Perry Rhodan n°270 - Les Stratèges de l'Univers

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" Si tu ne vas pas à l'Arkonide, l'Arkonide viendra à toi... "
La première rencontre d'Atlan et de Perry Rhodan verra-t-elle se rapprocher les deux amis que tout semble séparer ? Et qu'en sera-t-il ensuite de la visite de l'ex-Stellarque sur Gaïa, le bastion central de la résistance ?
Dans l'ombre, Hotrénor-Taak compte les points afin de tirer parti de la situation. Mais ne fait-il pas inconsciemment le jeu de Rhodan, tout en croyant faire le sien propre ? Coupé du Concile, sans directives venues de l'extérieur, le Larenn suprême est obligé d'agir seul, de prendre des risques, et il voudrait bien comprendre pourquoi les liens se sont rompus...
L'arrivée impromptue d'hypermathématiciens kéloskèrs, les planificateurs en titre du Hétos des Sept, sera-t-elle la clef de tous ses problèmes ?





Publié le : jeudi 11 juillet 2013
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EAN13 : 9782823805857
Nombre de pages : 214
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couverture
K.-H. SCHEER
et CLARK DARLTON

LES STRATÈGES
DE L’UNIVERS

PERRY RHODAN — 270

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Sous le règne de l’APHILIE

L’ère de la perfection

Tous les hommes sont libres et égaux ! La faim et les maladies sont devenues des problèmes exceptionnels. Le travail a fait place aux « activités raisonnées », tandis qu’ordinateurs et robots se chargent des tâches les plus pénibles. Au nom de l’expansion tous azimuts, de formidables vaisseaux interstellaires s’élancent chaque jour à la conquête des mondes lointains.

 

L’ère de l’horreur

L’individu ne connaît plus que lui-même, ne vit plus que pour lui-même et pour satisfaire ses propres désirs. Les nouveau-nés sont confiés à des foyers dépourvus de toute chaleur affective, puis les enfants grandissent dans des institutions d’État. Jamais ils ne sauront qui étaient leurs parents. Inutiles pour la société, faibles et vieillards disparaissent derrière les hauts murs des Maisons de Silence. Jamais on ne les reverra.

 

La nef-monde de l’exil

En l’an 3580, le navire géant Sol quitte la Terre sans âme pour tenter de rallier la Voie Lactée, quelque part à l’autre bout de l’Univers. Bannis de leur planète-mère, voués à l’errance sur les Routes du Néant, Perry Rhodan et ses proches seront confrontés aux réalités du Concile des Sept, aux secrets de sa toute-puissance, à des arrière-plans cosmiques ouvrant sur d’inimaginables perspectives…

 

Pour la dignité des peuples galactiques !

L’Empire Solaire est mort, vive le Nouvel Impérium Einsteinien… Dans l’ombre du Poing de Provcon, Atlan organise la résistance contre l’occupant larenn et sa tutelle dictatoriale. Mais l’Arkonide saura-t-il garder intacts le courage de lutter contre l’invincible, et l’espoir de libérer un jour la Voie Lactée ?

 

La Terre sans Hommes

Dure est la loi de l’Univers… Arraché au Maelström des Étoiles et de nouveau transplanté, le berceau de l’Humanité resurgira dans l’inconnu total. Enfin rejoints par Perry Rhodan, les très rares survivants de la catastrophe ne vont plus tarder à faire la rencontre des Superintelligences qui président aux destinées du cosmos et de ses peuples…

CHRONOLOGIE GÉNÉRALE
 DES DIX PREMIERS CYCLES1
 DE LA SÉRIE PERRY RHODAN

Dates et événements

1971 : avec la fusée Astrée, Perry Rhodan se pose sur la Lune. Il y rencontre les Arkonides Thora et Krest, naufragés lors d’une expédition spatiale.

1972 : la supertechnologie arkonide permet la constitution de la Troisième Force et l’unification de l’Humanité terrestre.

1976 : l’être spirituel collectif qui règne sur la planète Délos accorde l’immortalité relative à Perry Rhodan et à ses plus proches compagnons.

1984 : de grandes puissances galactiques hostiles, les Arkonides, les Francs-Passeurs, les Arras et les Lourds, tentent de soumettre l’Humanité terrestre qui entame son expansion interstellaire.

2040 : l’Empire Solaire vient de naître ; il incarne désormais un facteur politique et économique de premier plan dans la Voie Lactée. L’Arkonide immortel Atlan, exilé sur Terre depuis près de dix mille ans, fait son apparition et devient l’un des proches de Perry Rhodan.

2326-2328 : des colonies terraniennes sont menacées par les Acridocères et les monstrueux Annélicères. Les humains entrent en conflit contre les Bleus qui dominent l’Est galactique.

2400-2406 : Perry Rhodan découvre la Route des Transmetteurs qui relie la Voie Lactée à Andromède. Plusieurs tentatives d’invasion de la Galaxie, orchestrées depuis la Nébuleuse, sont déjouées de justesse. Portant la lutte en territoire ennemi, les Terraniens libèrent les peuples d’Andromède de la tyrannie des Maîtres Insulaires.

2435-2437 : la forteresse-robot géante Old Man menace la Voie Lactée ; les Bi-Conditionnés surgissent, à bord de leurs Dolans, pour punir l’Humanité d’avoir effectué des expérimentations temporelles. Perry Rhodan est expédié dans la très lointaine galaxie M 87. Après son retour, la victoire sur les Ulebs – encore appelés la Première Puissance Fréquentielle – sera chèrement acquise.

2909 : la Crise de la Seconde Genèse provoque la mort de presque tous les mutants de la Milice.

