Nécromanciennes : L'enfant des Limbes - Tome 3

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À travers le récit du jeune Samuel, nous retrouvons Elizabeth Rosenbach. Devenue à son tour nécromancienne, elle affronte l’un des plus redoutables maîtres des enfers, Ahriman, afin de sauver son amie d’enfance, Mélissa, qui n’a toujours pas pu rejoindre le paradis. Le père de Samuel, Hugo, lutte aux côtés de la jeune femme. C’est un nocher, responsable tout autant qu’Elizabeth du sort des vivants et des morts.


"Nécromanciennes" est une série fantastique en 5 épisodes.
Publié le : mardi 30 septembre 2014
Lecture(s) : 2
Licence : Tous droits réservés
EAN13 : 9782364752641
Nombre de pages : 29
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Extrait


12 octobre.

Je commence aujourd’hui mes chroniques sur la personne la plus extraordinaire que je connaisse. Il s’agit d’une nécromancienne.
Ôtez-vous tout de suite le cliché de la tête. Elle ne joue pas avec des crânes. Elle ne passe pas des heures à préparer des filtres et à invoquer les morts, elle n’a pas le teint morbide ni d’autres envies tout aussi dérangeantes.
Elle est rigolote. Moi elle me fait rire sans arrêt. Malheureusement, ce trait de caractère commence à s’effacer chez elle vu ce qu’on lui fait subir, mais elle trouve toujours le moyen de m’adresser un mot gentil, depuis qu’on se connaît. Elle m’a sauvé la vie. Je l’ai rencontrée à un moment de mon existence où je pensais sérieusement en finir. Je venais de prendre connaissance de plusieurs faits très troublants me concernant, que j’allais devenir nocher et que j’étais gay. Elle m’a aidé à remonter la pente et à me réconcilier avec ma mère. Elle m’a fait comprendre que mon orientation sexuelle n’avait rien d’un drame. Elle m’a offert In Memoriam de Tennyson qui est devenu mon livre de chevet. Elle est devenue ma meilleure amie.

Elle s’appelle Elizabeth. Nous, on l’appelle Liz ou Lizzie. Par nous, j’entends le peu de personnes qu’elle fréquente : Gina, mes parents et moi. Mon père, Hugo, tient un bar près des quais de la ville, avec Gina, sa serveuse, et ma mère vient de temps en temps nous rendre visite. Perséphone est nécromancienne elle aussi. C’est elle qui a découvert le talent de Liz, lui a offert une seconde chance qui a mal tourné. Je ne connais pas tous les détails, je sais que Liz n’a pas pu sauver une amie très chère. L’expérience l’a plongée dans notre monde sans crier gare. Désormais, elle parle aux morts, quand elle regarde les gens, elle sait quand ils vont mourir. Forcément, ça ne facilite pas les relations. Vous discutez avec quelqu’un, tout à coup, vous voyez un voile noir passer sur lui comme une ombre et vous savez, avec vos tripes, qu’il n’en a plus pour longtemps.
Liz, ça aurait pu la foutre en l’air. Sauf qu’elle s’est donné une mission : rattraper son fiasco qui a abouti à la perte de son amie et rétablir la balance. Ma mère lui dit sans arrêt que c’est peine perdue, qu’en face, c’est du lourd, qu’elle peut juste limiter les dégâts. Seulement, Elizabeth est têtue. Elle l’a été suffisamment pour me sauver, moi et mon ex-petit copain, dès lors qu’elle nous a su en danger et n’a pas hésité à affronter le fantôme du père de Corey quand celui-ci a poussé son fils à prendre ma classe en otage. 

C’est un juste retour des choses que je vous raconte un peu ses aventures.
La voilà qui rentre dans le bar, justement. Imaginez-vous assis à côté de moi. Je suis installé à ma place favorite, d’où je peux tout voir dans la salle. Je me suis arrêté d’écrire pour observer la scène, parce que j’avoue que ce numéro-là, j’adore le voir se jouer tous les soirs où Liz nous rejoint. Le grand costaud, cheveux noirs corbeau, visage un peu austère mais suffisamment séduisant pour que les femmes qui entrent ici se focalisent tout de suite sur lui… Ce grand costaud, donc, c’est mon père. Il parle avec Pedro, un habitué. Mais dès que Liz entre, il s’arrête, ses yeux se plissent. La commissure de ses lèvres se redresse légèrement. Pour qui le connaît un peu, on devine qu’il sourit. 
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