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Perry Rhodan n°269 - Un ami des Bioposis

De
257 pages

Les Larenns ont décidé de balayer la résistance dans la Galaxie et lancent une offensive armée contre le Poing de Provcon. Mais Hotrénor-Taak peut-il être certain de viser le bon objectif ? Un nuage sombre peut en cacher un autre, après tout. Et le faux Marco Polo n'est qu'un banal ultracroiseur très vulnérable...
Quelque part aux abords du Système Solaire, un individu original et solitaire veille, attend, espère le retour - qu'il suppose inévitable - de Perry Rhodan et de ses compagnons d'errance. Lequel sera le plus surpris des deux... ?





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couverture
K.-H. SCHEER
et CLARK DARLTON

UN AMI DES BIOPOSIS

PERRY RHODAN — 269

image

Sous le règne de l’APHILIE

L’ère de la perfection

Tous les hommes sont libres et égaux ! La faim et les maladies sont devenues des problèmes exceptionnels. Le travail a fait place aux « activités raisonnées », tandis qu’ordinateurs et robots se chargent des tâches les plus pénibles. Au nom de l’expansion tous azimuts, de formidables vaisseaux interstellaires s’élancent chaque jour à la conquête des mondes lointains.

 

L’ère de l’horreur

L’individu ne connaît plus que lui-même, ne vit plus que pour lui-même et pour satisfaire ses propres désirs. Les nouveau-nés sont confiés à des foyers dépourvus de toute chaleur affective, puis les enfants grandissent dans des institutions d’État. Jamais ils ne sauront qui étaient leurs parents. Inutiles pour la société, faibles et vieillards disparaissent derrière les hauts murs des Maisons de Silence. Jamais on ne les reverra.

 

La nef-monde de l’exil

En l’an 3580, le navire géant Sol quitte la Terre sans âme pour tenter de rallier la Voie Lactée, quelque part à l’autre bout de l’Univers. Bannis de leur planète-mère, voués à l’errance sur les Routes du Néant, Perry Rhodan et ses proches seront confrontés aux réalités du Concile des Sept, aux secrets de sa toute-puissance, à des arrière-plans cosmiques ouvrant sur d’inimaginables perspectives…

 

Pour la dignité des peuples galactiques !

L’Empire Solaire est mort, vive le Nouvel Impérium Einsteinien… Dans l’ombre du Poing de Provcon, Atlan organise la résistance contre l’occupant larenn et sa tutelle dictatoriale. Mais l’Arkonide saura-t-il garder intacts le courage de lutter contre l’invincible, et l’espoir de libérer un jour la Voie Lactée ?

 

La Terre sans Hommes

Dure est la loi de l’Univers… Arraché au Maelström des Étoiles et de nouveau transplanté, le berceau de l’Humanité resurgira dans l’inconnu total. Enfin rejoints par Perry Rhodan, les très rares survivants de la catastrophe ne vont plus tarder à faire la rencontre des Superintelligences qui président aux destinées du cosmos et de ses peuples…

CHRONOLOGIE GÉNÉRALE
 DES DIX PREMIERS CYCLES1
 DE LA SÉRIE PERRY RHODAN

Dates et événements

1971 : avec la fusée Astrée, Perry Rhodan se pose sur la Lune. Il y rencontre les Arkonides Thora et Krest, naufragés lors d’une expédition spatiale.

1972 : la supertechnologie arkonide permet la constitution de la Troisième Force et l’unification de l’Humanité terrestre.

1976 : l’être spirituel collectif qui règne sur la planète Délos accorde l’immortalité relative à Perry Rhodan et à ses plus proches compagnons.

1984 : de grandes puissances galactiques hostiles, les Arkonides, les Francs-Passeurs, les Arras et les Lourds, tentent de soumettre l’Humanité terrestre qui entame son expansion interstellaire.

2040 : l’Empire Solaire vient de naître ; il incarne désormais un facteur politique et économique de premier plan dans la Voie Lactée. L’Arkonide immortel Atlan, exilé sur Terre depuis près de dix mille ans, fait son apparition et devient l’un des proches de Perry Rhodan.

2326-2328 : des colonies terraniennes sont menacées par les Acridocères et les monstrueux Annélicères. Les humains entrent en conflit contre les Bleus qui dominent l’Est galactique.

2400-2406 : Perry Rhodan découvre la Route des Transmetteurs qui relie la Voie Lactée à Andromède. Plusieurs tentatives d’invasion de la Galaxie, orchestrées depuis la Nébuleuse, sont déjouées de justesse. Portant la lutte en territoire ennemi, les Terraniens libèrent les peuples d’Andromède de la tyrannie des Maîtres Insulaires.

2435-2437 : la forteresse-robot géante Old Man menace la Voie Lactée ; les Bi-Conditionnés surgissent, à bord de leurs Dolans, pour punir l’Humanité d’avoir effectué des expérimentations temporelles. Perry Rhodan est expédié dans la très lointaine galaxie M 87. Après son retour, la victoire sur les Ulebs – encore appelés la Première Puissance Fréquentielle – sera chèrement acquise.

2909 : la Crise de la Seconde Genèse provoque la mort de presque tous les mutants de la Milice.

3430-3434 : presque un millénaire s’est écoulé ; l’Humanité, éparpillée dans la Galaxie, connaît de graves dissensions. Afin d’éviter une guerre fratricide, Perry Rhodan fait déphaser le Système Solaire de cinq minutes dans le futur. De nouvelles menaces, comme le Supermutant Ribald Corello, se font jour et seront vaincues – à l’exception du satellite tueur qui orbite à l’intérieur de la couronne du Soleil. Pour empêcher que l’astre ne se transforme en nova, Perry Rhodan doit effectuer plusieurs voyages dans un passé vieux de deux cent mille ans et y rencontre le Cappin Ovaron, qui s’avère le seul capable de neutraliser l’engin autrefois installé par ses frères de race.

3437 : depuis Gruelfin, la lointaine galaxie-patrie des Cappins, une invasion d’un genre inédit se prépare contre l’ensemble de la Voie Lactée. Perry Rhodan se lance vers cet univers-île inconnu dans une expédition d’envergure dont le but est double : d’une part, contrer le plan des envahisseurs ; d’autre part, rétablir le bon droit en faveur d’Ovaron, souverain légitime dont l’exil a duré deux cent mille ans. Là-bas, les Takérans ont imposé leur hégémonie par la violence et règnent par la répression. Sitôt arrivés, les Terraniens entament la lutte contre les maîtres de Gruelfin puis ils repèrent la trace des Ganjasis, qui s’était apparemment perdue. Elle aboutit à la galaxie naine Morshatzas, isolée du continuum standard dans une bulle hyperspatiale. Ovaron y est confronté à la Mère Originelle, un cerveau-robot géant dont il avait jadis programmé la construction ainsi que la mission, et qui l’identifie comme l’authentique Ganjo. Alors que la puissance des Takérans est brisée à l’intérieur de Gruelfin, la Mère elle-même intervient dans la Voie Lactée pour faire échec à l’invasion et elle se sacrifie avec son armada de Collecteurs, entraînant aussi la destruction de Pluton.

