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Parole de chien ! Récits
Dominique Poulachon
Parole de chien ! Récits
© L’Harmattan, 2011 5-7, rue de l’Ecole-Polytechnique, 75005 Paris http://www.librairieharmattan.com diffusion.harmattan@wanadoo.fr harmattan1@wanadoo.fr ISBN : 978-2-296-55546-4 EAN : 9782296555464
« Chassez le chien du fauteuil du Roi, il grimpera sur la chair du prédicateur » Jean de la Bruyère À tous les amis des animaux
Préface Née d’Alaska, toute blanche, labrit des Pyrénées, à poils longs, chienne de troupeau, gardienne et rassembleuse, Pyrène, petite boule de poils, se réfugie dans les « pattes » de Jean-Louis – son futur « papa-soupe » - C’est d’accord, elle sera adoptée.  C’est ainsi qu’elle revient, avec Marie, sa future « maman-soupe », dans une grande maison, remplie de chattes et de chats, de poules et de canards. Déjà son caractère déterminé se révèle. Mais aussi sa fidélité à Hugo, son voisin et compagnon, géniteur de leurs petits.  Naîtront alors : Croquette, Câline, Coquin, Gaufrette, Grognette, tous bien-portants.  Et puis, lors d’une deuxième portée : Swinny, Sol-la, Whisky, Capeline, etc… et Diane, la Chasseresse, à l’intelligence vive et précoce, rebaptisée Toutoune par sa nouvelle maîtresse, musicienne, littéraire, aussi enjouée et indépendante qu’elle.  Le reste, vous le découvrirez dans les pages qui suivent, où l’imaginaire ourle le liseré de poésie du quotidien et le dispute à la réalité. Marie et Jean-Louis GUYON-DUPUY
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Le 30 janvier 2002  Chère Marie, cher Jean-Louis,Ma maîtresse ne s’étant pas fatiguée à trouver le message original du siècle pour vous souhaiter la Bonne Année, je vais prendre moi-même la plume, et en profiter pour vous donner de mes nouvelles. J’espère que maman Pyrène va bien, et qu’elle ne m’a pas oubliée. Je suis devenue une grande Toutoune maintenant, et je me suis bien adaptée à ma nouvelle vie, entre ma maman Mathilde et mon tonton. Je suis en bonne santé, pleine de force et de vitalité. Ma maîtresse dit que je suis montée sur ressorts. Je suis très douée pour la course à pattes. Le seul problème, c’est que je n’ai pas de freins. Alors, je me sers des genoux de ma maîtresse. BANG ! Ça m’arrête net ! Sauf que maintenant, elle a les jambes pleines de bleus. Mais ça n’est pas grave, car moi, je trouve que le bleu, c’est une bien jolie couleur… Quand ma maîtresse n’est pas là, je fais des dérapages (incontrôlés !), et je bangue la tête la première dans tout ce qui se trouve sur mon passage. Heureusement, j’ai le crâne solide. D’ailleurs ma maîtresse dit souvent que j’ai la tête dure. Mais ça, c’est une autre histoire. En fait, j’adore faire des bêtises. Et elle n’arrive pas à comprendre que chez moi, c’est naturel.  Comme vous l’avez vu sur sa carte, elle n’a pas un vocabulaire très étendu : Bonne Année, Bonne Santé. Trois mots… Aussi, avec moi, son langage se réduit-il souvent à ce « non ! » qu’elle crie de toutes ses forces, comme si je risquais de ne pas l’entendre ! Du coup, je ne peux pas toujours faire tout ce que je veux. Tonton, lui, il est plus cool. Il crie « nondedieu ». Ça me laisse une seconde de plus pour finir la bêtise que j’avais commencée.  Enfin, il faut que je leur rende justice, ils sont tous les deux plutôt sympa avec moi. J’ai la chance d’avoir deux maisons. Les règles du jeu ne sont pas les mêmes dans chacune, mais je m’arrange pour y trouver mon compte.
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Chez tonton, je vis dans une grande pièce, et j’ai le droit de grimper sur les canapés, de faire voltiger les coussins – ça me console de ne pas pouvoir faire voltiger les chats ! J’ai aussi le droit de traîner et de mâchouiller les morceaux de bois qu’il pose à côté du poêle. Il me lance parfois un « nondedieu » tonitruant, parce que j’en mets dans toute la pièce. Mais ça va, il commence à s’y faire. Par contre, chez lui, la cour n’est pas très grande. Pas besoin de freiner, car je n’ai même pas la place de prendre mon élan !  Je suis chez mon tonton quand maman part travailler, et je dors chez lui le mardi soir, parce qu’elle rentre très tard de sa chorale.  Le reste du temps, je suis chez maman. Là aussi, j’habite dans une grande pièce, mais les canapés sont interdits. Pas question d’y déposer le moindre petit bout de mes fesses. La pièce d’à côté, je ne peux pas vous la décrire, je n’ai pas le droit d’y aller. J’y suis juste entrée une ou deux fois en vitesse, histoire de tromper l’ennemi. Je ne comprends vraiment pas pourquoi je n’ai pas le droit d’y aller, parce qu’il n’y a rien de spécial. Mais bon, avec les humains, si on ne veut pas trop stresser, il ne faut pas chercher à tout comprendre…  L’avantage chez maman, c’est qu’il y a une cour et un grand pré. Là, je peux m’éclater. En plus, ma maîtresse a installé une grande trappe dans la porte – à la place de la petite trappe des chats – ce qui fait que je peux entrer et sortir comme je veux. Ça, c’est le top ! Je donne des grands coups de tête dedans pour passer, ça fait un bruit d’enfer ! Ma maîtresse panique quand j’arrive en courant. Elle dit que je vais la faire exploser. Mais je ne suis pas un chien terroriste, quand même !  Totoff, le gros chat noir, est content lui aussi de la nouvelle trappe. Il est tellement gros qu’avant, il devait s’étirer pour passer à travers. Maintenant, ça va, il a de la marge.  Côté casse-croûte, je n’ai pas à me plaindre non plus. Mais sur ce plan, je n’ai pas réussi à dresser ma maîtresse aussi bien que je le voudrais. Je bâfre bien. Elle me donne même un peu plus que la dose qui correspond à mon poids, parce que je fais beaucoup de sport. Mais je bâfrerais bien encore un peu plus.  Le stylo glisse sous ma papatte, j’en raconte et j’en raconte. Je suis un chien démonstratif qui aime s’exprimer. Et puis, c’est si bon de parler de soi… Et d’entendre parler de soi…
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Un pour Un
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