Cette publication ne fait pas partie de la bibliothèque YouScribe
Elle est disponible uniquement à l'achat (la librairie de YouScribe)
Achetez pour : 5,99 € Lire un extrait

Téléchargement

Format(s) : MOBI - EPUB

sans DRM

Partagez cette publication

couv.jpg

Voyage au cœur des mythes, contes et légendes

Éditions Chronique

La culture : source et conception de narrations fantastiques

Xe siècle – Composition des grandes épopées

Les épopées du Moyen Âge ont raconté de façon romancée les exploits de grands personnages : ce sont des chansons de geste. Lorsqu’il s’agit des aventures purement imaginaires d’un héros, ce sont des romans de cour. Les chansons de geste se développent aux XIe et XIIe siècles, en France et en Allemagne. Elles ont peut-être pour origine les cantilènes (poèmes germaniques chantés très en vogue entre le Ve et le VIIIe siècle). Mais elles peuvent tout aussi bien être l’œuvre des troubadours du XIe siècle. L’épopée comporte souvent plusieurs milliers de vers. Les chansons de geste françaises se répartissent en trois cycles : la geste du roi Charlemagne, la geste de Garin de Montglane, la geste de Doon de Mayence.

La Chanson de Roland est la plus ancienne et la plus célèbre des chansons de geste. Écrit vers la fin du Xe siècle, le récit repose sur un mélange féerique de traits imaginaires et réels. Si l’histoire atteste que l’arrière-garde de Charlemagne, commandée par le comte de la Marche de Bretagne, Roland, fut surprise dans la vallée de Roncevaux par les montagnards vasques, la légende, quant à elle, raconte que Roland, le neveu de Charlemagne, était à la tête de l’arrière-garde de 20 000 soldats. Ils furent assaillis par 100 000 Sarrazins, en raison de la trahison de Ganelon. Charlemagne s’en retourna châtier les Sarrazins et le traître.

Les épopées germaniques se rapportent aux grandes invasions. La Chanson des Nibelungen, écrite aux alentours de 1200, renvoie à l’empire des Burgondes et à la mort d’Attila. Vers 1140 est composée l’épopée espagnole du Cid (Cantár del mio Cid), dont le héros est celui de la lutte contre les Arabes. La mythologie nordique a inspiré la composition de poèmes en langue celtique au XIIIe siècle. S’inspirant des légendes celtiques du roi Arthur et de la quête du Saint-Graal, les romans de la Table ronde se développent au XIIe siècle dans le royaume de France. Chrétien de Troyes est le plus célèbre des poètes qui a exploité ce thème.

XXe siècle – Le cinéma : à la rencontre d’histoires imaginaires

Est-ce parce que le monde moderne s’est enfermé dans une impasse que le recours au mythe, à la légende et à la fable s’impose à des cinéastes aussi prestigieux que Steven Spielberg ou John Boorman ? Le premier renoue avec les plus divertissantes fantaisies hollywoodiennes et s’offre un immense succès populaire avec Les Aventuriers de l’arche perdue, où la possession de l’arche d’alliance est l’objet d’une lutte à mort entre bons Américains et méchants nazis, tandis que le second ressuscite dans Excalibur les héros des romans de la Table ronde. Mais Boorman ne se borne pas à séduire avec des images raffinées, manifestement inspirées de la peinture préraphaélite. Il livre une méditation tragique et profonde sur la royauté sacrée dans la tradition européenne. Ce n’est pas pour autant, bien sûr, que la réalité contemporaine ne soit plus présente sur les écrans ! Il est même, au contraire, des films où elle prend le spectateur à la gorge. Tel est le cas de Regards et sourires, un film de Kenneth Loach qui, dans un style concis et pudique, porte le fer sur le désastre social et moral de l’Angleterre thatchérienne, tout en manifestant une compassion bouleversante pour les jeunes chômeurs qui en sont les victimes. Tel est aussi le cas de ces Années de plomb dans lesquelles Margarethe von Trotta, à travers une évocation cryptée de la fin de la « bande à Baader », dresse un bilan désespéré d’une Allemagne amnésique et déshumanisée.