3430-3434 : presque un millénaire s’est écoulé ; l’Humanité, éparpillée dans la Galaxie, connaît de graves dissensions. Afin d’éviter une guerre fratricide, Perry Rhodan fait déphaser le Système Solaire de cinq minutes dans le futur. De nouvelles menaces, comme le Supermutant Ribald Corello, se font jour et seront vaincues – à l’exception du satellite tueur qui orbite à l’intérieur de la couronne du Soleil. Pour empêcher que l’astre ne se transforme en nova, Perry Rhodan doit effectuer plusieurs voyages dans un passé vieux de deux cent mille ans et y rencontre le Cappin Ovaron, qui s’avère le seul capable de neutraliser l’engin autrefois installé par ses frères de race.

3437 : depuis Gruelfin, la lointaine galaxie-patrie des Cappins, une invasion d’un genre inédit se prépare contre l’ensemble de la Voie Lactée. Perry Rhodan se lance vers cet univers-île inconnu dans une expédition d’envergure dont le but est double : d’une part, contrer le plan des envahisseurs ; d’autre part, rétablir le bon droit en faveur d’Ovaron, souverain légitime dont l’exil a duré deux cent mille ans. Là-bas, les Takérans ont imposé leur hégémonie par la violence et règnent par la répression. Sitôt arrivés, les Terraniens entament la lutte contre les maîtres de Gruelfin puis ils repèrent la trace des Ganjasis, qui s’était apparemment perdue. Elle aboutit à la galaxie naine Morshatzas, isolée du continuum standard dans une bulle hyperspatiale. Ovaron y est confronté à la Mère Originelle, un cerveau-robot géant dont il avait jadis programmé la construction ainsi que la mission, et qui l’identifie comme l’authentique Ganjo. Alors que la puissance des Takérans est brisée à l’intérieur de Gruelfin, la Mère elle-même intervient dans la Voie Lactée pour faire échec à l’invasion et elle se sacrifie avec son armada de Collecteurs, entraînant aussi la destruction de Pluton.

3438-3443 : suite au sabotage de ses convertisseurs hexadim alors qu’il effectue son vol de retour de Gruelfin, le Marco Polo subit une dilatation temporelle et n’atteint la périphérie de son objectif que début juin 3441. Dès leur rentrée dans la Galaxie, Perry Rhodan et ses compagnons découvrent qu’elle a été balayée par une vague d’abrutissement imputable à l’Essaim, un conglomérat stellaire vagabond qui est en train de traverser la Voie Lactée. À de rares exceptions près, tous les êtres doués d’intelligence ont été crétinisés et il règne désormais un chaos sans précédent.

Tandis qu’une poignée d’immunisés se regroupent et tentent d’abord de résister, puis de trouver une parade au fléau et éventuellement de contre-attaquer, l’Empire Secret des Cynos commence à faire parler de lui et ses mystérieux ressortissants finissent par reprendre le contrôle de l’Essaim – car telle était la mission originelle de ce peuple qui a failli tout perdre à cause d’une lamentable erreur dont seuls les Terraniens et leurs alliés ont pu aider à effacer les conséquences dramatiques.

3444 : après bien des incompréhensions et des affrontements en chaîne, les esprits désincarnés des huit Vieux-Mutants projetés dans l’hyperespace durant la Crise de la Seconde Genèse sont enfin conduits à l’intérieur d’une météorite géante regorgeant de semper, un métalloïde à rayonnement quintidimensionnel indispensable à leur survie. Mais l’énorme astéroïde, en réalité un gigantesque vaisseau spatial, s’arrache alors à la croûte du monde dans lequel il était encastré depuis plusieurs siècles et les Terraniens le suivent jusqu’au Système Brisé, patrie des inquiétants Paramags qui, des dizaines de millénaires plus tôt, se sont lancés tous azimuts dans la recherche de semper à travers la Galaxie en utilisant les fragments de leur planète-mère reconvertis en nefs interstellaires.

Après avoir désamorcé la menace immémoriale que ces créatures faisaient planer sur Sol et ses satellites, Perry Rhodan et ses proches offrent enfin aux Vieux-Mutants un asile durable au sein d’un planétoïde riche en semper, acheminé jusqu’à un secteur isolé et calme de la Voie Lactée.

Décembre 3458 à août 3460 : au nom du mystérieux Concile des Sept, les Larenns s’imposent dans la Voie Lactée grâce à leur supériorité technologique et contraignent Perry Rhodan à assumer la charge de Premier Hétran de la Galaxie. Jouant en apparence le jeu des émissaires du Hétos des Sept, le Stellarque entreprend d’organiser la résistance et commence par déphaser le Système Solaire de quelques minutes dans le futur, afin de le soustraire aux agressions potentielles des Larenns et de leurs exécutants, les Lourds.

Face à l’intensification de la menace ennemie, la Terre et la Lune seront finalement dématérialisées en empruntant un transmetteur stellaire spécial installé dans la plus grande urgence. Elles ne resurgissent hélas pas à l’endroit prévu mais à une distance énorme de la Voie Lactée, au sein d’une région spatiale turbulente appelée le Maelström des Étoiles. Pour les Terraniens exilés à l’autre bout de l’Univers, le nouveau défi sera de réussir à s’acclimater et à s’affirmer dans ce secteur riche en surprises, en périls de tous genres et en adversités imprévues. Initialement hostiles, les Ploohns insectiformes se révéleront des alliés décisifs puisqu’ils accourront à l’aide de l’Humanité transplantée et permettront l’ancrage du couple Terre-Lune sur une orbite stable autour d’un soleil approprié, Médaillon.

