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Perry Rhodan n°273 - Adieu à la Voie Lactée

De
244 pages

L'explosion émotionnelle qui frappe les multicyborgs laisse présager le pire pour la sécurité à court terme du Nouvel Imperium Einsteinien. Si le leurre que constitue la nébuleuse de Yolchor est anéanti, quelles seront les conséquences, tant pour l'Humanité galactique menacée que pour Perry Rhodan et Atlan ?
L'antagonisme et les tensions croissantes entre les deux immortels auront-ils une issue positive, ou totalement négative à leur amitié multimillénaire déjà bien mise à mal ?
Seule une brutale prise de conscience saurait peut-être les rapprocher à nouveau. Encore faut-il se poser la bonne question - à savoir, qui est encore aujourd'hui prêt à se battre pour la liberté ?
Quant à deviner la réponse, et ses implications...





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couverture
K.-H. SCHEER
et CLARK DARLTON

ADIEU À LA VOIE LACTÉE

PERRY RHODAN — 273

image

À nos fidèles lectrices et lecteurs,

 

Nous avons l’immense tristesse de vous annoncer que la première moitié de notre volume 271 Un Monde sans Hommes, paru en janvier 2011, constituera la dernière contribution fournie à la version francophone de PERRY RHODAN par la doyenne de notre équipe de traduction, Jeanne-Marie Gaillard-Paquet.

Jeanne-Marie est décédée le 6 décembre 2010 en Autriche, à Salzbourg, où elle s’était installée environ six mois plus tôt.

Nous exprimons à sa famille et à ses proches nos sincères condoléances et toute notre sympathie.

Depuis ses débuts très courageux dans notre série favorite avec le numéro 126, La Piste Parapsychique, paru en septembre 1997, Jeanne-Marie a assuré avec talent et passion cinquante-deux volumes complets, le dernier étant le numéro 267, Le Plan de l’Accomplissement, paru en septembre 2010.

Cette très grande dame de la traduction littéraire dans les domaines les plus variés avait abordé PERRY RHODAN comme l’on entre dans une religion nouvelle aux concepts parfois mystérieux et hermétiques, sans jamais avoir traduit de science-fiction et sans connaître le moindre détail spécifique à la série. Non seulement elle a relevé le défi avec un courage et une énergie rares mais, très rapidement, elle s’est accrochée avec un enthousiasme juvénile aux aventures du Stellarque de Sol et de ses amis qui sont devenus, pour elle, de véritables compagnons de route. Jusqu’au bout, ils lui ont donné l’envie de regarder vers les galaxies lointaines et de ne jamais lâcher prise, même dans les moments les plus difficiles de ces dernières années.

Pour son humanisme et son immense culture, pour ses qualités professionnelles, pour le bonheur d’avoir pu collaborer avec elle et apprécier sa personnalité chaleureuse, pour tout ce qu’elle aura apporté à PERRY RHODAN tout au long de ces treize ans, nous lui dirons nos sincères remerciements et nos profonds regrets de ne plus la compter parmi nous.

Qu’elle sache cependant que son esprit nous restera, ici, et « aux étoiles ».

 

Jean-Michel Archaimbault, le 19 décembre 2010.

Sous le règne de l’APHILIE

L’ère de la perfection

Tous les hommes sont libres et égaux ! La faim et les maladies sont devenues des problèmes exceptionnels. Le travail a fait place aux « activités raisonnées », tandis qu’ordinateurs et robots se chargent des tâches les plus pénibles. Au nom de l’expansion tous azimuts, de formidables vaisseaux interstellaires s’élancent chaque jour à la conquête des mondes lointains.

 

L’ère de l’horreur

L’individu ne connaît plus que lui-même, ne vit plus que pour lui-même et pour satisfaire ses propres désirs. Les nouveau-nés sont confiés à des foyers dépourvus de toute chaleur affective, puis les enfants grandissent dans des institutions d’État. Jamais ils ne sauront qui étaient leurs parents. Inutiles pour la société, faibles et vieillards disparaissent derrière les hauts murs des Maisons de Silence. Jamais on ne les reverra.

 

La nef-monde de l’exil

En l’an 3580, le navire géant Sol quitte la Terre sans âme pour tenter de rallier la Voie Lactée, quelque part à l’autre bout de l’Univers. Bannis de leur planète-mère, voués à l’errance sur les Routes du Néant, Perry Rhodan et ses proches seront confrontés aux réalités du Concile des Sept, aux secrets de sa toute-puissance, à des arrière-plans cosmiques ouvrant sur d’inimaginables perspectives…

 

Pour la dignité des peuples galactiques !

L’Empire Solaire est mort, vive le Nouvel Impérium Einsteinien… Dans l’ombre du Poing de Provcon, Atlan organise la résistance contre l’occupant larenn et sa tutelle dictatoriale. Mais l’Arkonide saura-t-il garder intacts le courage de lutter contre l’invincible, et l’espoir de libérer un jour la Voie Lactée ?

 

La Terre sans Hommes

Dure est la loi de l’Univers… Arraché au Maelström des Étoiles et de nouveau transplanté, le berceau de l’Humanité resurgira dans l’inconnu total. Enfin rejoints par Perry Rhodan, les très rares survivants de la catastrophe ne vont plus tarder à faire la rencontre des Superintelligences qui président aux destinées du cosmos et de ses peuples…

CHRONOLOGIE GÉNÉRALE
 DES DIX PREMIERS CYCLES1
 DE LA SÉRIE PERRY RHODAN

Dates et événements

1971 : avec la fusée Astrée, Perry Rhodan se pose sur la Lune. Il y rencontre les Arkonides Thora et Krest, naufragés lors d’une expédition spatiale.

1972 : la supertechnologie arkonide permet la constitution de la Troisième Force et l’unification de l’Humanité terrestre.

1976 : l’être spirituel collectif qui règne sur la planète Délos accorde l’immortalité relative à Perry Rhodan et à ses plus proches compagnons.

1984 : de grandes puissances galactiques hostiles, les Arkonides, les Francs-Passeurs, les Arras et les Lourds, tentent de soumettre l’Humanité terrestre qui entame son expansion interstellaire.

