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Nous sommes des enfants de France

De
142 pages
Ils ont beau partir souvent à l'autre bout du monde, ils reviennent toujours en France, car c'est leur pays. Au point de porter des noms de villes françaises, bien que d'origine congolaise. Orléans et Nice sont des faux jumeaux, fille et garçon. À travers leurs aventures et leur quotidien, c'est le portrait de la jeunesse d'aujourd'hui que ce livre dresse, une jeunesse ouverte sur le monde qui ne manque pas de projets, la preuve est qu'ils prévoient d'aller en Afrique avec leur collège !
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Nous sommes des enfants de France Gaston M’be Mba-Ndou Mba
Ils ont beau partir souvent à l’autre bout du monde, ils Nous sommes des
reviennent toujours en France, car c’est leur pays. u n pays
avec lequel ils se confondent au point de porter des noms des enfants de France
villes françaises, bien que d’origine congolaise.
o rléans et Nice sont des faux jumeaux, flle et garçon. À
Romantravers leurs aventures et leur quotidien, c’est le portrait de
la jeunesse d’aujourd’hui que ce livre dresse, une jeunesse
ouverte sur le monde qui ne manque pas de projets, la preuve
est qu’ils prévoient d’aller en a frique avec leur collège !
Les plus jeunes se reconnaîtront dans ces histoires, les
parents aussi.
Gaston M’beMba-NdouMba est essayiste
et ex-professeur de littérature au Lycée municipal
d’adultes de Paris. Il est l’auteur de plusieurs
ouvrages. Il travaille pour la mairie de Paris.
Illustration de couverture : © Jalka Studio.
ISbN : 978-2-343-04525-2
9 782343 045252
14 €
Gaston M’be Mba-Ndou Mba
Nous sommes des enfants de France










Nous sommes
des enfants de France






Gaston M’bemba-Ndoumba






Nous sommes
des enfants de France
Roman












- Congo


Du même auteur

Ces Noirs qui se blanchissent la peau : la pratique du « maquillage »
chez les Congolais, L’Harmattan, Paris, 2004.
Les Bakongo et la pratique de la sorcellerie :
ordre ou désordre social, L’Harmattan, Paris, 2006.
La femme, la ville et l’argent dans la musique congolaise :
regard sociologique sur l’imaginaire urbain,
L’Harmattan, Paris, 2007.
Un coup de théâtre : histoire du théâtre congolais,
L’Harmattan, Paris, 2008.
La folie dans la pensée Kongo, L’harmattan, Paris, 2010.
Ma première colo, Bénévent, Nice, 2010.
Transports urbains publics et privés au Congo :
enjeux et pratiques sociales, L'Harmattan, Paris, 2010.
La gare d'Austerlitz dans les yeux d'un Africain,
Bénévent, Nice, 2011.
L'Ecole d'expression française en Afrique : histoire inachevée
de domination et d'émancipation sociale, L'harmattan, Paris, 2012.
Mes toutes premières règles, Bénévent, Nice, 2012.
L’écureuil de Montréal
Sociologie de la chanson congolaise : cours expérimental
sur la rumba congolaise, L’Harmattan, Paris, 2013.














































© L’Harmattan, 2014
5-7, rue de l’Ecole-Polytechnique, 75005 Paris

http://www.harmattan.fr
diffusion.harmattan@wanadoo.fr

ISBN : 978-2-343-04525-2
EAN : 9782343045252







À Gloria, Fanny et Claire,
mes premières lectrices...








Hier soir, maman n’était pas très contente parce que je
n’avais pas bien rangé ma chambre. Elle était tellement
fâchée qu’elle m’a dit que je n’irais pas jouer cet après-midi
avec Nancy, ma meilleure copine. Et demain, il n'est pas
question que je me rende à l’anniversaire de Bordeaux, non
plus. Je ne comprends pas pourquoi. Elle est plus sévère
avec moi, alors que la chambre de Nice, mon frère jumeau,
n’est jamais rangée.
Je suis allée voir maman pour m’excuser et lui promettre
que désormais ma chambre serait toujours bien rangée.
Mais elle m’a répondu qu’avec toi c’est toujours la même
chose. Tu t’excuses aujourd’hui et tu recommences demain.
Mais comme je voulais absolument me rendre à
l’anniversaire de Bordeaux, j’ai réfléchi. Je me suis dit qu’il
était bien que j’en parle à papa pour qu’il essaie de
dissuader maman. Je sais que maman ne transige pas avec
les principes. Mais souvent, papa arrive à la convaincre.
Il est impossible de rater l’anniversaire de Bordeaux.
Elle n’est pas ma meilleure copine, mais comme elle m’a
invitée, il faudrait quand même que j’y aille, pour lui faire
plaisir.
A cet anniversaire, presque tous les élèves de ma classe
y seront. Bordeaux a invité beaucoup d’élèves. Il y aura :
Toulouse, Marseille, Nantes, Rennes, Reims, Antibes, Pau,
Metz, Cannes et Milan. Mais à cet anniversaire, il y aura
aussi quelques garçons gentils comme : Lyon, Toulon,
Avignon et Paris, mon amoureux.
Paris ne sait pas que je l’aime. J’aime ce garçon parce
qu’il est beau et intelligent. Il joue de la guitare et du piano.
Mais je n’arrive pas à le lui dire. Et pourtant, je fais plein de
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petites choses pour attirer son attention, mais rien à faire.
Comme tous les garçons, il me semble que sa tête est
ailleurs. Je ne sais pas s’il aime une autre fille de la classe.
Pour savoir ce qui se passe dans la tête d’un garçon, j’ai
demandé à Nice, mon frère, de m’expliquer le manque
d’attention de Paris à mon égard. Il m’a simplement
conseillé de le lui dire de vive voix.
– Moi, m’a-t-il dit, lorsque j’aime une fille, je ne passe
pas par quatre chemins. Je vais la voir et je lui demande si
elle veut être mon amoureuse. Il y a beaucoup de chances
pour que ça marche. Il ne faut surtout pas passer par une
copine pour le dire. Peut-être que Paris est aussi amoureux
de toi, mais il ne sait pas comment te le dire. Ce garçon est
très timide, je le connais un peu.
– Mais enfin, Nice, tu te rends compte de ce que tu dis.
Que pourrait penser un garçon qui se ferait draguer par une
fille, mais il va avoir la grosse tête ! Et il le dirait à tous ses
amis.
– Ma chère sœur, il n’y a pas de honte à avoir en amour.
Maintenant tu fais ce que tu veux.