3438-3443 : suite au sabotage de ses convertisseurs hexadim alors qu’il effectue son vol de retour de Gruelfin, le Marco Polo subit une dilatation temporelle et n’atteint la périphérie de son objectif que début juin 3441. Dès leur rentrée dans la Galaxie, Perry Rhodan et ses compagnons découvrent qu’elle a été balayée par une vague d’abrutissement imputable à l’Essaim, un conglomérat stellaire vagabond qui est en train de traverser la Voie Lactée. À de rares exceptions près, tous les êtres doués d’intelligence ont été crétinisés et il règne désormais un chaos sans précédent.

Tandis qu’une poignée d’immunisés se regroupent et tentent d’abord de résister, puis de trouver une parade au fléau et éventuellement de contre-attaquer, l’Empire Secret des Cynos commence à faire parler de lui et ses mystérieux ressortissants finissent par reprendre le contrôle de l’Essaim – car telle était la mission originelle de ce peuple qui a failli tout perdre à cause d’une lamentable erreur dont seuls les Terraniens et leurs alliés ont pu aider à effacer les conséquences dramatiques.

3444 : après bien des incompréhensions et des affrontements en chaîne, les esprits désincarnés des huit Vieux-Mutants projetés dans l’hyperespace durant la Crise de la Seconde Genèse sont enfin conduits à l’intérieur d’une météorite géante regorgeant de semper, un métalloïde à rayonnement quintidimensionnel indispensable à leur survie. Mais l’énorme astéroïde, en réalité un gigantesque vaisseau spatial, s’arrache alors à la croûte du monde dans lequel il était encastré depuis plusieurs siècles et les Terraniens le suivent jusqu’au Système Brisé, patrie des inquiétants Paramags qui, des dizaines de millénaires plus tôt, se sont lancés tous azimuts dans la recherche de semper à travers la Galaxie en utilisant les fragments de leur planète-mère reconvertis en nefs interstellaires.

Après avoir désamorcé la menace immémoriale que ces créatures faisaient planer sur Sol et ses satellites, Perry Rhodan et ses proches offrent enfin aux Vieux-Mutants un asile durable au sein d’un planétoïde riche en semper, acheminé jusqu’à un secteur isolé et calme de la Voie Lactée.

Décembre 3458 à août 3460 : au nom du mystérieux Concile des Sept, les Larenns s’imposent dans la Voie Lactée grâce à leur supériorité technologique et contraignent Perry Rhodan à assumer la charge de Premier Hétran de la Galaxie. Jouant en apparence le jeu des émissaires du Hétos des Sept, le Stellarque entreprend d’organiser la résistance et commence par déphaser le Système Solaire de quelques minutes dans le futur, afin de le soustraire aux agressions potentielles des Larenns et de leurs exécutants, les Lourds.

Face à l’intensification de la menace ennemie, la Terre et la Lune seront finalement dématérialisées en empruntant un transmetteur stellaire spécial installé dans la plus grande urgence. Elles ne resurgissent hélas pas à l’endroit prévu mais à une distance énorme de la Voie Lactée, au sein d’une région spatiale turbulente appelée le Maelström des Étoiles. Pour les Terraniens exilés à l’autre bout de l’Univers, le nouveau défi sera de réussir à s’acclimater et à s’affirmer dans ce secteur riche en surprises, en périls de tous genres et en adversités imprévues. Initialement hostiles, les Ploohns insectiformes se révéleront des alliés décisifs puisqu’ils accourront à l’aide de l’Humanité transplantée et permettront l’ancrage du couple Terre-Lune sur une orbite stable autour d’un soleil approprié, Médaillon.

Pendant ce temps, dans la très lointaine Voie Lactée qui plie désormais sous le joug du Concile, l’immortel Arkonide Atlan mène dans l’ombre le combat contre les oppresseurs. En priorité, il assure l’exode des Terraniens, traqués sans relâche par l’occupant, vers le nuage obscur appelé le Poing de Provcon et la planète Gaïa qui se dissimule en son sein. Le Système Solaire, privé de la Terre et de son satellite naturel, devient peu à peu le fief du nouveau Premier Hétran, le Lourd Leticron, dictateur galactique et chef des forces militaires à la solde des Larenns.

 

 

CHRONOLOGIE ET RÉSUMÉ DU CYCLE EN COURS

 

Sur la Terre en exil

3540 : en quatre-vingts ans d’exposition à une composante spéciale du spectre radiatif de l’étoile Médaillon, une immense majorité d’humains a peu à peu perdu toute capacité à éprouver des sentiments. Sur la Terre règne désormais l’aphilie. Peu nombreux sont les immunisés : seuls les porteurs d’activateur cellulaire – à l’exception temporaire de Reginald Bull –, les mutants et de rares individus « ordinaires » échappent à ce véritable fléau qui a conduit à l’instauration d’un nouveau pouvoir politique et d’un ordre mondial sans précédent. Condamnés à l’exil, Perry Rhodan et presque tous ses proches partent à bord du Sol, un colossal vaisseau spatial à très grand rayon d’action, pour une odyssée dont nul ne saurait prévoir la durée.

3578 : sur la Planète d’Ovaron, à près de 3 500 années-lumière de la Terre, la colonie secrète fondée par l’ex-Stellarque juste avant son exil réussit à prendre un nouvel essor et est dotée d’une station d’accueil pour les fugitifs traqués par les aphiles. L’Organisation Bon Voisin, dirigée par Reginald Bull qui a fini par revenir à son état normal, mène une résistance de plus en plus risquée face au durcissement du régime aphile. Celui-ci se transforme en une impitoyable dictature sous la férule de Trevor Casalle, la Lumière de la Raison, dont l’ascension au pouvoir a été aussi fulgurante qu’inattendue mais s’explique par une nouvelle menace : la planète-mère de l’Humanité n’est plus stable sur son orbite autour de Médaillon, et la chute dans le Gouffre est inéluctable à moyen terme.

Fin 3580 : alors que le péril devient imminent, les forces de Casalle s’emploient à accroître encore davantage l’emprise de l’aphilie en balayant une fois pour toutes les oppositions demeurées actives. L’Organisation Bon Voisin doit faire échec à l’Opération Lavage de Cerveaux en même temps que se lance une terrible offensive contre sa base secrète, sous l’Océan Pacifique. La fuite d’un maximum d’immunisés sera néanmoins assurée.

Août 3581 : de façon aussi soudaine qu’inexplicable, Trevor Casalle propose une alliance à Reginald Bull. Aphiles et immunisés se mettent à coopérer pour la construction d’une flotte spatiale d’évacuation. Simultanément, la Dose, une drogue qui inhibe temporairement l’aphilie, commence à se répandre. Puis surgit Raphaël, un inquiétant personnage qui semble disposé à aider les Terriens dans leur entreprise, mais se révélera peu à peu chargé de faire obstacle au projet d’exode massif.

