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Texte :HOURSEAU Clément Image de couverture :© denisovd - Fotolia.com
Creative Commons BY-NC-SA 3.0 France - Clément HOURSEAU
ISBN : 978-2-36820-003-2 Prix : 1,35 €
Format électronique - Publié par Clément Hourseau Correction – Hervé LOTH
Dépôt Légal : 1ertrimestre 2013
 http:/ / universparallele.fr http://clement-hourseau.com
partie 1
« Si j’avais un vœu à faire, je quitterais ce monde pourri par les guerres, la cupidité, l’avarice et l’Homme. Peu importe les dangers que cela impliquerait, j’embarquerais sans hésiter à bord du premier vaisseau s’envolant en direction des étoiles. Quitte à vivre dans l’obscurité, je préférerais celle de l’espace à celle de l’Homme. »
C’est ainsi que débute le nouveau texte d’Adrien, jeune écrivain qui ne rêve que d’une seule chose… quitter ce monde ravagé par l’Homme et sa prétendue supériorité sur l’ensemble des autres espèces peuplant la Terre. Installé devant son écran d’ordinateur, il aime écrire des textes engagés, prônant le respect mutuel, la sauvegarde de l’environnement. Il n’hésite pas à attaquer ce qu’il juge futile dans la société de consommation d’aujourd’hui. Il n’est pas extrémiste ni anarchiste. Pourtant, il aimerait par-dessus tout que l’Homme revienne à la raison, et surtout aux fondements d’une véritable société égalitaire et pacifiste. Mais il n’est pas dupe. Il est bien loin le monde des Bisounours. La société contemporaine est dominée par l’égocentrisme, la cupidité et l’individualisme. Il le sait. Pour s’exprimer aux yeux du monde, il ne descend pas dans la rue, ni ne signe de pétitions. Il écrit. Sur son blog ainsi que sur son site. Des articles, autant que des nouvelles. Des créations qu’il rend libres d’accès.
« L’Homme n’est pas une erreur de la Nature. C’est un prototype dont la seule particularité est d’avoir été programmé pour s’autodétruire en cas d’échec, sans même en prendre conscience. »
Son sentiment vis-à-vis de l’Humanité ne cesse de se dégrader au fil du temps. La politique, les conflits militaires, les crises économiques… Il ne doute pas que l’Homme puisse encore revenir dans le droit chemin. Mais ses espoirs se meurent petit à petit. Jour après jour. Il en deviendrait presque évident, dans son esprit, que d’ici peu de temps, l’être humain quittera définitivement
la Terre… d’une façon assez peu élégante et dans l’indifférence la plus totale de la Nature, qui n’en tirera que d’énormes bénéfices.
« Je me suis porté volontaire pour une mission d’un nouveau genre. Une société américaine basée en Floride vient de mettre au point, dans le plus grand secret, un prétendu vaisseau spatial. Ayant découvert, je ne sais comment, ma façon de voir les choses, ils m’ont proposé de participer à cette « aventure » comme ils disent. Ayant tout de suite accepté, voilà que je me retrouve aujourd’hui à une soixantaine de kilomètres de Miami, dans un complexe industriel et technologique géant. Le vaisseau, majestueux, robuste et racé, se tient devant moi. Il paraît inconcevable que l’Homme soit parvenu à fabriquer un tel engin surpuissant. Je n’en crois pas mes yeux. Jamais je n’aurais espéré connaître cela au cours de ma vie. Mon plus grand rêve est sur le point de se réaliser. Je vais enfin quitter la Terre. De façon définitive. Les budgets de la société sont limités. La conception de l’astronef a presque tout englouti. Des milliers d’heures de simulations informatiques ont été opérées. Les systèmes de bord ont tous été analysés, ré-analysés. Tous les voyants sont au vert. Aucun test grandeur nature n’est prévu. Je m’en moque. L’excitation me gagne. Les dangers sont énormes. Je tiens plus que tout à la vie, mais l’occasion de participer à cette aventure hors du commun est telle que j’accepte tous les risques inhérents. Même les pires. Je veux quitter ce monde corrompu. Terrien je suis, terrien je resterai… mais en exil je serai. La solitude à bord du vaisseau ne me fait pas peur. J’ai bien trop hâte de m’envoler à la rencontre du système solaire et de ses merveilles, pour ensuite me retrouver dans le vide interstellaire et dépasser les sondes Voyager 1 et 2, lancées il y plusieurs décennies. J’ai vingt-cinq ans, et je rêve de tout ceci depuis bien trop longtemps pour laisser passer cette occasion, cette chance, de foutre le camp d’ici. »
Déterminé, rien ne pourra faire changer d’avis Adrien. Il veut quitter la Terre, et il le fera. Ce n’est pas un caprice. C’est un besoin. Un besoin de s’éloigner de tout ce qui rend et a rendu l’Homme tel qu’il est aujourd’hui. Un redoutable prédateur. Redoutable au point de se prendre lui-même comme cible de ses attaques.
