//img.uscri.be/pth/d5d497c2f30d9d1a6f7c6274073caff5d3afe6f1
Cette publication ne fait pas partie de la bibliothèque YouScribe
Elle est disponible uniquement à l'achat (la librairie de YouScribe)
Achetez pour : 9,99 € Lire un extrait

Téléchargement

Format(s) : EPUB

avec DRM

Perry Rhodan n°268 - Le Jeu du Larenn

De
238 pages

Depuis des décennies, l'Humanité asservie souffre sous le joug des Larenns et de leurs alliés, les Lourds. Les seuls Terraniens libres sont regroupés autour d'Atlan au sein du Poing de Provcon, formant le Nouvel Impérium Einsteinien.
Cependant, le culte du Vhrato entretient l'espoir chez les peuples opprimés. Et voici que la légende devient réalité. Un vaisseau spectral jailli de nulle part s'en prend aux forces du Concile, répandant la peur et l'effroi. Mais Hotrénor-Taak, l'Émissaire des Hétosones, sait lui aussi comment exploiter la croyance des populations en l'avènement du Héraut Solaire. Elles risquent de se laisser abuser par... LE JEU DU LARENN.





Voir plus Voir moins
couverture
K.-H. SCHEER
et CLARK DARLTON

LE JEU DU LARENN

PERRY RHODAN — 268

image

Sous le règne de l’APHILIE

L’ère de la perfection

Tous les hommes sont libres et égaux ! La faim et les maladies sont devenues des problèmes exceptionnels. Le travail a fait place aux « activités raisonnées », tandis qu’ordinateurs et robots se chargent des tâches les plus pénibles. Au nom de l’expansion tous azimuts, de formidables vaisseaux interstellaires s’élancent chaque jour à la conquête des mondes lointains.

 

L’ère de l’horreur

L’individu ne connaît plus que lui-même, ne vit plus que pour lui-même et pour satisfaire ses propres désirs. Les nouveau-nés sont confiés à des foyers dépourvus de toute chaleur affective, puis les enfants grandissent dans des institutions d’État. Jamais ils ne sauront qui étaient leurs parents. Inutiles pour la société, faibles et vieillards disparaissent derrière les hauts murs des Maisons de Silence. Jamais on ne les reverra.

 

La nef-monde de l’exil

En l’an 3580, le navire géant Sol quitte la Terre sans âme pour tenter de rallier la Voie Lactée, quelque part à l’autre bout de l’Univers. Bannis de leur planète-mère, voués à l’errance sur les Routes du Néant, Perry Rhodan et ses proches seront confrontés aux réalités du Concile des Sept, aux secrets de sa toute-puissance, à des arrière-plans cosmiques ouvrant sur d’inimaginables perspectives…

 

Pour la dignité des peuples galactiques !

L’Empire Solaire est mort, vive le Nouvel Impérium Einsteinien… Dans l’ombre du Poing de Provcon, Atlan organise la résistance contre l’occupant larenn et sa tutelle dictatoriale. Mais l’Arkonide saura-t-il garder intacts le courage de lutter contre l’invincible, et l’espoir de libérer un jour la Voie Lactée ?

 

La Terre sans Hommes

Dure est la loi de l’Univers… Arraché au Maelström des Étoiles et de nouveau transplanté, le berceau de l’Humanité resurgira dans l’inconnu total. Enfin rejoints par Perry Rhodan, les très rares survivants de la catastrophe ne vont plus tarder à faire la rencontre des Superintelligences qui président aux destinées du cosmos et de ses peuples…

CHRONOLOGIE GÉNÉRALE
 DES DIX PREMIERS CYCLES1
 DE LA SÉRIE PERRY RHODAN

Dates et événements

1971 : avec la fusée Astrée, Perry Rhodan se pose sur la Lune. Il y rencontre les Arkonides Thora et Krest, naufragés lors d’une expédition spatiale.

1972 : la supertechnologie arkonide permet la constitution de la Troisième Force et l’unification de l’Humanité terrestre.

1976 : l’être spirituel collectif qui règne sur la planète Délos accorde l’immortalité relative à Perry Rhodan et à ses plus proches compagnons.

1984 : de grandes puissances galactiques hostiles, les Arkonides, les Francs-Passeurs, les Arras et les Lourds, tentent de soumettre l’Humanité terrestre qui entame son expansion interstellaire.

2040 : l’Empire Solaire vient de naître ; il incarne désormais un facteur politique et économique de premier plan dans la Voie Lactée. L’Arkonide immortel Atlan, exilé sur Terre depuis près de dix mille ans, fait son apparition et devient l’un des proches de Perry Rhodan.

2326-2328 : des colonies terraniennes sont menacées par les Acridocères et les monstrueux Annélicères. Les humains entrent en conflit contre les Bleus qui dominent l’Est galactique.

2400-2406 : Perry Rhodan découvre la Route des Transmetteurs qui relie la Voie Lactée à Andromède. Plusieurs tentatives d’invasion de la Galaxie, orchestrées depuis la Nébuleuse, sont déjouées de justesse. Portant la lutte en territoire ennemi, les Terraniens libèrent les peuples d’Andromède de la tyrannie des Maîtres Insulaires.

2435-2437 : la forteresse-robot géante Old Man menace la Voie Lactée ; les Bi-Conditionnés surgissent, à bord de leurs Dolans, pour punir l’Humanité d’avoir effectué des expérimentations temporelles. Perry Rhodan est expédié dans la très lointaine galaxie M 87. Après son retour, la victoire sur les Ulebs – encore appelés la Première Puissance Fréquentielle – sera chèrement acquise.

