Oui, je veux vivre

De
Publié par

Rachel, une femme proche de la cinquantaine, apprend soudain qu'elle est atteinte d'un mal qu'elle croit incurable. Aussitôt, son regard sur la vie va changer. De déceptions en véritables révélations, elle va découvrir les personnalités réelles de son entourage et prendre conscience des valeurs essentielles de l'existence. Ce grand bouleversement, tant physique que moral, va la métamorphoser, et l'amènera à faire des choix pas toujours évidents.
Publié le : vendredi 1 octobre 2010
Lecture(s) : 36
EAN13 : 9782336277875
Nombre de pages : 128
Prix de location à la page : 0,0073€ (en savoir plus)
Voir plus Voir moins
7 jours d'essai offerts
Ce livre et des milliers d'autres sont disponibles en abonnement pour 8,99€/mois
Oui, je veux vivre
Patricia Kawa Oui, je veux vivre
© L’Harmattan, 2010 57, rue de l’Ecole polytechnique ; 75005 Paris http://www.librairieharmattan.com diffusion.harmattan@wanadoo.fr harmattan1@wanadoo.fr ISBN : 9782296133099 EAN : 9782296133099
Merci à mon mari Marc et à mes enfants Johanna, Tracy et Gregory grâce auxquels je savoure le bonheur de vivre à chaque instant. Merci à ma sœur, Martine, qui, depuis toujours, par son enthousiasme et son magnifique soutien pour mes écrits, m’a donné la foi de persévérer dans l’écriture.
À ma sœur, Solange, qui, par son courage pour endurer cette fichue maladie, m’a donné la force de croire qu’on pouvait s’en relever. J’ai pour elle une grande admiration.
Merci à Daniel Simon pour ses remarques précieuses.
Merci à mon amie Catherine d’avoir consacré beaucoup de son temps à la relecture de mon ouvrage.
Avril 2007  Voilà ! Je crois être arrivée à la fin de ma vie. Quarante-sept ans ! C’est peu et beaucoup à la fois. J’ai eu une vie bien remplie, je ne peux pas le nier. Pourtant, il me reste certainement des milliers d’événements à vivre sur terre, me semble-t-il. Toutes ces années ont passé si vite ! Impossible de revenir en arrière… Je dois m’apprêter à dire adieu à tout ce qui a compté pour moi. Le diagnostic est tombé : cancer de l’estomac. Je m’en souviens clairement. C’était il y a quatre mois, tout au début de décembre.Le soleil venait de se coucher. Il devait être dix-sept heures. En tout cas, par la minuscule fenêtre du cabinet où je me trouvais, je voyais la nuit tomber. Le médecin m’a annoncé le verdict et je n’ai pu m’empêcher de vomir. Il était mal à l’aise, mais il n’a pas fait de remarque, il s’est contenté de dire de sa voix grave : « Je comprends, Madame Steinberg. » S’est ensuivi un long silence, qui a duré une éternité. Ensuite, il s’est mis à me matraquer de tout ce que j’allais devoir entreprendre pour vivre, peut-être, quelques années supplémentaires : chimiothérapie, radiothérapie, panoplie de médicaments et j'en passe. Ces mots parvenaient à mes oreilles comme un bourdonnement incessant. En fait, j’entendais sans entendre vraiment, fixant le ventre bedonnant de cet homme trapu et robuste. Le choc m’apportait un torrentd’images que j’ai immédiatement rejetées. Les consonnes et voyelles formant des mots indésirables me rebutaient. Je ne concevais pas un instant que c’était de moi dont il parlait. Je suis revenue à la réalité pour entendre « perte de cheveux ». Dans mon esprit fusa aussitôt : si ce gars-là croit que je vais me défaire de ma longue chevelure blonde ! Cela a mis des années de soins minutieux pour obtenir l'épaisseur et la
9
brillance actuelles. Non, il se met le doigt dans l’œil ! Pour lui qui est chauve, ça n’a sans doute aucune importance. Un autre mot me saisit : « nausées ». Il tourna dans ma tête. Que savait-il de cet état, ce médecin ? La nausée, je la connaissais à la perfection, elle ne me quittait plus depuis quelque temps déjà. Aucune médication n’était parvenue à m’en débarrasser, c’était d’ailleurs cette situation nauséeuse qui m’avait obligée à aller consulter la première fois déjà. Prises de sang, radios de mon système digestif, scanner et autres furent le lot d'une journée harassante passée à l’hôpital. Cela avait pris du temps avant d’avoir un résultat fiable. L’équipe médicale à laquelle j’avais confié mon corps malade n'arrivait pas à se mettre d’accord sur mon état de santé. La bonne nouvelle à ce moment-là, c’est qu’ils avaient exclu tout cancer. Évidemment, il n’y avait pas encore eu d’investigation profonde. Tout le monde peut se tromper, n’est-ce pas ! Les paroles du fameux Dr Germain continuaient à défiler.J’ai entendu « repos ».Mot inconnu pour moi. À qui le prononçait, je répondais : « J’aurai tout le temps de me reposer six pieds sous terre ! »Il est vrai que mon métier de décoratrice me fait souvent courir mille lièvres à la fois, et le bénévolat auquel je me suis consacrée, depuis cinq ans déjà, accélère encore le rythme effréné de ma vie.J’accompagne les personnes en soins palliatifs. Je me rends auprès d'elles, on fait causette. Cela permet à leur compagne ou compagnon de prendre un peu l'air et, à elles-mêmes, de se laisser aller à quelques confidences ou, simplement, à parler de choses et d’autres. Dieu, j’en apprends sur leur existence ! Certains ont l’art de collectionner toutes les misères du monde. Souvent, le dialogue est passionnant ; si je pouvais leur consacrer plus d’une journée tous les quinze jours, je n’hésiterais pas. Je me sens vraiment très proche de ces gens qui vont passer de l’autre côté de la vie. J’ai le désir de leur apporter un peu de
10
Soyez le premier à déposer un commentaire !

17/1000 caractères maximum.