XXe siècle – La littérature : explication de récits merveilleux

Deux grands historiens des religions nous ont quittés, Mircea Eliade et Georges Dumézil. Écrivain français d’origine roumaine, Eliade (né en 1907) s’était attaché aux structures fondamentales du sacré, communes à toutes les religions. À côté de ses ouvrages les plus célèbres, comme Le Sacré et le Profane (1956) ou Aspects du mythe (1963), il avait publié des romans marqués par la nostalgie du paradis perdu.

C’est également avec une méthode comparative que Dumézil (né en 1898) s’était consacré aux études indo-européennes et avait mis en évidence, par l’analyse structurale des mythes et des racines linguistiques, la profonde unité des peuples qui ont essaimé de l’Inde à l’Irlande, et dont la conception du monde et l’organisation de la société étaient fondées sur trois fonctions : souveraineté, force et production. On lui doit Les Dieux indo-européens (1952), L’Idéologie tripartite des Indo-Européens (1958) ou encore Mythe et épopée (1973).

Relativement peu connu du grand public mais jouissant d’une flatteuse réputation auprès des amateurs de littérature précieuse, Guy Dupré ne déroge pas à son rang avec un récit d’un romantisme sulfureux bizarrement intitulé Les Mamantes. Dupré y mêle, non sans humour, spiritisme et érotisme, tout en développant une vision occultiste de l’Histoire de France. Ce livre eût ravi André Breton, qui avait salué l’« étrange prose » de Dupré.

LES CONTES

UNE BELLE ET UNE BÊTE

1780

France – Le plus beau des contes

Les contes, qu’elle jugeait pourtant « pernicieux pour la jeunesse », ont rendu célèbre Jeanne-Marie Leprince de Beaumont. Cette femme de lettres est l’auteur du conte merveilleux La Belle et la Bête qui parut dans Le Magasin des Enfants, un périodique pour la jeunesse édité en recueil en 1757. Elle est morte cette année en Savoie.

 

Négligé galant, orné de la coiffure dite « à la Belle-Poule ».

2 mars 1933

New York – La parabole de King Kong confronte l’homme et la bête

Les spectateurs du Radio City Music-Hall viennent de vivre un grand moment de frisson en assistant à la première de King Kong. Le héros du film est un singe gigantesque ramené en captivité à New York. Mais King Kong se libère et, après avoir démoli une partie de la ville, il se réfugie au sommet de l’Empire State Building, où il sera abattu. Réalisé par Merian C. Cooper et Ernest B. Schoedsack, King Kong doit au décorateur Willis O’Brien la réussite de ses maquettes animées.

Œuvre allégorique, le film offre une réflexion sur la perversion de la civilisation, tout en évoquant le mythe de la Belle et la Bête à travers des scènes troublantes, comme celle où le monstre caresse la fragile créature féminine, interprétée par Fay Wray, dont il est tombé follement amoureux.

7 novembre 1946

Paris – La Belle et la Bête, de Jean Cocteau

Cocteau connaît le succès avec son dernier film, La Belle et la Bête, tiré du conte de Mme de Beaumont. Sorti le 29 octobre dernier, il est pressenti pour le prix Louis-Delluc. C’est sûrement l’un des plus beaux films du poète, dont le talent comporte bien des facettes. Assisté de René Clément, il a volontairement conservé le rythme lent du conte de fées et en a restitué le merveilleux et la poésie, aidé en cela par les magnifiques décors de Christian Bérard.

13 décembre 1946

Paris – Le prix Louis-Delluc à La Belle et la Bête, de Jean Cocteau

Le cinquième prix Louis-Delluc a été attribué au film de Jean Cocteau, La Belle et la Bête, présenté le 29 octobre dernier. Ayant déjà plusieurs collaborations cinématographiques à son actif, Cocteau signe cette fois son premier long-métrage en tant que réalisateur. À cette occasion, il a choisi d’adapter un conte de fées de Mme Leprince de Beaumont, datant de 1757. Josette Day est la Belle et Jean Marais incarne la Bête, sous un maquillage très réussi mais dont la confection prenait cinq heures. Le film a été tourné l’hiver dernier aux studios de Saint-Maurice, et la plupart des extérieurs ont été réalisés dans le parc à moitié sauvage du château de Raray, dans l’Oise. Les décors et costumes de Christian Bérard et les éclairages d’Henri Alekan achèvent de conférer à ce film une magie naïve que la critique apprécie assez peu : dans Témoignage chrétien, Michel de Saint-Pierre y voit un style dépassé, « un surréalisme qui eût semblé audacieux vers 1916 ».