2909 : la Crise de la Seconde Genèse provoque la mort de presque tous les mutants de la Milice.

3430-3434 : presque un millénaire s’est écoulé ; l’Humanité, éparpillée dans la Galaxie, connaît de graves dissensions. Afin d’éviter une guerre fratricide, Perry Rhodan fait déphaser le Système Solaire de cinq minutes dans le futur. De nouvelles menaces, comme le Supermutant Ribald Corello, se font jour et seront vaincues – à l’exception du satellite tueur qui orbite à l’intérieur de la couronne du Soleil. Pour empêcher que l’astre ne se transforme en nova, Perry Rhodan doit effectuer plusieurs voyages dans un passé vieux de deux cent mille ans et y rencontre le Cappin Ovaron, qui s’avère le seul capable de neutraliser l’engin autrefois installé par ses frères de race.

3437 : depuis Gruelfin, la lointaine galaxie-patrie des Cappins, une invasion d’un genre inédit se prépare contre l’ensemble de la Voie Lactée. Perry Rhodan se lance vers cet univers-île inconnu dans une expédition d’envergure dont le but est double : d’une part, contrer le plan des envahisseurs ; d’autre part, rétablir le bon droit en faveur d’Ovaron, souverain légitime dont l’exil a duré deux cent mille ans. Là-bas, les Takérans ont imposé leur hégémonie par la violence et règnent par la répression. Sitôt arrivés, les Terraniens entament la lutte contre les maîtres de Gruelfin puis ils repèrent la trace des Ganjasis, qui s’était apparemment perdue. Elle aboutit à la galaxie naine Morshatzas, isolée du continuum standard dans une bulle hyperspatiale. Ovaron y est confronté à la Mère Originelle, un cerveau-robot géant dont il avait jadis programmé la construction ainsi que la mission, et qui l’identifie comme l’authentique Ganjo. Alors que la puissance des Takérans est brisée à l’intérieur de Gruelfin, la Mère elle-même intervient dans la Voie Lactée pour faire échec à l’invasion et elle se sacrifie avec son armada de Collecteurs, entraînant aussi la destruction de Pluton.

3438-3443 : suite au sabotage de ses convertisseurs hexadim alors qu’il effectue son vol de retour de Gruelfin, le Marco Polo subit une dilatation temporelle et n’atteint la périphérie de son objectif que début juin 3441. Dès leur rentrée dans la Galaxie, Perry Rhodan et ses compagnons découvrent qu’elle a été balayée par une vague d’abrutissement imputable à l’Essaim, un conglomérat stellaire vagabond qui est en train de traverser la Voie Lactée. À de rares exceptions près, tous les êtres doués d’intelligence ont été crétinisés et il règne désormais un chaos sans précédent.

Tandis qu’une poignée d’immunisés se regroupent et tentent d’abord de résister, puis de trouver une parade au fléau et éventuellement de contre-attaquer, l’Empire Secret des Cynos commence à faire parler de lui et ses mystérieux ressortissants finissent par reprendre le contrôle de l’Essaim – car telle était la mission originelle de ce peuple qui a failli tout perdre à cause d’une lamentable erreur dont seuls les Terraniens et leurs alliés ont pu aider à effacer les conséquences dramatiques.

3444 : après bien des incompréhensions et des affrontements en chaîne, les esprits désincarnés des huit Vieux-Mutants projetés dans l’hyperespace durant la Crise de la Seconde Genèse sont enfin conduits à l’intérieur d’une météorite géante regorgeant de semper, un métalloïde à rayonnement quintidimensionnel indispensable à leur survie. Mais l’énorme astéroïde, en réalité un gigantesque vaisseau spatial, s’arrache alors à la croûte du monde dans lequel il était encastré depuis plusieurs siècles et les Terraniens le suivent jusqu’au Système Brisé, patrie des inquiétants Paramags qui, des dizaines de millénaires plus tôt, se sont lancés tous azimuts dans la recherche de semper à travers la Galaxie en utilisant les fragments de leur planète-mère reconvertis en nefs interstellaires.

Après avoir désamorcé la menace immémoriale que ces créatures faisaient planer sur Sol et ses satellites, Perry Rhodan et ses proches offrent enfin aux Vieux-Mutants un asile durable au sein d’un planétoïde riche en semper, acheminé jusqu’à un secteur isolé et calme de la Voie Lactée.

Décembre 3458 à août 3460 : au nom du mystérieux Concile des Sept, les Larenns s’imposent dans la Voie Lactée grâce à leur supériorité technologique et contraignent Perry Rhodan à assumer la charge de Premier Hétran de la Galaxie. Jouant en apparence le jeu des émissaires du Hétos des Sept, le Stellarque entreprend d’organiser la résistance et commence par déphaser le Système Solaire de quelques minutes dans le futur, afin de le soustraire aux agressions potentielles des Larenns et de leurs exécutants, les Lourds.

Face à l’intensification de la menace ennemie, la Terre et la Lune seront finalement dématérialisées en empruntant un transmetteur stellaire spécial installé dans la plus grande urgence. Elles ne resurgissent hélas pas à l’endroit prévu mais à une distance énorme de la Voie Lactée, au sein d’une région spatiale turbulente appelée le Maelström des Étoiles. Pour les Terraniens exilés à l’autre bout de l’Univers, le nouveau défi sera de réussir à s’acclimater et à s’affirmer dans ce secteur riche en surprises, en périls de tous genres et en adversités imprévues. Initialement hostiles, les Ploohns insectiformes se révéleront des alliés décisifs puisqu’ils accourront à l’aide de l’Humanité transplantée et permettront l’ancrage du couple Terre-Lune sur une orbite stable autour d’un soleil approprié, Médaillon.