Fin septembre 3581 : peu avant que la Terre et la Lune ne s’engloutissent dans le Gouffre avec des milliards d’êtres humains, un seul navire appareille. À bord, excepté Reginald Bull et ses proches, nul ne sait que tous les événements récents s’inscrivent dans le Plan de l’Accomplissement. Un plan conçu par l’Immortel de Délos pour sauver l’humanité terrienne et exécuté par l’hyperimpotronique lunaire, Nathan, guidée à distance par l’être collectif…

 

L’odyssée duSol

3578 : depuis les parages de la microgalaxie Balayndagar, l’équipage du Sol a réussi à localiser la très lointaine Voie Lactée. L’un des deux ultracroiseurs constituant la nef géante en a pris le chemin, tandis que l’autre partie s’aventure jusqu’à une planète accueillante pour y refaire les réserves du bord et tombe dans le piège insidieux tendu par les Kéloskèrs. Ces « penseurs infinis », qui sont les calculateurs stratégiques du Hétos des Sept, adorent et redoutent le trou noir situé au centre de Balayndagar, dont un dispositif spécial leur permet de juguler l’expansion. Hélas, la destruction accidentelle de cet appareil relance le processus d’engloutissement de la microgalaxie dans le Grand Néant Noir. Les Kéloskèrs prennent sous influence Sénèque, le complexe bio-impotronique qui gouverne le Sol, puis annexent celui-ci pour sauver de la catastrophe leurs précieux équipements et surtout le shetanmargt, le plus évolué de leurs superordinateurs.

Hormis la plongée dans le trou noir, toute fuite hors de Balayndagar s’avère impossible. Selon les Kéloskèrs, le couplage réussi de Sénèque et du shetanmargt devrait assurer la survie du vaisseau géant et de tous ses passagers. Malgré l’incertitude et les risques, Perry Rhodan et ses compagnons tentent le tout pour le tout…

Janvier 3581 : le Sol resurgit intact « de l’autre côté » du Grand Néant Noir dans une incroyable bulle extradimensionnelle qui abrite des soleils, des planètes… et de la vie intelligente ! Les maîtres de la Zone Dakkar, des humano-sauriens très évolués appelés Zgmahkones, réagissent violemment à l’intrusion des étrangers indésirables puis lorsqu’un commando terranien réveille et enlève Olw, le Dormeur Millénaire. Recueilli à bord du Sol, celui-ci révèle en détail l’histoire de sa fratrie, douze êtres hors normes grâce auxquels, jadis, la planète-mère des Zgmahkones a résisté à l’engloutissement dans un trou noir et émergé dans la Zone Dakkar. Seuls capables de voyager à travers les tunnels transdimensionnels qui relient la bulle extra-universelle aux trous noirs de nombreuses galaxies, Olw et ses semblables sont devenus les Spécialistes de la Nuit, les outils de conquête des dictateurs zgmahkones pour lesquels, contraints et forcés, ils ont peu à peu bâti les fondations d’une hégémonie omnipotente : le pouvoir du Concile des Six…

Perry Rhodan l’a compris, l’appui des Dormeurs Millénaires lui est indispensable pour faire ressortir le Sol de la Zone Dakkar. Mais les Gardiens du Néant – ainsi se dénomment les tyrans adverses – échafaudent un plan destiné à piéger Olw et à éviter que les Spécialistes de la Nuit ne se rangent du côté des Terraniens. Ce sera peine perdue, car les dictateurs n’ont pas idée de la détermination ni des moyens réels dont disposent les intrus.

Très vite, le Stellarque apprend qu’un équipement particulier doit être installé à bord du Sol pour lui permettre de franchir en sens inverse l’un des tunnels transdimensionnels. Or, le beraghskolth en question n’est disponible que dans la galaxie-patrie des Larenns, et la seule solution est d’aller en dérober un exemplaire. Après s’être emparé d’un vaisseau zgmahkone, un commando terranien auquel se joint Olw se lance dans cette expédition à haut risque.

Mars-avril 3581 : l’espoir est à nouveau d’actualité. Une fois le beraghskolth en place, le Sol pourra bientôt prendre le chemin du retour vers le continuum standard. Hélas, Perry Rhodan et ses compagnons d’aventure ne sont pas encore au bout de leurs surprises. Un esprit désincarné établit soudain le contact avec le mulot-castor L’Émir : il s’agit d’un Koltonien dont le peuple, disparu depuis cent mille ans, avait édifié un gigantesque empire cosmique et se trouve à l’origine même du plan qui a conduit à créer les Spécialistes de la Nuit, puis à les utiliser pour jeter les bases du Concile. Pour Voyllocron et ses semblables immatériels, le réveil est tout proche : ils vont en effet investir les corps des douze Dormeurs Millénaires. Mais l’activation du beraghskolth les anéantit définitivement… Peu après, le Sol emprunte un tunnel transdimensionnel et resurgit dans la galaxie-patrie des Hyptons. À son bord se trouvent Olw et sa fratrie qui ont porté le coup de grâce aux Gardiens du Néant, juste avant de quitter la Zone Dakkar. Dès lors, celle-ci sera pour toujours coupée du continuum standard. Peu après, les Spécialistes de la Nuit disparaissent en plongeant dans un micro-trou noir qu’ils ont fabriqué sur ordre des Koltoniens. Obéissant à une mystérieuse pulsion, Alaska Saedelaere, l’homme au masque, endosse l’Habit de Destruction et les suit…

Le Sol n’est pas au bout de son périple, loin s’en faut. Une fois de plus, la quête de la Voie Lactée devient l’objectif numéro un. D’étranges S.O.S. vont cependant faire diversion et attirer L’Émir, accompagné du télépathe Lloyd, sur un monde surprenant où les attend une incroyable surprise : la rencontre avec Lowis, un mulot-castor au seuil de la mort…

 

La Voie Lactée envahie

3580 : dans la Galaxie-patrie, Atlan a fondé le Nouvel Impérium Einsteinien dont Gaïa constitue le monde central. L’isolationnisme contraint n’est cependant pas une situation durable, même si l’oppression des Lourds et des Larenns l’impose maintenant depuis près de cent vingt ans. Le futur proche demeure cependant très sombre, en particulier pour les derniers Terraniens encore présents dans le Système de Sol dont Leticron a fait le centre de son empire. La forteresse d’acier de Titan, bastion du tyran, incarne le symbole même de la terreur et du mal. Mais le Premier Hétran de la Galaxie, obsédé par le désir d’être immortel, plonge peu à peu dans la démence et les Larenns scellent définitivement son destin : lors d’un tournoi truqué, Leticron est blessé à mort par Maylpancer, le jeune Lourd prévu pour lui succéder.