Pendant ce temps, dans la très lointaine Voie Lactée qui plie désormais sous le joug du Concile, l’immortel Arkonide Atlan mène dans l’ombre le combat contre les oppresseurs. En priorité, il assure l’exode des Terraniens, traqués sans relâche par l’occupant, vers le nuage obscur appelé le Poing de Provcon et la planète Gaïa qui se dissimule en son sein. Le Système Solaire, privé de la Terre et de son satellite naturel, devient peu à peu le fief du nouveau Premier Hétran, le Lourd Leticron, dictateur galactique et chef des forces militaires à la solde des Larenns.



CHRONOLOGIE ET RÉSUMÉ DU CYCLE EN COURS

 

Sur la Terre en exil

3540 : en quatre-vingts ans d’exposition à une composante spéciale du spectre radiatif de l’étoile Médaillon, une immense majorité d’humains a peu à peu perdu toute capacité à éprouver des sentiments. Sur la Terre règne désormais l’aphilie. Peu nombreux sont les immunisés : seuls les porteurs d’activateur cellulaire – à l’exception temporaire de Reginald Bull –, les mutants et de rares individus « ordinaires » échappent à ce véritable fléau qui a conduit à l’instauration d’un nouveau pouvoir politique et d’un ordre mondial sans précédent. Condamnés à l’exil, Perry Rhodan et presque tous ses proches partent à bord du Sol, un colossal vaisseau spatial à très grand rayon d’action, pour une odyssée dont nul ne saurait prévoir la durée.

3578 : sur la Planète d’Ovaron, à près de 3 500 années-lumière de la Terre, la colonie secrète fondée par l’ex-Stellarque juste avant son exil réussit à prendre un nouvel essor et est dotée d’une station d’accueil pour les fugitifs traqués par les aphiles. L’Organisation Bon Voisin, dirigée par Reginald Bull qui a fini par revenir à son état normal, mène une résistance de plus en plus risquée face au durcissement du régime aphile. Celui-ci se transforme en une impitoyable dictature sous la férule de Trevor Casalle, la Lumière de la Raison, dont l’ascension au pouvoir a été aussi fulgurante qu’inattendue mais s’explique par une nouvelle menace : la planète-mère de l’Humanité n’est plus stable sur son orbite autour de Médaillon, et la chute dans le Gouffre est inéluctable à moyen terme.

Fin 3580 : alors que le péril devient imminent, les forces de Casalle s’emploient à accroître encore davantage l’emprise de l’aphilie en balayant une fois pour toutes les oppositions demeurées actives. L’Organisation Bon Voisin doit faire échec à l’Opération Lavage de Cerveaux en même temps que se lance une terrible offensive contre sa base secrète, sous l’Océan Pacifique. La fuite d’un maximum d’immunisés sera néanmoins assurée.

Août 3581 : de façon aussi soudaine qu’inexplicable, Trevor Casalle propose une alliance à Reginald Bull. Aphiles et immunisés se mettent à coopérer pour la construction d’une flotte spatiale d’évacuation. Simultanément, la Dose, une drogue qui inhibe temporairement l’aphilie, commence à se répandre. Puis surgit Raphaël, un inquiétant personnage qui semble disposé à aider les Terriens dans leur entreprise, mais se révélera peu à peu chargé de faire obstacle au projet d’exode massif.

Fin septembre 3581 : peu avant que la Terre et la Lune ne s’engloutissent dans le Gouffre avec des milliards d’êtres humains, un seul navire appareille. À bord, excepté Reginald Bull et ses proches, nul ne sait que tous les événements récents s’inscrivent dans le Plan d’accomplissement. Un plan conçu par l’Immortel de Délos pour sauver l’humanité terrienne et exécuté par l’hyperimpotronique lunaire, Nathan, guidée à distance par l’être collectif…

 

L’odyssée du Sol

3578 : depuis les parages de la microgalaxie Balayndagar, l’équipage du Sol a réussi à localiser la très lointaine Voie Lactée. L’un des deux ultracroiseurs constituant la nef géante en a pris le chemin, tandis que l’autre partie s’aventure jusqu’à une planète accueillante pour y refaire les réserves du bord et tombe dans le piège insidieux tendu par les Kéloskèrs. Ces « penseurs infinis », qui sont les calculateurs stratégiques du Hétos des Sept, adorent et redoutent le trou noir situé au centre de Balayndagar, dont un dispositif spécial leur permet de juguler l’expansion. Hélas, la destruction accidentelle de cet appareil relance le processus d’engloutissement de la microgalaxie dans le Grand Néant Noir. Les Kéloskèrs prennent sous influence Sénèque, le complexe bio-impotronique qui gouverne le Sol, puis annexent celui-ci pour sauver de la catastrophe leurs précieux équipements et surtout le shetanmargt, le plus évolué de leurs superordinateurs.

Hormis la plongée dans le trou noir, toute fuite hors de Balayndagar s’avère impossible. Selon les Kéloskèrs, le couplage réussi de Sénèque et du shetanmargt devrait assurer la survie du vaisseau géant et de tous ses passagers. Malgré l’incertitude et les risques, Perry Rhodan et ses compagnons tentent le tout pour le tout…

Janvier 3581 : le Sol resurgit intact « de l’autre côté » du Grand Néant Noir dans une incroyable bulle extradimensionnelle qui abrite des soleils, des planètes… et de la vie intelligente ! Les maîtres de la Zone Dakkar, des humano-sauriens très évolués appelés Zgmahkones, réagissent violemment à l’intrusion des étrangers indésirables puis lorsqu’un commando terranien réveille et enlève Olw, le Dormeur Millénaire. Recueilli à bord du Sol, celui-ci révèle en détail l’histoire de sa fratrie, douze êtres hors normes grâce auxquels, jadis, la planète-mère des Zgmahkones a résisté à l’engloutissement dans un trou noir et émergé dans la Zone Dakkar. Seuls capables de voyager à travers les tunnels transdimensionnels qui relient la bulle extra-universelle aux trous noirs de nombreuses galaxies, Olw et ses semblables sont devenus les Spécialistes de la Nuit, les outils de conquête des dictateurs zgmahkones pour lesquels, contraints et forcés, ils ont peu à peu bâti les fondations d’une hégémonie omnipotente : le pouvoir du Concile des Six…