2040 : l’Empire Solaire vient de naître ; il incarne désormais un facteur politique et économique de premier plan dans la Voie Lactée. L’Arkonide immortel Atlan, exilé sur Terre depuis près de dix mille ans, fait son apparition et devient l’un des proches de Perry Rhodan.

2326-2328 : des colonies terraniennes sont menacées par les Acridocères et les monstrueux Annélicères. Les humains entrent en conflit contre les Bleus qui dominent l’Est galactique.

2400-2406 : Perry Rhodan découvre la Route des Transmetteurs qui relie la Voie Lactée à Andromède. Plusieurs tentatives d’invasion de la Galaxie, orchestrées depuis la Nébuleuse, sont déjouées de justesse. Portant la lutte en territoire ennemi, les Terraniens libèrent les peuples d’Andromède de la tyrannie des Maîtres Insulaires.

2435-2437 : la forteresse-robot géante Old Man menace la Voie Lactée ; les Bi-Conditionnés surgissent, à bord de leurs Dolans, pour punir l’Humanité d’avoir effectué des expérimentations temporelles. Perry Rhodan est expédié dans la très lointaine galaxie M 87. Après son retour, la victoire sur les Ulebs – encore appelés la Première Puissance Fréquentielle – sera chèrement acquise.

2909 : la Crise de la Seconde Genèse provoque la mort de presque tous les mutants de la Milice.

3430-3434 : presque un millénaire s’est écoulé ; l’Humanité, éparpillée dans la Galaxie, connaît de graves dissensions. Afin d’éviter une guerre fratricide, Perry Rhodan fait déphaser le Système Solaire de cinq minutes dans le futur. De nouvelles menaces, comme le Supermutant Ribald Corello, se font jour et seront vaincues – à l’exception du satellite tueur qui orbite à l’intérieur de la couronne du Soleil. Pour empêcher que l’astre ne se transforme en nova, Perry Rhodan doit effectuer plusieurs voyages dans un passé vieux de deux cent mille ans et y rencontre le Cappin Ovaron, qui s’avère le seul capable de neutraliser l’engin autrefois installé par ses frères de race.

3437 : depuis Gruelfin, la lointaine galaxie-patrie des Cappins, une invasion d’un genre inédit se prépare contre l’ensemble de la Voie Lactée. Perry Rhodan se lance vers cet univers-île inconnu dans une expédition d’envergure dont le but est double : d’une part, contrer le plan des envahisseurs ; d’autre part, rétablir le bon droit en faveur d’Ovaron, souverain légitime dont l’exil a duré deux cent mille ans. Là-bas, les Takérans ont imposé leur hégémonie par la violence et règnent par la répression. Sitôt arrivés, les Terraniens entament la lutte contre les maîtres de Gruelfin puis ils repèrent la trace des Ganjasis, qui s’était apparemment perdue. Elle aboutit à la galaxie naine Morshatzas, isolée du continuum standard dans une bulle hyperspatiale. Ovaron y est confronté à la Mère Originelle, un cerveau-robot géant dont il avait jadis programmé la construction ainsi que la mission, et qui l’identifie comme l’authentique Ganjo. Alors que la puissance des Takérans est brisée à l’intérieur de Gruelfin, la Mère elle-même intervient dans la Voie Lactée pour faire échec à l’invasion et elle se sacrifie avec son armada de Collecteurs, entraînant aussi la destruction de Pluton.

3438-3443 : suite au sabotage de ses convertisseurs hexadim alors qu’il effectue son vol de retour de Gruelfin, le Marco Polo subit une dilatation temporelle et n’atteint la périphérie de son objectif que début juin 3441. Dès leur rentrée dans la Galaxie, Perry Rhodan et ses compagnons découvrent qu’elle a été balayée par une vague d’abrutissement imputable à l’Essaim, un conglomérat stellaire vagabond qui est en train de traverser la Voie Lactée. À de rares exceptions près, tous les êtres doués d’intelligence ont été crétinisés et il règne désormais un chaos sans précédent.

Tandis qu’une poignée d’immunisés se regroupent et tentent d’abord de résister, puis de trouver une parade au fléau et éventuellement de contre-attaquer, l’Empire Secret des Cynos commence à faire parler de lui et ses mystérieux ressortissants finissent par reprendre le contrôle de l’Essaim – car telle était la mission originelle de ce peuple qui a failli tout perdre à cause d’une lamentable erreur dont seuls les Terraniens et leurs alliés ont pu aider à effacer les conséquences dramatiques.

3444 : après bien des incompréhensions et des affrontements en chaîne, les esprits désincarnés des huit Vieux-Mutants projetés dans l’hyperespace durant la Crise de la Seconde Genèse sont enfin conduits à l’intérieur d’une météorite géante regorgeant de semper, un métalloïde à rayonnement quintidimensionnel indispensable à leur survie. Mais l’énorme astéroïde, en réalité un gigantesque vaisseau spatial, s’arrache alors à la croûte du monde dans lequel il était encastré depuis plusieurs siècles et les Terraniens le suivent jusqu’au Système Brisé, patrie des inquiétants Paramags qui, des dizaines de millénaires plus tôt, se sont lancés tous azimuts dans la recherche de semper à travers la Galaxie en utilisant les fragments de leur planète-mère reconvertis en nefs interstellaires.

Après avoir désamorcé la menace immémoriale que ces créatures faisaient planer sur Sol et ses satellites, Perry Rhodan et ses proches offrent enfin aux Vieux-Mutants un asile durable au sein d’un planétoïde riche en semper, acheminé jusqu’à un secteur isolé et calme de la Voie Lactée.

Décembre 3458 à août 3460 : au nom du mystérieux Concile des Sept, les Larenns s’imposent dans la Voie Lactée grâce à leur supériorité technologique et contraignent Perry Rhodan à assumer la charge de Premier Hétran de la Galaxie. Jouant en apparence le jeu des émissaires du Hétos des Sept, le Stellarque entreprend d’organiser la résistance et commence par déphaser le Système Solaire de quelques minutes dans le futur, afin de le soustraire aux agressions potentielles des Larenns et de leurs exécutants, les Lourds.