Pendant ce temps, dans la très lointaine Voie Lactée qui plie désormais sous le joug du Concile, l’immortel Arkonide Atlan mène dans l’ombre le combat contre les oppresseurs. En priorité, il assure l’exode des Terraniens, traqués sans relâche par l’occupant, vers le nuage obscur appelé le Poing de Provcon et la planète Gaïa qui se dissimule en son sein. Le Système Solaire, privé de la Terre et de son satellite naturel, devient peu à peu le fief du nouveau Premier Hétran, le Lourd Leticron, dictateur galactique et chef des forces militaires à la solde des Larenns.

 

 

CHRONOLOGIE ET RÉSUMÉ

DU CYCLE EN COURS

 

Sur la Terre en exil

3540 : en quatre-vingts ans d’exposition à une composante spéciale du spectre radiatif de l’étoile Médaillon, une immense majorité d’humains a peu à peu perdu toute capacité à éprouver des sentiments. Sur la Terre règne désormais l’aphilie. Peu nombreux sont les immunisés : seuls les porteurs d’activateur cellulaire – à l’exception temporaire de Reginald Bull –, les mutants et de rares individus « ordinaires » échappent à ce véritable fléau qui a conduit à l’instauration d’un nouveau pouvoir politique et d’un ordre mondial sans précédent. Condamnés à l’exil, Perry Rhodan et presque tous ses proches partent à bord du Sol, un colossal vaisseau spatial à très grand rayon d’action, pour une odyssée dont nul ne saurait prévoir la durée.

3578 : sur la Planète d’Ovaron, à près de 3 500 années-lumière de la Terre, la colonie secrète fondée par l’ex-Stellarque juste avant son exil réussit à prendre un nouvel essor et est dotée d’une station d’accueil pour les fugitifs traqués par les aphiles. L’Organisation Bon Voisin, dirigée par Reginald Bull qui a fini par revenir à son état normal, mène une résistance de plus en plus risquée face au durcissement du régime aphile. Celui-ci se transforme en une impitoyable dictature sous la férule de Trevor Casalle, la Lumière de la Raison, dont l’ascension au pouvoir a été aussi fulgurante qu’inattendue mais s’explique par une nouvelle menace : la planète-mère de l’Humanité n’est plus stable sur son orbite autour de Médaillon, et la chute dans le Gouffre est inéluctable à moyen terme.

Fin 3580 : alors que le péril devient imminent, les forces de Casalle s’emploient à accroître encore davantage l’emprise de l’aphilie en balayant une fois pour toutes les oppositions demeurées actives. L’Organisation Bon Voisin doit faire échec à l’Opération Lavage de Cerveaux en même temps que se lance une terrible offensive contre sa base secrète, sous l’Océan Pacifique. La fuite d’un maximum d’immunisés sera néanmoins assurée.

Août 3581 : de façon aussi soudaine qu’inexplicable, Trevor Casalle propose une alliance à Reginald Bull. Aphiles et immunisés se mettent à coopérer pour la construction d’une flotte spatiale d’évacuation. Simultanément, la Dose, une drogue qui inhibe temporairement l’aphilie, commence à se répandre. Puis surgit Raphaël, un inquiétant personnage qui semble disposé à aider les Terriens dans leur entreprise, mais se révélera peu à peu chargé de faire obstacle au projet d’exode massif.

Fin septembre 3581 : peu avant que la Terre et la Lune ne s’engloutissent dans le Gouffre avec des milliards d’êtres humains, un seul navire appareille. À bord, excepté Reginald Bull et ses proches, nul ne sait que tous les événements récents s’inscrivent dans le Plan de l’Accomplissement. Un plan conçu par l’Immortel de Délos pour sauver l’humanité terrienne et exécuté par l’hyperimpotronique lunaire, Nathan, guidée à distance par l’être collectif…

 

L’odyssée du Sol

3578 : depuis les parages de la microgalaxie Balayndagar, l’équipage du Sol a réussi à localiser la très lointaine Voie Lactée. L’un des deux ultracroiseurs constituant la nef géante en a pris le chemin, tandis que l’autre partie s’aventure jusqu’à une planète accueillante pour y refaire les réserves du bord et tombe dans le piège insidieux tendu par les Kéloskèrs. Ces « penseurs infinis », qui sont les calculateurs stratégiques du Hétos des Sept, adorent et redoutent le trou noir situé au centre de Balayndagar, dont un dispositif spécial leur permet de juguler l’expansion. Hélas, la destruction accidentelle de cet appareil relance le processus d’engloutissement de la microgalaxie dans le Grand Néant Noir. Les Kéloskèrs prennent sous influence Sénèque, le complexe bio-impotronique qui gouverne le Sol, puis annexent celui-ci pour sauver de la catastrophe leurs précieux équipements et surtout le shetanmargt, le plus évolué de leurs superordinateurs.