Perry Rhodan l’a compris, l’appui des Dormeurs Millénaires lui est indispensable pour faire ressortir le Sol de la Zone Dakkar. Mais les Gardiens du Néant – ainsi se dénomment les tyrans adverses – échafaudent un plan destiné à piéger Olw et à éviter que les Spécialistes de la Nuit ne se rangent du côté des Terraniens. Ce sera peine perdue, car les dictateurs n’ont pas idée de la détermination ni des moyens réels dont disposent les intrus.

Très vite, le Stellarque apprend qu’un équipement particulier doit être installé à bord du Sol pour lui permettre de franchir en sens inverse l’un des tunnels transdimensionnels. Or, le beraghskolth en question n’est disponible que dans la galaxie-patrie des Larenns, et la seule solution est d’aller en dérober un exemplaire. Après s’être emparé d’un vaisseau zgmahkone, un commando terranien auquel se joint Olw se lance dans cette expédition à haut risque.

Mars-avril 3581 : l’espoir est à nouveau d’actualité. Une fois le beraghskolth en place, le Sol pourra bientôt prendre le chemin du retour vers le continuum standard. Hélas, Perry Rhodan et ses compagnons d’aventure ne sont pas encore au bout de leurs surprises. Un esprit désincarné établit soudain le contact avec le mulot-castor L’Émir : il s’agit d’un Koltonien dont le peuple, disparu depuis cent mille ans, avait édifié un gigantesque empire cosmique et se trouve à l’origine même du plan qui a conduit à créer les Spécialistes de la Nuit, puis à les utiliser pour jeter les bases du Concile. Pour Voyllocron et ses semblables immatériels, le réveil est tout proche : ils vont en effet investir les corps des douze Dormeurs Millénaires. Mais l’activation du beraghskolth les anéantit définitivement… Peu après, le Sol emprunte un tunnel transdimensionnel et resurgit dans la galaxie-patrie des Hyptons. À son bord se trouvent Olw et sa fratrie qui ont porté le coup de grâce aux Gardiens du Néant, juste avant de quitter la Zone Dakkar. Dès lors, celle-ci sera pour toujours coupée du continuum standard. Peu après, les Spécialistes de la Nuit disparaissent en plongeant dans un micro-trou noir qu’ils ont fabriqué sur ordre des Koltoniens. Obéissant à une mystérieuse pulsion, Alaska Saedelaere, l’homme au masque, endosse l’Habit de Destruction et les suit…

Le Sol n’est pas au bout de son périple, loin s’en faut. Une fois de plus, la quête de la Voie Lactée devient l’objectif numéro un. D’étranges S.O.S. vont cependant faire diversion et attirer L’Émir, accompagné du télépathe Lloyd, sur un monde surprenant où les attend une incroyable surprise : la rencontre avec Lowis, un mulot-castor au seuil de la mort…

 

La Voie Lactée envahie

3580 : dans la Galaxie-patrie, Atlan a fondé le Nouvel Impérium Einsteinien dont Gaïa constitue le monde central. L’isolationnisme contraint n’est cependant pas une situation durable, même si l’oppression des Lourds et des Larenns l’impose maintenant depuis près de cent vingt ans. Le futur proche demeure cependant très sombre, en particulier pour les derniers Terraniens encore présents dans le Système de Sol dont Leticron a fait le centre de son empire. La forteresse d’acier de Titan, bastion du tyran, incarne le symbole même de la terreur et du mal. Mais le Premier Hétran de la Galaxie, obsédé par le désir d’être immortel, plonge peu à peu dans la démence et les Larenns scellent définitivement son destin : lors d’un tournoi truqué, Leticron est blessé à mort par Maylpancer, le jeune Lourd prévu pour lui succéder.

Décidé à solliciter tous les appuis envisageables pour la résistance galactique, Atlan se rend en mission secrète sur la planète Dernière Chance où un dakkarcom est en construction dans les superlaboratoires passés sous le contrôle des Larenns. Pendant que le commando procède au vol de cet équipement spécial, une autre expédition terranienne tente de rallier Andromède afin d’y requérir l’aide des Maahks – en vain… Le Lord-Amiral ne peut plus compter que sur l’assistance des Cappins de la lointaine galaxie Gruelfin et du Ganjo Ovaron, auquel l’Empire Solaire a jadis prêté main-forte. Mais nul ne sait quelle situation règne là-bas, ni comment l’appel au secours y sera perçu.

Dans une telle incertitude, la nécessité d’une opposition fédérée face au Concile devient pressante. Pour pouvoir organiser une conférence secrète des peuples de la Voie Lactée asservis par le Concile, Atlan et ses proches conçoivent un leurre destiné à tromper les Larenns et les Lourds : tout va être mis en scène, sur un monde appartenant à un secteur spatial éloigné, pour simuler le cadre propice au fameux rassemblement. Informés à dessein, les oppresseurs de la Galaxie attaquent et dévastent la planète truquée tandis que la véritable conférence se déroule évidemment ailleurs, quelque part dans l’espace.

Malgré la trahison avortée des Antis, neutralisés par l’énigmatique et inattendu Héraut Solaire, la conférence se conclut par la fondation de la CoDiPG, ou Coalition pour la Dignité des Peuples Galactiques.

