Nécromanciennes : La mort est mon cadeau - Tome 5

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Harfang le démon millénaire, est revenu des Enfers pour combattre le dieu-lare qui a jeté son dévolu sur Mira. Mais la divinité en question a plus d’un tour dans son sac et le démon repenti se retrouve pris au piège dans une autre dimension où il retrouve Mira, plus âgée et… enceinte.
Avec l’aide de Dieu et de la Mort, la nécromancienne et Harfang vont toutefois réussir à rejoindre notre monde. Mais parviendront-ils à vaincre le dieu-lare ?
Publié le : vendredi 31 octobre 2014
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Licence : Tous droits réservés
EAN13 : 9782364752665
Nombre de pages : 37
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Extrait


Je suis un démon, répondis-je, pendant qu’elle levait vers moi un regard plein d’admiration. Ne vous laissez pas abuser par cette apparence, l’avertis-je. C’est un artifice de mon créateur, Ahriman, pour se moquer des Anges et tromper les mortels.
La jeune fille cilla à plusieurs reprises avant de demander d’une toute petite voix :
« Mais… Ismaël est d’accord pour vous… abriter ainsi ?
— Je ne lui ai pas laissé le choix. Je devais agir en urgence. En Enfer, on n’ose même pas prononcer le nom du dieu que vous vous préparez à affronter. La rumeur de son retour court parmi les défunts depuis que Dité a commencé sa transformation. Je n’ai rien pu faire pour l’empêcher. Et depuis l’Apocalypse, je n’avais plus aucun moyen de prévenir mes anciens compagnons. J’ai donc saisi l’opportunité quand elle s’est présentée. Mon… retour ne sera que provisoire, je vous le promets.
— Puis-je croire la parole d’un démon ?
— À défaut de croire en ma sincérité, croyez au moins en ma détermination à empêcher le retour de cette divinité. »
La porte de ma chambre s’ouvrit à toutes volées. Lynn entra, furieuse. Mira s’écarta, impressionnée par l’aura que dégageait Liberté.

« Tu commences déjà tes messes basses », me reprocha cette dernière. Nous nous toisâmes. Nos rapports avaient toujours été compliqués. Je l’avais tuée, lorsque je n’étais qu’un voleur du nom d’Ismaël, cela m’avait valu la damnation éternelle et mon état de démon.{1} Quand Jésus était descendu aux Enfers, il m’avait absous et donné pour mission de protéger l’Ange Liberté. Durant des siècles, j’avais tenté de mener ma mission à bien, échouant, le plus souvent, jusqu’à ce que Liberté prenne l’initiative, se renforçant elle-même pour devenir flic lors de sa dernière incarnation et perdre sa coéquipière par la faute d’Ahriman. Depuis, elle avait appris mon existence. Un temps, nous nous étions rapprochés, puis l’Apocalypse avait eu lieu, j’étais retourné en Enfer, libérant Ismaël Scudéry de ma présence. Elle pensait sans doute être débarrassée de moi pour toujours.
« Camille te passe le bonjour. »
Je ne fis rien pour éviter la gifle qui suivit. Sujet sensible. Elle n’avait toujours pas digéré que sa copine ait décidé de rester avec moi, au lieu de rejoindre le Paradis.
« Je t’interdis…, menaça Lynn.
— Si tu ne me laisses pas intervenir dans cette histoire, tu la mettras aussi en danger. Les Enfers sont en train de changer. Un temps, j’ai pu veiller sur les défunts et leur assurer une issue dans le châtiment éternel. Mais petit à petit, ils ont commencé à échapper à mon contrôle. Dité est tombée en poussière, annonçai-je d’un ton lugubre, et les immeubles ont commencé à pousser comme des champignons, enfermant les morts à l’intérieur. J’ignore ce qui s’y passe, je ne peux pas en franchir les portes. Une puissance colossale m’en empêche. Mais je me doute que cela a un rapport avec le dieu-lare que vous cherchez à vaincre. Dès qu’Ismaël a franchi le Styx, j’ai pu lire en lui et tout découvrir sur cette histoire. Cela m’a encouragé à prendre cette initiative. Je ne resterai pas plus longtemps que nécessaire. Le moment venu, je reprendrai ma place.

— Quelle place ? » intervint Mira. Lynn se fit un plaisir de me devancer pour répondre :
« Celui de maître des lieux. Harfang règne sur les Enfers depuis l’Apocalypse.
— Oh ! ne trouva rien de mieux à répondre la jeune fille.
— Toujours partante pour vous embarquer avec lui dans cet affrontement ? cracha presque Liberté.
— Ai-je le choix ? » rétorqua la gamine qui ne manquait décidément pas de cran. Je lui adressai un regard amusé qu’elle soutint sans faillir. Elle me plaisait bien et je ne pouvais m’empêcher de lui trouver quelque chose de familier.

« Le bimbelotier veut vous parler, annonça Lynn d’un ton peu amène, avant de héler Platon-Jacquet qui se présenta presque courbé à l’entrée de la chambre.
« Chacune de mes créations possède dans son corps une corde qui permet de faire tenir l’ensemble, commença-t-il à expliquer. Chez les initiés, on appelle ça une âme. Elle permet aussi de manipuler la poupée pour les représentations. »
Il marqua un temps et de racla la gorge à plusieurs reprises, comme pour se donner le temps de réfléchir à ce qu’il allait dire.
« Vous ne pouvez pas vous contenter de trancher l’âme de la poupée en votre possession. Il faut aussi le faire de l’autre côté. Le dieu-lare que vous cherchez à combattre a un nom, connu de lui seul. C’est ça, son âme. Vous devez le découvrir et le prononcer au moment exact où nous arracherons le fil ici.
— Mais comment voulez-vous qu’on réussisse à connaître le bon moment ? » s’exclama aussitôt la jeune nécromancienne. Le fabricant de poupées sortit un objet de sa poche, un stylo à l’apparence totalement ordinaire.
« Écrivez le nom dans votre main en pensant très fort à la personne qui devra le voir. Nous saurons ainsi que vous l’avez découvert. »
Je m’emparai du stylo et l’examinai avec circonspection. Il restait à mes yeux un objet tout à fait ordinaire. Je jetai un coup d’œil au bimbelotier. Se moquait-il de nous ? Il se contenta de m’adresser à son tour un regard impavide. Impossible de lire en lui, sans doute était-ce une protection de son principal client.
« Sortez, à présent, demanda la mère. Je voudrais rester un moment avec Mira. »
Tous ceux qui n’étaient pas de la famille obéirent. En franchissant le seuil, je repris mon apparence humaine. Liberté ne manqua pas de me lancer une remarque acerbe :
« Ça ne suffira pas à nous faire oublier ce que tu es. »
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