Hormis la plongée dans le trou noir, toute fuite hors de Balayndagar s’avère impossible. Selon les Kéloskèrs, le couplage réussi de Sénèque et du shetanmargt devrait assurer la survie du vaisseau géant et de tous ses passagers. Malgré l’incertitude et les risques, Perry Rhodan et ses compagnons tentent le tout pour le tout…

Janvier 3581 : le Sol resurgit intact « de l’autre côté » du Grand Néant Noir dans une incroyable bulle extradimensionnelle qui abrite des soleils, des planètes… et de la vie intelligente ! Les maîtres de la Zone Dakkar, des humano-sauriens très évolués appelés Zgmahkones, réagissent violemment à l’intrusion des étrangers indésirables puis lorsqu’un commando terranien réveille et enlève Olw, le Dormeur Millénaire. Recueilli à bord du Sol, celui-ci révèle en détail l’histoire de sa fratrie, douze êtres hors normes grâce auxquels, jadis, la planète-mère des Zgmahkones a résisté à l’engloutissement dans un trou noir et émergé dans la Zone Dakkar. Seuls capables de voyager à travers les tunnels transdimensionnels qui relient la bulle extra-universelle aux trous noirs de nombreuses galaxies, Olw et ses semblables sont devenus les Spécialistes de la Nuit, les outils de conquête des dictateurs zgmahkones pour lesquels, contraints et forcés, ils ont peu à peu bâti les fondations d’une hégémonie omnipotente : le pouvoir du Concile des Six…

Perry Rhodan l’a compris, l’appui des Dormeurs Millénaires lui est indispensable pour faire ressortir le Sol de la Zone Dakkar. Mais les Gardiens du Néant – ainsi se dénomment les tyrans adverses – échafaudent un plan destiné à piéger Olw et à éviter que les Spécialistes de la Nuit ne se rangent du côté des Terraniens. Ce sera peine perdue, car les dictateurs n’ont pas idée de la détermination ni des moyens réels dont disposent les intrus.

Très vite, le Stellarque apprend qu’un équipement particulier doit être installé à bord du Sol pour lui permettre de franchir en sens inverse l’un des tunnels transdimensionnels. Or, le beraghskolth en question n’est disponible que dans la galaxie-patrie des Larenns, et la seule solution est d’aller en dérober un exemplaire. Après s’être emparé d’un vaisseau zgmahkone, un commando terranien auquel se joint Olw se lance dans cette expédition à haut risque.

Mars-avril 3581 : l’espoir est à nouveau d’actualité. Une fois le beraghskolth en place, le Sol pourra bientôt prendre le chemin du retour vers le continuum standard. Hélas, Perry Rhodan et ses compagnons d’aventure ne sont pas encore au bout de leurs surprises. Un esprit désincarné établit soudain le contact avec le mulot-castor L’Émir : il s’agit d’un Koltonien dont le peuple, disparu depuis cent mille ans, avait édifié un gigantesque empire cosmique et se trouve à l’origine même du plan qui a conduit à créer les Spécialistes de la Nuit, puis à les utiliser pour jeter les bases du Concile. Pour Voyllocron et ses semblables immatériels, le réveil est tout proche : ils vont en effet investir les corps des douze Dormeurs Millénaires. Mais l’activation du beraghskolth les anéantit définitivement… Peu après, le Sol emprunte un tunnel transdimensionnel et resurgit dans la galaxie-patrie des Hyptons. À son bord se trouvent Olw et sa fratrie qui ont porté le coup de grâce aux Gardiens du Néant, juste avant de quitter la Zone Dakkar. Dès lors, celle-ci sera pour toujours coupée du continuum standard. Peu après, les Spécialistes de la Nuit disparaissent en plongeant dans un micro-trou noir qu’ils ont fabriqué sur ordre des Koltoniens. Obéissant à une mystérieuse pulsion, Alaska Saedelaere, l’homme au masque, endosse l’Habit de Destruction et les suit…

Le Sol n’est pas au bout de son périple, loin s’en faut. Une fois de plus, la quête de la Voie Lactée devient l’objectif numéro un. D’étranges S.O.S. vont cependant faire diversion et attirer L’Émir, accompagné du télépathe Lloyd, sur un monde surprenant où les attend une incroyable surprise : la rencontre avec Lowis, un mulot-castor au seuil de la mort…

 

La Voie Lactée envahie

3580 : dans la Galaxie-patrie, Atlan a fondé le Nouvel Impérium Einsteinien dont Gaïa constitue le monde central. L’isolationnisme contraint n’est cependant pas une situation durable, même si l’oppression des Lourds et des Larenns l’impose maintenant depuis près de cent vingt ans. Le futur proche demeure cependant très sombre, en particulier pour les derniers Terraniens encore présents dans le Système de Sol dont Leticron a fait le centre de son empire. La forteresse d’acier de Titan, bastion du tyran, incarne le symbole même de la terreur et du mal. Mais le Premier Hétran de la Galaxie, obsédé par le désir d’être immortel, plonge peu à peu dans la démence et les Larenns scellent définitivement son destin : lors d’un tournoi truqué, Leticron est blessé à mort par Maylpancer, le jeune Lourd prévu pour lui succéder.

Décidé à solliciter tous les appuis envisageables pour la résistance galactique, Atlan se rend en mission secrète sur la planète Dernière Chance où un dakkarcom est en construction dans les superlaboratoires passés sous le contrôle des Larenns. Pendant que le commando procède au vol de cet équipement spécial, une autre expédition terranienne tente de rallier Andromède afin d’y requérir l’aide des Maahks – en vain… Le Lord-Amiral ne peut plus compter que sur l’assistance des Cappins de la lointaine galaxie Gruelfin et du Ganjo Ovaron, auquel l’Empire Solaire a jadis prêté main-forte. Mais nul ne sait quelle situation règne là-bas, ni comment l’appel au secours y sera perçu.