Début 3581, alors que la CoDiPG essaie de s’affirmer face à la méfiance croissante des oppresseurs, un mystérieux allié surgit et passe à l’action sans plus tarder. C’est le Vhrato annoncé par le culte du Héraut Solaire – ou, plus exactement, l’ultracroiseur SCr-2 qui a réussi à rallier la Galaxie-patrie depuis le Maelström des Étoiles. Son équipage et ses passagers, entretenant autour d’eux et de leur vaisseau une aura nébuleuse quasi-mystique, portent plusieurs coups sérieux aux exécutants du Concile. Soudain, les Larenns abattent un atout maître afin d’exploiter la situation à leur avantage : un autre ultracroiseur, frère jumeau du SCr-2 et réplique exacte du Marco Polo, fait son apparition avec Perry Rhodan et ses proches à son bord ! Le trouble résultant est tellement immense que même l’un des mutants revenus avec le SCr-2 se laisse abuser. Des agents du Nouvel Impérium Einsteinien conçoivent des doutes puis sonnent l’alerte. Pourtant, la comédie continue.

Peu après, la fausse nef amirale de Perry Rhodan conduit une armada spatiale vers une nébuleuse du Centre de la Voie Lactée afin d’y porter le coup de grâce au monde principal du Nouvel Impérium Einsteinien – ou, plutôt, à ce que les Larenns et leurs alliés prennent pour tel… Suscitée depuis la géante gazeuse Orcsy, une simulation plus vraie que nature crée en effet l’illusion, pour d’éventuels intrus, d’être dans le Poing de Provcon à proximité de la planète Gaïa ! Les agresseurs auront à peine le temps de réaliser leur erreur et de frapper que l’ultracroiseur SCr-2 va surgir et anéantir le faux Marco Polo

Le 2 septembre 3581, le Sol – plus exactement, son segment médian et l’ultracroiseur SCr-1 – atteint enfin le Système Solaire. Au comble de l’émotion, Perry Rhodan et ses compagnons d’errance déchantent très vite face à la situation que leur dépeint Galto Quohlfahrt, un ancien roboticien humain « adopté » par les Bioposis qui en ont quasiment fait l’un des leurs. La politique de coexistence pacifique avec les Larenns, prônée par Atlan, irrite Rhodan qui refuse, dans un premier temps, de se rendre sur Gaïa. Rejoint par Julian Tifflor, le Stellarque décide de demeurer à l’écart pour peaufiner une offensive aussi discrète que tortueuse : profitant du chaos qui résulte de la fin des Zgmahkones et de l’hégémonie du Concile, il espère briser une fois pour toutes le pouvoir des Larenns grâce à de formidables alliés, LES STRATÈGES DE L’UNIVERS

1. Téléchargez gratuitement toute l’action antérieure des neuf premiers cycles de la série PERRY RHODAN avec le guide spécial DESTINÉE COSMIQUE I (1971–3459) sur le site www.fleuvenoir.fr.

CHAPITRE PREMIER

Voie Lactée – Récit d’Atlan

 

Je luttais âprement contre mes souvenirs, car je ne voulais pas m’adonner pour un temps indéfini à d’interminables rêveries. Je sentais les larmes m’envahir les yeux et mon souffle s’accélérer. J’avais le sentiment qu’en moi tout se révoltait. Les coraux brillaient d’une lueur rouge orangée. Ils recouvraient le fond de la mer et la paroi rocheuse qui se dressait très près de la coupole transparente. Ils diffusaient une clarté si intense que je croyais me trouver juste sous la surface de l’eau, et non pas à une profondeur proche des quatre mille mètres. Un puissant espadon longea le dôme transparent. Il était suivi par une file de poissons commensaux serpentiformes qui espéraient récupérer les reliefs de ses proies.

Le monde subaquatique de Gaïa était complètement différent de celui de la lointaine Terre. Pourtant, tous les deux possédaient beaucoup de points communs. Jadis sur Sol III, j’avais passé des millénaires dans ma coupole sous-marine dans l’attente d’un vaisseau pour retourner sur Arkonis. Peut-être était-ce pour cette raison qu’un industriel bien connu m’avait légué cette maison des grands fonds de Gaïa. Je m’y étais retiré pour réfléchir dans le calme.

Un banc de poissons multicolores se rapprocha de la vitre, mais il prit la fuite à la vitesse de l’éclair lorsqu’un crabe aux formes bizarres surgit de sa cachette. Les poissons n’échappèrent que de justesse à l’avidité du prédateur.

Une sonnerie retentit.

Pour quelle raison pouvait-on bien me déranger ?

J’activai mon bracelet multifonctions, puis la silhouette holographique de Tifflor apparut à quelques mètres de moi. J’étais assez surpris, car je ne m’attendais pas à ce que mon remplaçant soit déjà revenu à proximité de Point Allegro.

— Tiff ! Il s’est passé quelque chose ?

Julian secoua la tête.

— Le transport est arrivé, Atlan, annonça-t-il. Le voyage s’est déroulé comme prévu, en dehors de quelques petits incidents. Je me suis également entretenu avec Rhodan.

— Il est donc vraiment de retour ! m’écriai-je avec joie. Quand doit-il atterrir ? À moins qu’il ne soit déjà avec toi ?

— Je suis sur Gaïa, mais il n’est pas avec moi.

— Quoi ? demandai-je, légèrement interloqué. Je ne comprends pas. Explique-toi.

— Cela te dérangerait-il si je venais te rejoindre ?

— Pourquoi ? m’enquis-je.

Gros lourdaud ! me rabroua aimablement mon cerveau-second. Il veut simplement être au calme pour parler avec toi.

— Excuse-moi, Tiff. Naturellement, je suis d’accord. J’avais seulement…

— Je comprends, acquiesça Tifflor sans se formaliser. C’est la joie que nous cause le retour de Rhodan. Il en est à peine différemment pour moi.