Face à l’intensification de la menace ennemie, la Terre et la Lune seront finalement dématérialisées en empruntant un transmetteur stellaire spécial installé dans la plus grande urgence. Elles ne resurgissent hélas pas à l’endroit prévu mais à une distance énorme de la Voie Lactée, au sein d’une région spatiale turbulente appelée le Maelström des Étoiles. Pour les Terraniens exilés à l’autre bout de l’Univers, le nouveau défi sera de réussir à s’acclimater et à s’affirmer dans ce secteur riche en surprises, en périls de tous genres et en adversités imprévues. Initialement hostiles, les Ploohns insectiformes se révéleront des alliés décisifs puisqu’ils accourront à l’aide de l’Humanité transplantée et permettront l’ancrage du couple Terre-Lune sur une orbite stable autour d’un soleil approprié, Médaillon.

Pendant ce temps, dans la très lointaine Voie Lactée qui plie désormais sous le joug du Concile, l’immortel Arkonide Atlan mène dans l’ombre le combat contre les oppresseurs. En priorité, il assure l’exode des Terraniens, traqués sans relâche par l’occupant, vers le nuage obscur appelé le Poing de Provcon et la planète Gaïa qui se dissimule en son sein. Le Système Solaire, privé de la Terre et de son satellite naturel, devient peu à peu le fief du nouveau Premier Hétran, le Lourd Leticron, dictateur galactique et chef des forces militaires à la solde des Larenns.



CHRONOLOGIE ET RÉSUMÉ DU CYCLE EN COURS

 

La Terre en exil

3540 : en quatre-vingts ans d’exposition à une composante spéciale du spectre radiatif de l’étoile Médaillon, une immense majorité d’humains a peu à peu perdu toute capacité à éprouver des sentiments. Sur la Terre règne désormais l’aphilie. Peu nombreux sont les immunisés : seuls les porteurs d’activateur cellulaire – à l’exception temporaire de Reginald Bull –, les mutants et de rares individus « ordinaires » échappent à ce véritable fléau qui a conduit à l’instauration d’un nouveau pouvoir politique et d’un ordre mondial sans précédent. Condamnés à l’exil, Perry Rhodan et presque tous ses proches partent à bord du Sol, un colossal vaisseau spatial à très grand rayon d’action, pour une odyssée dont nul ne saurait prévoir la durée.

3578 : sur la Planète d’Ovaron, à près de 3 500 années-lumière de la Terre, la colonie secrète fondée par l’ex-Stellarque juste avant son exil réussit à prendre un nouvel essor et est dotée d’une station d’accueil pour les fugitifs traqués par les aphiles. L’Organisation Bon Voisin, dirigée par Reginald Bull qui a fini par revenir à son état normal, mène une résistance de plus en plus risquée face au durcissement du régime aphile. Celui-ci se transforme en une impitoyable dictature sous la férule de Trevor Casalle, la Lumière de la Raison, dont l’ascension au pouvoir a été aussi fulgurante qu’inattendue mais s’explique par une nouvelle menace : la planète-mère de l’Humanité n’est plus stable sur son orbite autour de Médaillon, et la chute dans le Gouffre est inéluctable à moyen terme.

Fin 3580 : alors que le péril devient imminent, les forces de Casalle s’emploient à accroître encore davantage l’emprise de l’aphilie en balayant une fois pour toutes les oppositions demeurées actives. L’Organisation Bon Voisin doit faire échec à l’Opération Lavage de Cerveaux en même temps que se lance une terrible offensive contre sa base secrète, sous l’Océan Pacifique. La fuite d’un maximum d’immunisés sera néanmoins assurée.

Août 3581 : de façon aussi soudaine qu’inexplicable, Trevor Casalle propose une alliance à Reginald Bull. Aphiles et immunisés se mettent à coopérer pour la construction d’une flotte spatiale d’évacuation. Simultanément, la Dose, une drogue qui inhibe temporairement l’aphilie, commence à se répandre. Puis surgit Raphaël, un inquiétant personnage qui semble disposé à aider les Terriens dans leur entreprise, mais se révélera peu à peu chargé de faire obstacle au projet d’exode massif.

Fin septembre 3581 : peu avant que la Terre et la Lune ne s’engloutissent dans le Gouffre avec des milliards d’êtres humains, un seul navire appareille. À bord, excepté Reginald Bull et ses proches, nul ne sait que tous les événements récents s’inscrivent dans le Plan de l’Accomplissement. Un plan conçu par l’Immortel de Délos pour sauver l’humanité terrienne et exécuté par l’hyperimpotronique lunaire, Nathan, guidée à distance par l’être collectif…

Décembre 3581 : pour Bully et ses compagnons, l’intégration sur la planète Ovaron se révèle vraiment problématique. Mais un projet des plus ambitieux leur offre une diversion salutaire : il s’agit ni plus ni moins que de créer un véritable phare cosmique capable de guider d’éventuelles expéditions de recherches jusqu’au Maelström des Étoiles…

 

L’odyssée du Sol

3578 : depuis les parages de la microgalaxie Balayndagar, l’équipage du Sol a réussi à localiser la très lointaine Voie Lactée. L’un des deux ultracroiseurs constituant la nef géante en a pris le chemin, tandis que l’autre partie s’aventure jusqu’à une planète accueillante pour y refaire les réserves du bord et tombe dans le piège insidieux tendu par les Kéloskèrs. Ces « penseurs infinis », qui sont les calculateurs stratégiques du Hétos des Sept, adorent et redoutent le trou noir situé au centre de Balayndagar, dont un dispositif spécial leur permet de juguler l’expansion. Hélas, la destruction accidentelle de cet appareil relance le processus d’engloutissement de la microgalaxie dans le Grand Néant Noir. Les Kéloskèrs prennent sous influence Sénèque, le complexe bio-impotronique qui gouverne le Sol, puis annexent celui-ci pour sauver de la catastrophe leurs précieux équipements et surtout le shetanmargt, le plus évolué de leurs superordinateurs.

