secret, elle
s’était mise à la détester, ainsi que son père. Il
restait là, les bras ballants. N’avait-il jamais eu
de couilles ?
Et puis, il y avait eu la catastrophe…
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La catastrophe qui avait tout changé. Sa mère
avait finalement gagné. Elle avait réussi à la
vider, à faire d’elle un monstre, à assécher son
cœur. « Bravo Maman, songea-t-elle en se
détestant. Tu as fait de moi une morte vivante. »
Elle marchait dans ce monde orange et
violet, rose et moutarde, saphir et magenta –‘
un monde impossible, comme né de
‘l’imagination d’un dément, en fait – et se
rappelait son attitude. Paisible. Anormale.
Froide. Une attitude terrible. La Terre se
mourait, elle le savait. C’était la panique. Les
gens couraient en tous sens. Le sous-sol
grondait, ruait. L’eau déferlait.
Oui, cela s’était passé ainsi. L’eau glaciale
venue du nord de l’Atlantique avait tout
recouvert, noyé en quelques instants, le paysage,
la ville, les champs. Sa mère avait été l’une des
premières emportées par la vague et Tsin-Li
l’avait regardée disparaître sans tristesse ni joie.
Rien.
Elle ne se sentait pas même paniquée à l’idée
de mourir à son tour. « Vide. Un monstre sans
cœur, sans angoisse, sans émotion. » Le monde
mourait, sa mère, son père, la voisine du
dessous, celle du dessus, ses amis et ses
ennemis, sa vie en bref. Elle était restée là, figée
dans une indifférence totale.
Et puis, « on » l’avait envoyé ici, « on » l’avait
soulevé comme un fétu de paille, l’arrachant de
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