— Et les autres ? Qu’en est-il de Fellmer Lloyd, L’Émir ou Icho Tolot ?

Combien de fois avais-je pensé à eux tous, durant ces cent vingt années sans nouvelles de leur part ! Perry avait disparu en même temps que la Terre, et nous n’avions pas réussi à découvrir son point de chute. Combien de fois n’avait-on pas voulu me convaincre qu’il ne pouvait plus être en vie ! Je m’étais toujours défendu contre ces doutes parce que je ne pouvais imaginer que mon meilleur ami ne fût plus de ce monde.

Que d’événements étaient arrivés pendant ce temps !

Perry avait pu sauver la Terre de la répression du Concile. Il était parvenu à l’arracher au Système Solaire, mais le contact s’était ensuite rompu.

Entre-temps, une nouvelle Humanité était née. Un nouvel empire avait émergé des restes de l’Empire Solaire. J’étais fier de Gaïa et de notre travail.

Ne cède pas aux sentiments, m’exhorta mon cerveau-second. Il faut faire preuve de plus de réalisme.

— Tiens donc ! Même un secteur logique peut se tromper ! dis-je à haute voix. Je ne suis absolument pas sentimental, mais seulement satisfait et un peu fier.

Évidemment, nous avions échoué à sauver nombre de planètes peuplées par les Terraniens dans la Voie Lactée. Elles étaient tombées aux mains du Concile et des Larenns. Nous n’avions pas pu empêcher ces derniers de les exploiter et de les asservir mais, durant les dernières décennies, la situation s’était légèrement détendue depuis que nous nous étions contentés avec modestie d’un statu quo. Même avec la meilleure volonté, nous n’aurions pas pu accueillir tous ces gens sur Gaïa et les autres mondes du Poing de Provcon.

Les conditions que nous avions ainsi établies n’étaient certes pas idéales, mais c’était toutefois un bon succès. J’étais convaincu que Rhodan saurait apprécier le Nouvel Impérium Einsteinien et sa puissance à sa juste valeur.

Tu n’es qu’un doux rêveur, se moqua mon cerveau-second.

— Tais-toi ! lui ordonnai-je, bien que je sache qu’il n’en tiendrait pas compte.

Il s’annonçait quand il voulait, que cela me plût ou non.

Quelques secondes plus tard, Julian Tifflor émergea du transmetteur. Il portait un simple uniforme sans insigne distinctif. À cet égard, il était comme le Stellarque : il détestait l’apparat et le protocole. Je me souvins que Tiff présentait aussi beaucoup d’autres ressemblances avec Perry Rhodan. C’était peut-être cela qui me le rendait sympathique.

Il me tendit la main.

— Pourquoi n’êtes-vous pas venus ensemble ? voulus-je savoir.

— Je ne peux pas répondre à cette question d’une simple phrase, dit-il. Je dois d’abord te fournir des explications.

Je me demandais ce qui pouvait bien s’être passé. Jusqu’à cet instant, j’avais naturellement pensé que Perry se rendrait immédiatement sur Gaïa. Je sentis un frisson me parcourir.

Tifflor voulait-il m’annoncer avec ménagement la mort de Rhodan ? Je le saisis machinalement par le bras, mais la question fatidique ne voulait pas franchir mes lèvres. Je redoutais d’entendre la vérité. Quel destin cruel avait pu ramener Perry dans la Voie Lactée après une si longue période, seulement pour le conduire à la mort ?

Julian devina mes pensées. Il secoua la tête.

— Non, il n’est pas mort.

— Alors, quoi ? Il est blessé ? Qu’est-il arrivé ?

— Pour faire bref, Atlan, Rhodan a accepté mon invitation à venir sur Gaïa.

— Dans ce cas, pourquoi n’est-il pas ici ?

Tiff leva la main en un geste de défense.

— Laisse-moi parler. À bord de son vaisseau se trouvent des Kéloskèrs. Il s’agit de créatures à la pensée heptadimensionnelle qui ont fourni au Concile des planifications stratégiques au cours des millénaires écoulés. Rhodan est parvenu à les rallier à sa cause.

Il me considérait attentivement, tandis qu’un sombre pressentiment montait en moi. Je croyais déjà savoir ce qu’il allait dire.

Tu connais pourtant bien Perry Rhodan, me sermonna mon cerveau-second. Pourquoi t’énerves-tu ainsi ?

— Avec l’aide de ces Kéloskèrs, Perry veut fournir aux Larenns des planifications stratégiques à long terme qui contribueront à briser leur puissance, dans un avenir plus ou moins lointain. Il s’agira évidemment d’extrapolations falsifiées.

Je gardai le silence. J’avais lutté pour la survie des Hommes et j’avais bâti un empire pour la Nouvelle Humanité sous la menace constante du Concile. Durant tout ce temps, j’avais été fermement convaincu que Perry aurait agi de la même manière que moi mais, maintenant, je devais reconnaître que je m’étais trompé.

Mon ami n’avait pas changé. Il s’opposait déjà avec intransigeance contre les Larenns et le Hétos des Sept. Quelles épreuves avait-il vécues ? La haine l’aveuglait-elle au point de lui faire croire qu’il pourrait libérer de cette manière les hommes du joug du Concile ?

Ce n’est pas sa politique agressive qui te dérange, me corrigea mon cerveau-second. Tu lui reproches seulement de ne pas s’être suffisamment informé de la situation dans la Galaxie ni de s’être assez inquiété de toi. Ta vanité est blessée parce qu’il agit sans te demander ton avis.

C’était une sévère constatation, mais je refusai néanmoins de m’attarder dessus.

