Or des Amériques

De
Suivez la passionnante saga de l'or des Amériques depuis l'engouement qui a subjugué Christophe Colomb et les conquistadores espagnols, les amenant à découvrir, coloniser et exploiter les ressources du Nouveau Monde, jusqu'à l'exploration des plus récents gisements miniers découverts dans le Nord québécois.
Par ses propriétés aussi surprenantes que les pouvoirs qu'on lui a accordés, l'or a permis la rencontre brutale mais extraordinairement productive des peuples qui ont construit l'Amérique d'aujourd'hui. Indiens, Africains, Européens et Métis ont tous contribué à travers l'alchimie du temps et des passions à forger le visage des nations et les paysages du territoire des Amériques. Des trésors préhispaniques aux merveilles de la technologie du xxie siècle, les utilisations de l'or n'ont de limites que celles de l'imagination des hommes. Laissez-vous emporter par la fièvre de l'or et découvrez les Amériques telles que vous ne les avez jamais vues.
Sous la direction d'Hélène Dionne, ethnologue.
Une préface de l'écrivain Dany Laferrière. Des textes signés par les anthropologues : Jacques-M. Chevalier, Paul-Christiaan Klieger, Zélie Larose-Chevalier, José Lopez-Arellano et Michael Taussig ; par les archéologues : Claude Chapdelaine, Yves Chrétien, Hélène Côté, Richard Fiset, Michael Gates, Roberto Lleras, Louise-Iseult Paradis, Gilles Samson et Sanitago Uceda-Castillo ; par les historiens : Hélène Daneau, Miguel Luque Talaván et Daviken Studnicki-Gizbert ; par les historiennes d'art : Letizia Arbeteta-Mira, Clara-Isabel Botero, Paz Cabello-Carro, Paloma Carcedo de Mufarech et Winifred Glover ; par l'expert des cours boursiers de l'or : Jean-Bernard Guyon ; par les géologues : Benoît Dubé, Jayanta Guha, Michel Guiraud et Jean-Marc Lulin.
Publié le : mardi 21 avril 2015
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EAN13 : 9782896644995
Nombre de pages : 208
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O DESR AMÉRIQUES
S e p t e n t r i o n
S o u s l a d i re c t i onD i on n ed ’ H é l è n e
S e p t e n t r i o n
L’expositionOr des Amériquessera présentée à Québec du 30 avril 2008 au 11 janvier 2009et au Muséum national d’histoire naturelle de Paris du 4 avril 2009 au 19 janvier 2010.
L’expositionOr des Amériqueset le présent ouvrage ont été conçus par le Musée de la civilisation de Québec, sous la direction de François Tremblay, directeur de la Direction des expositions et des affaires internationales du Musée de la civilisation de Québec. Le Musée de la civilisation tient à remercier chaleureusement ses partenaires pour leur engagement, leur expertise et leur appui financier dans la réalisation de l’expositionOr des Amériques:
Le Musée de la civilisation est subventionné par le ministère de la Culture et des Communications du Québec. Les éditions du Septentrion remercient de leur soutien financier le ministère du Patrimoine canadien, le Conseil des Arts du Canada et la Société de développement des entreprises culturelles du Québec (SODEC). Les éditions du Septentrion bénéficient du Programme de crédit d’impôt pour l’édition de livres du gouvernement du Québec, géré par la SODEC.