Dans une telle incertitude, la nécessité d’une opposition fédérée face au Concile devient pressante. Pour pouvoir organiser une conférence secrète des peuples de la Voie Lactée asservis par le Concile, Atlan et ses proches conçoivent un leurre destiné à tromper les Larenns et les Lourds : tout va être mis en scène, sur un monde appartenant à un secteur spatial éloigné, pour simuler le cadre propice au fameux rassemblement. Informés à dessein, les oppresseurs de la Galaxie attaquent et dévastent la planète truquée tandis que la véritable conférence se déroule évidemment ailleurs, quelque part dans l’espace.

Malgré la trahison avortée des Antis, neutralisés par le mystérieux émissaire du Vhrato, la conférence se conclut par la fondation de la CO.DI.P.G., ou Coalition pour la Dignité des Peuples Galactiques.

Début 3581 : non sans difficulté, la CO.DI.P.G. tente de s’affirmer avec efficacité et discrétion alors que s’intensifie la méfiance des oppresseurs. De manière imprévue, un mystérieux allié va soudain surgir, en rapport apparent avec le Vhrato et le culte du Héraut Solaire. Mais les exécutants du Concile savent s’adapter à toute circonstance – et le sauveur providentiel risque fort de servir les intérêts d’Hotrénor-Taak en entrant sans le vouloir dans LE JEU DU LARENN

1. Téléchargez gratuitement toute l’action antérieure des neuf premiers cycles de la série PERRY RHODAN avec le guide spécial Destinée cosmique I (1971-3459) sur le site www.fleuvenoir.fr.

PROLOGUE

Très tôt, le jeune Maylpancer s’était distingué sur son monde d’origine, Obskon, par son intelligence et son habileté tactique. Il n’était pas encore Premier Hétran de la Voie Lactée mais il se pliait déjà aux règles des Larenns et à leurs exigences.

Ce jour-là, Hotrénor-Taak l’avait convoqué sans autre explication. Une chaloupe l’amena à bord du croiseur C.E.V. posté à quelques heures-lumière du plus proche système solaire. L’Émissaire des Hétosones était prudent et d’une nature méfiante.

— J’ai à vous parler, commença-t-il. J’espère obtenir de vous des informations utiles. Vous connaissez les Terraniens et il y a certaines choses que j’aimerais bien savoir.

— Leur domination est depuis longtemps brisée, et nombreux sont les peuples qui n’oublieront jamais que le Concile les en a libérés. Je ne vois aucune raison de s’inquiéter, Hotrénor-Taak.

— De l’inquiétude ? fit celui-ci, pensif. Non, seulement un peu d’incertitude. Les Terraniens sont toujours aussi imprévisibles, même si la plupart d’entre eux vivent maintenant sous notre contrôle. Mais cet Atlan, qui a regroupé tous les autres autour de lui, est dangereux. Il ne le cède en rien à Perry Rhodan.

Le silence de Maylpancer indiquait qu’il était totalement d’accord.

— Que pensez-vous de ce Vhrato, que les Terraniens et d’autres habitants de la Voie Lactée appellent le Héraut Solaire ? voulut savoir le Larenn.

Cette fois, le Lourd ne put dissimuler sa surprise.

— Je n’en sais pas grand-chose, répondit-il, éludant la question. Des histoires de sauveurs circulent souvent chez les peuples soumis, ce qui leur permet d’espérer un vague salut. Je crois que ce Vhrato entre dans cette catégorie.

— Vous considérez que ce sont des chimères ?

— Qu’est-ce que ce serait, sinon ? Personne ne l’a jamais vu ni n’a pu prouver son existence. Dans les situations désespérées, même les individus les plus rationnels s’accrochent à de telles illusions pour donner corps à leurs aspirations. Le Vhrato a été créé par des fanatiques, cela me semble une explication sensée.

— Vous ne croyez vraiment pas qu’il existe ?

— J’en suis convaincu !

Hotrénor-Taak se plongea dans un silence soucieux. Maylpancer l’observa attentivement. Depuis quand les Larenns se préoccupaient-ils de légendes ? N’étaient-ils pas aussi sûrs de leur domination qu’ils le laissaient accroire ? Ou s’était-il passé quelque chose qu’il ignorait ?

— Il n’y a pas de fumée sans feu, déclara finalement l’Émissaire des Hétosones. Je dois en savoir plus.

— Il n’y aura aucune preuve, que des racontars. Le Vhrato a été créé de toutes pièces pour garder intacte la détermination des Terraniens. Pour qu’ils puissent se réveiller et frapper un jour.

— Contre le Concile ? Exclus ! C’est la puissance de plusieurs galaxies que nous incarnons. Même si Rhodan existait encore, il ne pourrait rien faire. Pourquoi a-t-il fui avec sa planète en laissant ses congénères en plan ? Parce qu’il avait peur de nous ! Parce qu’il était trop faible pour entreprendre quoi que ce soit ! Et Atlan est assez intelligent pour s’en rendre compte. Certes, il va nous causer çà et là des difficultés mais il n’attaquera jamais ouvertement. Il est trop rusé pour cela.

— Même les plus malins commettent des erreurs, objecta le Lourd.

— Nous nous écartons du sujet, lui rappela Hotrénor-Taak. Collectez toutes les rumeurs et livrez-moi une image claire ! Ensuite, je prendrai ma décision. Occupez-vous du Vhrato, c’est dès aujourd’hui votre mission principale.

Maylpancer réfléchit. Il y avait à ses yeux des problèmes bien plus urgents. Pour pouvoir aborder ces sujets, il devait leur trouver un rapport avec ce Héraut Solaire qui intéressait tant son interlocuteur, mais il prenait ainsi un risque.

— Le Vhrato pourrait-il être Perry Rhodan ? demanda-t-il abruptement.