Hormis la plongée dans le trou noir, toute fuite hors de Balayndagar s’avère impossible. Selon les Kéloskèrs, le couplage réussi de Sénèque et du shetanmargt devrait assurer la survie du vaisseau géant et de tous ses passagers. Malgré l’incertitude et les risques, Perry Rhodan et ses compagnons tentent le tout pour le tout…

Janvier 3581 : le Sol resurgit intact « de l’autre côté » du Grand Néant Noir dans une incroyable bulle extradimensionnelle qui abrite des soleils, des planètes… et de la vie intelligente ! Les maîtres de la Zone Dakkar, des humano-sauriens très évolués appelés Zgmahkones, réagissent violemment à l’intrusion des étrangers indésirables puis lorsqu’un commando terranien réveille et enlève Olw, le Dormeur Millénaire. Recueilli à bord du Sol, celui-ci révèle en détail l’histoire de sa fratrie, douze êtres hors normes grâce auxquels, jadis, la planète-mère des Zgmahkones a résisté à l’engloutissement dans un trou noir et émergé dans la Zone Dakkar. Seuls capables de voyager à travers les tunnels transdimensionnels qui relient la bulle extra-universelle aux trous noirs de nombreuses galaxies, Olw et ses semblables sont devenus les Spécialistes de la Nuit, les outils de conquête des dictateurs zgmahkones pour lesquels, contraints et forcés, ils ont peu à peu bâti les fondations d’une hégémonie omnipotente : le pouvoir du Concile des Six…

Perry Rhodan l’a compris, l’appui des Dormeurs Millénaires lui est indispensable pour faire ressortir le Sol de la Zone Dakkar. Mais les Gardiens du Néant – ainsi se dénomment les tyrans adverses – échafaudent un plan destiné à piéger Olw et à éviter que les Spécialistes de la Nuit ne se rangent du côté des Terraniens. Ce sera peine perdue, car les dictateurs n’ont pas idée de la détermination ni des moyens réels dont disposent les intrus.

Très vite, le Stellarque apprend qu’un équipement particulier doit être installé à bord du Sol pour lui permettre de franchir en sens inverse l’un des tunnels transdimensionnels. Or, le beraghskolth en question n’est disponible que dans la galaxie-patrie des Larenns, et la seule solution est d’aller en dérober un exemplaire. Après s’être emparé d’un vaisseau zgmahkone, un commando terranien auquel se joint Olw se lance dans cette expédition à haut risque.

Mars-avril 3581 : l’espoir est à nouveau d’actualité. Une fois le beraghskolth en place, le Sol pourra bientôt prendre le chemin du retour vers le continuum standard. Hélas, Perry Rhodan et ses compagnons d’aventure ne sont pas encore au bout de leurs surprises. Un esprit désincarné établit soudain le contact avec le mulot-castor L’Émir : il s’agit d’un Koltonien dont le peuple, disparu depuis cent mille ans, avait édifié un gigantesque empire cosmique et se trouve à l’origine même du plan qui a conduit à créer les Spécialistes de la Nuit, puis à les utiliser pour jeter les bases du Concile. Mais pour Voyllocron et ses semblables immatériels, prêts à investir les corps des douze Dormeurs Millénaires, le réveil sera définitivement compromis par l’activation du beraghskolth. Juste avant de s’enfuir avec les Terraniens, Olw et sa fratrie portent le coup de grâce aux Gardiens du Néant. Dès lors, la Zone Dakkar sera pour toujours coupée du continuum standard.

Peu après, le Sol emprunte un tunnel transdimensionnel et resurgit dans la galaxie-patrie des Hyptons. Une fois de plus, la quête de la Voie Lactée devient l’objectif numéro un de Rhodan et de ses proches.

Les Spécialistes de la Nuit ont entre-temps disparu en plongeant dans un micro-trou noir qu’ils ont fabriqué à bord du Sol sur ordre des Koltoniens. Obéissant à une mystérieuse pulsion, Alaska Saedelaere, l’homme au masque, a endossé l’Habit de Destruction et les a suivis. Il se retrouve sur Derogwania, une planète hors de l’univers normal, où règne l’inquiétant marionnettiste Callibso. Grâce à cet être mystérieux et à une fontaine temporelle, l’homme au masque rallie la Terre qui, après avoir sombré dans le Gouffre du Maelström des Étoiles, a émergé dans un secteur cosmique inconnu. Seule une poignée d’Humains désemparés y vit encore, essayant de comprendre ce qui a pu se passer durant les quatre mois où ils ont perdu conscience. Car les horloges marquent le début de l’année 3582 ! Avec ces survivants, Saedelaere va être confronté à Douc Langur, le chercheur en mission d’exploration spatiale pour le compte de l’Impératrice de Therm…

 

La Voie Lactée envahie

3580 : dans la Galaxie-patrie, Atlan a fondé le Nouvel Impérium Einsteinien dont Gaïa constitue le monde central. L’isolationnisme contraint n’est cependant pas une situation durable, même si l’oppression des Lourds et des Larenns l’impose maintenant depuis près de cent vingt ans. Le futur proche demeure cependant très sombre, en particulier pour les derniers Terraniens encore présents dans le Système de Sol dont Leticron a fait le centre de son empire. La forteresse d’acier de Titan, bastion du tyran, incarne le symbole même de la terreur et du mal. Mais le Premier Hétran de la Galaxie, obsédé par le désir d’être immortel, plonge peu à peu dans la démence et les Larenns scellent définitivement son destin : lors d’un tournoi truqué, Leticron est blessé à mort par Maylpancer, le jeune Lourd prévu pour lui succéder.

Décidé à solliciter tous les appuis envisageables pour la résistance galactique, Atlan se rend en mission secrète sur la planète Dernière Chance où un dakkarcom est en construction dans les superlaboratoires passés sous le contrôle des Larenns. Pendant que le commando procède au vol de cet équipement spécial, une autre expédition terranienne tente de rallier Andromède afin d’y requérir l’aide des Maahks – en vain… Le Lord-Amiral ne peut plus compter que sur l’assistance des Cappins de la lointaine galaxie Gruelfin et du Ganjo Ovaron, auquel l’Empire Solaire a jadis prêté main-forte. Mais nul ne sait quelle situation règne là-bas, ni comment l’appel au secours y sera perçu.

Dans une telle incertitude, la nécessité d’une opposition fédérée face au Concile devient pressante. Pour pouvoir organiser une conférence secrète des peuples de la Voie Lactée asservis par le Concile, Atlan et ses proches conçoivent un leurre destiné à tromper les Larenns et les Lourds : tout va être mis en scène, sur un monde appartenant à un secteur spatial éloigné, pour simuler le cadre propice au fameux rassemblement. Informés à dessein, les oppresseurs de la Galaxie attaquent et dévastent la planète truquée tandis que la véritable conférence se déroule évidemment ailleurs, quelque part dans l’espace.