En couverture :Vêtement rituel Mochica en forme de peau de félin, découvert sur le site Huaca de la Luna au Pérou, Universidad Nacional de Trujillo, Pérou, Projet Huaca de la Luna. Inv. PHLL56 INC03, H : 67 cm, La : 31 cm Ep : 11 cm. Photo : Steve Bourget Quatrième de couverture :Escudo espagnol en or arborant une croix potencée dite de Jérusalem sur son revers. Fin du e xvisiècle. Photo : Michael McKeown, The Ulster Museum ; Escudo espagnol en or arborant les armoiries de Philippe II, e ibid.; Monnaie d’or portugaise frappée à Lisbonne à l’effigie de saint Vincent (São Vicente), fin duxvi siècle, The Ulster Museum, Belfast, Inv. BGR 800. Photo : Michael McKeown, The Ulster Museum ;Corbeau apportant la lumière au monde, Masque haïda en or de Robert Davidson, diam : 30 cm. Photo : © 2007 Monnaie royale canadienne – Tous droits réservés Rabat de gauche: Cortès entre en grande pompe à Mexico et est reçu en toute amitié par Motecuhzoma. Huile sur cuivre, 17761800, Museo de América, Madrid, Inv. 00209. Photo : Museo de América ; Ostensoir dit « Soleil des Trois Rivières », Claude Boursier, 16631664, Vermeil (argent recouvert d’or par placage), Conseil de la Nation Huronne Wendat, Wendake, Québec. Photo : © Canadian Museum of Civilization, Harry Foster, D200712318 Rabat de droite :d’ Détail Insularum Britannicarum acurata delineatio ex geographicis conatibus Abrahami Orteliidans Georg Horn,Accuratissima orbis delineatio, sive, Geographia vetus, sacra & profana… Amstelodami : Prostant apud Joannem Janssonium, 1660. Musée de la civilisation, bibliothèque du Séminaire de Québec. Photo : Idra Labrie, Perspective, Musée de la civilisation
Publication Direction : Hélène Dionne Conseiller historique : François Gendron, Muséum national d’histoire naturelle de Paris Recherches bibliographiques : Pierrette Lafond Recherches iconographiques : Frédérick Bussières Révision linguistique : Christian Bouchard Secrétariat : Danielle Roy Traduction : Louis Jolicœur, Madeleine Stratford
Exposition Directeur du Service des expositions historiques : Pierre Bail Chargée de projet : Hélène Daneau Chef du Comité scientifique : José Lopez Arellano Conservatrices : Annie Beauregard, Nicole Grenier
Éditeur Direction éditoriale : Gilles Herman Chargée de projet : Sophie Imbeault Révision : Solange Deschênes Maquette de couverture et mise en pages : PierreLouis Cauchon Réalisation de l'index : Roch Côté
© Les éditions du Septentrion 1300, av. Maguire Sillery (Québec) G1T 1Z3 Dépôt légal : Bibliothèque et Archives nationales du Québec, 2008 ISBN :9782894485460
Diffusion au Canada : Diffusion Dimedia 539, boul. Lebeau SaintLaurent (Québec) H4N 1S2
Ventes en Europe : Distribution du Nouveau Monde 30, rue GayLussac 75005 Paris
Avantpropos
mage de richesse nationale,évocation de pro I digieuses splendeurs, expression d’irrésistibles pouvoirs, étalon des monnaies, l’or a exercé son pouvoir dans tous les pays du monde et a influencé l’exploration et la colonisation de vastes régions. Rares sont les peuples qui ont échappé à sa fasci nation. Ce sont pourtant les Amériques qui furent, depuis la conquête européenne jusqu’à l’aube du e xxsiècle, les principaux pourvoyeurs d’or de la pla nète. L’exploitation de ce métal précieux reste encore aujourd’hui un défi que les hommes et les femmes relèvent avec compétence et ingéniosité. Le Musée de la civilisation se devait d’explorer cette grande aventure panaméricaine que partagent les pays du Nouveau Monde, depuis les civilisations précolombiennes jusqu’à l’or industriel contempo rain. L’expositionOr des Amériques montre la riche diversité des perceptions et des usages de l’or,cemétal que les premiers habitants du continent appelaient la « sueur du soleil ». Au fil des siècles, des millions de personnes ont fouillé les entrailles de la terre, en espérant atteindre l’Eldorado et trouver la richesse. Encore aujourd’hui, l’exploitation de l’or offre aux peuples des Amériques un espoir qui oscille entre fortune et misère. Le Musée de la civilisation raconte, dansOr des Amériques, une histoire passionnante qui n’est pas toujours tendre envers ses protagonistes. Autochtones, conquérants, colonisateurs, explorateurs et entrepre neurs, tous ont entretenu et entretiennent toujours une relation particulière avec ce métal précieux. À l’heure où la valeur marchande de l’or explose et où les pays des Amériques ont entrepris des dialogues sur l’alignement de leurs forces, une grande exposi tion sur ce thème est on ne peut plus d’actualité. Or des Amériques a su intéresser bien des colla borateurs et des partenaires. Mais, avant tout, elle aura été une expérience humaine et professionnelle très enrichissante. Projet de longue haleine conçu et réalisé par le Musée de la civilisation, l’exposition a
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Claire Simard Directrice générale, Musée de la civilisation