L’Émissaire des Hétosones le fixa. De l’étonnement sembla se dessiner sur ses traits puis il afficha un sourire sceptique.

— Ce serait trop simple, répondit-il, comme pour se rassurer lui-même. Rhodan a disparu depuis plus de cent ans. Pourquoi reviendrait-il ? Et même si tel était le cas, qu’aurait-il à voir avec le Vhrato ?

— Rien… ou tout, dit l’Obskonien sur un ton décidé. Imaginez que Rhodan revienne un jour. La conséquence serait inévitablement un soulèvement de tous les alliés de la Terre. Ce serait la catastrophe.

— Nous sommes les plus forts !

— Il ne s’agit pas seulement de ça. À quoi servirait au Concile une galaxie dont les peuples sont plongés dans une guerre sans fin ? Il y a peut-être une meilleure solution.

Maylpancer savait que la question « Laquelle ? » allait suivre et elle lui offrirait l’occasion de se distinguer de nouveau en faisant preuve de courage et d’intelligence. Cela lui permettrait également de faire dévier la conversation sur un autre sujet que ce Vhrato inexistant.

— Laquelle ? demanda effectivement Hotrénor-Taak.

— Nous savons tous ce qui s’est passé autrefois, proféra doctement le Lourd. La Terre, la planète d’origine des Terraniens, a disparu de la Voie Lactée. Probablement suite à une erreur lors de la plongée dans le transmetteur stellaire car si tout s’était déroulé comme il l’avait prévu, Rhodan aurait depuis longtemps dépêché des envoyés, ce qui n’est manifestement pas le cas. S’il est toujours en vie, il n’a aucune idée de l’endroit où il se trouve. Il n’aurait jamais abandonné sa précieuse Humanité sans intervenir.

— Peut-être est-ce ce qu’il est en train de faire aujourd’hui, avança le Larenn.

— Nous le saurions ! Il n’a pas encore retrouvé le chemin du retour, ce qui me fait croire que la rematérialisation de la Terre a dû se produire très, très loin.

— À supposer que vous ayez raison, Maylpancer, quelles sont vos conclusions ?

— La très longue absence de Rhodan indique une distance inimaginable, qui ne peut être couverte qu’avec des vaisseaux à très long rayon d’action. Nous savons tous deux que le combustible nécessaire à un tel navire ne peut être stocké que dans des conditions très délicates. À ma connaissance, il n’existe dans notre galaxie que trois mondes adaptés.

— Vous parlez des planètes-dépôts ?

Maylpancer, stupéfait, dévisagea l’Émissaire des Hétosones.

— Vous êtes au courant ? s’étonna-t-il. Effectivement, les planètes-dépôts sont les seules à posséder les installations nécessaires pour un renouvellement rapide des réserves de combustible.

Le Lourd saisit sa chance à deux mains.

— Je ne suis naturellement pas un spécialiste en propulsion longue distance terranienne mais je sais que le combustible issu d’une ultracompression de protons ne peut être produit que sur ces planètes-dépôts. La masse résultante, dont la densité est proche de celle d’une naine blanche, est contenue par des champs de force au centre de sphères de terkonite ynkéloniée de douze mètres de diamètre. Embarquer celles-ci est extrêmement complexe, comme vous le savez.

— Nous connaissons ce type d’installation, dit Hotrénor-Taak.

Maylpancer acquiesça d’un hochement de tête.

— Je peux donc vous épargner d’autres explications.

— Avez-vous déjà réfléchi à la façon dont nous pourrions transformer les planètes-dépôts en pièges ? demanda le Larenn, prenant maintenant l’initiative. Rhodan se dirigera tôt ou tard vers l’une d’elles pour conserver sa liberté de manœuvre. Il ne peut pas prendre immédiatement contact avec Atlan, car il ne sait pas plus que nous où celui-ci se cache. Il devra donc le chercher et aura pour cela besoin d’un vaisseau opérationnel. Or, ses réserves de combustible devraient être pratiquement épuisées.

Exactement là où je voulais en venir, se dit Maylpancer avant d’enchaîner à haute voix :

— Les trois mondes doivent être attentivement surveillés. Il s’agit d’Olympe, l’ancienne plaque tournante du commerce pour les Terraniens, d’une planète dans le système de Véga, et de Sormora dans le système de Kenekant. Je suis à votre disposition, Hotrénor-Taak. Si vous me confiez cette mission, je…

— Je me charge en personne de ces dépôts, l’interrompit le Larenn presque impatiemment. Occupez-vous plutôt de ce Vhrato qui selon vous n’existe pas. S’il devait néanmoins y avoir un rapport avec Rhodan, nous pourrons tous deux unir nos efforts.

L’Obskonien observait son interlocuteur, qui leva soudain les yeux et lui lança un regard perçant.

— Oui, c’est mieux ainsi, ajouta l’Émissaire des Hétosones. Je vais veiller à faire renforcer les mesures de sécurité dans deux de ces systèmes.

— Pourquoi seulement deux ?

— Pour qu’il reste un chemin ouvert… qui conduise droit à un piège !

CHAPITRE PREMIER

Les deux croiseurs sphériques de cinq cents mètres de diamètre sortirent de l’espace linéaire à la périphérie du Centre galactique. Ils transportaient quatre mille Terraniens à la recherche d’une nouvelle patrie. La plupart d’entre eux n’avaient jamais vu la Terre ; ils étaient nés sur des vaisseaux ou l’une des planètes pénitentiaires de Leticron et n’avaient jamais eu aucun contact avec Atlan et le Nouvel Impérium Einsteinien.