Décidé à solliciter tous les appuis envisageables pour la résistance galactique, Atlan se rend en mission secrète sur la planète Dernière Chance où un dakkarcom est en construction dans les superlaboratoires passés sous le contrôle des Larenns. Pendant que le commando procède au vol de cet équipement spécial, une autre expédition terranienne tente de rallier Andromède afin d’y requérir l’aide des Maahks – en vain… Le Lord-Amiral ne peut plus compter que sur l’assistance des Cappins de la lointaine galaxie Gruelfin et du Ganjo Ovaron, auquel l’Empire Solaire a jadis prêté main-forte. Mais nul ne sait quelle situation règne là-bas, ni comment l’appel au secours y sera perçu.

Dans une telle incertitude, la nécessité d’une opposition fédérée face au Concile devient pressante. Pour pouvoir organiser une conférence secrète des peuples de la Voie Lactée asservis par le Concile, Atlan et ses proches conçoivent un leurre destiné à tromper les Larenns et les Lourds : tout va être mis en scène, sur un monde appartenant à un secteur spatial éloigné, pour simuler le cadre propice au fameux rassemblement. Informés à dessein, les oppresseurs de la Galaxie attaquent et dévastent la planète truquée tandis que la véritable conférence se déroule évidemment ailleurs, quelque part dans l’espace.

Malgré la trahison avortée des Antis, neutralisés par l’énigmatique et inattendu Héraut Solaire, la conférence se conclut par la fondation de la CoDiPG, ou Coalition pour la Dignité des Peuples Galactiques.

Début 3581, alors que la CoDiPG essaie de s’affirmer face à la méfiance croissante des oppresseurs, un mystérieux allié surgit et passe à l’action sans plus tarder. C’est le Vhrato annoncé par le culte du Héraut Solaire – ou, plus exactement, l’ultracroiseur SCr-2 qui a réussi à rallier la Galaxie-patrie depuis le Maelström des Étoiles. Son équipage et ses passagers, entretenant autour d’eux et de leur vaisseau une aura nébuleuse quasi-mystique, portent plusieurs coups sérieux aux exécutants du Concile. Soudain, les Larenns abattent un atout maître afin d’exploiter la situation à leur avantage : un autre ultracroiseur, frère jumeau du SCr-2 et réplique exacte du Marco Polo, fait son apparition avec Perry Rhodan et ses proches à son bord ! Le trouble résultant est tellement immense que même l’un des mutants revenus avec le SCr-2 se laisse abuser. Mais des agents du Nouvel Impérium Einsteinien conçoivent des doutes puis sonnent l’alerte. Pourtant, la comédie continue.

Avec le faux Marco Polo, les Larenns tentent le tout pour le tout et lancent l’offensive contre le cœur du Nouvel Impérium Einsteinien. Seul un miracle pourrait peut-être sauver Gaïa et la résistance, mais faut-il encore y croire ?

En septembre 3581 va enfin se produire l’événement le plus espéré depuis des décennies. Comment le retour de Perry Rhodan pourrait-il en effet ne pas avoir lieu ? Parmi tous ceux qui l’attendent, un individu d’exception monte la garde aux abords du Système Solaire : Galto Quolfart, UN AMI DES BIOPOSIS

1. Téléchargez gratuitement toute l’action antérieure des neuf premiers cycles de la série PERRY RHODAN avec le guide spécial DESTINÉE COSMIQUE I (1971-3459) sur le site www.fleuvenoir.fr.

CHAPITRE PREMIER

« Quand il est né, il n’a même pas crié. Mais ses yeux étaient extraordinairement expressifs. J’ai tout de suite su qu’il ne serait pas un enfant comme les autres. »

Marita Kalmeck, à propos de son fils Kor.

 

Lorsque Kor Kalmeck monta à bord du vaisseau des Halutiens Lraton Perlat et Jotan Menc, il ignorait qu’il lui restait cinq jours à vivre.

Perlat était assis aux commandes et ne paraissait pas avoir de temps à consacrer à son hôte. On avait informé Kalmeck que c’était un individu renfermé et d’un abord difficile. Mais tant de choses dépendaient de cette petite délégation halutienne que l’agent était bien décidé à ne pas se laisser perturber par le comportement singulier de Lraton Perlat.

Menc, qui portait la combinaison de combat rouge caractéristique de son peuple, fit quelques pas en direction de Kalmeck.

— Vous pouvez enlever votre spatiandre, Terranien. L’atmosphère du bord est parfaitement respirable.

Le représentant du Nouvel Impérium Einsteinien soutint sans se troubler le regard des trois yeux rougeoyants. C’était pourtant son premier contact avec des Halutiens. Il ôta son casque et se débarrassa de sa combinaison. Menc l’observa comme s’il étudiait le déroulement d’une expérience scientifique.

— Je vous suis reconnaissant de m’accueillir, dit Kalmeck avec retenue. Pour parler franchement, Atlan craignait que vous n’ayez pas pu rester dans la Voie Lactée.

— Absurde ! lança Perlat.

Jotan Menc éclata d’un rire tonitruant, comme s’il voulait atténuer la remarque sarcastique de son ami.

— Nous avons expliqué à la conférence que nous demeurerions ici afin de suivre le développement de la Coalition pour la Dignité des Peuples Galactiques.

— C’est exact, confirma Kalmeck. Trois mois se sont déjà écoulés depuis la fondation de la CoDiPG.

Menc s’abstint de tout commentaire sur l’alliance. D’un geste, il indiqua au visiteur un siège, qui était si grand que cinq Humains standard auraient aisément pu y prendre place.

Ils se moquent de moi ! pensa Kor avec une bouffée de colère.

Mais sa volonté de remplir sa mission était si forte qu’il était prêt, dans l’intérêt de celle-ci, à avaler cette couleuvre. Il savait qu’il ne devait rien précipiter.

Il escalada donc le siège et alla se caler contre le dossier.

— Nous n’avons rien à vous offrir à manger, annonça Jotan.

— Ne vous inquiétez pas, répondit Kalmeck en tapotant son sac. J’ai emporté avec moi des concentrés nutritifs et des poches d’eau.

Il avait le sentiment que Menc le jaugeait du regard, et il se demanda quelle impression il donnait au Halutien.

Kor Kalmeck ne mesurait qu’un mètre soixante-cinq et était d’une stature incroyablement massive. Ses bras étaient musculeux et courtauds, au point qu’on aurait pu supposer qu’il avait des difficultés à s’en servir. Vu de côté, son corps paraissait cassé au niveau de la taille, et son torse, fortement penché en avant, semblait mal conformé. Dans cette silhouette curieuse, la tête était étonnamment bien proportionnée, et reposait sur un cou trapu. Kalmeck possédait une épaisse chevelure blonde et des yeux très rapprochés, qui louchaient un peu. Son nez était une grosse boule de chair plaquée juste au-dessus de ses lèvres.

Kor était très laid selon les canons humains, mais il sourit imperceptiblement en se disant que cela n’avait aucune importance pour les deux colosses à six membres.

Il aurait pu aborder immédiatement l’objet de sa mission, mais il ne voulait rien brusquer. Il était préférable de laisser les Halutiens prendre l’initiative.

