Nanna ou les racines

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"Nanna... ou les racines" est un récit de vie et de moments instantanés saisis sur le vif. Ce récit, profondément humain, brosse une chronique du quotidien et promène le lecteur à travers l'environnement oujidi des années 1970. C'est dans ce milieu que Nadia, un personnage entier et passioné, se trouve désarmée. Elle ne trouve de réconfort qu'auprès de Nanna, sa grand-mère. Celle-ci lui insuffle des vérités et des valeurs presque universelles.
Publié le : dimanche 1 mai 2011
Lecture(s) : 150
EAN13 : 9782296805941
Nombre de pages : 166
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Nanna ou… les racines
Lettres du monde arabe Collection dirigée par Maguy Albet et Emmanuelle MoysanAbdelaaziz BEHRI,Moha en couleurs, couscous light et autres récits…, 2011. Myriam JEBBOR,Des histoires de grands, 2011. Moustapha BOUCHAREB,La troisième moitié de soi, 2011. Ahmed-Habib LARABA,L’Ange de feu, 2011. Mohamed DIOURI,Chroniques du quartier, 2011. Nadia BEDOREH FAR,Les aléas de ma destinée, 2010. Sami Al Nasrawi,L'autre rive, 2010. Lahsen BOUGDAL,La petite bonne de Casablanca, 2010. El Hassane AÏT MOH,Le Captif de Mabrouka,2010. Wajih RAYYAN,De Jordanie en Flandre. Ombres et lumières d'une vie ailleurs, 2010. Mustapha KHARMOUDI,La Saison des Figues, 2010. Haytam ANDALOUSSY,Le pain de l’amertume, 2010. Halima BEN HADDOU,L’Orgueil du père, 2010. Amir TAGELSIR,Le Parfum français, 2010. Ahmed ISMAÏLI,Dialogue au bout de la nuit, 2010. Mohamed BOUKACI,Le Transfuge, 2009. Hocéïn FARAJ,Les dauphins jouent et gagnent, 2009. Mohammed TALBI,Rêves brûlés, 2009. Karim JAAFAR,Le calame et l’esprit, 2009. Mustapha KHARMOUDI,Ô Besançon. Une jeunesse 70, 2009. Abubaker BAGADER,Par-delà les dunes, 2009. Mounir FERRAM,Les Racines de l’espoir, 2009. Dernières parutions dans la collection écritures arabes N° 233 Rachid OULESBIR,Le rêve des momies, 2011. N° 232 El Hassane AÏT MOH,Le thé n’a plus la même saveur, 2009.
Rachida NACIRI
Nanna ou… les racines
© L’Harmattan, 2011 5-7, rue de l’Ecole-Polytechnique, 75005 Paris http://www.librairieharmattan.com diffusion.harmattan@wanadoo.fr harmattan1@wanadoo.fr ISBN : 978-2-296-54626-4 EAN : 9782296546264
« L’homme est le fils de ses habitudes et de son milieu, et non fils de sa nature et de son mélange d’humeurs. »  Ibn Khaldoun : les Prolégomènes
PROLOGUE. Étudiante en première année de médecine à la Faculté de Rabat, Nadia apprit la mort de sa grand-mère que tout le monde appelait Nanna. Dans le train qui la ramenait à Oujda, il y avait peu de passagers. Elle y passa une bonne partie de la nuit à pleurer. Elle souffrait de cette séparation inéluctable. La part de l’arrachement lui était abominable. Dans sa détresse, elle imaginait la dépouille de sa Nanna, ses longues tresses teintes au henné, son corps qui ne sera plus habillé de robes blanches aux larges fleurs turquoise ou mauve ; ses couleurs favorites. Mais il y avait surtout les mains de Nanna. En cas de migraines, même les plus douloureuses, elles lui avaient toujours offert l’unique remède miracle, depuis sa plus tendre enfance. Une panacée ; des mains ointes d’huile d’olive tiède, des mains expertes qui allaient et venaient du front vers la nuque, exécutant le massage réconfortant. En outre, la grand-maman avait toujours manifesté un intérêt aigu et partial pour ses petits-enfants. Elle considérait que sa passion pour tous ses descendants constituait son droit et son devoir. — Je vénère en toi la source inépuisable de réconfort irremplaçable ! lui répétait régulièrement la jeune fille par le passé. En effet, nul n’était aussi capable d’indulgence, de sang froid, de disponibilité que son aïeule. Ayant toujours fait preuve d’une quiétude constante et niveleuse, cette dernière était en paix tant avec les autres qu’avec elle-même.
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«Une école d’humilité et de patience, mais aussi de courage et d’assurance», méditait l’étudiante en larmes, seule dans son compartiment. Nanna, en effet, s’était toujours résolument située dans une configuration de dialogue. Par le partage de la parole, elle avait ainsi réussi à préserver la personnalité de ses petits-enfants des contrariétés quotidiennes. Mais il y avait également les inoubliables et percutantes devises de Nanna, telles que : « Vivre, c’est transmettre. » Qu’avait-elle transmis ? Un mode de vie ; bien mieux, une qualité de vie. Très fréquemment vers les années 1990, sous le ciel de Rabat, médecin, mère de famille, Nadia se remémorait encore et toujours son aïeule : une personne si dynamique, mais qui avait symbolisé, à ses yeux, un havre de paix et de sérénité. Quand les problèmes quotidiens se faisaient trop lourds, ou qu’ils devenaient insupportables, elle ne pouvait s’empêcher de faire appel à l’image de son ancêtre. Il ne lui était pas possible de songer à sa ville natale, sans que résonnât à ses oreilles la voix de celle-ci, et que ressurgît le souvenir des soirées estivales ou hivernales de son adolescence. Qu’avait transmis également Nanna ? Un choix de vie, le culte des valeurs humaines. Elle avait toujours eu, en ce sens, pour principe de maintenir une ligne de conduite consacrée aux autres. En effet, elle avait perpétuellement consenti d’importants efforts pour comprendre autrui dans ses dimensions fondamentales. L’étudiante ne s’attendait nullement, durant ce deuxième trimestre universitaire à un tel retour au bercail : la disparition soudaine du seul membre de sa famille auquel elle tenait tant. À l’aube, le train arriva à la petite gare de Taourirt ; un arrêt d’une vingtaine de minutes. Nadia avait affreusement mal à la tête, à la nuque, aux yeux, partout. Puis la nausée l’envahit. C’était atroce. Elle avait l’impression que ses yeux sortaient de leur orbite. Elle sentit une brusque chute de tension. Elle se promit : « Un jour, Nanna, j’écrirai ton roman. Tu symbolises, pour la postérité, un modèle de dévouement. Ton goût pour le travail bien
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