Glytha Vermeeren, elle, était originaire de Sol III. Cette femme de cent soixante-cinq ans, robuste et trapue, avait vécu la fin de l’Empire Solaire. Son père avait été commandant sur un cargo marchand et l’avait souvent emmenée dans ses expéditions.

C’était loin du Système Solaire qu’elle avait autrefois appris la bouleversante nouvelle : la Terre, et avec elle une grande partie de l’Humanité, avait disparu. Le capitaine Vermeeren n’était jamais arrivé à surmonter le choc. Il s’était retiré avec son vaisseau et son équipage dans des régions de la Voie Lactée pauvres en étoiles pour voir comment les choses allaient évoluer.

Les Larenns avaient irrésistiblement étendu leur domination, aménagé des planètes pénitentiaires pour les rebelles et opprimé les Terraniens.

Après la mort de son père, Glytha avait pris le commandement du navire et mis le cap sur l’un des innombrables mondes inhabités en périphérie du Centre galactique, vite baptisé Nouvelle-Terre. Toutefois, pour établir une colonie viable, il fallait plus de trente astronautes.

À bord du cargo familial, qui était une vraie pièce de musée, elle et ses hommes avaient non seulement libéré près de quatre mille Humains prisonniers des Lourds mais ils étaient aussi parvenus à s’emparer de deux croiseurs issus de vieux stocks de l’Astromarine Solaire.

Quelques semaines s’étaient écoulées depuis ces évènements. Ils avaient réussi à effacer leurs traces.

Même si Glytha avait laissé derrière elle son navire en piteux état, elle se sentait satisfaite. Son regard se porta sur Phelton Vaskoss, un ancien captif. Âgé de soixante ans, il avait grandi sur la planète pénitentiaire. Dès son enfance, il avait rêvé de s’enfuir, et toute son existence s’était consacrée à ce but. Des années plus tôt, il avait découvert les deux croiseurs dans un hangar souterrain caché et les avait rendus opérationnels avec l’aide de quelques amis. Tout comme elle, il voulait commencer une nouvelle vie quelque part, libre.

— Cette planète offre un spectacle magnifique, presque comme autrefois la Terre, s’enthousiasma la femme.

Vaskoss lui jeta un regard en coin.

— Tu es sentimentale. Tu pleures un monde qui n’existe plus depuis longtemps.

— Tu ne comprendras jamais, soupira-t-elle. Il faut avoir connu la Terre pour comprendre. C’est la patrie de l’Humanité, de tous les Humains, Phelton ! Et nous avons trouvé une planète qui lui ressemble.

— L’essentiel est que nous soyons libres, marmonna l’homme, dont les yeux se portèrent sur l’écran holographique. Les étoiles sont plutôt nombreuses, par ici.

— C’est bon pour nous. Personne ne nous repérera ici. Après tout, nous agissons contre les ordres du Concile et j’ignore si Atlan serait d’accord avec nos méthodes. J’ai l’impression qu’il s’est entendu avec les Larenns pour être laissé en paix mais on ne peut pas établir d’alliance avec eux sans perdre au change.

— Je suis tout à fait de cet avis, agréa Vaskoss. Du reste, je ne connais cet Atlan que par ouï-dire. S’il était un véritable Terranien comme Rhodan, il y a longtemps qu’il aurait essayé de nous libérer. Mais Rhodan lui-même n’est peut-être qu’une légende.

— Ne dis pas de bêtises, Phelton ! s’indigna Glytha. J’ai connu Perry Rhodan alors qu’il était encore le Stellarque de l’Empire Solaire, je l’ai même rencontré une fois. Il reviendra un jour !

— Il a disparu en emportant la Terre avec lui, ma chère amie, renifla dédaigneusement Phelton. Pourquoi abandonnerait-il sa propre sécurité pour revenir ? Il faudrait être fou.

Elle inspecta les indicateurs de contrôle. La dernière étape linéaire était imminente.

— Dans une demi-heure, tout le monde pourra voir Nouvelle-Terre de ses propres yeux : un globe bleu-vert se détachant sur le coussin de velours sombre de l’Univers, au milieu d’étoiles brillant telles des gouttes d’argent…

— Arrête là ta poésie, l’interrompit irrespectueusement l’homme. Ce n’est qu’une planète parmi tant d’autres mais tu en fais une merveille.

Glytha sourit d’un air entendu.

image

Nouvelle-Terre apparut trente minutes plus tard. On distinguait les océans et les continents couverts d’une végétation luxuriante, entrecoupée de hautes chaînes de montagnes. C’était l’unique planète d’un soleil jaune et elle possédait une minuscule lune.

Vaskoss eut un hochement de tête appréciateur.

— Ça a l’air vraiment prometteur. Mieux en tout cas que ce damné monde-prison sur lequel je suis né.

Les deux vaisseaux se posèrent près d’une mer, à quelques kilomètres d’une petite ville. C’était l’emplacement choisi par Glytha pour édifier une colonie. Une demi-année après sa décision, il s’y élevait déjà plusieurs huttes de bois et bâtiments en éléments préfabriqués.

On n’avait jusqu’à présent repéré aucun animal dangereux bien que des équipes de chasse aient sillonné la région des journées entières. Les premières semailles avaient germé dans les champs. L’entrepôt frigorifique était rempli d’aliments congelés, et une génératrice nucléaire compacte, en sous-sol, délivrait l’énergie nécessaire.