— En outre, Rhodan veut que les Kéloskèrs procèdent à la caractérisation heptadimensionnelle du Système Solaire, continua Julian Tifflor.

Je le regardai.

— Dans quel but ? lui demandai-je avec incompréhension.

— Nous savons que Perry n’est pas ressorti avec la Terre près du transmetteur d’Archi-Tritrans. En fait, la résurgence s’est produite dans une lointaine région de l’Univers qu’il appelle le Maelström des Étoiles.

En une heure, Tifflor me fit le récit rapide mais détaillé du destin de la planète-patrie et de sa population. Il me décrivit comment Rhodan avait pénétré avec le Sol dans la microgalaxie Balayndagar, et finalement dans la bulle Dakkar. J’appris avec étonnement qu’il était parvenu à découvrir l’histoire du Concile jusqu’à ses origines, et à gagner les Spécialistes de la Nuit à sa cause pour isoler définitivement de l’Univers le peuple des Zgmahkones qui constituait le noyau du Hétos des Sept. Il avait ainsi frappé à la tête même de l’organisation.

— Et maintenant, il croit que c’est suffisant pour reconquérir la Voie Lactée ? demandai-je en secouant la tête. Il ignore la situation, mais il attaque les Larenns comme s’il pouvait reconquérir la liberté du jour au lendemain.

— Perry n’est pas disposé à accepter autre chose, déclara Julian Tifflor. Il est convaincu qu’il peut les expulser en un temps raisonnable, sinon il ne ferait pas effectuer la caractérisation heptadimensionnelle du Système Solaire.

— Tu devrais m’expliquer pourquoi il y tient tant, Julian ! lui rappelai-je.

— Il espère ainsi obtenir des points de référence précis pour pouvoir ramener la Terre.

Je me levai et regardai la mer derrière la baie vitrée. En moi, tout bouillonnait de rage. Un énorme poisson-flamme passa devant moi. Il me remarqua et chargea brutalement. J’entendis un choc sourd quand il heurta la coupole. Je n’en vis pas davantage car mes yeux s’étaient embués de larmes sous l’effet de l’émotion.

Tu te mens à toi-même, constata objectivement mon cerveau-second. Si tu avais pris la peine de réfléchir une seule fois, au cours des dernières décennies, à ce qu’allait faire Rhodan à son retour, alors tu ne serais pas surpris.

— Je dois lui parler, Julian ! annonçai-je. Perry ne peut pas attaquer les Larenns. Pas en ce moment. Il doit respecter les conditions du statu quo ou, sinon, nous reviendrons à l’état qui prévalait auparavant. Ce qui signifierait l’esclavage et la mort pour des milliards de personnes dans la Galaxie. Nous devons empêcher cela.

Je ramassai rapidement quelques affaires avant de me hâter vers le transmetteur. Julian Tifflor me suivit sans dire un mot. Heureusement, je n’avais pas besoin de discuter avec lui de la stratégie à adopter. Nous étions d’accord sur le fait que nous avions encore beaucoup de travail avant que la Nouvelle Humanité ne soit réellement en sécurité. Je me croyais sur un radeau instable, à bord duquel le moindre faux pas pouvait signifier la mort.

Même sur Gaïa, très peu de personnes contestaient notre ligne de conduite. Seul un petit groupe d’étudiants radicaux, qui voulaient revenir dans la Galaxie, nous causait quelques soucis. Ces gens plaidaient pour que nous cessions de tenir plus longtemps secrète la position de la cachette du N.I.E. Leur thèse politico-militaire s’appuyait sur des théories scientifiques relatives à l’économie et au commerce entre les différentes planètes. Si l’on voulait rendre sa propre économie productive et concurrentielle, on devait la contraindre à de permanentes améliorations. La meilleure façon d’aboutir à ce résultat était d’abolir les barrières douanières et de s’ouvrir aux importations. L’afflux de ces dernières sur le marché entraînait une augmentation de la qualité des fabrications locales, jusqu’à ce que ces dernières égalent ou dépassent les biens introduits.

Appliquer ce genre de théorie à la situation de Gaïa était complètement absurde. Cependant, le groupe d’étudiants qui se désignait sous le nom d’Orient était fermement persuadé de détenir la clef de tous nos problèmes.

J’entrai avec Tifflor dans le transmetteur. Nous ressortîmes dans mon bureau principal de Sol-Town, la capitale de la planète. Je me précipitai vers l’intercom et donnai l’ordre de préparer un croiseur léger pour l’appareillage. Julian Tifflor s’assit à sa table de travail pour terminer quelques tâches urgentes. Nous nous retrouvâmes un peu plus tard sur le toit de l’immeuble où un glisseur rapide nous attendait. Le pilote était déjà à bord en compagnie de deux agents de sécurité.

Nous avions dû nous habituer à un certain niveau de protection. Les années pacifiques, sur Gaïa, étaient révolues depuis que cette organisation étudiante faisait parler d’elle.

Nous nous posâmes sur un parking spécial du bâtiment portuaire, exclusivement prévu pour les membres du gouvernement. Au moment où je descendais du véhicule, le sol trembla sous mes pieds.

Une sirène hurla. Des agents accoururent vers moi.

— Mettez-vous à l’abri ! cria l’un d’eux.

Ce à quoi je ne songeai pas une seule seconde.

À quelques mètres devant moi, deux hommes masqués surgirent de la tour de contrôle. Ils s’immobilisèrent juste en face de moi. L’un d’eux avait une profonde blessure à l’épaule qui saignait abondamment. Ils avaient tous deux des répliques de revolvers, comme ceux qu’on utilisait depuis peu de temps pour la chasse au petit gibier.

Je regardai leurs armes et tendis simultanément la main en direction des agents de sécurité.