bénéficié du soutien intellectuel de scientifiques et de praticiens de grande envergure dont on trouvera l’écho dans cet ouvrage. Fidèle à sa manière de faire, le Musée de la civilisation propose à ses lecteurs une vision globale, issue de la contribution d’une équipe multidisciplinaire. Chacun des auteurs rayonne avec autorité dans son champ d’expertise et c’est une oc casion unique d’avoir leurs propos réunis autour du thème!Or des Amériques Je ne saurais passer sous silence la collaboration remarquable des institutions et des collectionneurs privés qui nous ont permis de réaliser ce projet. Une soixantaine de prêteurs provenant de neuf pays (Canada, Colombie, Espagne, ÉtatsUnis, France, Irlande, Mexique, Pérou et Portugal) ont généreuse ment prêté leurs collections. Il faut aussi mentionner l’aide financière et technique importante de l’indus trie minière et de la Monnaie royale canadienne, qui ont toujours été respectueuses de la nature de notre travail. Sans le partage et l’intégration des idées, des savoirfaire et des collections, l’expositionOr des Amériques n’aurait pu atteindre une telle envergure, dans sa présentation au Musée de la civilisation, à Québec en 2008 et au Muséum national d’histoire naturelle, à Paris en 2009. Je souhaite à tous que ce voyage au cœur des Amériques soit une découverte pleine d’enseigne ments et de réflexions propres à nourrir les impor tants défis qui se posent aux sociétés des Amériques et d’ailleurs.
vecOr des Amériques,une exposition conçue A et produite par le Musée de la civilisation de Québec, le rêve, l’histoire et la science seront au ren dezvous. Les concepteurs du projet présentent en effet une approche très complète qui a su réunir chercheurs, conservateurs, experts des deux rives de l’Atlantique. Les objets exposés n’ont pas été rassemblés seulement pour éblouir, mais pour témoigner de l’importance considérable de l’or dans l’histoire et dans les rap ports entre les cultures. La recherche du fabuleux métal a lancé vers le Nouveau Monde bien des hommes « ivres d’un rêve héroïque et brutal ». Cette quête souvent tragique d’un Eldorado représente la face très sombre d’une épopée qui a connu de nombreux épisodes et qui s’est déroulée sur plusieurs scènes au Mexique, au Pérou, en Californie, en Alaska ou au Québec. Elle ne peut faire oublier l’ingéniosité des mineurs et des artisans, la beauté du travail des orfèvres qui, selon les mythes ou les usages de leur culture, transformaient le minerai en objets précieux.
BertrandPierre Galey Directeur général, Muséum national d’histoire naturelle
L’exposition et sa publication nous font égale ment découvrir la fonction financière de l’or dans les sociétés modernes, les prospections actuelles et les études géologiques contemporaines. En partageant un regard émerveillé et lucide sur l’or, objet de nature, objet de culture, en échangeant à travers une exposition, une expérience, le Muséum et le Musée de la civilisation de Québec renforcent un lien de coopération culturelle qui prend tout son sens en permettant au public français de découvrir le fascinantOr des Amériques… une découverte qui les enrichira bien sûr !
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Préface Corps des Amériques
élène Dionne n’a pas vouludiscute qu’on H au téléphone d’un sujet aussi précieux : l’or des Amériques. Cet or arrive, m’atelle dit, dans peu de temps à Québec. Comment recevoir le célèbre métal et ses multiples métaphores qui ont tant contribué à fonder le réel et l’imaginaire de notre continent ? Fautil remuer l’histoire et son cortège de malheurs ? Doiton croire que tout cela n’est que du passé ? Qui parle alors ? L’héritier du maître ou l’héritier de l’es clave ? Car l’Amérique est née d’un crime : le génocide amérindien. Et l’une des raisons de ce génocide est cet or qui, en liquide, court plus vite que l’héroïne dans le sang du conquistador qui finit toutefois par se faire dévorer dans son hamac par des anophèles gorgés de fièvres tropicales. Il reste chez moi de légères traces de cette conquête. Et la sieste en est une. Malgré ou à cause de cette constante agitation urbaine, je continue à faire la sieste, l’aprèsmidi. Après cette rapide conversation au téléphone, je suis allé me coucher dans de frais draps blancs, en ayant soin de baisser les stores. Dans cette douce pénombre, qui m’a rappelé les Caraïbes, j’ai pu repenser à ce reflet jaune qui aveugla l’Europe entière durant près de quatre siècles. Quand on perd la vue, remarque l’Argentin Borges, le jaune est la dernière couleur à disparaître. Je fermai donc les yeux pour voir, en un clin d’œil, tout l’or des Amériques que le Musée de la civilisation dépose aujourd’hui à vos pieds. Hélène Dionne m’attendait, avec son sourire et ses dossiers, dans ce petit café de la rue SaintDenis, à Montréal. – Que voulezvous de moi ? Elle me regarda en face. Autour de nous quel ques clients lisant ou buvant sans hâte leur thé vert.