13 décembre 1991

États-Unis

La Belle et la Bête est devenu un conte très populaire, voire incontournable, que tous les enfants connaissent. Réalisé par Gary Trousdale et Kirk Wise, ce film d’animation de Walt Disney fait son apparition sur les écrans français le 21 octobre 1992. Walt Disney s’est inspiré du conte du même nom de Jeanne-Marie Leprince de Beaumont.

Belle est une jeune fille qui passe ses journées plongée dans la lecture, éloignant obstinément les avances de Gaston, un apollon musclé et vaniteux. Seul un homme compte à ses yeux : son père nommé Maurice. Un jour, celui-ci se perd dans la forêt et est obligé de se réfugier dans un château pour échapper à une meute de loups. Malheureusement pour lui, le maître des lieux, une Bête monstrueuse, est irrité par cette violation de son domicile. Pour sauver son père qui est mis au cachot, Belle accepte de devenir la prisonnière de la Bête et fait la connaissance de créatures extraordinaires.

14 décembre 2005

France

Peter Jackson remet au goût du jour l’histoire d’une belle avec une bête au cinéma. Son King Kong reprend l’histoire de 1933 avec des images et des techniques du XXIe siècle. On peut y retrouver Naomi Watts, Jack Black ou encore Adrien Brody.

BARBE BLEUE

1697

Conte de Perrault

Paru dans Les Contes de la mère l’Oye, Barbe Bleue est le personnage central d’une œuvre du même nom. Homme très riche, ce roturier possède la particularité d’avoir une barbe bleue ce qui le rend terrifiant. Il a de nombreuses femmes mais toutes ont disparu. Il propose alors à ses voisines de l’épouser, mais toutes refusent car elles sont repoussées par son apparence… sauf une, appâtée par sa richesse. Devant partir en voyage, Barbe Bleue confie un trousseau de clés à sa nouvelle épouse. Cependant, elle ne doit surtout pas rentrer dans une pièce que Barbe Bleue garde secrète. Trop curieuse, elle y pénètre à l’aide du trousseau et découvre toutes ses précédentes épouses accrochées au mur. Terrifiée, elle laisse tomber les clés qui sont maculées de sang. Désespérée, elle essaye de les laver mais n’y parvient pas, car ces clés sont… magiques. Barbe Bleue s’en aperçoit lorsqu’il rentre chez lui…

1491-1547

Henri VIII

Dans l’Histoire, Henri VIII a été comparé à Barbe Bleue. En effet, ce conte rappelle celui de l’ogre qui s’en prend successivement à plusieurs femmes. Tout au long de sa vie, Henri VIII eut six femmes. Deux d’entre elles furent condamnées à mort pour trahison et adultère. Outre sa relation avec les femmes, Henri VIII n’était pas très beau et avait une barbe aussi longue que Barbe Bleue… mais rousse !

1789

André Gétry est inspiré par le conte de Perrault et crée son opéra, Raoul Barbe-Bleue avec un livret de Michel-Jean Sedaine.

1901

Georges Méliès adapte pour le cinéma le célèbre conte Barbe Bleue.

10 mai 1907

Paris – Ariane et Barbe Bleue, de Dukas

À l’Opéra-Comique est créée Ariane et Barbe Bleue ou La Délivrance inutile, adaptation scénique et fantaisiste du conte de Perrault, sur des paroles de Maurice Maeterlinck et une musique de Paul Dukas. Mlle Georgette Le Blanc y interprète le rôle d’Ariane, et M. Vieuille celui de Barbe Bleue.

1er décembre 1921

Versailles – Condamnation de Landru, dit « Barbe Bleue »

La cour d’assises de Seine-et-Oise a rendu son verdict dans l’affaire Landru : il est condamné à mort. Depuis trois semaines, ce fait divers a attiré une foule considérable au palais de justice de Versailles. Des écrivains, comme Colette et Henri Béraud, des vedettes, comme Mistinguett, ou même des princes se sont bousculés pour avoir une place. Certains ont payé jusqu’à cinquante francs pour entrer… Le prétoire s’est transformé en lieu de réunion mondaine où les élégantes viennent faire admirer leurs toilettes, l’une d’entre elles allant même jusqu’à s’asseoir sur le banc des avocats.

