Peace Inde Love

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Peace Inde Love est l'histoire de la rencontre entre une jeune anglaise, Jude, et un jeune français, Wilfried. Elles est venue en Inde pour y trouver le repos, le calme et la paix intérieure. Il est venu pour s'amuser, passer du bon temps et, pourquoi pas, faire quelques conquêtes. A travers leurs péripéties, ils vous conduiront sue les routes de l'Inde, sur les plages, dans la forêt parmi les temples, dans la montagne et vous feront découvrir des Indiens iconoclastes mais bien réels.
Publié le : mercredi 1 décembre 2010
Lecture(s) : 242
EAN13 : 9782296703568
Nombre de pages : 130
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C’est en sortant de l’aéroport de Bombay que Wilfried aperçut Jude pour la première fois. Elle était entourée d’une dizaine de conducteurs de Rickshaws qui l’alpaguaient. Elle riait là où d’autres auraient été excédés. Wilfried aussi venait d’arriver. Peut-être avaient-ils voyagé dans le même avion. Après plusieurs mois passés à travailler sur un film comme perchman, Wilfried avait décidé de s’en payer une bonne tranche et de s’offrir un petit séjour en Inde. Le soleil, la mer, les plages, le sable fin, les cocotiers, et la gentillesse légendaire des Indiens auraient raison du stress accumulé sur un plateau de tournage. Et surtout, il y avait ce tempo lent, tellement propice aux relations humaines, ainsi qu’à un ressourcement en profondeur. Wilfried était un Français black aux abords de la trentaine. A l’aise dans son corps, son visage joufflu lui donnait immédiatement l’air sympathique. Le genre affable et bateleur, capable de devenir l’ami de la terre entière en un instant. Wilfried demanda au chauffeur du taxi de s’arrêter près de la jeune femme qui devait avoir à peu près le même âge que lui. Jude était anglaise. Elle était belle et portait les cheveux longs. Son visage ouvert et souriant laissait transparaître quelque chose de calme et de serein. Elle avait créé la sensation en acceptant toutes les cartes d’hôtels que lui tendaient les rabatteurs puis elle les avait redistribuées dans le désordre, provoquant l’hilarité générale car ils avaient compris qu’elle n’était pas dupe et connaissait la musique. Contrairement à Wilfried qui n’avait fait qu’un court voyage en Inde suite à un tournage à Aurobindo, Jude considérait ce pays comme sa
deuxième maison. Nous étions au début des années quatre-vingt-dix et l’Inde continuait d’exercer sur les occidentaux un vif attrait lié l’hospitalité de ses habitants, sa culture, sa spiritualité, la beauté de ses paysages, et accessoirement ces nouvelles fêtes, les raves, dont Wilfried était friand. C’est pour cela qu’il comptait rejoindre les plages de Goa. Le yellow cab de Wilfried pila devant le petit groupe en klaxonnant plusieurs fois si bien que la jeune femme se retourna en souriant. Wilfried prit son air le plus jovial et demanda en anglais : - Bonjour, je vais à Victoria station, ça vous dit de partager le taxi ? - Avec plaisir, j’y vais aussi, lui répondit-elle simplement. Mais ce que Wilfried remarqua surtout, ce fut sa grande beauté. Elle rayonnait. Il émanait d’elle une vitalité et une disponibilité qui faisait du bien et qui mettait tout de suite à l’aise. Sa voix était pleine de soleil et de chaleur. Jude respirait la sérénité. D’ailleurs, elle voyageait seule. Wilfried lui ouvrit la porte. Jude sauta à bord et tendit à Wilfried une main pleine de santé. - Bonjour, je m’appelle Jude, je viens de Londres. - Moi c’est Wilfried, je suis français, désolé. Mais de Martinique, ajouta-t-il. - Okay, va pour Wilfried. Et où vas-tu en Inde ? - Au même endroit que toi. - Okay, je vois. - A condition tout de même qu’il y ait une plage pas trop loin.
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- J’ai bien peur d’aller à Hampi. La première plage est à huit heures de train. - J’en ai entendu parler, il paraît que c’est un endroit formidable. Je peux t’accompagner ? - Avec plaisir. Je dois retrouver mon mari et mes trois enfants pour faire de la randonnée, j’aurais sûrement besoin d’un coup de main pour faire un peu de baby-sitting pendant qu’on visite la région. - Un mari, trois enfants… Oh mince ! j’avais complètement oublié ce rendez-vous super important à Goa. Jude et Wilfried rirent avec la joie de ceux qui sont heureux de se retrouver sur la route, avec cette conviction qu’ils passeront de bons moments, qu’ils feront de belles rencontres, et pourquoi pas, qu’ils vivront une belle histoire d’amour. - Okay, dit Jude, au moins tu es franc. Wilfried regarda discrètement les mains de Jude. Aucune alliance, aucune bague, et beaucoup trop jeune pour avoir trois enfants. Probablement, se dit Wilfried, une de ses jeunes Occidentales qui voyagent en solo et qui n’ont pas froid aux yeux. Le genre qui sait vivre des mois à la dure avec trois sous en poche en trimbalant son barda d’un bout à l’autre de la terre. Le genre qui assure quoi. Une femme parfaite pour un voyageur. Celui que rêvait de devenir Wilfried. Les cheveux longs de Jude voltigeaient au vent dans le vacarme du taxi traversant Bombay qui se réveillait au son des klaxons, des accélérations brutales, des coups de frein intempestifs, des nuages de poussières, de la pollution ambiante accélérant le destin des milliers de pauvres, vieux, malades et mutilés dormant à même le
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sol sur des cartons ou des paillasses. Des vaches hagardes déambulaient sur le bitume, côtoyant des chiens errants et des poules à moitié plumées. Le conducteur tendait son bras à l’extérieur pour tourner à droite et faisait des queues de poissons en klaxonnant pour tourner à gauche. Il avait visiblement hâte de livrer ses premiers clients, craignant sans doute que la roupille ne soit dévaluée avant son arrivée en gare. Wilfried regardait tout cela avec un peu de crainte. Jude elle laissait filer. Elle connaissait bien Bombay la surpeuplée, l’intranquille, la survoltée. C’est pourquoi elle voulait la quitter au plus vite. Jude regarda Wilfried qui était happé par ce qu’il voyait. Elle en profita pour parcourir l’étendue de son corps, à son insu. On eut dit qu’elle décryptait en un instant l’ensemble des flux énergétiques de Wilfried, un peu comme font les dessinateurs. Elle appréciait qu’il ne prenne pas la pose devant elle et se laisse aller à ses émotions. Jude sourit. Wilfried se retourna vers elle. - C’est du lourd, commenta Wilfried. Jude, grâce à tous ses voyages, et malgré son jeune âge, avait déjà appris à faire confiance au destin. Aussi elle n’avait rien contre l’idée de faire un bout de chemin avec cet inconnu plutôt sympa, et franc, qualité qu’elle appréciait à sa juste valeur. Quant à Wilfried, faire un détour par Hampi en si charmante compagnie, avant d’aller retrouver les plages et les fêtards n’était pas un problème, au contraire. Wilfried adorait se projeter, il n’était pas perchman par hasard, si bien qu’il se voyait déjà à Goa avec la belle Anglaise, dansant sous les cocotiers avec l’idée d’y grimper pour décrocher la lune. Mais Wilfried savait aussi que son
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