Corps des Amériques
Photo: Idra Labrie, Perspective, Musée de la civilisation Graphisme: Charles StGelais, Musée de la civilisation
A Dany LaferÉcrriièvarien/V
J’essaie toujours de chercher dans les faits les plus banals de notre vie quotidienne les signes accablants de la déchirante histoire coloniale. Un simple thé vert nous dit l’aberration des Indes occidentales en nous rappelant l’arrogance d’une culture qui tenta de changer la carte du monde afin de ne pas se trom per de direction. L’Inde est derrière vous, Monsieur Colomb ! Le regard sensible d’Hélène Dionne dont les ancêtres quittèrent l’Europe un jour pour cette Amérique de rêverie de Bernardin de SaintPierre, qui n’était en fait qu’un immense camp de travail sous un soleil torride, redonne à cet univers son vrai sens exempt de haine comme de naïveté. Et je revois, dans le même cillement, mon ancêtre débarquer des cales d’un négrier pour tomber, sans transition, dans l’enfer de SaintDomingue. Voilà donc, face à face dans ce petit café montréalais, l’Européenne et l’Afri cain, ces deux immigrés qui ne retournèrent jamais à leur point d’origine. Sontils restés les mêmes ? C’est l’Amérique d’aujourd’hui. Car il nous faut soupçon ner ces identités pures dans cette Amérique affolée de désirs furieux et de rapports troubles durant ces lourdes nuits embaumées de tous les parfums d’une si riche flore. Loin de l’Europe, les interdits tombèrent comme des mouches saoulées par la chaleur. Et nous voilà, Hélène Dionne et moi, en train de discuter, quelques siècles plus tard, d’une histoire qui nous est aujourd’hui commune. Breton soupira, vers la fin de sa vie : « Je cherche l’or du temps présent. » – J’aimerais, ditelle, que vous préfaciez le livre de cette exposition. Et elle m’expliqua minutieusement ce projet qui la brûle depuis un bon moment. L’or continue donc de faire des ravages au cœur sauvage de la jeune Amérique. Elle m’exhiba chaque collaborateur de ce livre comme une pépite. Et chacun a une fonction précise dans une ruche où la reine recueille, avec diligence, le fabuleux pollen.
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V P r é f a c e
Carta esatta rappresentante l’Isola di S. Domingo osia Hispaniola dansIl gazzettiere americano : contenente un distinto ragguaglio di tutte le parti del Nuovo Mondo…, In Livorno, Per Marco Coltellini, 1763 Musée de la civilisation, bibliothèque du Séminaire de Québec, SQ0025655 Photo: Idra Labrie, Perspective, Musée de la civilisation
– J’ai une certaine difficulté à séparer l’or du corps, disje. Ses yeux brillent instantanément, mais elle se garde de tout commentaire pour ne pas m’influencer. Il ne faudrait surtout pas que cette mémoire déjà blessée ne devienne une mémoire volée. Ce n’est pas le cas ici si l’on voit avec quelle délicatesse Hélène Dionne touche cette plaie encore vive.
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Avant de lire dans les salles du musée cette histoire de l’or, il faut savoir qu’elle fut d’abord une histoire de la frénésie des hommes pour le pouvoir. Et visualiser, si possible, la rivière de sang qui en résulte. Et chacun l’a vécue, selon sa position dans l’histoire. Pour l’Indien, ce fut féroce et rapide. Pour le Nègre d’Afrique : une interminable nuit sanglante. L’Européen y a connu l’aventure, les maladies et la mort hors de son lit natal. Selon qu’on soit d’un côté ou de l’autre de la rivière des Massacres, la vie fut différente.
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