Une puissante station hypercom avait été installée à l’écart. Personne ne voulait perdre le contact avec les évènements actuels. Il était même possible de comprendre les échanges entre tous les peuples grâce à des translateurs incorporés. La portée de l’appareil était naturellement limitée mais Glytha Vermeeren était satisfaite. Rien ne pouvait leur demeurer caché dans un rayon de cent années-lumière. Il leur faudrait être prêts le jour où une patrouille des Larenns ou de leurs alliés, les Lourds, surgirait dans les parages de Nouvelle-Terre et découvrirait la colonie interdite.

Les canons à impulsions furent ôtés des croiseurs et remontés à proximité du village, à l’issue d’un travail long et pénible. Pendant plusieurs semaines, des robots s’occupèrent d’aménager des installations de défense souterraines.

Un jour, le trafic hypercom augmenta nettement. Phelton Vaskoss, qui était chargé de son exploitation, relaya immédiatement l’information.

— Sept messages de vaisseaux d’Atlan qui annoncent qu’une nouvelle organisation vient d’être fondée, naturellement contre la volonté des Larenns. Elle s’appelle la CoDiPG, la Coalition pour la Dignité des Peuples Galactiques. Elle ne concerne pas uniquement les Terraniens mais aussi les Bleus, les Arkonides, les Akonides, les Francs-Passeurs et bien d’autres. Il semblerait que cette union s’est faite dans la souffrance ; toutefois, Atlan y est parvenu. Il y a également eu des combats contre les Lourds qui, au nom du Concile, ont voulu anéantir la conférence fondatrice.

« Il se passe enfin quelque chose, ajouta-t-il avec satisfaction.

Glytha Vermeeren hocha la tête.

— Certes, dit-elle sur un ton grave, mais du coup, les activités de patrouille du Concile vont s’intensifier. Il faut s’attendre à être découverts. Les Lourds n’auront pas abandonné la recherche de leurs prisonniers évadés.

— Je veux bien te croire, même si notre fuite n’a jamais été mentionnée. D’un autre côté, il est surtout question, dans les dernières informations, d’un certain Vhrato ou Héraut Solaire. Certains prédisent carrément l’arrivée d’un sauveur. Il est néanmoins tout à fait possible que de telles rumeurs ne soient répandues que pour accroître le moral des populations.

— Le Vhrato… répéta la femme, pensive. J’ai déjà entendu ce terme. (Elle dévisagea Vaskoss, interrogative.) Il n’y a rien de plus ? Bon, c’est tout pour aujourd’hui. Ou as-tu un soupçon sur qui pourrait être le Vhrato ?

L’homme parut étonné.

— Peut-être Atlan ? Vu sa situation, tous les moyens sont bons.

Il arriva ainsi que le mythe du Héraut Solaire, que Glytha Vermeeren l’ait voulu ou non, se propagea également sur Nouvelle-Terre.

Les plus âgés établissaient un lien entre le Vhrato et le nom de Perry Rhodan.

Exactement quatre semaines plus tard, Vaskoss, excité, fit irruption dans une réunion de routine. Il jeta plusieurs cristaux de données sur la table.

— Les adeptes du Vhrato travaillent d’une façon de plus en plus raffinée. Au lieu d’une vague légende, il est maintenant question d’ombres.

— Soyez plus précis, insista l’un des anciens.

— Le message le plus récent provient d’un vaisseau de la coalition galactique, sur lequel nous ne disposons pas d’information plus détaillée. Il a été émis sur toutes les fréquences, en clair, donc sans doute dans l’intention d’atteindre le maximum de personnes. Cela ne peut être que de la propagande.

— Pas forcément, rétorqua énergiquement Glytha Vermeeren. Qu’y a-t-il dans l’enregistrement ?

Vaskoss plaça l’un des cristaux dans un lecteur. Un silence total se fit quand retentit la voix venue des profondeurs de l’espace.

image

— Nous sommes à trois parsecs au sud du secteur violet, un vol de routine pour sécuriser la zone. Il y a sept heures, nous avons reçu de trois patrouilleurs du Concile l’ordre de mettre en panne. Nous inspections une planète et nous n’avons pas pu fuir à temps dans l’espace linéaire. Comme nos positroniques contiennent des données vitales, il était hors de question de laisser les laquais des Larenns monter à bord, ç’aurait été une catastrophe.

« Les Lourds ont ouvert le feu. Nos boucliers se sont effondrés dès leurs premières salves, et nos blocs-propulsion ont été endommagés. Il est vite devenu évident qu’ils voulaient nous neutraliser. Ils semblaient se douter que nous possédions des informations importantes. C’est pour cela que notre commandant a décidé d’activer notre dispositif d’autodestruction.

« À cet instant, l’écran panoramique a été envahi par une lumière éblouissante, comme si tout le Cosmos avait explosé. Nous avons d’abord cru que c’était notre propre vaisseau qui se consumait, puis nous avons vu les débris incandescents – ce qui restait des navires ennemis !

« Ensuite, il n’est resté qu’une silhouette spectrale. Elle avait une forme sphérique et se constituait de matière, comme nos détecteurs le précisaient, mais on ne pouvait que la qualifier d’ombre. Son diamètre était de deux mille cinq cents mètres. Quelques étoiles particulièrement lumineuses brillaient au travers.

« La nef fantôme nous avait sauvés et avait anéanti les Lourds en un seul tir. Nous avons essayé en vain d’établir le contact. Et tandis que nous émettions encore, l’ombre s’est fait plus diffuse jusqu’à disparaître complètement comme si elle s’était dissoute ou avait glissé dans une autre dimension.

« Le dispositif d’autodestruction a été désactivé. Nous avons repris notre mission et envoyé ce message en clair pour avertir nos adversaires ainsi que pour renforcer la confiance de nos alliés.