PENDANT CE TEMPS AILLEURS

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Parce qu'il ne peut attendre une explication, parce qu'elle est là-bas, à l'autre du bout du monde, il décide de partir pour calquer ses pas dans les siens. Une quête de l'autre qui le mènera de Paris à Singapour et plus loin encore, en Australie, là où la vie tourne à l'envers, là où nul ne peut aller plus loin. Il s'y perdra pour mieux la retrouver.
Publié le : lundi 1 janvier 2001
Lecture(s) : 180
EAN13 : 9782296181229
Nombre de pages : 112
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Pendant ce temps... Ailleurs

Collection Écritures dirigée par Maguy Albet

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Claude Lepape

Pendant ce temps... Ailleurs

roman

L'Harmattan

cg L'Harmattan, 2001 5-7, rue de l'École-Polytechnique

75005 Paris - France
L'Harmattan, Inc. 55, rue Saint-Jacques, Montréal (Qc) Canada H2Y IK9 L'Harmattan, Italia s.r.l. Via Bava 37 10124 Torino L'Harmattan Hongrie Hargita u. 3 1026 Budapest ISBN: 2-7475-0402-6

A tous ceux qui se rencontreront

un jour...

«On ne va jamais aussi loin que lorsqu'on ne sait pas où on va ». Christophe COLOMB Extrait de jouma11492.

I Paris au mois d'août.

Paris, le quinze

août. Je déteste

Paris au malS et de son

d'août. Paris ennui, vidée de sa légèreté arrogance, laide dans sa nudité. C'est un quinze août qu'elle est partie. mots: Ce matin-là, une lettre «Jete quitte ».

avec ces trois derniers

Je ne cessais de me repasser ces lignes. En écho répondaient des images qui défllaient au rythme des saisons, des lieux, des sentiments. premières la mer, emmitouflés Notre rencontre, d'hiver. nos fois, notre langage, une longue balade face à dans nos manteaux

Je portais sur moi cette lettre froissée comme un objet précieux, là, près du cœur. Je la sentais comme une blessure. Je connaissais cette page par cœur, le papier avait jauni d'avoir été trop lu. Son écriture me parlait, j'entendais sa voix. Chaque « comment étoffe Comment ligne, peut-on chaque ». laisse-t-on s'effllocher mot recelaient des », des « pourquoi

laisser des accrocs abîmer une

si précieuse?

Pourquoi

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cette œuvre où tous les liens lâchent un par un jusqu'à ne plus tenir que par un dernier fll. Elle l'a coupé, laissant tout en vrac, en pelote emmêlée, en nœuds serrés. Notre amour était en lambeaux mais je voulais être habillé de ces guenilles: elles me tenaient encore un peu chaud. Je les conservais et les honorais comme une relique sacrée. Je n'arrivais ne pouvais en faire un linceul. Je ne voulais pas croire qu'une simple feuille puisse nous éteindre. Nous ne nous étions même pas parlé, nos corps ne s'étaient pas dit adieu, nous ne pouvions pas en rester là ! Je me refusais à la mort de notre vie et à celle qui aurait pu être. Je voulais croire qu'on se séparait mais qu'on ne se quittait pas. Il y a des amours qui ne veulent pas mourir et pas à en faire le deuil, je

d'autres qui s'empressent de le faire. Quelque chose se casse, le miroir ne reflète plus, l'image s'efface. A cet instant projets, tout bascule, tout s'éloigne, les envies, les choses se dérobent comme le château les de

sable s'effondre, d'un seul coup, irrémédiablement. Il fait sombre, la lumière manque, il fait froid. L'espoir vacille, l'avenir s'éteint.

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Je voulais m'effacer, me gommer des registres, me retirer du monde, m'arracher le cœur pour ne plus souffrir, dormir pour ne plus vivre. Je voulais éclater comme un orage de colère et de larmes pour noyer ma douleur et me recomposer en un fleuve calme et puissant, fermer les yeux et ne les rouvrir qu'à ce moment-là, me réveiller alors un beau matin sur le bord du jour, debout sur les rives de l'aube. Ne plus exister dans cette vie. Etre ailleurs comme on naît en un lieu pour un temps. Le silence et l'espace régnant, la lumière douce lissant les pics en une rondeur chaude et rassurante. Pendant faisais retour. des jours et des nuits, j'ai attendu. Je ne un appel, son rien. Le soir, qu'elle entre que ça, attendre: une lettre, La journée passait et puis vienne

j'attendais que le sommeil dans mon rêve.

pour

Le jour, je croisais le monde en voyant les titres de journaux du kiosque d'en face. Les manchettes annonçaient l'imminence d'un krach boursier, la mort d'une star du showbiz ou la fermeture Moi, je n'étais pas là. Je passais de long moments dans les parcs, assis sur un banc, les yeux fermés, me laissant piquer le visage par le soleil. Ce temps invitait pourtant à d'usines.

Il

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