Le dossier comprenait six mille pièces dont la fameuse cuisinière, qui paraît bien petite aux experts pour y brûler des corps humains. L’instruction a pu établir que le Barbe Bleue de Gambais choisissait ses victimes parmi des veuves ou des femmes délaissées d’un certain âge, après s’être assuré qu’elles avaient un peu de fortune et fort peu de relations. Profitant odieusement des jours sombres de la guerre, Landru, qui avait utilisé dès 1916 une vingtaine de faux noms, dont celui de Tartempion qui restera dans les mémoires, passait des annonces matrimoniales de ce type : « Monsieur âgé, veuf, ayant petit capital, demande demoiselle ou veuve sans enfant, libre, de 40 à 55 ans, femme d’intérieur, avec situation en rapport. » Il a ainsi mis en confiance Jeanne Cuchet, Annette Pascal, Anne Collomb, Marie-Thérèse Marchadier, Andrée Nabeley, Line Laborne, Célestine Buisson et Angélique Guillen. Toutes ont disparu sans laisser de traces, et, du fait des hostilités, les témoins qui les avaient vues avec ce monsieur distingué se sont alors évanouis.

Si les signalements recueillis par la gendarmerie et l’inspecteur Belin concordent, aucune preuve décisive n’a pu être apportée contre l’énigmatique Landru. On a remarqué que ce personnage méticuleux, un insoupçonnable don Juan, était bon orateur, cynique et ergoteur. La partie civile lui a demandé maintes fois de s’expliquer au sujet de son carnet de comptes détaillé, sur son habitude de prendre deux allers en chemin de fer pour Gambais et un seul retour. À chaque fois, l’accusé répliquait : « Montrez-moi les cadavres ! » La justice n’a aucune certitude sur la manière dont il pouvait bien faire disparaître les corps.

Fernande Segret, qui lui a échappé par miracle, persiste à croire à son innocence, même si personne n’a jamais revu aucune des femmes entrées dans la maison de Gambais. Landru a adressé ses remerciements à Me de Moro-Giafferi, qui fit une plaidoirie bouleversante.

Son recours en grâce rejeté, Henri Landru sera guillotiné le 25 février 1922 à la prison Saint-Pierre à 6 h 05 du matin. À l’avocat général Beguin, qui lui recommande du courage, l’assassin répliquera, toujours avec cynisme : « On n’exhorte pas un innocent au courage. Son innocence lui suffit. » Sa dernière volonté lui sera refusée : il voulait se laver les pieds, mais on craignait… un suicide. Son avocat tentera de lui arracher la vérité. En vain. « Désolé, maître, c’est mon petit bagage ! » répondra-t-il.

25 février 1922

Landru savait tourner des lettres aux dames…

Condamné à mort le 30 novembre, Henri Désiré Landru a été exécuté. Il avait mis au point un système d’escroquerie consistant d’abord à passer des petites annonces dans les journaux : « Monsieur sérieux, ayant petit capital, désire épouser veuve ou femme seule… » Sélectionnant ses victimes en fonction de leur situation financière et rédigeant des centaines de lettres de réponse, Landru avait ainsi, de 1909 à 1919, rencontré et privé de leurs biens près de trois cents femmes. L’escroquerie avait toutefois pris une tournure bien plus macabre pour dix d’entre elles, que personne n’avait revues après leur rencontre avec Landru, dit le « Barbe Bleue moderne ».

 

Étrangement, Landru a reçu en prison des centaines de lettres d’amour de femmes seules !

1940

La Huitième Femme de Barbe Bleue est un opéra de Frazzi.

9 novembre 1992

Paris – Le Sénat réhabilite Gilles de Rais

Les flammes se sont éteintes depuis cinq siècles et demi, mais le procès de Gilles de Rais, pendu et brûlé pour le viol et le meurtre de huit cents enfants, s’ouvre de nouveau au Sénat. Neuf personnalités se sont réunies pour réhabiliter le compagnon d’armes de Jeanne d’Arc, l’homme qui inspira le personnage de Barbe Bleue. Après délibération, le « tribunal » voit en Gilles de Rais, homosexuel, une victime politique du pouvoir religieux, et demande au Président Mitterrand de « saisir le gouvernement afin que la vérité historique soit rétablie ». Ce nouveau procès ne saurait bien sûr avoir d’autre portée que symbolique, morale, et… médiatique.