Malgré la trahison avortée des Antis, neutralisés par le mystérieux émissaire du Vhrato, la conférence se conclut par la fondation de la CO.DI.P.G., ou Coalition pour la Dignité des Peuples Galactiques.

Début 3581, alors que la CoDiPG essaie de s’affirmer face à la méfiance croissante des oppresseurs, un mystérieux allié surgit et passe à l’action sans plus tarder. C’est le Vhrato annoncé par le culte du Héraut Solaire – ou, plus exactement, l’ultracroiseur CSol-2 qui a réussi à rallier la Galaxie-patrie depuis le Maelström des Étoiles. Son équipage et ses passagers, entretenant autour d’eux et de leur vaisseau une aura nébuleuse quasi-mystique, portent plusieurs coups sérieux aux exécutants du Concile. Soudain, les Larenns abattent un atout maître afin d’exploiter la situation à leur avantage : un autre ultracroiseur, frère jumeau du CSol-2 et réplique exacte du Marco Polo, fait son apparition avec Perry Rhodan et ses proches à son bord ! Le trouble résultant est tellement immense que même l’un des mutants revenus avec le CSol-2 se laisse abuser. Des agents du Nouvel Impérium Einsteinien conçoivent des doutes puis sonnent l’alerte. Pourtant, la comédie continue.

Peu après, la fausse nef amirale de Perry Rhodan conduit une armada spatiale vers une nébuleuse du Centre de la Voie Lactée afin d’y porter le coup de grâce au monde principal du Nouvel Impérium Einsteinien – ou, plutôt, à ce que les Larenns et leurs alliés prennent pour tel… Suscitée depuis la géante gazeuse Orcsy, une simulation plus vraie que nature crée en effet l’illusion, pour d’éventuels intrus, d’être dans le Poing de Provcon à proximité de la planète Gaïa ! Les agresseurs auront à peine le temps de réaliser leur erreur et de frapper que l’ultracroiseur CSol-2 va surgir et anéantir le faux Marco Polo

Le 2 septembre 3581, le Sol – plus exactement, son segment médian et l’ultracroiseur CSol-1 – atteint enfin le Système Solaire. Au comble de l’émotion, Perry Rhodan et ses compagnons d’errance déchantent très vite face à la situation que leur dépeint Galto Quolfart, un ancien roboticien humain «adopté» par les Bioposis qui en ont quasiment fait l’un des leurs. La politique de coexistence pacifique avec les Larenns, prônée par Atlan, irrite Rhodan qui refuse, dans un premier temps, de se rendre sur Gaïa. Rejoint par Julian Tifflor, le Stellarque décide de demeurer à l’écart pour peaufiner une offensive aussi discrète que tortueuse : profitant du chaos qui résulte de la fin des Zgmahkones et de l’hégémonie du Concile, il espère briser une fois pour toutes le pouvoir des Larenns grâce à ses formidables alliés, les Kéloskèrs.

En novembre 3581, Atlan rend visite à Perry Rhodan à bord du Sol, et les deux hommes tombent en désaccord sur la conduite à tenir. Si le Stellarque veut attaquer les Larenns, l’Arkonide se refuse à risquer de déclencher une contre-offensive dévastatrice. Peu après, Hotrénor-Taak exige l’intégration du Nouvel Impérium Einsteinien au Concile et pousse Atlan à trahir son ami terrien. Mais le chef de la résistance se déclare prêt à appuyer le Stellarque si les Larenns osent passer à des actes de terrorisme.

La donne est brutalement renversée par l’arrivée inattendue de vingt-six Kéloskèrs, qui ont mis en scène l’émersion de leur vaisseau avarié hors d’un trou noir : les hypermathématiciens viennent annoncer au Larenn suprême la fin de la microgalaxie Balayndagar et la catastrophe qui a frappé la zone Dakkar, fragilisant les bases mêmes du Hétos des Sept. Hotrénor-Taak décide alors de détacher la Voie Lactée de la tutelle du Concile. Sans le savoir, il est tombé dans le piège tendu par Rhodan et les ex-planificateurs stratégiques du Hétos qui, dès maintenant, peuvent lancer leur plan de libération de la Galaxie.

Le premier objectif de l’ancien Stellarque de Sol est d’inclure la Coalition pour la Dignité des Peuples Galactiques dans ses schémas stratégiques de lutte contre les Larenns. Hélas, l’opposition d’Atlan s’intensifie de jour en jour. Chacun de son côté, l’Arkonide et le Terranien mènent le jeu des alliances et des appuis en déployant tous les moyens concevables.

Au cours des événements récents, une évidence décevante s’est peu à peu profilée sous le regard perplexe de Perry Rhodan : les hommes du Nouvel Impérium Einsteinien, bien à l’abri dans le Nuage Sombre du Poing de Provcon, semblent toujours davantage douter de l’intérêt de se battre. Les autres peuples galactiques coalisés, quant à eux, se sentent désormais plus proches de l’ancien Stellarque de Sol que de l’administrateur du N.I.E., trop temporisateur à leur gré. Tandis qu’une crise grave frappe les multicyborgs et met en péril le leurre anti-Larenns qu’est la nébuleuse de Yolchor, quel va être le choix d’Atlan lorsque Perry Rhodan optera pour l’ADIEU À LA VOIE LACTÉE… ?

1. Téléchargez gratuitement toute l’action antérieure des neuf premiers cycles de la série PERRY RHODAN avec le guide spécial Destinée cosmique  I (1971-3459) sur le site www.fleuvenoir.fr.

CHAPITRE PREMIER

Nuage de Yolchor, planète Taatlon

 

Vu les circonstances, l’ego psychique de Betty Toufry ne put qu’assister avec impuissance au désarmement de l’équipage du Lyckola par les mulcybs. Et maintenant, Tennyson Imps, dont elle partageait le corps, était conduit dans un laboratoire où l’attendaient trois autres multicyborgs, debout près d’un étrange appareil. La télépathe connaissait déjà l’un d’entre eux, Ghaner Vreik, l’administrateur du pseudo-Nouvel Impérium Einsteinien dissimulé dans le Nuage de Yolchor. Il lui présenta ses deux compagnons, Epdon Link et Verfon Caatler, tandis que l’homme qui avait amené Imps jusqu’ici s’éclipsait sans bruit.

