Naat's II - Le programme de survie

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Il y a près de 1600 ans, le Second Souffle quittait le système de Mirella dans des circonstances particulièrement étranges, à la recherche d’un nouveau havre de vie. Que s’est-il donc passé depuis ? Pourquoi le vaisseau monde a-t-il voyagé si longtemps à travers les espaces interstellaires, bien au-delà de la durée même d’une vie humaine ? Comment l’équipage ou, plus exactement, une partie de celui-ci, a-t-il bien pu survivre pendant cette éternité… et surtout à quel prix ?

Les survivants doivent maintenant faire face à un terrible constat : le système abordé ne semble pas posséder de planète propice à l’entretien de la vie et l’état de la propulsion ne permet plus d’envisager un nouveau départ dans des conditions raisonnables. D’autre part, et en dépit des efforts de Psy pour le contrer, le temps a accompli en partie son œuvre, détruisant de nombreux moyens de production. Ainsi, les ressources alimentaires du Second Souffle s’avèrent-elles insuffisantes pour nourrir durablement une population atteignant les 3 200 âmes !

Voici donc venu le temps de la reconstruction. Depuis le cœur même du vaisseau monde, le Grand Cerveau fait « des pieds et des mains » pour tenter de remonter le moral des troupes.
Cependant, le système d’Arigel avec ses trois géantes gazeuses leur réserve bien des surprises…