— De nouveaux messages codés arrivent, annonça Lraton Perlat à son compatriote. Je les enregistre avant d’essayer de les déchiffrer.

Jotan Menc lui répondit en langue halutienne, puis il se laissa tomber dans un siège, à côté de Kalmeck. Extérieurement, les deux Halutiens ne présentaient pratiquement aucune différence. Mais chacun d’entre eux possédait une personnalité propre, qui influait sur son comportement. Aussi le Terranien n’aurait-il aucune difficulté à les différencier.

— Si vous êtes d’accord avec les propositions d’Atlan, je vais rester à bord de votre vaisseau, dit Kor. Je vous prierai dans ce cas de prévenir le commandant du Santos qu’il ne doit pas m’attendre.

Le Santos avait amené le représentant du N.I.E. jusqu’au point de rendez-vous et stationnait dans l’espace, à une demi-seconde-lumière du navire halutien.

— Alors ? Que faites-vous ici ? voulut savoir Menc.

— Atlan veut démontrer aux peuples de la Coalition que le Nouvel Impérium Einsteinien est un allié fort et fiable. Dans ce but, chaque entité membre doit envoyer une délégation dans le refuge de l’Humanité.

Si Jotan Menc fut surpris par cette information, il n’en laissa absolument rien paraître.

Kalmeck poursuivit :

— Un certain nombre d’hommes et de femmes connaissant les coordonnées de notre domaine ont été dépêchés pour amener ces délégations à bon port.

— Vous êtes l’un d’eux ? s’enquit Menc.

— C’est exact.

— Je considère que c’est extrêmement dangereux. Le risque qu’un de ces émissaires tombe aux mains des Larenns me semble élevé.

La remarque du Halutien rappela à Kor les mesures de sécurité qui avaient été prises avec chacun des initiés. Il sourit, bien qu’en l’occurrence, il n’y eût pas vraiment de raison de se réjouir. Il ne mit cependant pas Menc au courant de l’existence de la « soupape mentale » implantée dans son cerveau.

— Le risque que vous évoquez existe sans aucun doute, mais au moins, tout danger de trahison est exclu.

— Comment pouvez-vous en être aussi certain ?

— Nous avons pris toutes nos précautions.

— Après tout, c’est votre problème, conclut Jotan.

Il y eut un silence.

Menc et Perlat devaient à tout prix parvenir sur Gaïa, dans le Poing de Provcon. Là, ils pourraient se convaincre des capacités du N.I.E. et de la CoDiPG. Kor Kalmeck se sentit soudain écrasé par la difficulté de sa tâche, paralysé en songeant à tout ce qui dépendait du succès de sa mission. Il fallait absolument qu’Atlan en personne persuade les Halutiens, afin que ce puissant peuple aide l’Humanité dans sa lutte contre le Concile des Sept.

Le Gaïen se redressa dans son siège.

— J’espère que vous êtes prêts à vous en remettre à moi pour vous conduire dans le refuge de l’Humanité.

Ce fut Perlat qui répondit.

— Pourquoi devrions-nous approuver ce plan ? Pour l’instant, les Halutiens ne font pas partie de la CoDiPG.

— Nous n’avons donc pas besoin d’envoyer une délégation, ajouta Menc.

Ils vont tout refuser en bloc ! imagina Kalmeck.

Il ne laissa cependant pas sa déception prendre le dessus. Il ne s’attendait pas à ce que tout se passe sans difficultés ni accrocs.

— Votre présence ici prouve que vous continuez à observer l’évolution des événements, déclara-t-il. Vous rassemblez des informations. Une visite sur Gaïa compléterait l’image que vous avez pu vous faire jusqu’à présent. Il vous faudra des mois pour obtenir par ailleurs tous ces renseignements.

Kor n’aurait pas cru qu’un Halutien puisse ricaner, mais ce fut ainsi que Menc réagit.

— Notre soif de connaissance n’est pas aussi grande que vous semblez le croire, se défendit ensuite le colosse.

L’agent faillit s’emporter et répondre en menaçant d’interrompre immédiatement la discussion. Mais il se domina en se rappelant qu’il ne traitait pas avec des êtres humains.

Jotan Menc commenta la politique d’Atlan :

— C’était sans doute un coup de maître que d’obtenir ce statu quo avec les Larenns. Mais vous devez bien comprendre que cette situation contient en germe la possibilité d’une attaque. Les Larenns considèrent sans nul doute l’existence de la CoDiPG comme un affront.

L’émissaire de Gaïa en convint d’un simple hochement de tête. Il se souvenait des incidents qui s’étaient produits avant et même pendant la conférence fondatrice.

— Vous devez aussi comprendre pourquoi le Concile se tient encore tranquille, ajouta Perlat. Les Larenns savent que vous vous dissimulez quelque part dans la Galaxie. Dès qu’ils auront localisé votre cachette, ils frapperont de toutes leurs forces.

— Nous en avons conscience, dit Kalmeck.

— Ses succès passés ont conduit l’Humanité à une erreur d’estimation de la situation. Atlan devrait montrer davantage de patience et préparer plus longuement et plus soigneusement sa contre-offensive.

— Il est difficile d’être patient quand on vit sous l’oppression !

Jotan Menc se leva de sa place et alla discuter à voix basse avec Lraton Perlat. Kalmeck ne pouvait qu’attendre le résultat de cet entretien. De tous les initiés chargés de guider les délégations jusqu’à Gaïa, il avait sans aucun doute la tâche la plus délicate. Dès la conférence fondatrice de la CoDiPG, il s’était avéré que les Halutiens suivraient leur propre politique. Ils s’étaient retirés de la scène et ne voyaient aucune raison d’y intervenir à nouveau. Personne n’imaginait pourtant que cette retenue résultait d’une quelconque peur face au Concile.

Finalement, Menc annonça :

— Nous sommes d’accord. Perlat va informer le commandant du Santos que vous restez avec nous pour conduire notre vaisseau vers la retraite secrète de l’Humanité.

Leur décision aurait dû soulager Kalmeck, mais il n’était pas homme à se satisfaire d’un succès facile sans réfléchir. Durant le vol vers le Poing de Provcon, il trouverait peut-être l’occasion d’étudier les raisons du revirement des deux géants. L’acceptation par Menc et Perlat d’accompagner l’envoyé du N.I.E. dans le Poing de Provcon ne signifiait pas pour autant que les Halutiens étaient prêts à soutenir l’Humanité dans sa lutte contre le Concile.

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« Il ne jouait pas comme les autres enfants. Il restait simplement assis à les regarder. Ils sentaient qu’il n’était pas comme eux. Parfois, ils le battaient. »

Kyrtan Kalmeck, à propos de son fils Kor.

Plusieurs heures après l’arrivée de Kor Kalmeck à bord du vaisseau halutien, Lraton Perlat montra pour la première fois qu’il était conscient de sa présence. Ce furent les signaux brouillés qu’il avait en partie déchiffrés qui déterminèrent ce changement.