— La mutante peut-elle tout voir et tout entendre ? se renseigna Vreik auprès de Tennyson.

— Oui, mais heureusement, elle ne peut rien tenter pour s’enfuir, répondit l’hôte corporel de Betty. Je suppose que vous êtes d’une façon ou d’une autre à l’origine de cet état de fait ?

— Pas d’une façon ou d’une autre ! répliqua Caatler. Nous avons utilisé un projecteur de faisceau modulé pour affaiblir l’effet du semper sur Betty Toufry.

— L’appareil a été conçu par Verfon et fabriqué selon ses instructions, déclara Ghaner Vreik.

— Mes félicitations ! lui dit Tennyson Imps. Mais pourquoi n’avez-vous pas veillé à neutraliser totalement le phénomène induit par le métalloïde ? Betty tente continuellement de me maîtriser.

— Ce n’est pas si simple, Tennyson. La finalité initiale du projecteur n’était pas celle pour laquelle nous l’avons employé. Il n’est malheureusement pas possible d’en intensifier l’effet, même dans sa proximité immédiate.

— Nous expérimentons cependant en ce sens, intervint Vreik, mais nous sommes encore confrontés à une difficulté. Si nous neutralisions entièrement le rayonnement paracytoscopique des noyaux cellulaires modifiés de ton corps, l’ego psychique ne pourrait plus s’y maintenir. Il serait projeté dans l’hyperespace, sans aucune perspective de retour.

— Ce n’est pas notre problème, rétorqua Imps. Je veux être débarrassé de Betty, et cela, aussi vite que possible.

— Je comprends très bien, assura Ghaner Vreik, mais nous visons à édifier un empire dans lequel les valeurs dominantes devront être le respect de la parité du corps et de l’esprit. Nous ne pouvons pas répéter les erreurs du passé, qui ont débouché sur notre existence physique et qui ont conduit à nier celle de nos âmes.

Tennyson Imps fixa Vreik du regard et pressa les poings contre les tempes.

— Mais la mutante m’a été imposée ! cria-t-il. Je ne lui ai pas permis de se nicher en moi et de me traiter comme son esclave !

— Je n’ai jamais agi de la sorte, pensa vivement Betty Toufry. Au contraire, je t’ai toujours considéré au même titre qu’un partenaire, et presque comme un ami. Si tu permets la neutralisation totale de l’effet du semper, tu te rends complice d’un meurtre, Tennyson. Veux-tu que l’histoire de votre Nouvelle Humanité débute par un meurtre ?

Imps s’affaissa dans un fauteuil et laissa retomber la tête en arrière.

— Je n’en peux plus, gémit-il. Je ne le supporte plus. S’il y a un Dieu, puisse-t-il me pardonner, et toi aussi, Betty…

Il ferma les yeux. Des larmes coulèrent sur ses joues. La télépathe réagit avec un vif émoi.

— Si tu ne le supportes plus, alors je ne suis pas contre la solution d’être séparée de toi, mais je te mets encore en garde contre une éventuelle compromission avec les Larenns. Ils ne sont pas intéressés par une association, mais seulement par le maintien de leur pouvoir. Une alliance avec eux serait un pacte avec le diable.

Le corps d’Imps fut secoué par un sanglot.

— Nous ne pouvons pas laisser Tennyson souffrir ainsi plus longtemps, conclut Vreik. Nous devons le libérer de la mutante. Verfon, veille à ce que ton appareil fonctionne aussi vite que possible, et de la manière désirée.

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Atlan arpentait d’un pas nerveux la centrale de coordination gouvernementale du Nouvel Impérium Einsteinien. Il s’immobilisa brusquement devant Kossan Tryfellyr, l’officier supérieur de service.

— Notre positronique assure une fois de plus que les messages du Lyckola ne contenaient aucun élément troublant, déclara-t-il avec fermeté. Je sens toutefois que quelque chose ne va pas. Peut-être parce que les informations radio ne sont en rien parlantes. Elles répètent de manière stéréotypée que tout est en ordre dans le Nuage de Yolchor et que les vérifications seraient prochainement terminées. Personne ne peut me faire croire qu’une inspection n’a pas mis en lumière de quelconques irrégularités. Ce ne sont que de pieuses formules, rien d’autre.

Tryfellyr, qui était natif de Gaïa, croisa calmement le regard de l’Arkonide.

— Qu’est-ce qui ne devrait pas aller, Atlan ? demanda-t-il. Je sais que vous vous faites du souci à cause de la rumeur…

— Depuis mon entrevue avec notre cybernéticien en chef, je suis certain que nous nous sommes trompés. Nous avons tellement perfectionné les mulcybs que nous avons loupé le moment où ces robots semi-organiques sont devenus de véritables êtres pensants. Entre-temps, j’ai ordonné l’arrêt de leur production. Nous ne sommes pas capables de revenir sur les erreurs du passé mais nous pouvons tout de même tenter, avec autant d’égards que possible, de reprendre une ligne éthique acceptable. Que se produirait-il si les multicyborgs découvraient le problème avant que nous ne lui ayons trouvé une solution ? Ils doivent nous considérer comme des monstres, nous, leurs créateurs…

Kossan Tryfellyr se passa pensivement la main sur le crâne.

— Puisque vous parlez d’égards, Atlan, assurez-vous en premier lieu d’épargner les intérêts du Nouvel Impérium Einsteinien. Ce n’est pas immoral, mais réaliste. Le reste ne servira absolument à rien si, entre-temps, l’affaire en est arrivée à une phase aiguë. Je propose que vous vous rendiez en personne dans le Nuage de Yolchor. Moi-même, cependant, je ne crois pas que nous soyons parvenus à un stade crucial. Les mulcybs du Poing de Provcon réagissent normalement, tous sans exception. Ils ne sont de toute façon pas conscients de la problématique sous-jacente.

— S’il en est ainsi, pourquoi devrais-je alors réveiller le dragon endormi ?

Sans attendre de réponse à sa question, l’Arkonide activa son microcom de poignet. Julian Tifflor s’annonça quelques secondes plus tard.