— Ne tirez pas ! ordonnai-je.

Je restai parfaitement calme car je ne pouvais pas imaginer que ces jeunes gens, qui avaient manifestement commis un acte de sabotage, puissent m’attaquer. Je m’avançai vers eux.

— N’allez pas plus loin, dis-je. Rendez-vous !

L’un des deux étudiants se jeta sur moi. Je compris son intention. Il croyait pouvoir me prendre en otage. J’attendis sereinement qu’il m’ait rejoint et qu’il tente de presser son revolver contre ma tête. J’écartai alors légèrement les bras sur le côté, puis mes mains et mes coudes frappèrent des points névralgiques de son corps. Il s’effondra sur le sol en gémissant, et son arme lui échappa de la dextre.

Le second homme masqué tira, mais le faisceau me manqua de peu. Un autre éclair me frôla et le rayon énergétique tua le terroriste. Il tomba aux pieds des employés de l’astroport qui sortaient juste à ce moment du bâtiment.

— Je suis désolé, Monsieur, déclara l’agent de sécurité qui avait fait feu. Je n’ai pas pu faire autrement, étant donné les circonstances.

— C’est bon, répondis-je, abattu. J’aurais voulu épargner la vie de ce jeune garçon.

Bizarrement, j’éprouvais même de la compréhension pour lui et son compagnon. Ils étaient nés ici, sur Gaïa, et n’avaient probablement jamais quitté le Poing de Provcon. Seuls quelques représentants de la nouvelle génération n’avaient jamais pu se rendre dans la Voie Lactée, et les autres avaient hâte de sortir. Ils n’étaient plus satisfaits de la vie qu’on leur offrait ici. Ils croyaient pouvoir accélérer les changements, car ils en savaient aussi peu sur les Larenns et le Concile que sur les Lourds. Ainsi, ils n’avaient plus confiance en nous.

Je me penchai sur l’individu que j’avais neutralisé, et j’arrachai le masque de son visage. Des yeux inquiets me scrutèrent tandis que je déboutonnais sa veste. Un médaillon apparut alors, représentant le soleil levant. C’était le signe de ralliement de l’organisation Orient qui, par chance, ne se composait que de quelques étudiants assez peu nombreux.

— Ces criminels ! lança une femme à côté de moi. Ils ont tué une jeune fille et un homme. Pourquoi font-ils ça ? Dans quel but ?

— Relevez-vous ! ordonnai-je à l’étudiant.

Il m’obéit.

— Vous ne voulez pas répondre à cette femme ?

Il me regarda obstinément sans dire un mot.

— Pourquoi avez-vous posé cette bombe ? l’apostrophai-je.

Il se mura dans le silence. Je me détournai de lui et fis un signe aux agents de sécurité.

— Emmenez-le.

Julian Tifflor s’avança vers moi.

— Qu’a-t-il répondu, Atlan ? demanda-t-il. Pourquoi font-ils cela ?

Je secouai la tête. Les membres d’Orient disposaient de tous les moyens démocratiques pour exprimer leurs opinions et leurs convictions. Il était clair qu’ils ne recevraient jamais l’appui d’une majorité en agissant de cette façon, mais ils avaient eu le tort de n’avoir même pas essayé et d’avoir choisi dès le début la voie de la terreur aveugle. Croyaient-ils vraiment pouvoir se gagner des sympathies politiques en procédant ainsi ?

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Récit de Perry Rhodan

 

L’Émir n’eut pas de chance.

Le mulot-castor se rematérialisa dans la cabine de douche. Il avait dû supposer que je n’y serais pas à cette heure-ci. En fait, je l’avais seulement quittée depuis quelques secondes. L’eau jaillissait encore par les trous du pommeau, et elle était vraiment très chaude.

J’entendis un cri. Je me retournai et j’eus tout juste le temps de voir l’Ilt s’évaporer et réapparaître aussitôt sur la table. Il était complètement trempé.

— Malheur à toi si tu ris, menaça-t-il, sinon je te mets la tête à l’envers !

— Je suis sérieux comme un pape ! répondis-je tout en ayant du mal à contenir mon hilarité.

L’Émir sauta à bas de la table et retourna dans la cabine de douche après avoir activé par voie télékinésique le système de séchage. Il m’observait d’un œil soupçonneux tout en se glissant dans le jet d’air chaud.

— Qu’est-ce qui t’amène ? lui demandai-je.

— Tu vas recevoir de la visite, m’annonça-t-il laconiquement.

Cette douche inattendue semblait l’avoir mis de très mauvaise humeur.

— Bien ! répliquai-je tout en buvant une gorgée de jus de fruits.

Je m’assis dans un fauteuil pour consulter le dossier dans lequel Dobrak, le Kéloskèr, exposait son plan permettant d’abuser les Larenns.

Le mulot-castor resta exactement trois minutes dans la cabine, puis il se téléporta de nouveau dans ma direction. Il se rematérialisa juste devant moi à une hauteur d’environ vingt centimètres avant de se laisser choir. Ayant deviné son intention, je repliai les jambes juste à temps pour l’éviter.

Il siffla avec dédain. Je poursuivis ma lecture comme si de rien n’était. L’Émir referma le dossier par une impulsion télékinésique, et le souleva jusqu’au plafond.

— Tu es encore là, petit ? dis-je en feignant la surprise. Qu’y a-t-il donc ?

Il me regarda sans dire un mot, puis il se mit un doigt dans l’oreille droite et secoua la tête.

— Tu n’as pas envie de savoir qui veut te rendre visite ?

Je bâillai ostensiblement et montrai les documents.

— J’ai à faire, petit. De plus, je suis trop fatigué pour jouer aux devinettes. Qui cela peut-il bien être ? Dobrak ?

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