— Il se passe de toute évidence des choses intéressantes dans l’Ouest galactique, Terranien.

Les Halutiens savaient naturellement que Kor Kalmeck n’était pas né sur Terre. Il avait quarante-six ans et au moment de sa naissance, la planète-mère de l’Humanité avait depuis longtemps quitté le Système Solaire.

— On prétend que le Vhrato serait apparu, poursuivit Perlat. Il y a eu des incidents dans les systèmes de Zarzahna et d’Askamor. Perry Rhodan s’y serait posé avec le Marco Polo.

Kalmeck fixa le Halutien avec des yeux ronds.

— C’est le contenu des messages, expliqua Lraton. Je ne peux rien affirmer quant à leur authenticité ni à leur exactitude.

Kor se contraignit à réfréner son agitation croissante. Il s’était toujours demandé quelle attitude il aurait face à Perry Rhodan au cas où celui-ci regagnerait un jour la Voie Lactée. Il devait à présent reconnaître que la seule mention de ce nom exerçait sur lui une extraordinaire fascination.

Perry Rhodan est dans la Voie Lactée ! Tout va changer d’un seul coup !

— Vous tremblez ! constata Jotan Menc.

— Vous… vous ne pouvez pas comprendre ce que cela signifie ! s’exclama Kalmeck. Ce que cela signifie pour nous tous !

— Pour les Humains, corrigea Perlat.

Kor se demanda s’il existait un moyen de se rendre dans l’Ouest galactique pour vérifier ces informations. Il s’inquiétait à l’idée de manquer des événements importants.

D’autre part, la nouvelle de l’arrivée de Rhodan n’était qu’une rumeur, il ne devait pas l’oublier. Le culte du Vhrato avait déjà généré beaucoup d’affabulations, et c’était sans doute encore le cas. Enfin, Kalmeck avait une mission à remplir. Les Humains de Gaïa comptaient sur un retour rapide de leurs envoyés, avec les délégations.

— Ce genre de bruits a toujours existé, dit-il. Je ne leur accorde pas d’importance particulière.

Cela ne correspondait pas du tout à la vérité, mais il voulait éviter que les Halutiens ne devinent ses sentiments.

— S’il s’agit d’un bruit, il paraît assez tenace, objecta Perlat. De plus, il semble que beaucoup de gens le répandent.

Cela pourrait être vrai ! songea Kor.

Dès son retour dans le Poing de Provcon, il informerait Atlan et Julian Tifflor. Ils devraient s’efforcer de remonter à la source des messages. Mais ses renseignements tomberaient probablement à plat. Des unités du N.I.E. croisaient partout dans la Galaxie. Il était tout à fait possible qu’Atlan soit déjà au courant.

— Si Rhodan est effectivement de retour, il semble tenir les promesses qu’il avait faites à l’Humanité, dit Perlat. Il aurait chassé les Larenns du système de Zarzahna.

L’agent se carra au fond de son siège. Il avait besoin de se calmer. Sa raison lui disait que Perry Rhodan ne pouvait rien contre les Larenns avec le seul Marco Polo. Mais cette réflexion logique n’étouffait pas chez lui l’espoir que ces informations soient, au moins partiellement, exactes. Peut-être les Larenns avaient-ils subi un revers, que l’on attribuait à Rhodan.

La voix de Perlat s’insinua dans ses pensées.

— Vous comprendrez que dans ces conditions, nous devions modifier nos plans. Nous sommes ici pour observer la situation et rapporter aux nôtres toute évolution fondamentale.

Les yeux de Kor s’agrandirent.

— Que voulez-vous dire ?

— Menc et moi avons décidé d’interrompre le vol vers Provcon pour mettre le cap sur l’Ouest galactique.

— Une fois sur place, nous essayerons de vérifier si ces rumeurs contiennent une part de vérité, ajouta Jotan.

Kalmeck eut le sentiment d’être dépassé par les événements.

Le Santos était depuis longtemps hors de portée des détecteurs du vaisseau halutien et ne pouvait plus être rappelé. Cela signifiait que l’agent allait devoir demeurer à bord jusqu’à ce que les deux colosses aient terminé la mission qu’ils venaient de se donner.

— Ma tâche est de vous conduire jusqu’à Gaïa ! protesta-t-il faiblement. Toutes les autres délégations sont déjà en route. Vous ne vous en tenez pas à nos accords.

— Ces nouvelles informations nous y forcent, dit Lraton Perlat. Nous vous promettons de vous transférer sur un vaisseau terranien dès que l’occasion s’en présentera.

— C’est hors de question ! explosa Kor Kalmeck.

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Durant le voyage, les deux Halutiens se comportèrent comme s’ils avaient été seuls à bord. Par exemple, ils ne se parlaient que dans leur langue maternelle. Kalmeck ne ressentait pas cette attitude comme un affront personnel. Au contraire, il leur en était reconnaissant. Cela lui laissait du temps pour réfléchir.

L’annulation du vol vers le Poing de Provcon lui faisait courir des risques certains. Plus longtemps il séjournait à l’extérieur de la nébuleuse, plus grande devenait la probabilité de rencontrer quelqu’un qui voudrait s’approprier ses connaissances.

Tous les émissaires avaient l’ordre de rentrer par la voie la plus rapide. Ils y avaient intérêt, pour leur propre sécurité. Comme tous les autres initiés du N.I.E., Kor Kalmeck était mentalement stabilisé. On ne pouvait pas le contraindre à révéler ce qu’il savait, ni en lui administrant des drogues, ni en recourant à des manipulations parapsychiques ou paramécaniques.

Mais ces mesures ne suffisaient pas à Atlan.

Les neurochirurgiens et les biochimistes de Gaïa avaient donc mis au point un dispositif de sécurité supplémentaire, qu’ils avaient baptisé « soupape mentale ». Ils étaient partis de l’analogie entre les centres mémoriels du cerveau et un réservoir rempli. Le dispositif consistait en une microcapsule logée dans les liaisons entre le cortex et le cerveau reptilien, et connectée avec les principaux tissus nerveux. Son implantation ne causait ni perturbations fonctionnelles ni réactions indésirables.

La soupape mentale était conçue de façon à ne s’activer que sous l’effet de tortures insupportables. Des douleurs superficielles n’avaient aucun effet. Lorsque le cerveau recevait de puissants signaux de souffrance, la capsule libérait un acide organique qui détruisait quasi instantanément les principales liaisons nerveuses entre les aires de la mémoire et celles des instincts. Le contenu mémoriel du cerveau était alors irrémédiablement perdu.

Le plus grand risque consécutif à l’activation de la soupape mentale était que le sujet perde aussi la raison, car la diffusion de l’acide à l’intérieur de l’encéphale n’était que difficilement contrôlable et pouvait suivre des voies inattendues.

Kor Kalmeck s’était vu implanter une microcapsule, comme tous les autres initiés.