— Tiff, déclara Atlan, j’ai besoin d’une escadre de cent quatre-vingts navires de combat, avec le Déméter comme vaisseau amiral. Cap sur le Nuage de Yolchor !

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Récit de Tatcher a Haïnu

 

Dalaïmoc Rorvic trébucha sur l’un des êtres semblables à des singes qui s’était faufilé entre ses jambes. Le Tibétain tomba dans la neige, puis il se redressa en s’ébrouant. J’attirai l’attention du tigre à dents de sabre par un sifflement, lui montrai les créatures et ordonnai :

— Chasse-les, Walter !

— Retiens-le, Tatcher ! s’écria L’Émir sur un ton suppliant. Ce ne sont pas des animaux, mais les indigènes de Taatlon ! Ils pensent, bien que de manière embryonnaire et confuse…

— N’aie pas peur, Walter ne leur fera rien de méchant !

Je regardai le smilodon rejoindre les autochtones. Il pencha la tête et bouscula les êtres à fourrure blanche, dont le faciès rappelait celui des chimpanzés terriens. Ils étaient cependant beaucoup plus graciles et prestes. En un rien de temps, six d’entre eux s’étaient jetés sur le tigre et l’avaient poussé sur un replat lézardé de la pente glacée. Je le vis disparaître, puis j’entendis de curieux cliquetis métalliques.

— Ma Bhavacca Kr’a ! s’exclama Rorvic tout en se précipitant vers la corniche. Walter vient finalement de se retransformer en amulette !

Je ne dis mot, car je savais qu’il ne pouvait en être ainsi. Le vrai tigre à dents de sabre, celui en lequel le Tibétain avait changé son talisman, se trouvait encore à bord du Sol. Je me mis à courir après l’obèse, parce que je voulais l’empêcher de tomber à son tour. J’arrivai près de lui en même temps que le mulot-castor, mais mon supérieur entamait déjà sa glissade sur la pente très prononcée. Il avait chu sur le dos, et son unité dorsale creusait un profond sillon dans la couche givrée.

— Je le tiens ! me lança l’Ilt.

Il ralentit la descente de Rorvic avec ses forces télékinésiques. En dessous, Walter se redressa. Extérieurement, il semblait intact, mais des bruits grinçants me révélèrent que ses systèmes internes avaient subi des dommages. Soudain, une foule criarde se précipita sur la déclivité glacée en l’utilisant comme une piste de luge. Je remarquai avec effroi que la glissade de Rorvic continuait encore. Je voyais L’Émir se concentrer avec peine mais, tout à coup, il vacilla en arrière comme si un poing géant invisible l’avait percuté. Il voltigea à travers les airs et alla heurter Tschubaï.

J’aperçus à nouveau le Tibétain alors que la meute simiesque venait d’arriver en bas. Le choc rude contre le fond de la vallée verglacée ne semblait pas avoir perturbé les singes. Tandis que Dalaïmoc Rorvic, avec son énorme poids…

Je ne le découvris nulle part. Seule son unité dorsale gisait à la vue de tous. La meute vociférante voulut se précipiter une fois de plus sur le tigre à dents de sabre, mais une espèce de gorille de plus grande taille que les autres les interpella par une série de grognements sourds. Ils se rassemblèrent, puis disparurent en trombe dans un ravin.

Une main se posa sur mon épaule.

— Recule d’un pas, sinon tu risques toi aussi de faire le grand saut, m’avertit Ras Tschubaï.

— Mais Rorvic… bégayai-je. Il a dû se dissoudre dans les airs…

— Peu probable, répondit le téléporteur. J’ai compté les singes des glaces. Ici, en haut, ils étaient vingt-six. Et là en bas, il y en a vingt-sept…

Mes genoux flageolèrent soudain, si bien que je me serais écroulé si le mutant ne m’avait pas retenu.

— Alors, le monstre s’est changé en l’une de ces créatures… soupirai-je, accablé. Et il va nous falloir le ramener, Ras !

Je lui saisis la main pour le contraindre à se téléporter avec moi dans le ravin, mais il secoua la tête.

— Nous devons d’abord nous occuper de L’Émir. Je crains qu’il ne soit blessé.

Cela me revint subitement en mémoire. Indubitablement, une force parapsychique s’était opposée au mulot-castor lorsqu’il avait tenté de ralentir Rorvic par voie télékinésique. L’Ilt ne broncha pas quand nous nous penchâmes sur lui. Ses yeux étaient fermés, sa bouche mi-close laissait apparaître une partie de son incisive. De minces voiles de buée se formaient devant son visage, ce qui signifiait qu’au moins, il respirait. Le téléporteur ouvrit entièrement la fermeture magnétique du spatiandre, puis il tira le médicube de sa ceinture et le déposa sur la poitrine de L’Émir. Le système automatique de l’appareil prit le relais et, après quelques secondes, fit se déplier un petit bras articulé pourvu d’un pistolet d’injection à haute pression qu’il appliqua contre le cou de l’Ilt.

Le diagnostic apparut en lettres lumineuses : «Choc mental consécutif à une décharge soudaine des zones cérébrales actives. La thérapie consiste en un repos des centres émotionnels. Forte probabilité de retour naturel à la normale des secteurs concernés, mais temps de récupération inconnu.»

— Lorsque le mulot-castor a mis ses forces télékinésiques en œuvre, Rorvic doit avoir utilisé le contact inattendu établi par ce canal pour lui aspirer toutes ses énergies parapsychiques, supposai-je. C’était vraisemblablement sa dernière tentative désespérée pour arrêter la déstabilisation de son apparence. Mais ça ne l’a pas vraiment favorisé, ce vieux monstre…

— Au moins, L’Émir ne semble pas souffrir de dommages permanents, constata Ras Tschubaï. Il nous faut le ramener sur le Fantôme, où l’un de nous restera avec lui. L’autre devra accomplir tout seul la mission.

— Je m’occuperai du gros, assurai-je. Moi seul suis en mesure de maîtriser les difficultés que peut nous mijoter Rorvic tant qu’il demeurera un singe des glaces. Par ailleurs, j’ai un compagnon obéissant…

Je caressai gentiment la tête du tigre à dents de sabre. Il s’était rapproché en boitant.

— À vos ordres, Monsieur ! répliqua-t-il d’une sinistre voix de casserole.