2012

Littérature

Même les écrivains contemporains sont inspirés par ce conte : Amélie Nothomb signe une œuvre nommée Barbe Bleue.

12 mars 2013

Littérature

Lori Saint-Martin dans Les Portes closes s’inspire de ce conte emblématique. Philippe et Catherine sont deux peintres. Philippe s’enferme tous les jours dans son atelier pour travailler et sa femme à interdiction d’y pénétrer. Régulièrement, elle voit passer des modèles pour son mari mais il ne les revoit jamais plus…

GARGANTUA ET PANTAGRUEL

1456-1610

Un manifeste humaniste sous la plume de Gargantua

Le nom de l’auteur de Pantagruel, Alcofribas Nasier, est l’anagramme de François Rabelais. Le livre qu’il vient de publier n’est pas seulement une farce de « haute graisse ». C’est aussi, et surtout, un formidable plaidoyer humaniste. Il contient notamment une lettre de Gargantua à Pantagruel, où le bon géant félicite son fils de ne pas être né aux « temps ténébreux » des Goths et lui prescrit de profiter « en études et en vertus » et de se former à la lecture de Platon et de Cicéron.

 

L’enfance de Gargantua vue par l’imagerie populaire. Rabelais (vers 1494-1553) fut lui-même un grand épistolier.

Novembre 1532

Lyon – Les prouesses du géant Pantagruel

François Rabelais, nommé médecin à l’hôtel-Dieu de Lyon, publie Pantagruel. À peine est-il né qu’il accomplit déjà des exploits : Pantagruel boit le lait de « quatre mille six cents vaches » et, brisant les câbles qui le lient à son berceau, va se mêler aux convives d’un festin voisin. N’est-il pas le rejeton de Gargantua ? Le héros de François Rabelais, alias Alcofribas Nasier, qui publie là son premier roman, n’est pas inconnu du public ; il est déjà apparu sous les traits d’un petit démon qui s’amuse la nuit à assoiffer les ivrognes en leur jetant du sel dans le gosier.

Rabelais l’a transformé en géant boit-sans-soif dont il conte les multiples prouesses de sa naissance à l’âge d’homme. Ainsi cet épisode où, en guerre contre les Dipsodes, il noie ses ennemis sous un « déluge urinal », libérant ainsi le royaume de Gargantua, en digne fils de son célèbre père. Ce colosse au rire énorme et aux immenses enjambées sait mordre dans la vie à belles dents. François Rabelais s’amuse à faire vivre avec exubérance ce truculent personnage. On attend avec impatience la suite de ses aventures, d’autant qu’une cabale semble déjà s’organiser pour dénoncer les outrances verbales de l’auteur.

 

Frontispice de la première édition de Pantagruel Bibliothèque Nationale, Paris.

 

Pantagruel et deux de ses « apostoles » ou acolytes.

1534

France – Gargantua est le géant de Rabelais

Rabelais publie la Vie inestimable du grand Gargantua. « Soudain qu’il fut né, ne cria comme les autres enfants “Miés ! Miés !” mais à haute voix s’écriait “A boire ! À boire !” » Gargantua est né sous la plume de Rabelais. Il est le père de Pantagruel, dont le récit avait été publié deux ans auparavant.

L’histoire folklorique de ce géant avait déjà donné lieu à un certain nombre d’ouvrages ; mais l’imagination, l’art du conteur et le sens du comique propre à Rabelais donnent au récit toute sa saveur et toute sa force. Au fil du récit apparaissent les géants Grandgousier et Gargamelle, le cuisinier Fripesaulce, l’adversaire Picrochole et frère Jean l’associé.

La réalité se mêle à l’utopie, et Rabelais prête une grande attention à faire de ses personnages des reproductions fidèles d’une réalité quotidienne. Il raconte la naissance, l’enfance et l’éducation du géant. Puis le héros affronte le monde pour combattre le mal ; c’est la guerre picrocholine. L’œuvre s’achève sur la description de l’abbaye de Thélème, récompense accordée à frère Jean pour faits de guerre. Ainsi, les thèmes favoris des humanistes : éducation, politique, morale...

Un pour Un
Permettre à tous d'accéder à la lecture
Pour chaque accès à la bibliothèque, YouScribe donne un accès à une personne dans le besoin