Il y songea avec un léger frisson. Il savait exactement ce qu’il portait en lui. Mais la nécessité de cette mesure ne faisait aucun doute : la révélation de la position du N.I.E. aurait entraîné la mise en esclavage de la Nouvelle Humanité, voire son extermination.

Kalmeck espérait simplement ne jamais se trouver dans une situation où sa soupape mentale devrait s’activer. Pour l’instant, sa position lui semblait pourtant plus dangereuse que celle de tous les autres initiés. Mais la présence des deux Halutiens constituait pour lui une garantie contre d’éventuelles difficultés.

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Menc et Perlat se disposaient à explorer la région située entre les systèmes de Zarzahna et d’Askamor, qui étaient distants de 6 770 années-lumière l’un de l’autre. Kalmeck savait qu’il s’agissait d’une région à peine cartographiée et encore relativement mal connue. À vrai dire, il paraissait curieux que Perry Rhodan ait précisément choisi ce secteur pour faire sa réapparition.

De nouveau, des messages circulaient sur hyperondes, mais aucun des Halutiens n’informa Kalmeck de leur contenu. Lui-même était trop fier pour les questionner. Il essaya de se faire une idée de la situation d’après le comportement de ses hôtes et ses propres observations.

Des événements inhabituels s’étaient sans nul doute produits dans la région. En attestaient non seulement l’intensité des communications, mais aussi les résultats de la détection. Kor était certain d’avoir reconnu sur les moniteurs les impulsions caractéristiques de vaisseaux C.E.V. larenns.

Les Halutiens ne semblaient pas arriver à décider vers lequel des systèmes voisins mettre le cap. Kalmeck considérait leur prudence comme exagérée. S’ils voulaient en apprendre davantage, ils devaient agir.

L’envoyé du N.I.E. sentait croître son impatience. Quand il eut l’impression que les deux géants allaient mettre fin à leur exploration, il prit la parole.

— Vous ne trouverez rien de cette façon ! dit-il à Menc. Attendez-vous un miracle ? Espérez-vous que quelqu’un va vous servir sur un plateau toutes les informations que vous voulez ?

Le colosse de trois mètres et demi de haut ne se départit pas de son calme.

— Perlatos et moi sommes maintenant convaincus que des événements particuliers ont eu lieu par ici. Les derniers messages que nous avons captés confirment nos premières informations.

« Cependant, nous avons relevé des incohérences. Il y a beaucoup de vaisseaux C.E.V. dans les parages. Je me demande pourquoi ils ne sont pas intervenus. Ils ont tout de même subi un revers dans le système de Zarzahna…

— L’effet de surprise a joué en faveur de Perry Rhodan. Avant que les Larenns n’aient compris ce qui se passait, ils avaient déjà perdu la bataille. Il se peut qu’ils se soient repliés afin de revoir leur tactique.

Menc garda le silence.

Kalmeck aurait voulu disposer d’un moyen de transmettre immédiatement ces informations sortant de l’ordinaire au Poing de Provcon. Et pas seulement là-bas : c’était l’ensemble de l’Humanité qu’il aurait fallu mettre au courant du retour de Perry Rhodan.

Cette nouvelle présageait la fin de l’oppression par le Concile !

À moins que… ?

En y réfléchissant davantage, Kor Kalmeck dut admettre qu’il n’existait aucun argument raisonnable pour étayer cette croyance. Comment Rhodan pourrait-il entreprendre quoi que ce soit avec le seul Marco Polo, contre les Larenns et les peuples alliés du Hétos ?

Plus il y songeait, moins il lui paraissait vraisemblable que Rhodan se soit lancé dans une attaque-surprise contre les Larenns. Le Stellarque n’avait aucune raison logique d’agir ainsi.

Pas du point de vue d’un Kor Kalmeck, certes, mais peut-être que du sien, si

Comment se conduirait un homme qui reviendrait après plus de cent ans dans sa galaxie d’origine et qui constaterait qu’elle est toujours dominée par les ennemis de son peuple ?

D’après tout ce que Kalmeck avait entendu dire de l’ancien Stellarque de l’Empire Solaire, ce n’était pas un individu qui cédait à ses émotions. Avait-il séjourné secrètement dans la Galaxie, depuis assez longtemps pour en observer soigneusement l’évolution ? N’aurait-il attaqué qu’après avoir rassemblé suffisamment de renseignements et échafaudé un plan subtil ? L’envoyé du N.I.E. n’arrivait cependant pas à imaginer une stratégie si raffinée qu’elle justifie une opération sur un monde comme Enjock. Tout ce que Rhodan avait obtenu ainsi, c’était d’attirer l’attention de l’ennemi…

Kor admit qu’il ne trouverait pas les réponses parce qu’il ne disposait pas d’informations suffisantes.

Les voix excitées des deux Halutiens le tirèrent de ses réflexions. Il tourna la tête vers le poste de contrôle et les instruments.

— Nous avons détecté un astronef sphérique de très fort tonnage. Il ne s’agit pas d’un vaisseau C.E.V.

— Quelle en est la taille ? interrogea le Gaïen.

— Deux mille cinq cents mètres.

— Un ultracroiseur ! s’écria Kalmeck d’une voix tremblante. Le Marco Polo !

— Pas de conclusions hâtives ! tempéra Perlat.

— Vous devez faire quelque chose ! les pressa Kor.

— Nous allons contacter ce vaisseau afin de vérifier que c’est bien celui que nous supposons.

La gorge de Kalmeck était devenue sèche. Il n’avait plus qu’une idée en tête : il allait être l’un des premiers Humains à rencontrer Perry Rhodan après son retour. Un peu inquiet, il se demanda ce qu’il devrait lui dire. Il ne connaissait l’ancien Stellarque que par des films et des enregistrements. À proprement parler, Perry Rhodan était pour lui un complet étranger.

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« Ce n’était pas un élève appliqué. J’avais l’impression qu’il apprenait ses leçons à contrecœur. Pourtant, ses devoirs ne contenaient jamais la moindre erreur. Je ne me souviens pas de l’avoir entendu me donner une seule réponse inexacte.»

Tigmay Karruder, à propos de son élève Kor Kalmeck.

L’homme qui avait l’apparence de Perry Rhodan et portait le nom de Perry Rhodan se tenait debout devant la galerie panoramique du soi-disant Marco Polo. Il désigna du doigt l’objet sphérique qui s’y dessinait.

— Cent vingt mètres de diamètre, et son pôle inférieur est aplati. Ce sont des Halutiens. On dirait qu’ils sont finalement revenus.

— Ils nous ont repérés, annonça celui qui jouait le rôle de Mentro Kosum. Je suppose qu’ils ont été attirés ici par les nombreux échanges de communications.

— Ils essayeront d’entrer en contact avec nous, prédit le faux Fellmer Lloyd.

— Bien sûr, ricana Rhodan. Nous devons les détruire avant qu’ils ne deviennent méfiants.