— Mon Dieu, pauvre Walter ! laissa échapper le téléporteur. Au nom du ciel, qu’est-ce qu’il a exactement ?

— La chute au fond de la vallée a dû sacrément amocher le module vocal du redhoag, fis-je remarquer.

Ras Tschubaï lâcha un gémissement contrit.

— Voilà à quoi ça conduit, de se commettre avec des demi-fous… Allons, emmenons L’Émir sur le Fantôme ! Ensuite, tu iras voir s’il y a du nouveau à propos de la situation des mulcybs, sur Taatlon. Nous sommes obligés de réussir, car Perry a besoin d’informations.

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Betty Toufry se rendit compte que son corps d’accueil était attaché sur un plateau métallique orientable. Verfon Caatler déplaça cette sorte de table d’opération simplifiée jusqu’à une position où le projecteur de rayon modulé pointait très exactement sur Imps. Certes, la mutante s’était résignée à ce que son ego psychique soit projeté sous peu dans l’hyperespace, où elle était déjà allée autrefois et où elle avait subi les pires supplices. Mais elle n’avait pourtant pas du tout oublié qu’Hotrénor-Taak ne s’engagerait jamais dans une alliance avec les multicyborgs. Cela aurait complètement contredit la politique actuelle de conquête du pouvoir qu’appliquait le Larenn suprême.

Comme elle ne pouvait pas convaincre les mulcybs de leur erreur, elle devait au moins tenter de faire parvenir un avertissement au Nouvel Impérium Einsteinien. Seulement, elle n’avait aucune possibilité directe d’alerter Atlan. Elle devait donc procurer à l’équipage du Lyckola un moyen quelconque de le faire.

La télépathe avait vu, par les yeux de Tennyson, que les multicyborgs avaient enfermé leurs prisonniers dans une mine désaffectée de cristal de glort. Et elle avait mémorisé tous les détails du système qui en sécurisait l’accès. Il lui suffisait donc d’ouvrir cette serrure par la pensée… Mais jusqu’ici, Tennyson n’avait pas laissé la moindre occasion à l’ego psychique dont il était l’hôte contraint.

La situation changea très brutalement lorsque Caatler activa le projecteur. Cette fois, les impulsions avaient subi une modification, et Betty nota que le contrôle mental d’Imps se relâchait. Il n’avait soudain plus de prise, à cause de l’influence spéciale de l’appareil, parce que la mutante n’avait aucune existence physique. Elle attendit un instant pour être certaine que Tennyson ne simulait pas, puis elle concentra ses dernières forces télékinésiques sur la serrure qui se révélait comme un livre ouvert à son regard mental.

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Accompagné par l’astrogateur, le responsable du centralcom et le cybernéticien du Lyckola, Entron Laakulaï venait d’effectuer l’inspection de la mine abandonnée.

— On y extrayait du glort. Il n’y a plus aucun doute à ce sujet, constata-t-il. Sur le marché noir galactique, ces cristaux atteignent des prix dont la valeur peut aller jusqu’à trente pour cent de celle de l’howalgonium.

— Vous croyez que cette mine aurait été exploitée illégalement par les mulcybs ? demanda le navigateur.

— Peu importe… Pour moi, seuls les quatre membres de la délégation du Nouvel Impérium Einsteinien entrent en considération.

— Mais ce serait une infraction contre les lois du N.I.E., intervint l’officier des transmissions, Akden Bronc.

— Pas seulement ! Ce serait également un crime. Comme il ne leur était certainement pas possible d’extraire eux-mêmes les cristaux, ils ont dû se servir des multicyborgs en tant que main d’œuvre. Ils auront entretenu des contacts extérieurs avec des acheteurs, ce qui signifie qu’ils ont aussi utilisé les mulcybs comme équipages de leurs vaisseaux, pour livrer leur marchandise probablement à des Francs-Passeurs ou à des Akonides. Par là, ils ont mis en péril le secret du Nuage de Yolchor.

Yll Tershon émit un léger sifflement.

— Je considère impossible que les multicyborgs n’aient pas découvert que ceux qui les contrôlaient tramaient des affaires illégales. Un tel comportement des hommes qu’ils reconnaissaient comme leurs maîtres aurait dû les conduire à s’interroger.

— Vous pensez que la crise a été amorcée par ces circonstances ? s’enquit Akden Bronc.

— Les conditions de son déclenchement devaient déjà être réunies, répondit le cybernéticien. La crise était latente, mais le comportement coupable des membres de la commission a sans doute hâté son éclosion.

— Avec des conséquences imprévisibles pour le N.I.E., ajouta Laakulaï. Car si les mulcybs s’allient avec le Concile, notre meilleure arme se retournera contre nous-mêmes.

— Les Larenns ne concluront aucune alliance avec eux, répliqua Tershon. Ils penseraient aussitôt à une ruse d’Atlan, si les multicyborgs l’acceptaient.

— Et dans ce cas, les Larenns pourraient bien les éliminer, n’est-ce pas ? murmura Sheljun.

Yll Tershon hocha la tête.

— Oui… Je crains bien qu’ils n’aient déjà tout appris d’eux.

— Nous devons parler avec les multicyborgs, déclara le pilote. Il y a certainement des gardes devant la porte principale. Y allons-nous ?

Les quatre hommes se rassemblèrent en silence, puis Entron Laakulaï ordonna aux membres d’équipage restants d’attendre ici un moment. Il voulait éviter que les mulcybs se sentent menacés.

Quand ils arrivèrent devant l’entrée, ils ne trouvèrent aucune sentinelle.

— C’était prévisible !

Laakulaï haussa les épaules.

— Nous allons devoir tenter de forcer la serrure.

Tershon secoua la tête après une brève vérification.

— C’est un verrou énergétique unilatéral, constata-t-il. On n’y a accès que de l’extérieur.

Le pilote allait lâcher un juron lorsqu’un bruit métallique retentit. Quelque chose bougeait, dans l’épaisseur du lourd vantail blindé. Après une pause, un faible bourdonnement résonna, suivi d’un second bruit semblable. Peu après, la porte s’entrebâilla. Entron Laakulaï n’hésita qu’un instant, puis il appuya son épaule contre le battant. Il avait déjà compris ce qui s’était produit. Il ne fut donc pas étonné que personne ne se présente.