Publié le : lundi 21 janvier 2013
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Licence : Tous droits réservés
EAN13 : 9782953883909
Nombre de pages : non-communiqué
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1. Le réveil
Une épouvantable odeur de putréfaction flottait dans l’air, à travers les salles immenses, les galeries désormais vides de toute activité humaine. Quelque part à bord du vaisseau monde, de nouveaux corps figés pour l’éternité entraient en décomposition. Pour des raisons encore indéterminées les choses avaient mal tourné. De nombreux siècles s’étaient écoulés dans une sérénité toute relative, mettant à mal la fiabilité du matériel. Dépassé par l’ampleur de la tâche, Psy avait fait de son mieux pour assurer le minimum vital et limiter les dégâts. Cependant, il n’ignorait pas qu’il luttait contre un ennemi implacable : le temps. Nombreux étaient ses propres circuits qui flanchaient régulièrement et qu’il restaurait du mieux qu’il pouvait. Plus d’un tiers des systèmes auto-réparateurs avaient rendu l’âme depuis longtemps déjà. Ses deux priorités du moment : assurer son intégrité et freiner l’hécatombe, car le temps avait fini par provoquer l’arrêt définitif d’un grand nombre d’hibernacles. Heureusement, tous n’étaient pas tombés en désuétude et cela confinait au miracle ! Malgré l’extraordinaire fiabilité de la technologie tyranienne utilisant largement les principes auto-réparateurs, personne n’aurait osé imaginer une durée de vie du matériel aussi impressionnante ! L’exploit semblait difficilement conce-vable, et pourtant. Par la suite, nombreux seraient les
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survivants à penser qu’ils avaient eu une chance inouïe, une chance… surnaturelle ! Partout à bord le matériel affichait un état déplorable, in-quiétant. D’épaisses couches de poussière recouvraient presque tout, malgré l’intervention il est vrai de plus en plus limité d’une armée de robots d’entretien. LeSecond Souffleautre qu’une ancienne lune n’était arrachée il y a bien longtemps au micro système de Bêta III dans la banlieue de l’étoile Sigma, mère patrie de la civili-sation tyranienne. À la fois astre minuscule et gigantesque vaisseau spatial, le planétoïde de cent cinquante kilomètres de diamètre possédait des caractéristiques physiques particuliè-rement intéressantes. Entre autre, la petite lune était truffée de vastes cavités internes, favorisant son aménagement pour les besoins du projet « Espérance ». De ce fait, sa densité demeurait étonnamment faible. Quelques mois encore puis leSecond Souffle aborderait un nouveau système planétaire dont l’étoile centrale, une géante bleue, étincelait de mille feux sur les vastes écrans sectoriels… qu’aucun œil humain ne contemplait ! Cependant, il y avait une anomalie de taille : Psy le cerveau électronique géant du vaisseau monde s’était trompé et il en ignorait la cause ! Dorénavant, il devenait urgent de ramener à la conscience les survivants de la catastrophe… Allongé nu dans l’hibernacle, le corps de Vanâelle tressaillit légèrement. Dix minutes s’écoulèrent encore, avant qu’elle ne commence doucement à ouvrir les yeux. La vie reprenait ses droits. Mais Vanâelle restait là inerte, le regard vide de toute expression. Petit à petit la conscience lui reve-nait ; elle ne pouvait pas encore bouger, cependant elle se rendit rapidement compte que quelque chose clochait, quelque chose que son esprit encore à moitié endormi avait du mal à
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cerner. D’ordinaire, lorsqu’elle se réveillait, elle apercevait à travers le couvercle de plexiglas le plafond de la salle avec ses rampes lumineuses, et les appareils suspendus alimentant les hibernacles. Cette fois-ci, elle demeurait plongée dans l’obs-curité la plus totale ! Un début de panique s’empara d’elle, qu’elle refoula avec une grande maîtrise. Elle était toujours en vie et respirait sans difficulté l’air vivifiant dispensé par les buses placées tout près de son visage. Puis elle se rendit compte qu’elle avait froid et tenta vainement de remuer les doigts, mais ses muscles engourdis ne réagissaient pas à ses ordres. Elle ne s’en inquiéta pas outre mesure car elle savait qu’il lui faudrait encore un peu de temps avant de retrouver le plein usage de ses membres. Elle entendait le doux ronron-nement des vibromasseurs qui s’affairaient sur son corps dénudé. Vanâelle sentait une douce chaleur l’envahir peu à peu. Après deux heures de calme complet, elle fit une nouvelle tentative pour remuer bras et jambes, sans plus de succès. Cette fois-ci elle s’en inquiéta sérieusement et commença à s’affoler vraiment ! – Bonjour Vanâelle. Je suis heureux de reprendre contact avec vous après cette éternité ! Vous devez garder votre calme, car le temps n’est pas encore venu pour vous de quitter l’hibernacle. Cette voix métallique qu’elle reconnut aussitôt, était celle de Psy le cerveau géant duSecond Souffle. Bien qu’il ne s’agissait que d’une voix purement artificielle, celle-ci s’expri-mait avec une grande douceur, afin de ne pas affoler davantage la « ressuscitée ». Psy jugeait bon d’intervenir pour éviter le risque d’un emballement prématuré du cœur de la « jeune » femme. – Détendez-vous, laissez agir les instruments et tout ren-trera bientôt dans l’ordre ! Malgré sa faiblesse extrême,
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Vanâelle réussit à murmurer quelques paroles à peine audibles pour un être humain. Mais Psy ne ressemblait en rien à un humain, et ses organes de perception demeuraient de loin supérieurs à ceux des représentants de la race tyranienne. – Que… que se passe-t-il ? Pour… pourquoi suis-je… dans… dans cette obscurité ? Psy tardait à répondre. – Je… je dois savoir… Psy. Je… je sens que… que vous me cachez quelque chose ! – De graves évènements se sont produits durant votre som-meil ; mais rassurez-vous, dorénavant nous maîtrisons par-faitement la situation. Cette fois-ci, le grand cerveau s’était exprimé au pluriel, par volonté de rassurer. De nouveau le silence, puis Vanâelle se ressaisit malgré le trouble qui l’envahissait. – Psy ? Ne… ne craignez rien… pour… pour moi, je… je dois connaître… la… la vérité ! – Je suis désolé Vanâelle, vraiment ! Vous apprendrez les faits lorsque vous serez parfaitement rétablie. Par contre, votre rétablissement et celui de vos compagnons prendront un peu plus de temps que prévu. Il va falloir être patiente Vanâelle, car vous n’avez pas d’autre choix ! Votre état présent ne vous permet pas de quitter l’hibernacle, pour le moment ! – Com… combien de temps ? – Je pense qu’une petite semaine devrait suffire. Mais rassurez-vous, les médicaux-robots s’occuperont bien de vous, et pour vous distraire un programme spécial a été prévu. Vous pourrez le suivre grâce au casque neurologique dont vous êtes coiffée. Il vous sera d’ailleurs possible de l’interrompre ou l’activer à tout moment. Ce programme ludique s’avère être un excel-
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lent stimulant pour l’esprit humain ; il vous permettra de retrouver rapidement l’intégralité de vos facultés intellec-tuelles. Puis Psy coupa la communication sans prévenir. – Psy ? Pou… pouvez-vous… me dire… com… combien nous sommes à… à avoir survécu ? Répondez-moi Psy, je… je vous en prie ! Il n’y eu pas de réponse. La fatigue aidant Vanâelle sombra cette fois-ci dans un sommeil purement naturel. Six jours plus tard, bien qu’un peu faible encore elle commença à se sentir à l’étroit dans l’hibernacle. De la même façon que pour ses compagnons Psy l’avait préparée psycholo-giquement, sans toutefois tout lui dévoiler sur l’ampleur du désastre, ceci afin de limiter l’impact forcément très négatif sur le moral de ses troupes. Car dans les mois à venir, peut-être même les années, il allait en avoir besoin de ses troupes, or on ne peut rien attendre d’une armée de démoralisés ! Vanâelle pressentait qu’il y avait eu beaucoup de morts, sans en connaître le nombre exact. Avec horreur elle avait prit connaissance de l’incroyable durée de leur hibernation et personne ne pouvait en prévoir les conséquences sur l’or-ganisme. – Près de mille six cent ans, ne cessait-elle de murmurer, Près de mille six cent ans d’hibernation ! Il leur faudrait en découvrir les causes. Vanâelle était maintenant tout à fait lucide ; elle s’attendait au pire. Avant de l’autoriser à sortir de l’hibernacle, Psy avait fait le nécessaire pour améliorer le décor autour d’elle. Depuis deux jours l’épaisse couche de poussière qui recouvrait le couvercle transparent avait disparu. Désormais elle pouvait observer une petite partie de son environnement, mais une petite partie seulement !
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