À cet instant, le Larenn qui se trouvait dans le poste central prit la parole. Après les incidents du système de Zarzahna, Hotrénor-Taak, l’Émissaire des Hétosones, avait embarqué en personne afin de discuter de la suite des opérations.

— Attendez ! lança-t-il. Je suis sûr qu’ils vont effectivement nous appeler. Nous écouterons d’abord ce qu’ils ont à nous dire. Il y aura peut-être moyen de les utiliser pour la réalisation de nos objectifs.

— D’après ce que nous savons des Halutiens, ce ne sera pas facile, fit remarquer Senco Ahrat.

— Nous sommes bien préparés, assura Hotrénor-Taak.

Comme ils l’avaient prévu, le Marco Polo reçut un appel quelques instants plus tard. On leur demandait de s’identifier.

Le Larenn fit signe à Perry Rhodan de se placer dans le champ des caméras.

— Arrangez-vous pour découvrir quelle est la mission de ces Halutiens, ordonna-t-il.

Le centralcom de l’ultracroiseur établit la liaison.

— Ici Perry Rhodan à bord du Marco Polo ! Nous sommes heureux de pouvoir contacter nos amis halutiens !

Sur l’écran apparut une tête hémisphérique pourvue de trois yeux. La bouche s’ouvrit sur une dentition impressionnante.

— Perry Rhodan ! s’exclama le colosse. C’est donc vrai ! Vous êtes revenu !

— Oui. Ce fut difficile, mais nous avons réussi.

— Nous avons un Terranien à notre bord, annonça le Halutien. Je pense qu’il est impatient de vous parler.

Le faux Stellarque tourna instinctivement la tête en direction de Hotrénor-Taak. Celui-ci fit un geste sec lui intimant de poursuivre la conversation.

L’image du Halutien fut remplacée par le visage d’un homme extrêmement laid. Il était manifestement nerveux et intimidé.

— Mon nom est Kor Kalmeck, se présenta-t-il.

— Le Halutien vous a qualifié de Terranien, répondit Rhodan d’un ton amical. Or, vous êtes trop jeune pour être né sur la Terre. Puis-je vous demander de quelle planète vous êtes originaire ?

Kalmeck déglutit plusieurs fois avant de pouvoir parler.

— Je suis né dans le Poing de Provcon.

Rhodan jeta un coup d’œil triomphant à Hotrénor-Taak. Le Larenn eut derechef un geste impérieux, pour signifier qu’il ne tolérerait aucune erreur.

— J’ai été chargé de conduire cette délégation halutienne dans le domaine du Nouvel Impérium Einsteinien, poursuivit Kor.

— Priez-le de venir à notre bord avec les Halutiens, vite ! chuchota le Larenn d’un ton pressant.

— Je serais heureux de vous accueillir sur le Marco Polo avec vos amis halutiens, dit Rhodan.

Le visage de Kalmeck s’empourpra.

— Je vous remercie ! s’exclama-t-il. Vous me faites un grand honneur en acceptant de me recevoir.

— Nous vous attendons !

La liaison fut interrompue. Le faux Stellarque fit pivoter son siège et adressa un large sourire au Larenn.

— Cet idiot va nous conduire directement vers la tanière de l’Humanité, se réjouit Hotrénor-Taak.

Le pseudo-Perry se retourna vers la galerie panoramique et constata que le vaisseau halutien s’était remis en route. L’Émissaire des Hétosones réagit immédiatement.

— Je quitte le Marco Polo. Faites-moi préparer une chaloupe. Je retourne à bord de mon navire. Les Halutiens et le Terranien ne doivent pas me voir.

Il traversa le poste central. Devant le puits antigrav, il s’arrêta et, par-dessus son épaule, lança :

— Nous touchons au but. Vous n’avez plus droit à la moindre erreur !

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Perlat et Menc ancrèrent leur nef sphérique sur la coque du Marco Polo. La circonspection avec laquelle ils procédaient à la manœuvre irrita Kor Kalmeck. Il avait hâte de monter à bord de l’ultracroiseur pour serrer la main de Perry Rhodan. En quittant le Poing de Provcon, il n’aurait jamais imaginé qu’il vivrait un tel événement. La chance, qui ne l’avait pas particulièrement favorisé jusque-là, semblait cette fois de son côté.

Il avait déjà revêtu son spatiandre. Son casque était encore replié sur sa nuque.

— Vous êtes sûrement conscient, dit alors Lraton Perlat, que le retour de Perry Rhodan change beaucoup de choses. La CoDiPG va prendre une toute autre signification. Je pense que la position de mon peuple va être mise en question.

Kalmeck l’écoutait à peine. Pourquoi Perlat voulait-il discuter de ces sujets en un moment pareil ? Ils auraient tout le loisir de les évoquer une fois à bord du Marco Polo. Cela intéresserait sûrement le Stellarque.

— Je ne prétends pas être un fin connaisseur de la mentalité terranienne, dit Jotan Menc, mais je trouve curieux que Rhodan reprenne ses activités justement dans ce secteur. Pourquoi n’a-t-il pas tenté de prendre d’abord contact avec le N.I.E. ?

— Il doit avoir ses raisons, répondit Kalmeck. Nous ne tarderons probablement pas à les connaître.

Les Halutiens furent enfin prêts au transbordement. Menc prit la tête du trio. Ils sortirent de leur vaisseau et se laissèrent descendre jusqu’à la surface du Marco Polo. Deux astronautes les attendaient près d’un sas ouvert.

Sans avoir jamais vu le navire amiral de Rhodan, Kor Kalmeck le connaissait bien. Son examen final à l’Académie Spatiale de Gaïa avait consisté en la rédaction d’un mémoire sur le Marco Polo, consacré aux aspects fonctionnels de toutes les installations du bord. C’est pourquoi les lieux paraissaient familiers à l’envoyé du N.I.E. Il aurait pu s’y orienter sans aucune aide. De plus, il aurait été capable de se servir de la majeure partie des tableaux de commande. Il avait obtenu son diplôme haut la main.

Aussi identifia-t-il sans hésiter l’immatriculation du sas et en déduisit-il à quelle section du vaisseau il appartenait. Lorsque, quelques instants plus tard, il déboucha dans la coursive principale de l’entrepont, il eut, en ouvrant son casque, l’impression d’être déjà venu là.

L’un des hommes qui les avaient accueillis les conduisit jusqu’à un puits antigrav. Kalmeck aurait facilement trouvé son chemin seul, mais il ne voulait pas paraître prétentieux en étalant ses connaissances.

Par le puits, ils descendirent vers le poste central. Kalmeck avait conscience de vivre un moment historique. Dorénavant, tout serait différent. Perry Rhodan allait reprendre la lutte contre le Concile aux côtés d’Atlan et de Julian Tifflor.

Kor s’étonna de constater que le doute s’installait en lui. Il songeait que l’ancien Stellarque avait été absent de la Voie Lactée pendant plus d’un siècle, qu’il ignorait tout du N.I.E., de l’existence des multicyborgs, du statu quo régnant entre le Concile et la Nouvelle Humanité…