Par quatre chemins suivi de Ames laiques

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"Je me répétais l'un ou l'autre de ces vers à la recherche de son visage, sans jamais y parvenir. "La pluie a cessé depuis un moment", dans un pays où la pluie est si rare... c'était pour moi le plus beau des vers, mais elle y demeurait introuvable. L'idée qu'une femme, quelque part dans le monde, eût pu écrire, un jour, de telles phrases était pour moi si nouvelle que j'en fus bouleversé.
Publié le : dimanche 1 juin 2003
Lecture(s) : 53
EAN13 : 9782296328105
Nombre de pages : 102
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PAR QUATRE CHEMINS
suivi de

ÂMES LAÏQUES

Collection L'Autre Amérique dirigée par Denis Rolland, Pierre Ragon Joëlle Chassin et Idelette Muzart Fonseca dos Santos
AGUIRRE Eugenio, Gonzalo Guerrero, 1990. ARCE Manuel José, D'une cité et autres affaires, 1995. BARETIO Lima, Souvenirs d'un gratte-papier, 1989. BARETfO Lima, Sous la bannière étoilée de la Croix du Sud, 1992. BARETfO Lima, Vie et et mort de Gonzaga de Sa, 1994. BOURGERIE D., Des ciels d'Amazonie aux berges de l'éternité, 1992. BRANT Vera, La routine des jours, 1998. CONST ANTINI Humberto, Dieux, petits hommes et policiers, 1993.
DE FRANOSCO Miguel, Amwire de célibataires, traduit de Michel Falempin, 1996.

DIAZ ROZZOTfO Jaime, Le papier brûlé (trad. de J-J Fleury), 1996. ELORDI Santiago, Babieca, 2001. GIL OLIVO Ràmon, L'homme sur la place et autres nouvelles, 1997. GOsAL VEZ Raul Botelho, Terre indomptable (roman traduit du bolivien par Agnès Sow), 1994. GUINEA DIEZ Gerardo, Etre sous le regard (trad. Jean-Jacques Fleury), 2002. JACOME Gustavo Alfredo, Pourquoi les hérons s'en sont allés, 1998. JIMENEZ GIRON Adalberto, Les récits de la mort (trad de Andrée Ducros), 1995. KIEFER Charles, Qui fait gémir la terre? (trad. d'Elaine Penny), 2003 LAFOURCADE Enrique, Lafête du Roi Achab, 1997. LEZAMA LIMA José, L'Expression américaine, 2001. MACEDO Porfirio Mamani, Les vigies, traduit de l'espagnol par Elisabeth Passeda, 1997. MACEBO Porfirio Mamani, Le Jardin et l'oubli, 2002. MARTI José, Vers libres. Edition bilingue établie par Jean Lamire, 1997. MEDINA Enrique (nouvelles argentines traduites par Maria Poumier), La vengeance, 1992. MEDINA Enrique, Transparente, traduit de l'argentin par Maria Poumier MEJIA José, Plus grand que les plus grands..., 1997. MIGDAL Alicia, Historia Quieta, Histoire Immobile, 1998. MONTSERRAT Ricardo, La périlleuse mémoire de Tito Perrochet, 1992. MONTSERRAT Ricardo, Là-bas, la haine, 1993. OTERO Lisandro, La situation, 1988. PALLOTINI Renata, Nosotros, traduit du portugais par Jandira Telles de Vasconcellos, 1996. POSADAS Carmen, Mon frère Salvador et autres mensonges - Nouvelles (Traduction de l'espagnol de Sophie Courgeon), 1996. PRENZ Juan Octavio, Fable d'Inocencio Onesto, le décapité, 1996. RODRIGUEZ JULIA Edgardo, L'enterrement de Cortijo. Chronique portoricaine, 1994. ROMERO Flor, Terres d'Emeraudes, 2000. ROMERO Flor (traduit par Claude Bourguignon et Claude Couffon), La présidente, 2003. VERDEVOYE Paul (traduits et présentés), L'abattoir suivi de Soledad, 1997.

E. T. Lisbôa

PAR QUATRE CHEMINS
suivi de

ÂMES LAÏQUES

deux nouvelles

traduit du brésilien

Titre original: Por quatro caminhos suivi de AImas Pagàs, E. T. Lisbôa

EditoraMacadâ (Niter6i, RJ - Brasil), 2003

Traduction

réalisée par l'Association sous la responsabilité

France Bienvenue,

d'E1ain Penny

couverture:

cg Miguel 1mbiriba

(Ç) L'Harmanan,

2003

5-7, rue de l'École-Polytechnique 75005 Paris - France L'Harmattan, Iralia s.r.l. Via Bava 37 10124 Torino L'Harmattan Hongrie Hargita u. 3 1026 Budapest ISBN: 2-7475-4765-5

A Yvonne A Philippe

Par Quatre Chemins

Chapitre I

1

Ce fut une nuit interminable, ponctuée, çà et là, d'un lointain souvenir: un visage blanc comme la craie coiffait un corps élancé qu'une barrière invisible empêchait d'avancer. Les bras écartés, l'homme se déplaçait latéralement, tournait à droite. De ce côté aussi, impossible d'aller plus loin. Les bras ouverts, il se déplaçait de nouveau latéralement, tournait encore à droite. De ce côté également... Une cage! Une cage invisible! Enfant, je ne l'avais pas compris.

L'idée de devoir affronter le conseil des Anciens s'était, petit à petit, mêlée dans mon esprit à l'impossibilité de me rappeler ce qu'était une femme. Encore moins me souvenais-je de celle à l'origine de ma fugue. Et pourtant, le jour venu, je retrouvai les mots et les images, progressivement, un peu comme le musicien retrouve sa musique après en avoir perdu le secret. L'Ancien écoutait attentivement et me posait des questions simples: - Elle disait quelque chose? - Non. Elle pleurait. Il me fixa en silence. Je corrigeai:
- Si. Elle a dit:

«Toi seulement, pas les deux

autres ».

9

Les deux autres en avaient bien sûr profité. Oui, plus d'une fois, comme moi. Après seulement, j'avais eu l'idée de m'en débarrasser. Nous l'avons entraînée au plus profond du bois, et je déroulai ma ceinture en peau de chèvre. - Etait-elle consciente? - Oui. - A-t-elle dit quelque chose? - Non. Elle pleurait. L'assemblée des aînés m'observait. Je rectifiai: - Si. Elle demandait qu'on ne la tue pas... - C'est tout? - Elle disait aussi qu'elle ne raconterait à personne...
- Encore autre chose?

- Non, c'est tout. Quelques échanges suffirent, l'affaire ne recelait guère de mystère. A l'exception d'un, peut-être, que l'Ancien tenta d'élucider. cessé de pleurer et d'implorer ... Tu l'as profondément humiliée et froidement assassinée. Pourquoi? La question était nouvelle. Ni ma capture, ni la longue attente, n'avaient fait naître en moi cette interrogation. Ce fut la seule fois où je réfléchis longtemps, dans le silence de la clairière et de l'après-midi, avant de répondre: - Je - et aussi la seule fois que j'employai ce
- Cette fille... elle ne t'avait rien fait... Elle n'a pas

pronom. - Je suis une brute... je suis une bête.

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