« Le décollage est prévu pour demain matin. Je suis petit à petit gagné par une certaine forme de stress. Je sais que mon choix est le bon, qu’il va me permettre de m’épanouir plus que tout ce que je pourrais connaître sur Terre. Pourtant, j’ai peur. Peur de l’inconnu. Mais je ne le cache pas. Certains prendraient cet aveu comme une preuve de faiblesse. Pour ma part, il s’agit de savoir écouter mon corps et de faire preuve d’humilité. Une qualité qui a quitté l’Homme depuis bien longtemps déjà. Je ne crains pas la solitude. Comme le dit l’adage, mieux vaut être seul que mal accompagné. Ici-bas, je suis très mal accompagné… Non par mes proches, qui sont formidables. Mais par mes congénères, autres membres de l’espèce humaine. Car la Terre est un astre exceptionnel. Il regorge de richesses en tous genres et n’a qu’un seul défaut majeur : l’Homme. Mon voyage à travers l’espace doit me mener à rencontrer l’étoile de Barnard, une naine rouge de type M située à près de six années-lumière d’ici. Honnêtement, je ne sais pas vraiment ce qu’est une naine rouge. Encore moins de type M. Je suis très intéressé par l’astronomie, toutefois mes connaissances restent assez vagues. Peut-être un peu plus évoluées que le commun des mortels, mais profondément ridicules pour tout scientifique se respectant. Je sais tous de même que mon périple me conduira à plus de cinquante-six mille milliards de kilomètres de la planète bleue. Et franchement, c’est tout ce qui importe à mes yeux. Mettre la plus grande distance possible entre l’Humanité et moi-même. »
La Terre est maintenant vierge de toute présence humaine. La vie est toujours présente. Mais seulement sous forme animale et végétale. L’humanité a été
réduite à néant, totalement impuissante face aux armées rémanes,venue du fin fond de la galaxie pour purger la planète bleue de son plus grand fléau. La mission était simple. Réduire à néant la totalité de l’espèce humaine. Aucun Homme ne devait survivre. Non pas pour coloniser la Terre. Non. Uniquement pour sauver son écosystème exceptionnel au possible. Malheureusement pour eux, un être humain, un seul, voyageant quelque part dans la galaxie, est probablement encore en vie. C’est un risque qu’ils ne peuvent se permettre de prendre. Si jamais, d’une façon ou d’une autre, celui-ci parvenait à reconstituer un semblant d’espèce humaine, tout pourrait bien recommencer de plus belle.
« Le jour où vous lirez ceci, je serai déjà loin. Très loin. Au pire, je ne serai plus de ce monde. Au mieux, je voguerai à travers l’obscure magnificence de l’espace immaculé. Mon voyage doit durer au moins quarante ans. Quoi qu’il arrive, sachez que je suis heureux là où je me trouve. Peut-être ai-je même une petite pointe de nostalgie en pensant à ma chère Terre natale. Mais je vis enfin mon rêve. Naviguer dans les étoiles sans plus subir la bêtise humaine. La vie est belle. Adieu. »
partie 2
« Je débute mon quatre cent soixante-quinzième jour de solitude. Un an et demi. Un an et demi que je vogue à travers l’espace. J’ai le sentiment de ne pas avancer. De faire du surplace. La Terre n’est plus qu’un petit point non distinguable à l’œil nu. Je prends conscience, petit à petit, que mon rêve se réalise. Je suis seul. Tous mes soucis sont envolés. J’ai enfin le temps et l’envie de me présenter. Je me prénomme donc Adrien. Je suis âgé de presque vingt-sept ans et grand passionné d’espace et d’exploration. À l’origine, je pratiquais le tennis de table. Ici, je me suis mis à la marche sur tapis. Non pas par choix, mais tout simplement par nécessité, pour conserver un minimum de masse musculaire. Je suis écrivain. Ce qui explique peut-être que, malgré mon éloignement de la Terre, je continue, encore et toujours, à écrire ma vie. Je ne suis pas imbu de moi-même, ni égocentrique. C’est uniquement ma façon de combler mon esprit. De m’occuper. Jamais je n’aurais pensé dire une chose pareille un jour, mais la Terre me manque. L’Homme aussi. Bien que je ne cautionne toujours pas ce qu’il est devenu, je ressens un petit vide. Je m’étais sûrement surestimé. Je me savais humain, mais je ne me pensais pas si sensible. »
Les deux cents mètres carrés du vaisseau se fraient un chemin à travers la noirceur du vide interstellaire. Vu de l’extérieur, il donnerait presque l’impression d’être parfaitement immobile.
Sa coque est immaculée. Du moins, elle l’était à l’origine. Si Adrien pouvait l’inspecter aujourd’hui, il y percevrait une multitude de petits impacts causés par tous ces minuscules corps composant le vide interstellaire. Sauf qu’Adrien n’est pas un astronaute. Malgré les apparences, il n’est qu’un banal être humain. Il n’a aucun entraînement spatial. S’il ne s’était pas agi d’une mission privée, jamais il n’aurait quitté son pays, la France.
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