J’ai beaucoup médité le conseil de Nice. Mais je ne me
sentais pas prête à aller voir Paris. Je me suis dit, je me
laisse un peu de temps pour me décider. Pour moi,
l’anniversaire de Bordeaux était une occasion pour observer
le comportement de Paris.
Lorsque papa est rentré du travail, je suis allée le voir
pour lui expliquer que je voulais me rendre à l’anniversaire
d’une copine de classe demain après-midi, mais maman ne
veut pas que j’y aille parce que je n’ai pas rangé ma
chambre. Je priai papa de plaider ma cause auprès de
maman. Papa était fatigué. Il m’a dit :
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– Ecoute ma fille, laisse-moi arriver, je verrai ça tout à
l’heure avec elle.
Et il a ajouté :
– Moi aussi je suis d’accord avec maman parce que ce
n’est pas la première fois qu’elle te demande de bien
prendre soin de tes affaires. Si on te permet d’aller à
l’anniversaire, tu me promets dorénavant de ranger ta
chambre sans faire d’histoires ?
– Oui, papa, ai-je dit, je te le promets.

L’attitude de papa m’a donné un peu d’espoir. J’étais
tellement contente que je suis allée tout de suite voir Nice
dans sa chambre pour lui dire que papa allait essayer de
dissuader maman pour qu’elle me laisse partir à
l’anniversaire demain.
– Pourrais-tu venir avec moi, à l’anniversaire ?
Il m’a répondu qu’il fallait éviter de se réjouir trop tôt,
car maman n’avait pas encore donné sa réponse. Il a ensuite
ajouté qu’il n’était pas invité et que, de toutes les façons, il
n’appréciait pas Bordeaux. Selon lui, Bordeaux n’était pas
très sympathique.
Nice a simplement promis de m’accompagner jusqu’à la
maison de Bordeaux, si les parents donnaient leur feu vert.
Je suis retournée dans ma chambre. J’ai rangé
impeccablement toutes mes affaires. J’ai pris un livre.
J’essayais de lire, mais je n’arrivais pas à me concentrer.
A 16h30, lorsque maman a frappé à la porte de ma
chambre, j’étais très tendue. Je suis allée ouvrir la porte.
Elle est rentrée et s’est assise sur mon lit. Elle a inspecté la
chambre du regard, et elle m’a dit : « C’est bien rangé cette
fois-ci ».
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Moi, je m’appelle Orléans, hé oui, Orléans comme la
ville qui se trouve dans la région Centre.
Mon frère jumeau s’appelle Nice comme la ville de
Nice, située sur la Côte d’Azur.
Nos parents ont été marqués par ces deux villes.
Mon père a passé toute sa jeunesse et a fait ses études
universitaires à Nice. Pour garder une affection avec sa ville
de cœur, il a décidé de donner à un de ses enfants le nom de
Nice.
Orléans est la ville de naissance de ma mère. Une grande
partie de sa famille y habite encore. On y séjourne
régulièrement. Les deux villes me sont familières, car j’y
suis retournée constamment avec mes parents et mon frère
jumeau. Nice est mon frère cadet et jumeau. Il est sorti du
ventre de maman quelques minutes après moi. Malgré ce
détail, il n’y a aucune différence entre nous. Je m’entends
bien avec lui.
Nice est un garçon charmant. Il n’a que des qualités. Il
est serviable, toujours souriant. Il s’entend bien avec tout le
monde. A l’école tout le monde veut être ami avec lui. Les
filles l’adorent, car il est galant et plein d’humour. Il a une
grande ouverture d’esprit.
Moi, je suis un peu le contraire de mon frère. Je suis très
exigeante vis-à-vis de moi-même. Mes copines me
reprochent d’être un peu dure avec elles et avec les
camarades de la classe, quelquefois. Je n’ai pas beaucoup
d’amies, c’est peut-être à cause de cela. Mais je travaille
bien en classe. J’ai souvent des bonnes notes. Mon objectif
est d’être toujours la meilleure dans le travail. J’ai toujours
eu les félicitations de mes enseignants. Et beaucoup
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